Eau : Misez sur la denrée la plus précieuse pour l’humanité

Rédigé le 24 septembre 2015 par | Matières premières & Energie Imprimer

Seize avions de ligne s’écrasent quotidiennement, sans que les autorités du trafic aérien ne dise quoi que ce soit… ni les grandes chaînes télévisées. C’est comme s’il ne se passait rien… mais c’est pourtant bien le cas.

Ces catastrophes ont un nom : on les appelle "maladies liées à l’eau".

Chaque année, la pollution de l’eau coûte environ 2,2 millions de vies, environ 6 000 décès par jour, soit la quantité de personnes que pourrait transporter une flotte de 16 Boeings 767.

Parmi ces 2,2 millions de "passagers" condamnés dans le monde, 800 000 sont des enfants de moins de cinq ans. Pire encore, chacun de ces crashs aériens aurait pu être évité. Et pourtant, presque personne ne fait rien… je dis bien presque.

Une poignée de compagnies des eaux dans le monde fournissent les produits et les technologies capables d’atténuer voire même de mettre un terme à cette tragédie.

Les actions de la plupart des compagnies des eaux cotées en bourse ont connu des performances décevantes par rapport aux grands indices boursiers ces dernières années. D’un point de vue strictement financier, la qualité de l’eau n’a pas été un investissement très propice. Mais cette tendance pourrait bientôt changer. Nettoyer les ressources mondiales en eau n’est plus seulement un objectif humanitaire, mais aussi un investissement financier urgent.

L’eau est de loin la substance la plus commune de la planète, et pourtant, l’eau potable est devenue si rare que c’en est inquiétant. Et l’échelle de la tragédie internationale qui se déroule en ce moment donne le vertige.

ne tragédie évitable

Plus d’un tiers de la population terrestre n’a pas accès à des installations sanitaires correctes, ce qui explique pourquoi plus d’un milliard de personnes contractent des maladies liées à l’eau chaque année… et pourquoi plus de 2 millions de personnes en meurent.

Et alors ?

L’eau sale est un problème mondial depuis des décennies. En quoi les choses sont-elles différentes aujourd’hui ? Pourquoi le secteur de l’eau est-il soudain une bonne opportunité d’investissement ?

La réponse est que la pollution de l’eau dans le monde en développement est devenue une crise économique… pas "seulement" une crise sanitaire.

Pensez à la terrible situation de la Chine…
Aucun grand pays sur Terre n’a de problème plus sévère que la Chine en matière d’approvisionnement en eau. Par habitant, les réserves chinoises ne sont que d’environ un quart de la moyenne mondiale. Pour vous donner une idée, la Chine dispose de la même quantité d’eau que le Canada pour une population 40 fois supérieure.

Mais la rareté n’est que le point de départ des ennuis hydriques de la Chine. La plupart des eaux du pays sont si polluées qu’elles ne peuvent pas abriter de vie aquatique, sans parler de vie humaine. La moitié de la population chinoise consomme de l’eau contaminée par des déjections humaines et/ou animales.

Les conséquences sanitaires de la pollution de l’eau en Chine sont si énormes que les conséquences économiques sont elles aussi devenues immenses. En termes de perte de temps de travail et de productivité, les estimations les plus fiables affirment qu’elle coûte chaque année à la Chine entre 1 et 2% de son PIB. Les Chinois ont donc fini par crier grâce et investi des centaines de milliards de dollars pour nettoyer les réserves d’eau.

En mai dernier, le gouvernement chinois a publié son Plan d’action pour la prévention de la pollution des eaux, qui établit des objectifs très ambitieux à 5, 15 et 35 ans.

"Le plan fixe des cibles spécifiques en matière de qualité de l’eau pour 2020 et 2030", selon le groupe environnemental consultatif Beveridge & Diamond. "[Il] établit un programme politique étendu qui comprend des réglementations plus strictes imposées aux émissions industrielles d’effluents, combiné avec, entre autres, des incitations liées au marché, des investissements dans de nouvelles usines de traitement des eaux et la promotion de technologies plus efficaces et plus propres".

Le coût estimé de cette grande initiative, rien que pour les 10 premières années, s’élève à 850 milliards de dollars (vous avez bien lu). Les entreprises chinoises privées dépenseront sans doute un montant équivalent pour se mettre en conformité avec les nouvelles réglementations environnementales.

