Après les 20 000 points du Dow Jones : Jusqu’où peut aller Wall Street ?

Rédigé le 27 janvier 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Le Dow Jones est toujours au-dessus des 20 000 points… et nous ne savons s’il faut célébrer ou pas ce nouveau record.

Ces dernières heures, les articles se sont multipliés pour expliquer à quel point ces 20 000 points ne signifiaient rien. L’argument est simple, le Dow Jones est un indice dépassé, dont la composition vieillissante ne reflète en rien les forces vives de l’économie américaine et dont le calcul tend à privilégier certains dinosaures. Les valeurs qui font vraiment parler d’elles, celles qui sont l’avenir, sont incluses dans le S&P 500 et surtout dans le Nasdaq.

Le Dow ne représente peut-être plus grand-chose mais le franchissement des 20 000 points est malgré tout un symbole éclatant – celui du fracassant début de l’ère Trump, le couronnement d’une exubérance boursière vieille de plusieurs mois (voire de plusieurs années) et de la déconnexion totale qui s’est installée entre les marchés et la politique.

Les marchés font le pari que Trump va relever l’économie américaine.

Comment ?

En baissant les impôts. En privilégiant le made in USA. Avec une politique de grands investissements. En instaurant des barrières physiques et douanières autour du territoire américain.

Tout ceci, cela a déjà été beaucoup dit, est inflationniste. Même la guerre – une option qui est loin d’être écartée par Trump et son équipe – va dans ce sens.

Un peu d’inflation ne déplairait pas aux marchés. Mais jusqu’à quel niveau ?

Pour le savoir, il faut jeter un coup d’oeil au marché obligataire et tout particulièrement au rendement des bons du Trésor à 10 ans.

Il tourne actuellement autour des 2,5% – contre moins de 2% il y a quelques mois.

A 3%, cela devrait passer aussi. Parce que nous avons Trump et son « make America great again« .

A 4% ? A ce niveau, cela s’agitera sérieusement du côté de la Fed.

Car oui, n’oublions pas la Fed.

La Fed qui, si j’en juge les déclarations de Janet Yellen à l’issu de la réunion de décembre du FOMC, ne porte pas Trump dans son coeur et a les plus grands doutes sur l’efficacité de sa politique fiscale et économique.

Parfois j’ai l’impression que nous vivons en plein soap opera.

Donc la Fed. Pour le moment, elle joue son rôle de soutien des marchés. Elle va certes remonter ses taux en 2017 – ou du moins prévoit de le faire – mais si prudemment que tout devrait bien se passer.

Pourra-t-elle conserver ce délicat doigté si les rendements des bons du Trésor dépassent les 4% ? J’en doute fortement. Elle devra passer à la manière forte, à la politique monétaire ultra-restrictive.

Les marchés n’apprécieront pas.

Je sais, je sais… tout ceci paraît à la fois bien compliqué et bien éloigné de nous.

Pour l’instant, nous sommes aux 20 000 points, et nous ne savons toujours pas dans quel sens vont aller les marchés.

Je n’ai pas la réponse, cher lecteur. Ce que je vois, c’est que les marchés actions montent alors que les rendements obligataires se tendent. Et ce que ce n’est pas – à terme – compatible.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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