Et s’il n’y avait plus de pilote dans l’avion ? Les drones, les dirigeables et l’avenir du fret aérien

Rédigé le 12 septembre 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Je sais, oui, vous voulez une voiture volante. Dans l’idéal, une que vous pourriez « conduire » pendant que vous dormez – ou quand vous avez un peu trop bu. Moi aussi, bien sûr. Malheureusement, ce n’est pas pour aujourd’hui. Pas tout à fait.

Pendant que nous attendons que vos rêves de voitures volantes se concrétisent, observons un peu les changements plus probables dans le domaine de l’aviation. La révolution qui nous attend sera d’abord ressentie dans le domaine du fret – et les avions de transport de marchandise vont sans doute opérer une transition vers le sans pilote nettement plus rapide que les avions de ligne.

Fret aérien : Plus besoin de pilote…

Si vous transportez des fleurs du Kenya vers Amsterdam, personne ne s’inquiète si votre robot-pilote, devenu fou, écrase l’avion dans la Méditerranée. Alors voyons un peu ce qui nous attend dans le domaine du transport de marchandises…

La trajectoire d’un aéronef sans pilote peut être choisie pour garantir que les seules victimes éventuelles, si l’avion s’écrase, seront des vaches. L’indifférence presque totale qui résulterait d’un tel accident nous fait comprendre tout le potentiel de cette technologie.

Une technologie qui, étonnamment, a été développée pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands disposaient du V1, une bombe volante sans pilote qui aurait été nettement plus efficace si le GPS avait été disponible à l’époque – heureusement pour les Londoniens de l’époque, ce n’était pas le cas.

Missile V1 - fret aerien
Missile V1 utilisé par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale

Depuis, les avions sans pilote – dont les drones – sont devenus monnaie courante dans le domaine militaire. Il semble aujourd’hui inévitable qu’ils passent dans le secteur civil.

Une fois ce changement vers le « sans pilote » effectué pour les avions de transport de marchandises, les gens réaliseront rapidement que les pilotes humains sont une partie du problème et non la solution.

Il existe même une association d’entreprises, la Plateforme pour les avions de transport sans pilotes, (Platform for Unmanned Cargo Aircraft ou PUCA), qui cherche à accélérer cette transition.

Le plus raisonnable est de commencer par les avions de transport les plus petits, car c’est là que les économies réalisées en évitant tout pilote humain sont les plus évidentes. Plus l’avion est petit, plus l’espace et le coût du pilote et du cockpit sont élevés.

Le drone de surveillance Global Hawk montre que des avions assez gros peuvent opérer sans problème et en toute sécurité sans les inconvénients d’un pilote humain.

Global Hawk  fret aérien
Drone de surveillance Global Hawk de l’US Air Force
Source : Wikipedia

Je dis « les inconvénients », mais en réalité, « la folie » serait sans doute un terme plus approprié. 90% des crashs d’avion sont dus à une erreur humaine. On peut donc dire sans prendre de risque que se débarrasser des pilotes serait une excellente chose pour la sécurité aérienne. De mon point de vue, une fois que cette amélioration de la sécurité deviendra évidente, les pilotes humains commenceront à disparaître comme une suite de dominos.

Mais tout ne se résume pas à une guerre drone contre pilotes…

Le besoin de transport de marchandise à basse vitesse et à bas coût pourrait faire émerger de nouveaux formats de drones. Et nous pourrions même voir une résurgence des dirigeables !

Le grand retour… du dirigeable !

De nouveaux dirigeables hybrides sont légèrement plus lourds que l’air. Leur mouvement vers l’avant résulte de la poussée d’un corps en forme d’aile, qui leur permet de rester en l’air. Ils peuvent opérer avec toute la souplesse d’un hélicoptère, mais n’utilisent qu’une fraction du carburant (peut-être même pas de carburant du tout, si les cellules photovoltaïques légères et haute efficacité se démocratisent). Bien sûr, leur basse vitesse rend le fait de se débarrasser du pilote plus important encore que dans un aéronef conventionnel : c’est donc une technologie idéale pour l’automatisation.

Si cela vous intéresse, vous pouvez vous pencher sur Lockheed Martin, qui en est aux stades déjà avancés du développement technologique d’un dirigeable hybride, le LMH-1.

LMH-1  fret aérien
Vue d’artiste du LMH-1
Source : Lockheed Martin

Le britannique Hybrid Air Vehicles est un pionnier dans ce domaine, mais il a malheureusement récemment subi un revers, avec le crash de son premier véhicule lors du second vol d’essai.

Une technologie très utile pour ce type d’aéronefs est celle des panneaux solaires. L’avion solaire Solar Impulse, qui a fait le tour du monde, a prouvé qu’il était possible de voler avec un avion solaire/électrique. Ce n’est pas d’une grande utilité pour les vols conventionnels. L’avion est lent, et n’a pas de capacité de transport de cargaison.

Cette technologie pourrait cependant être associée, pour plus d’efficacité, à celle des dirigeables hybrides. Avec leur surface importante et leur faible consommation, ils sont idéalement adaptés aux systèmes d’énergies à base de batteries solaires qui alimentent actuellement le Solar Impulse.

Ces dirigeables sont trop lents pour remplacer des avions de ligne mais pour le transport de marchandise, et pour concurrencer les hélicoptères, ils pourraient être un adversaire de poids.

Une entreprise a tenté une approche entièrement différente… Que je vous propose de découvrir dès demain.

Andrew Lockley

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