Le destin de l’euro

Rédigé le 10 mars 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Cher lecteur,

Ni la légère révision à la hausse de la croissance (de 1,7% à 1,8%) dans la zone euro cette année, ni l’inflation à 23% en février, ni même les pressions allemandes ne sont parvenues à pousser la BCE à changer sa politique.

La Banque centrale européenne n’a pas touché à ses taux et a confirmé la réduction du montant de ses achats mensuels dès le mois prochain (de 80 milliards à 60 milliards d’euros).

La BCE a souligné les faiblesses persistantes de la zone, dont l’absence de hausse des salaires… et une faible inflation. Car, comme l’a souligné, Mario Draghi, hors énergie, la hausse de prix demeure modérée, autour de 0,9%.

Draghi préfère donc mettre en avant l’inflation pour « esprits purs ». Une inflation pour des gens qui n’allument pas l’électricité, ne prennent ni l’avion ni la voiture, n’achètent aucun produit transporté par un véhicule motorisé… Des gens qui se déplaceraient donc en carriole et se nourriraient exclusivement de la production de leur jardin. C’est peut-être un rêve pour certains mais ce n’est pas réalité de la très grande majorité des Européens.

En Allemagne, l’inflation a même atteint les 2,2% le mois dernier. Les Allemands sont réputés pour peu goûter l’inflation. Une aversion qui remonterait à la grande crise hyperinflationniste des années 20. Je ne sais pas si ce cliché repose sur quelque réalité mais, quoi qu’il en soit, Berlin souhaiterait que la BCE change de politique.

L’Allemagne a accepté à contrecoeur la baisse des taux, les soutiens aux banques (LTRO) et surtout le quantitative easing européen. Alors que les conditions économiques de la zone euro s’améliorent sensiblement, il lui semble que le temps est venu de mettre un terme à toutes ces fantaisies.

Mais Draghi est inflexible.

Cela pourrait n’être qu’une affaire interne à la zone euro, un conflit de plus entre un Etat et la BCE mais les répercussions de cet affrontement se font sentir jusque dans la vie politique allemande et sur les prochaines et très attendues élections législatives allemandes. La contestation anti-BCE – et donc anti-euro dans sa forme actuelle – grimpe… et menace la monnaie unique. Ou du moins, comme l’explique Simone Wapler dans cette vidéo, la monnaie unique telle que nous la connaissons.

Plus le temps passe, et plus je pense que l’hypothèse de Simone gagne en probabilité. Un récent sondage Elabe pour Les Echos, Radio classique et l’Institut Montaigne montre que 72% des Français sont opposés à une sortie de la zone euro. Nous sommes dans l’euro, nous y resterons très probablement.

Mais les indéniables dysfonctionnements de la monnaie unique rendent sa modification difficilement évitable. La montée de la contestation envers l’euro dans la plupart des pays ne pourra être éternellement ignorée. Quelle forme pourrait prendre ces modifications ? La sortie d’un pays du sud reste un scénario possible. La mise en place d’un euro à deux vitesses aussi. Benoît Hamon évoquait la restructuration commune de la dette des pays de la zone euro et la mise en place de ce qui ressemble beaucoup à des eurobonds.

Ces modifications auront des conséquences très concrètes sur votre argent. C’est ce que Simone vous explique ici.

Comment ont réagi les marchés ? Plutôt bien. Le CAC 40 est, hier après-midi, reparti dans le vert et a, ce matin, repassé la barre des 5 000 points. On y croit ? On n’y croit pas ? Qu’importe… vous avez la possibilité de profiter de ce nouveau sursaut du CAC 40 grâce aux recommandations de Mathieu Lebrun dans La Bourse au Quotidien Pro. Et comme vous pouvez bénéficier de 15 jours d’essai gratuit, vous aurez le temps de vous faire votre avis sur ses recommandations. Pour en savoir plus…

Du côté américain, l’effet « Fed » joue à plein : les investisseurs anticipant une nouvelle hausse des taux par la banque centrale américaine, ils se précipitent sur les bancaires qui vont (financièrement) profiter de cette hausse. Voilà de quoi à nouveau tirer les indices américains vers le haut.

Dans la Quotidienne du jour, nous allons revenir à cette histoire d’inflation pour esprits purs, ou plutôt d’énergie. Andrew Lockley s’intéresse aux camions du futur alors qu’une compétition est lancée entre les moteurs électriques et à hydrogène. Sachant que Tesla est de la partie, vous imaginez que cette compétition se fait féroce.

Bonne lecture, excellent week-end, et à lundi.

Cécile Chevré

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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