Misez sur l'Histoire, misez sur Cuba

Rédigé le 16 juillet 2015 par | Pays émergents Imprimer

Par James McKeigue

En matière d’investissement boursier, on s’inquiète parfois des forces extérieures qui pourraient faire dérailler une entreprise pourtant performante. L’Histoire est pleine d’exemples dramatiques. L’industrie pétrolière russe, avant sa nationalisation par l’Union soviétique, ou les paquebots océaniques coûteux construits juste avant l’avènement du transport aérien commercial.

Mais, en de rares occasions, vous avez parfois l’impression d’être du bon côté de l’Histoire. Comme si une vague irrépressible d’événements poussait votre investissement vers le haut. Et c’est exactement l’impression que j’ai avec notre fonds cubain : le Herzfeld Caribbean Basin Fund (CUBA – Nasdaq).

Ce fonds a progressé de 13% depuis que je l’ai recommandé pour la première fois à mes lecteurs en janvier dernier, et il semble devoir progresser plus encore étant donné les bonnes nouvelles supplémentaires sur l’histoire d’amour entre Cuba et les Etats-Unis. L’heure est venue de nous pencher à nouveau sur ce rapprochement, et de voir s’il est possible d’en attendre plus.

Après le dégel des relations, les choses se réchauffent

Commençons par un petit rappel. En décembre dernier, le président américain Barack Obama et son homologue cubain Raul Castro ont choqué le monde entier en annonçant un projet de normalisation des relations entre les deux pays. L’important est que ce rapprochement signifie que Cuba va s’ouvrir aux entreprises américaines.

Depuis le début, cette histoire a été d’avantage couverte sous l’angle de l’enthousiasme et du potentiel d’avenir plutôt que sous celui des faits et des chiffres. Si l’on analyse ces derniers, la minuscule économie cubaine et ses 68 milliards de dollars font pâle figure parmi les diverses autres options qui s’offrent aux entreprises américaines. Mais le pays a une forte valeur de symbole. Sa défiance vis-à-vis de son immense voisin du nord en a fait une épine dans le pied de l’Amérique. Le rapprochement est emblématique pour les deux parties.

L’île a également un grand potentiel. En 1958, avant la révolution de Fidel Castro, Cuba a reçu plus d’investissement étranger direct des Etats-Unis (320 millions de dollars) que la totalité de l’Amérique latine. Il est peu probable que le pays retrouve cette position, mais il a malgré tout beaucoup à offrir aux entreprises américaines.

La situation géographique et le climat de Cuba rendent l’île attrayante pour l’immense marché américain du tourisme. C’est la raison pour laquelle les lignes aériennes, les groupes hôteliers et même Airbnb, le spécialiste de la location court séjour de logements de particuliers ont (déjà) fait part de leur intérêt.

Le système agricole, les infrastructures de transport et le réseau téléphonique de Cuba, tous vétustes, offrent également de belles opportunités aux investisseurs internationaux. Cuba n’est certes pas un grand pays : il compte moins de 12 millions d’habitants, mais étant donné que la quasi-totalité de son économie est aujourd’hui contrôlée par l’Etat, les débouchées sont nombreuses pour les entreprises américaines.

Du bon côté de l’Histoire

Mais, comme je l’ai déjà dit, si l’on se contente d’analyser les chiffres, Cuba, bien que prometteuse, n’est toujours pas d’une importance cruciale. La véritable raison pour laquelle j’aime y investir, c’est que je pense que l’histoire va dans notre sens. L’embargo était une anomalie historique. A long terme, dans un environnement mondialisé, il semble raisonnable pour deux économies proches d’être relativement intégrées… Notamment lorsque l’un des pays est l’une des plus grandes économies au monde. La situation actuelle, où les Etats-Unis n’y sont absolument pas présents ne va pas durer éternellement.

Et l’on commence maintenant à entamer un rapprochement : difficile de croire que celui-ci pourra être stoppé. Bien sûr, certaines voix critiques s’élèvent aux Etats-Unis. Certains Républicains sont contre cette évolution et affirment s’inquiéter des violations passées des Droits de l’Homme à Cuba.

L’un d’entre eux a récemment affirmé que Cuba était un « régime voyou ». Une déclaration bien audacieuse lorsque l’on sait que la politique étrangère américaine a fait des centaines de milliers de morts au cours des 15 dernières années, alors que la plus grande intervention étrangère à Cuba a été l’aide à la lutte contre Ebola en Afrique de l’Ouest.

Mais, au final, ces critiques ont déjà perdu la guerre. Elles tentent simplement de ralentir ou de mettre des bâtons dans les roues de ce processus, mais elles ne peuvent pas s’opposer à l’histoire en marche.

Je pense que notre sélection est la meilleure manière de profiter de Cuba

Lorsque j’ai écrit mon premier article sur Cuba, j’y ai recommandé d’investir dans le Herzfeld Caribbean Basin Fund (CUBA – Nasdaq), la meilleure manière, selon moi, de se positionner.

Ce fonds investit dans des entreprises régionales qui bénéficieraient d’une résurgence cubaine. Il est propriétaire du transporteur régional Copa (que les lecteurs réguliers reconnaîtront comme l’un de mes favoris) et devrait profiter d’une explosion du tourisme à Cuba. Il a également des billes dans d’autres entreprises comme Royal Caribbean Cruises et le producteur local de boisson gazeuse, Coca Cola Femsa, ainsi chez Cemex, un producteur régional de ciment.

Et même si ce fonds n’a toujours pas le droit d’être directement propriétaire de quoi que ce soit à Cuba, son fondateur a promis de commencer à investir directement dès que les règles seront devenues plus flexibles et qu’il y sera autorisé.

Depuis que je vous ai conseillé ce fonds, j’ai noté qu’il faisait un excellent baromètre des progrès effectués par ce rapprochement. Lorsqu’il y a de bonnes nouvelles (par exemple, le retrait de Cuba de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme), notre fonds progresse. Lorsque les nouvelles sont mauvaises — par exemple, lorsque certains républicains éclairés cherchent à bloquer la nomination d’un nouvel ambassadeur américain à Cuba — il chute.

Cela vous semblera peut-être assez évident, mais c’est aussi très utile, car nous n’avons pour l’instant accès à aucun autre pure player à Cuba. Bien sûr, vous pouvez faire preuve de jugeote et investir dans des entreprises qui, selon vous, pourront profiter de la situation, mais à terme, Cuba ne représentera qu’une petite partie de leur chiffre d’affaires global : elles ne seront donc pas des pure players à Cuba et ne réagiront pas de la même manière que ce fonds.

Si vous pensez comme moi que les choses prennent une tournure assez claire sur le long terme, ce fonds est la meilleure manière de surfer sur la vague.

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