Les Etats-Unis eux aussi concernés
Mais la Chine n’est pas le seul pays sur Terre qui souhaite investir des montants spectaculaires dans son infrastructure nationale. Ici, aux Etats-Unis, la facture sera d’un million de milliards de dollars, pour une raison un peu différente.

Selon l’EPA (Agence américaine de protection de l’environnement), près de 25% des conduites d’eau du pays sont "de mauvaise qualité, de très mauvaise qualité ou hors d’usage". Pire encore, l’EPA s’attend à ce que ce pourcentage atteigne les 45% d’ici 2020… à moins que quelque chose ne soit entrepris.

L’état alarmant des infrastructures du pays rendra nécessaires des réparations pour un montant d’au moins un million de milliards de dollars sur les 25 prochaines années, selon la Société américaine des ingénieurs civils (ASCE). Et cette somme n’inclut pas les 280 milliards de dollars nécessaires, toujours selon l’ASCE, pour remettre en état les stations de traitement des eaux usées du pays.

"On estime que le réseau de distribution d’eau potable des Etats-Unis est constitué de plus de 1,5 millions de kilomètres de tuyaux", selon le rapport publié par l’ASCE en 2013. "Certaines de ces conduites datent de la Guerre de Sécession : personne ne les évalue avant qu’il n’y ait un problème ou une rupture. Ces ruptures deviennent de plus en plus fréquentes : on estime leur nombre à 240 000 par an aux Etats-Unis."

"En 2012", poursuit le rapport, "L’Association américaine des ouvrages d’alimentation en eau (AWWA) a conclu que la valeur agrégée des remplacements pour plus d’un million et demi de kilomètres de conduites était d’environ 2,1 millions de milliards de dollars si l’ensemble des conduites devaient être remplacées en même temps. Etant donné que toutes les conduites ne doivent pas être remplacées dans l’immédiat, on estime que les investissements les plus urgents pourraient être répartis sur les 25 prochaines années à un coût d’environ un million de milliards de dollars".

Pour faire simple : la course est lancée pour purifier, protéger et transporter l’eau potable de la planète. Les pays développés comme les pays en développement dépenseront des millions de milliards de dollars pour atteindre leur objectif.

Cette tendance d’investissement ne fait que ses premiers pas… et a encore un long chemin à parcourir.

Beaucoup d’entreprises cotées en Bourse opèrent dans divers secteurs du marché. Certaines fournissent des solutions d’épuration, d’autres des systèmes destinés à l’irrigation ou au débit.
Mais les quatre entreprises ci-dessous opèrent dans divers secteurs à forte croissance du marché de l’eau.
– Xylem (XYL-NYSE)
– Ecolab (ECL-NYSE)
– Veolia Environnement (FR0000124141)
– Suez Environnement. (FR0010613471)

Ces quatre entreprises sont solides et à la tête d’opérations internationales, ce qui est l’une des raisons principales pour lesquelles elles sont toutes les quatre en bonne position pour bénéficier de la vague d’investissements en capitaux qui inondera bientôt le domaine de l’épuration et les projets d’infrastructure.

montée des eaux

Il y a quelques années, le magazine Fortune affirmait : "l’eau devrait être au XXIe siècle ce que le pétrole était au XXe siècle : la denrée précieuse qui détermine la richesse des nations".

L’eau pourrait bien être également la denrée précieuse qui détermine la richesse de votre portefeuille. Mais je vous en prie, faite vos propres recherches avant de décider d’investir dans une ou plusieurs de ces entreprises.
[NDLR : Dans la Quotidienne Pro, nous avons investi très simplement sur toutes les plus grandes valeurs impliquées dans la distribution et le traitement de l’eau. Et ce grâce à une seule valeur. Non par un quelconque miracle boursier mais via un ETF spécialisé dans l’eau. A mettre absolument en portefeuille pour profiter de cette denrée la plus précieuse de l’humanité].

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Eric J. Fry
Eric J. Fry
Rédacteur en Chef d'Apogee Research

Eric J. Fry  s’occupe d’Apogee Reserch, une publication en ligne réservée aux investisseurs professionnels et aux fonds de couvertures. Eric est un spécialiste de l’analyse des actions internationales depuis plus d’une vingtaine d’années. Il est l’auteur du premier guide sur les certificats de dépôt américains.

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