La crise de l'euro nous mènera-t-elle à l'hyperinflation ?

Rédigé le 20 décembre 2010 par | La quotidienne Imprimer

L’Europe devra emprunter 350 milliards d’euros en 2011, comme vous le disait ma collègue Cécile Chévré vendredi dernier. Toute hausse des taux au-delà de 5,5% mettra l’Espagne ou la France à genoux. Pour sa dernière émission obligataire de l’année, l’Espagne a dû concéder 5,446%.

L’Europe n’aura alors qu’une seule solution, celle-là même qui est pratiquée par les Etats-Unis, accélérer l’impression monétaire.

A ce stade, quoiqu’il arrive, le cartel des taux bas — Etats-Unis, Europe, Japon — n’a plus que la création de monnaie pour échapper à ses dettes. Tout relèvement des taux au-delà de 5 à 6% conduit ses membres à la faillite. Le cartel le sait très bien. Le monde aussi…

Ben Bernanke a indiqué qu’il était sûr à 100% de pouvoir maîtriser l’inflation le moment venu (interview de Scott Pellew durant l’émission 60Minutes de CBS le 6 décembre).

C’est le même personnage qui était sûr à 100% que :
– l’immobilier américain ne pouvait pas baisser ;
– la crise du crédit subprime était une crise de liquidité et non de solvabilité ;
– le plan de relance à mille milliards de dollars se montrerait efficace ;
– le quantitative easing allait fonctionner…

La seule chose certaine c’est que Bernanke a été à 100% pris en défaut jusque-là.

La plupart des instruments de mesure de l’inflation ont été biaisés pour faire gober au peuple qu’il n’y avait pas de perte de pouvoir d’achat, malgré ce qu’il constate dans sa vie quotidienne.

Les mesures d’inflation les plus diffusées concernent la core inflation, ou inflation sous-jacente. C’est un concept pour esprits purs n’ayant aucun besoin de se loger, de se chauffer ou de s’alimenter.

Les Etats-Unis, comme de nombreux autres pays, ont cassé le thermomètre qui les dérangeait, celui de la mesure honnête d’inflation. La Fed est prise à son propre piège. Même si son président devenait miraculeusement clairvoyant, faute d’instrument de mesure fiable, il ne pourra prendre les bonnes mesures au bon moment.

La route vers l’hyperinflation passe par l’inflation. L’inflation passe par la création monétaire. Mais comment bascule-t-on de l’inflation à l’hyperinflation ?

Nous ne sommes pas les seuls à nous poser cette question. Google Trends montre que l’hyperinflation préoccupe de plus en plus de monde depuis le milieu de 2010.

Graphique de l'évolution de l'hyperinflation - Google Trends

En haut figure le graphe de fréquence des requêtes sur Google et en bas le volume des articles indexés.

Vous voyez que, depuis six mois, les requêtes se multiplient. Notons au passage que de nombreuses interventions viennent de pays n’appartenant pas au cartel des taux bas et donc qui ne pratiquent pas de politique de la planche à billets : Singapour, Hong Kong, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Australie.

Il semble normal que ces gens – qui ont souscrit aux emprunts obligataires des pays développés endettés – soient inquiets. Il ne vous étonnera pas non plus d’apprendre qu’il existe beaucoup de requêtes en allemand sur ce sujet et que beaucoup d’internautes se situent en Autriche. Ceux-là ont en mémoire les récits de leurs parents et grands-parents.

Si les requêtes se multiplient, rien de bien frais ne se référence depuis le paroxysme de la crise (fin 2008-début 2009). C’est ce que vous pouvez constater sur le graphe du dessous, celui des pages indexées.

Le phénomène de l’inflation n’est pas nouveau (voir l’édit de Dioclétien, par exemple) et plutôt bien documentée ; l’hyperinflation, en revanche, est un phénomène historiquement beaucoup plus récent et lié à l’emploi du papier monnaie.

Les grandes expériences modernes sont : l’Allemagne de 1923, la Hongrie de 1946, le Zimbabwe. Durant ces épisodes, il faut aussi préciser que la dématérialisation de la monnaie se limitait au papier, la monnaie électronique ou informatique n’étant pas en usage.

S’il fallait vous définir le passage entre inflation et hyperinflation l’Histoire nous apprend que tout bascule lorsque les gens n’ont plus confiance dans la monnaie et qu’ils veulent s’en débarrasser !

Hyperinflation = rejet de la monnaie

En général, il faut que l’inflation atteigne déjà deux chiffres.

Petite précision : l’inflation mesurée aux Etats-Unis selon la méthode en vigueur avant 1980 atteint en ce moment 8,5% (contre 1%, officiellement diffusé par le Bureau of Labour Satistic).

Mais je ne vous ai pas fait lire jusqu’ici pour un si maigre biscuit.

Nous devons craindre l’hyperinflation et le rejet de la monnaie ; je vais vous montrer pourquoi, d’abord sous la forme théorique.

Ensuite, je vous donnerai quelques indicateurs à surveiller pour anticiper le moment fatal où se produira le phénomène de rejet de la monnaie.

C’est ce que nous verrons dès demain, dans la Quotidienne


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Quelle fin d’année pour le CAC 40 ? C’est la question que se pose Philippe Béchade dans le Billet du Trader : « Combien de temps les marchés vont-ils encore marcher sur la tête ? Nous serions tentés de répondre aussi longtemps que ceux qui n’y comprennent plus rien laisseront les initiés faire leurs petites affaires entre eux… avec l’argent des contribuables — qui garantit les émissions de la Fed et ses QE (successifs ?) ».

« Le CAC 40 peut tout aussi bien grimper de 50 points en quelques heures (en direction des 3 936 points) que rechuter d’autant (jusque sur 3 760 points) s’il apparaît plus profitable de tirer le tapis sous les pieds de ceux qui jouent majoritairement le scénario un peu trop classique du rally de fin d’année ». Pour lire la suite de l’article de Philippe, c’est ici…

– En 2011, faudra-t-il choisir l’or ou les actions ? Les prévisions de Bloomberg pour le métal précieux ainsi que pour les actions sont positives pour 2011. « L’or ou les actions ? », s’interroge Bill Bonner, « Selon Goldman, vous gagnerez de l’argent quoi que vous choisissiez. Nous n’en sommes pas si certains ». Bill vous explique pourquoi dans La Chronique Agora


Photo : fdecomite – Flickr

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Pas de commentaire pour “La crise de l'euro nous mènera-t-elle à l'hyperinflation ?”

  1. […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Guillaume Dekoninck. Guillaume Dekoninck a dit: RT @MoneyWeekFrance: La #crise de l'euro nous mènera-t-elle à l'hyperinflation ? http://bit.ly/e4B5fc […]

  2. Espagne :

    Depuis septembre 2000, les taux d’intérêt des obligations à 10 ans n’avaient jamais été aussi élevés.

    Taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,526 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

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