Drone = danger ?

Rédigé le 5 février 2015 par | Nouvelles technologies Imprimer

Si comme moi vous êtes fasciné par les drones, que vous suivez tout ce que ces engins sans pilotes peuvent faire (livrer des colis, surveiller des infrastructures, aider à la lutte contre les incendies…), vous aurez aussi noté que se multiplient les vols de drones que l’on peut qualifier de « suspect ». Entre les survols de la plupart des centrales françaises ces derniers mois, la découverte d’un drone dans le jardin de la Maison Blanche ou encore le très récent survol de l’Elysée par un de ces fameux engins, les services de sécurité de la planète sont sur les dents. Et on les comprend…

Pourtant, officiellement, autorités et services de sécurité tentent de minimiser les dangers que représentent ces survols suspects. Il est vrai que les drones qui ont survolé la Maison Blanche ou l’Elysée étaient trop légers pour être armés… Mais pas pour filmer ou prendre des photos. Et alors que les drones destinés au grand public se multiplient et que leur portée ne cesse de s’améliorer, les drones représentent un risque grandissant.

Drone retrouvé le 26 janvier dernier dans le jardin de la Maison Blanche Drone retrouvé le 26 janvier dernier dans le jardin de la Maison Blanche

Des pays comme la France ou les Etats-Unis ont largement mis en avant cette technologie, soulignant ses multiples usages aussi bien civils que militaires et les présentant comme une source de croissance et d’emplois non négligeables

Y répondre n’est pas si simple qu’il y a parait, tant pour des raisons stratégiques que technologiques. En effet, en Europe comme aux Etats-Unis, les gouvernements semblent pris à leur propre piège : d’un côté, des pays comme la France ou les Etats-Unis ont largement mis en avant cette technologie, soulignant ses multiples usages aussi bien civils que militaires et les présentant comme une source de croissance et d’emplois non négligeables.

Le gouvernement, sous l’impulsion de l’ex-ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, a largement mis en avant le secteur. Selon la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC), le marché français des drones devrait passer de moins de 100 millions d’euros en 2013 à 300 millions cette année, et créer entre 5 000 et 7 000 emplois d’ici 2018.

Aux Etats-Unis, les drones devraient générer 70 000 créations d’emplois dans les 3 ans suivants leur autorisation civile.

Les Etats sont conscients que les drones représentent une faille majeure dans la sécurité du territoire

De l’autre côté, les Etats sont conscients que les drones représentent une faille majeure dans la sécurité du territoire. Nous l’avons vu, les cibles peuvent être aussi bien politiques qu’industrielles : et si nos infrastructures étaient visées ? Risquons-nous de voir des drones attaquer des centrales nucléaires ou électriques, des bâtiments symboliques comme la Tour Eiffel, la Statue de la Liberté… ? Malheureusement, tout est possible.

Face à ce danger, les Etats affutent leur réponse réglementaire et judiciaire.

L’utilisation de drones en ville est strictement interdite

Une lutte sur le terrain réglementaire La France, pionnière en la matière, a dès 2012 réglementé l’usage des drones civils. Quatre scénarios d’utilisation de drones ont été définis : l’utilisation de drones en ville est strictement interdite et aucun drone n’est autorisé à voler au-dessus de 150 m. Et seuls les appareils de petite taille ont été autorisés (25 kg maximum pour les drones pilotés et uniquement 2 kg pour ceux volant de manière complètement autonome). De plus, il y a des restrictions en terme de distance au delà de laquelle votre drone n’a pas le droit de s’éloigner.

Les centrales bénéficient quant à elles d’un régime spécial en tant qu’installations sensibles. Tout survol à moins de 1 000 mètres d’altitudes et dans un rayon de 5 km autour d’elles est interdit. Les centrales sont en outre protégées par l’armée de l’air. Des protections qui n’ont pas empêché les récents survols – plus d’une vingtaine depuis octobre dernier.

Alors que l’Assemblée nationale devrait voter aujourd’hui l’instauration d’un délit sanctionnant les intrusions dans les centrales nucléaires, la question des drones agitent toujours les esprits. Les députés ont donc demandé un rapport sur les mesures anti-drones prévues pour protéger les centrales – ainsi que l’instauration de sanctions contre ce genre d’infractions.

Aux Etats-Unis aussi la réponse s’organise, et prend un tour très politique… c’est ce que nous verrons dès demain dans la Quotidienne.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

Un commentaire pour “Drone = danger ?”

  1. […] Hier, nous avons vu que les Etats mettaient progressivement en place une réponse réglementaire aux problèmes de sécurité que posent de plus en plus régulièrement les drones. En France, un cadre très strict d’utilisation des drones a été défini dès 2012. […]

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