Chéri, on part où pour les prochaines vacances ? Dans l’espace !

Rédigé le 1 décembre 2014 par | Nouvelles technologies Imprimer

Mi-novembre, l’Agence spatiale européenne (ESA) a fait fort, très fort même. Il y a évidemment la prouesse technique : ce 12 novembre, le robot Philae quittait la sonde Rosetta pour se poser sur la comète Tchouri. L’aboutissement d’un projet de 20 ans et certainement d’importantes découvertes scientifiques à la clé. Les informations transmises par Philae nous permettront peut-être d’en savoir plus sur la formation des comètes, de l’univers et peut-être même sur l’apparition de la vie. Nous devrions en savoir plus dans les semaines qui viennent.

 

Une nouvelle guerre des étoiles est en cours. Une bataille dont les fondements sont plus économiques que politiques

Mais Philae n’est pas uniquement un succès scientifique, c’est aussi une formidable réussite médiatique. L’ESA est en effet parvenue à mobiliser médias, réseaux sociaux, scientifiques amateurs et fan de l’espace d’un jour autour de son robot. Une opération médiatique extrêmement bien menée qui a permis à l’Agence de se faire connaître du grand-public et de s’imposer comme un acteur majeur de l’espace aux yeux du monde entier. Un atout de taille alors qu’une nouvelle guerre des étoiles est en cours. Une bataille dont les fondements sont plus économiques que politiques… comme nous allons le voir.

Espace, nouveaux enjeux, nouveaux acteurs

Pendant longtemps, l’espace a été le terrain de jeu privilégié de 2 supers puissances, l’URSS et les Etats-Unis. Enjeu plus diplomatique qu’économique et même scientifique d’ailleurs… L’aboutissement de la course à la lune en 1969 avec la mission Apollo 11 signa le début d’une nouvelle ère : celle d’une utilisation plus rationnelle des budgets et d’un début de coopération internationale.

L’espace resta tout de même un enjeu de poids pour toute nation ayant une visée internationale. Si bien que dès 1975, l’Europe décide la création de son Agence spatiale internationale et de son projet phare, Ariane.

L’empire du Milieu est même parvenu à faire alunir un robot explorateur en 2013 et a même annoncé un voyage habité vers notre satellite pour 2025-2030

D’autres puissances se sont elles aussi lancées dans la conquête spatiale : le Japon mais aussi l’Inde et la Chine. L’empire du Milieu est même parvenu à faire alunir un robot explorateur en 2013 et a même annoncé un voyage habité vers notre satellite pour 2025-2030. Si le projet parvient à son terme, le symbole sera fort. Après les Américains, les Chinois seront les seuls à avoir marchés sur la lune. L’espace comme symbole d’une puissance économique, scientifique, technologique et politique n’est donc pas mort.

Quand l’économie se mêle d’espace

Depuis les années 70, cette course à l’espace n’est plus uniquement une question de prestige. Car la question des satellites et de leurs usages économiques est venue complètement bouleverser la donne.

Au départ, l’utilisation des satellites était réservée au domaine militaire et stratégique mais, au fil des années, elle s’est ouverte aux domaines civils. J’avais longuement évoqué avec vous le potentiel de ce secteur dans une série d’articles consacrés à la navigation par satellite (GPS, Galileo et autres concurrents russes, japonais, indiens ou chinois…).

Notre quotidien ne serait pas le même sans la conquête spatiale et ses retombées

En fait, notre quotidien ne serait pas le même sans la conquête spatiale et ses retombées… Aujourd’hui, une grande partie de nos télécommunications passent par les satellites. Sans eux, pas de télévisions par satellite, pas de géolocalisation, pas de prévisions météorologiques, et parfois même pas de réseau Internet.

A lui seul, le marché de géolocalisation par satellite devrait passer de 150 milliards d’euros en 2012 à près de 250 milliards d’euros en 2022. Voilà qui explique que tout ce que la planète compte de puissances économiques veut sa part du gâteau et s’est lancé dans l’aventure spatiale.

[Dans Croissance & Opportunités, nous avons décidé de miser sur le projet européen de conquête du marché de la navigation par satellite en investissant dans un des principaux fournisseurs de Galileo. Une entreprise européenne au coeur de la conquête spatiale et que vous pouvez bien sûr retrouver dans Croissance & Opportunités !]

La conquête de l’espace a aussi permis d’accélérer des avancées techniques majeures, de l’ordinateur à l’imagerie médicale en passant par les combinaisons ignifugées des pompiers.

Certains voient encore plus loin et espèrent faire de l’espace un nouveau territoire de conquête et de puissance économique

Mais certains voient encore plus loin et espèrent faire de l’espace un nouveau territoire de conquête et de puissance économique.

On part où cet été ? Dans l’espace…

Il y a tout d’abord le marché du tourisme spatial. Celui-ci a fait récemment parler de lui – en mal – alors qu’un vaisseau du SpaceShipTwo appartenant à la compagnie lancée par Richard Branson, Virgin Galatic, s’est écrasé lors d’un vol d’essai début novembre dernier. Bilan : 1 mort et 1 blessé.

Le tourisme spatial est loin d’être mort et enterré… ce qui ne veut pas dire qu’il pourra se démocratiser dans les années qui viennent

Malgré cet accident, le tourisme spatial est loin d’être mort et enterré… ce qui ne veut pas dire qu’il pourra se démocratiser dans les années qui viennent. Jusqu’à présent, il faut en effet être riche – très très riche même – pour pouvoir s’offrir un séjour dans l’espace. C’est ainsi une poignée de privilégiés (moins d’une dizaine depuis 2001) qui ont pu se payer le ticket aller-retour pour la Station spatiale internationale (ISS). Coût de ce très beau cadeau ? Entre 20 et 35 millions de dollars.

Avec Virgin Galatic, Richard Branson espère « casser » les prix (tout est relatif) puisque vous pourrez vous offrir 4 minutes d’apesanteur pour « seulement » 200 000 $. Du moins si l’accident de novembre dernier ne met pas fin aux ambitions spatiales de Branson.

D’autres sociétés se sont lancées dans le tourisme spatial, avec des projets dans des états très variés de financement et d’avancement.

Le marché, même s’il est de niche, est bel et bien là. Une étude publiée par Tauri Group en 2012 estimait que ce tourisme élitiste pourrait représenter entre 600 millions et 1,6 milliards de dollars sur 10 ans.

Et puis, certains voient encore d’autres possibilités dans l’infinité de l’espace. Car oui, puisque nos ressources sont limitées, pourquoi ne pas aller les chercher dans l’espace ? Oui, je sais, je sais, c’est une entreprise qui est plus que discutable pour plein de raisons. Il n’empêche que certains y pensent très sérieusement… et c’est ce que nous verrons dès demain !

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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