Groupe PSA, Renault : les constructeurs automobiles français sont toujours dans la course

Rédigé le 21 juillet 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Nous avons vu dans la Quotidienne d’hier que, si le secteur automobile promet de belles innovations pour les prochaines années, investir dans les constructeurs américains – notamment Tesla – est un pari risqué. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux constructeurs automobiles français.

Présentés comme ringards par la presse spécialisée, délaissés par les investisseurs et massacrés en Bourse, nos anciens fleurons nationaux n’ont plus la cote depuis quelques années.

Vous le savez, aux publications Agora, nous avons toujours un oeil bienveillant envers les investissements contrariens.

Certes, les véhicules des constructeurs français font figure de bas de gamme par rapport à ceux de nos voisins allemands.

Certes, le moteur Diesel, fer de lance du groupe Peugeot-Citroën, est sous le feu des critiques pour son impact sur la santé publique et ses subventions déguisées.

Certes, les innovations de nos entreprises ne suscitent pas le même engouement que celles de Tesla ou Google.

Ceci étant dit, nos constructeurs vendent encore, bon an mal an, des millions de véhicules. Ils possèdent des marques connues sur toute la planète et un outil industriel fiable et rentabilisé.

Le Groupe PSA fait de nouveau entendre quelques rugissements

Si vous suivez les pérégrinations du CAC 40, vous n’avez pu passer à côté de la débâcle boursière de Peugeot depuis ses plus hauts de 2007.

L’action a cédé 80% de sa valeur entre 2007 et l’été 2008, passant de 65 euros à 12 euros. Le cours s’est ensuite repris jusqu’en 2011 avant une nouvelle chute qui l’a emporté sous les 5 euros.

Peugeot PSA Cours de l’action Peugeot sur 5 ans

En septembre 2012, au plus fort des difficultés, coup de tonnerre : l’action sort du CAC 40. Elle ne le rejoindra qu’en 2015.

La morale de cette parenthèse hors de l’indice parisien est que les analystes qui prévoyaient la disparition du groupe sous quelques mois avaient précipité leur diagnostic.

Le point bas de l’action a été touché en novembre 2012, deux mois après sa sortie du CAC 40. La valeur a ensuite débuté une lente remontée qui a porté son cours à près de 20 euros (450% d’augmentation en 30 mois !).

Depuis, on constate une lente érosion du titre. Le Brexit a énormément secoué la valeur qui a perdu 25% en quelques jours pour revenir tutoyer les 10 euros.

Fondamentalement, la situation de Peugeot est bonne. Son chiffre d’affaires est stable et les objectifs 2016 seront probablement atteints. Les résultats de l’entreprise sont repassés dans le vert en 2015. Le bénéfice net par action devrait être cette année supérieur à 1,5 euros. Au cours actuel, la valeur se paye seulement sept fois ses bénéfices.

Renault: l’autre fleuron national

Le concurrent historique du Groupe PSA, Renault, a eu un parcours plus calme depuis la crise des subprime. Dans son cas, pas de sorties de l’indice qui donnent des sueurs froides aux actionnaires de long terme. Renault a maintenu son dividende depuis sa reprise en 2010, et s’est même payé le luxe de le remonter régulièrement jusqu’à atteindre 2,4 euros.

Renault Cours de l’action Renault sur 5 ans

Egalement en consolidation depuis mi-2015, l’action Renault est aujourd’hui revenue sur les 75 euros.

A l’instar de Peugeot, la valeur est peu chère avec un PER de sept. Le constructeur a dégagé un résultat net proche de trois milliards d’euros en 2015.

D’un point de vue strictement graphique, il est préférable d’attendre la sortie du triangle de consolidation avant de se positionner sur la valeur.

Profitez de la décote des constructeurs automobiles français !

Comme vous le voyez, les deux constructeurs français sont aujourd’hui des valeurs délaissées par les investisseurs. Pour rappel, le PER moyen historique des valeurs du CAC 40 est aux alentours de 15. Il semblerait que le marché intègre dans les cours de Peugeot et Renault une érosion des ventes qui a déjà eu lieu.

Dans une optique d’investissement de long terme dans le secteur automobile, il est aujourd’hui bien plus prudent de « ramasser le papier » des valeurs françaises que de tenter des aventures outre-Atlantique.

Fidèle à la devise de Warren Buffet, posez-vous la question : entre Renault/Peugeot et Tesla, quel constructeur a le plus de chances d’être encore en activité dans 20 ans ? Quel constructeur a un outil industriel mobilisable en cas de reprise de la croissance mondiale ? Quel constructeur peut s’appuyer sur des réserves de capitaux et utiliser le levier de la dette en toute sécurité ?

Bien sûr, miser sur un fabricant de voitures 100% électriques est plus excitant qu’investir dans une entreprise fondée au XIXe siècle… mais si vous ne voulez pas que votre investissement dans l’automobile ressemble à un investissement dans les télécoms avant le krach des dot.com, je vous conseille de rester à l’écart des modes et de profiter des décotes de nos valeurs françaises.

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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