L’épreuve italienne de la Zone euro

Rédigé le 5 décembre 2016 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Ce matin, l’actualité est bien sûr dominée par les urnes européennes de ce week-end. D’un côté, en Autriche, le candidat écologiste a remporté les élections présidentielles face à l’extrême-droite. De l’autre, en Italie, Matteo Renzi a été poussé à la démission après la victoire du « non » au référendum sur la constitution.

Vous le savez, le référendum italien était surveillé de près. Tous les ingrédients d’un bon feuilleton étaient réunis : un pouvoir vacillant, des enjeux politiques et économiques de poids, la montée de partis eurosceptiques… tout ceci dans l’ombre du Brexit et de la victoire de Trump.

La démission de Renzi ouvre une période d’incertitude politique dont l’Italie a certes l’habitude. Un gouvernement technique devrait être rapidement nommé.

D’un point de vue boursier, les marchés n’ont pas vraiment bronché à la démission de Renzi – largement anticipée. Seul l’euro (qui a dévissé face au dollar) et les banques italiennes (dont le sauvetage pourrait être un peu compliqué par la démission du gouvernement Renzi) ont marqué le coup.

Pas de panique, pas de débandade… et cependant les médias continuent à s’interroger sur l’avenir commun de l’euro et de l’Italie.

Pourquoi ?

Le référendum a une nouvelle fois illustré la montée en puissance de la Ligue du Nord et du M5S, deux partis ouvertement eurosceptiques et qui agitent la perspective d’un référendum sur l’adhésion de l’Italie à l’euro.

De quoi s’interroger sur les prochaines élections législatives italiennes.

La Ligue du Nord ou M5S ont-ils une chance de gagner ces élections ? Oui, du moins le M5S qui est manifestement devenu la deuxième force politique italienne.

Mais l’Italie n’est pas un pays facile à gouverner. Pour atteindre une majorité au gouvernement, les coalitions s’imposent souvent. Or, même en remportant les élections, le M5S devrait avoir du mal à former une coalition assez large pour s’assurer une confortable majorité. Deux raisons à cela : le mouvement a toujours dénoncé ce genre d’alliances chez les autres partis et, en outre, est assez isolé politiquement. A moins d’imaginer une improbable alliance M5S-Ligue du Nord…

Mais revenons sur le plan boursier. Plusieurs points sont, à notre sens, à surveiller dans les jours qui viennent :

1. L’évolution des rendements italiens. Ils sont partis en hausse ce matin mais la BCE a promis d’intervenir en cas de besoin. La grande question : jusqu’où est-elle prête à aller ? Des rumeurs font état d’une accélération de ses rachats mensuels pour calmer les marchés.

2. L’évolution de l’euro. Au plus bas face au dollar, il pourrait s’offrir un petit rebond technique.

3. Le cours de Monte dei Paschi (BMPS) et l’avancée des plans de sauvetage des banques italiennes. Les discussions entre l’Allemagne, la BCE et l’Italie sur le sujet seront révélatrices de la capacité de résistance de la Zone euro. Avec, à terme, la question que tout le monde se pose ce matin : la Zone euro pourra-t-elle survivre à ces tensions grandissantes ?

 

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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