L'explosion des produits dérivés, conséquence de la politique des banques centrales

Rédigé le 16 janvier 2014 par | La quotidienne Imprimer

La valeur nominale du marché des dérivés OTC (over the counter) a été estimée par la Banque des règlements internationaux (BRI) à 693 000 milliards de dollars. La grande majorité de ces dérivés portent sur les taux d’intérêt, tels que les swaps et FRAs (forward rate agreements), pour un montant total de 561 000 milliards (graphique du milieu, ci-dessous).

OTC

Sur ce type d’instruments, les échanges quotidiens s’élèvent à 7 400 milliards de dollars et dépassent même le montant journalier échangé sur les marchés de change, estimé à 5 300 milliards de dollars.

Ces échanges portent sur un marché des dérivés sur taux d’intérêt journalier d’une valeur de 2 300 milliards de dollars, soit 14% de plus qu’il y a trois ans (graphique de gauche). Contrairement aux établissements financiers hors courtiers (petites banques, investisseurs institutionnels et fonds spéculatifs), le volume des transactions entre courtiers baisse (graphique de droite).

Les politiques monétaires ultra-expansives des banques centrales sont la toile de fond de l’explosion du marché mondial de produits dérivés sur les taux d’intérêts. La politique de taux d’intérêt zéro (ZIRP) incitent les investisseurs à la recherche de rendements un peu meilleurs que 0% à se tourner vers des marchés toujours plus risqués. C’est comme cela qu’une partie des capitaux sort des marchés monétaires sans intérêt pour aller s’investir sur les marchés des dérivés.

Les gestionnaires institutionnels (assurance-vie, fonds de pension, fonds obligataires et hedge funds — barre bleue du graphe de droite) n’ont tout simplement pas d’autre choix, pour améliorer leurs performances, que d’investir dans des instruments financiers toujours plus aventureux. C’est pour la même raison qu’ils se retrouvent avec des encours de plus en plus élevés à gérer.

Ainsi, les hedge funds domiciliés dans les îles des Caraïbes sont actuellement, après la Chine et le Japon, le troisième plus grand groupe d’acheteurs de bons du Trésor et le premier en ce qui concerne les dérivés de taux d’intérêt. Les échanges journaliers des dérivés sur taux d’intérêt se concentrent sur les principales devises et les plus gros centres financiers.

Conclusion : certaines banques centrales ignorent totalement les inconvénients d’une politique de taux d’intérêt zéro qui dure trop longtemps (BCE, Banque du Japon), et d’autres en tiennent à peine compte (Fed, Banque d’Angleterre). Elles essayent de gagner du temps en espérant que les problèmes d’endettement se résoudront tout seuls.

Le montant élevé des échanges quotidiens sur le marché des produits dérivés de taux d’intérêt est le résultat d’une telle attitude.

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