Votre écran vaut de l'or… ou du saphir

Rédigé le 14 février 2014 par | Matières premières & Energie, Métaux précieux Imprimer

Sans y faire vraiment attention, il y a de grandes chances que vous ayez recours à eux tous les jours. Eux, ce sont les écrans tactiles. Smartphone, tablette, ordinateur portable mais aussi bornes SNCF ou RATP, écrans de contrôle… votre univers domestique est envahi par les écrans tactiles.

La semaine dernière, j’observais mon filleul de 19 mois s’emparer de mon iPhone, le débloquer en glissant son doigt sur l’écran, toucher l’application album photos et faire défiler les clichés sans sourciller. Une génération née avec un écran tactile dans les mains et qui serait bien en peine de se servir des téléphones à cadran de ma propre enfance… (oui, tout ceci ne nous rajeunit pas, cher lecteur…).

Les écrans sont donc partout. De votre réveil à votre coucher, vous allez lire, consulter, rechercher, téléphoner, écrire, travailler grâce à eux.

Apple passe au saphir
Ils sont tellement importants qu’une littérature pléthorique est publiée dès qu’une innovation en la matière se profile. Un exemple : les nombreux articles qui ont relayé dans les médias l’information selon laquelle Apple équiperait ses prochains iPhone 6 et/ou iWatch d’un écran incassable.

Ces écrans seraient composés de saphir. Le cristal de saphir est en effet réputé pourr sa dureté. Intégré dans les écrans équipant les smartphones de la marque à la pomme, ils les rendraient à la fois incassables et résistants aux rayures.

Evidemment, l’information est sujette à caution… et ce d’autant plus que, comme nous le verrons dans une toute prochaine Quotidienne, le saphir n’est pas forcément la panacée en matière d’écrans tactiles.

Cependant, l’information n’a rien d’anecdotique. Elle démontre l’importance vitale que les écrans tactiles ont pris depuis quelques années. Si Apple est près à investir plusieurs millions de dollars pour améliorer ses écrans, c’est pour une bonne raison.

Et pourtant, si aujourd’hui leur utilisation est devenue un réflexe, il a fallu du temps à ces écrans tactiles pour s’imposer dans notre quotidien. Retour en arrière…

60 ans d’existence
L’histoire des écrans tactiles commence dans les années 50, en 1953 très précisément. Hugh Le Caine, un musicien canadien, invente le premier synthétiseur électronique, la saqueboute. Celui-ci est en partie commandé par ce qui est le premier dispositif tactile de l’histoire : des petits capteurs qui lui permettent de contrôler le volume de son synthétiseur ainsi que son timbre.

Hugh Le Caine

Puis, dans les années 60, un universitaire de l’Illinois invente PLATO (Programmed Logic for Automated Teaching Operations), un écran tactile équipé de capteurs infrarouges pour permettre à ses étudiants de répondre à un questionnaire en touchant les réponses sur l’écran d’un ordinateur.

PLATO est ensuite repris en main par IBM qui commercialise pour la première fois un écran tactile en 1972, le PLATO IV. Celui fonctionne grâce des LED infrarouges placées tout autour de l’écran et qui permettent de repérer l’action d’un doigt dans une des 12 zones délimitées par les LED. Evidemment la précision est loin d’être celle de votre smartphone préféré…

Plato IV développé par IBM

La révolution tactile est lancée ! L’écran tactile est progressivement amélioré : capacité à comprendre et interpréter des pressions simultanées, amélioration de la précision, fusion de l’appareil de contrôle et du dispositif d’affichage (ce qui vous permet par exemple de toucher directement l’écran de votre tablette), utilisation d’un stylet, compréhension de touchers complexes (et donc compréhension de l’écriture manuscrite, etc.

Une lente prise de pouvoir
Mais c’est en 2007 que les écrans deviennent réellement un objet de notre quotidien avec le lancement de l’iPhone. Depuis, c’est l’explosion… La plupart des téléphones sont aujourd’hui équipés d’un écran tactile. En 2013, le tactile représentait ainsi 80% du marché de la téléphonie mobile. Et le taux de progression atteignait 10% par mois en 2013…

Lancement de l'iPhone en 2007

1953-2007… il en a fallu du temps pour qu’une technologie qui nous paraît aujourd’hui indispensable prenne place dans nos usages quotidiens.

Plusieurs raisons à cela. Les principales raisons sont techniques. Fragilité et coût de ces écrans tactiles ont longtemps empêché que les constructeurs les proposent au grand public.

Il a fallu aussi améliorer cette technologie et créer des ordinateurs ou des téléphones ayant des capacités de vitesse et de calculs permettant leur utilisation.

Enfin, leur usage n’est pas adapté à tous nos besoins. En effet, et ce même jusqu’à aujourd’hui, les technologies tactiles n’apportent pas grand-chose pour un utilisateur de PC.

L’échec (à relativiser tout de même) de Window 8 est le symbole de la difficulté que le tactile a à conquérir le marché des PC. L’année dernière, seuls 12% à 15% d’ordinateurs portables vendus étaient tactiles. Ce qui veut dire que 9 acheteurs de PC sur 10 n’ont que faire de pouvoir toucher leur écran… Et pourtant, le nouveau système d’exploitation de Microsoft était censé donner un gros pouce au marché du portable tactile.

Malgré ces limites, les écrans tactiles sont aujourd’hui au coeur de toutes les attentions. Normal, la valeur de ce marché est passé de 1,5 milliard de dollars en 2008, à plus de 6 milliards en 2011 et devrait atteindre les 22 milliards de dollars d’ici 2016.
[Ray Blanco, notre spécialiste des nouvelles technologies, n’est évidemment pas passé à côté du potentiel de ce marché. Dans NewTech Insider, il vous recommande un fabricant de microcontrôleurs utilisés par les 3/4 des écrans tactiles, hors Apple. Cette société innovante a su s’imposer chez les principaux constructeurs de smartphones et de tablettes… A découvrir dans NewTech Insider]

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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