Chute de Wall Street : faut-il paniquer ?

Rédigé le 9 février 2018 par | A la une, Indices & Actions, Mode d'emploi Imprimer

Wall Street s’est de nouveau effondré hier : -4,15% sur le Dow Jones, -3,90% sur le Nasdaq, -3,75% sur le S&P 500.

En parallèle, nos deux baromètres – le VIX et les rendements des bons du Trésor à 10 ans – indiquent une nouvelle zone de turbulence.

cours du vix hausse volatilité graphe

Le VIX, l’indice de la peur, a repris 10%

tbonds cours

Quant aux rendements des bons du Trésor, ils sont repartis à la hausse, repassant au-dessus des 2,8%, le niveau qui a déclenché la panique des marchés actions vendredi dernier. Les rendements visent en outre assez manifestement cette barre plus que symbolique – et dangereuse – des 3% dont vous parlait récemment Simone Wapler dans La Chronique.

Evidemment, une telle chute n’a pas échappé à l’attention des banques centrales, et ce pauvre Jerome Powell, le tout nouveau président de la Fed, doit se demander s’il a bien fait d’accepter le poste.

Au lieu de rassurer les investisseurs, la Banque d’Angleterre a, hier, soufflé sur les braises de la correction boursière en annonçant qu’elle pourrait relever ses taux plus vite et plus fort que prévu. Ce n’était vraiment pas la chose à dire… et la réaction a été immédiate, Wall Street craignant que la Fed soit sur la même ligne directrice.

Voilà nos marchés complètement obsédés par cette histoire d’inflation. Ils en oublient tout le reste – les bons chiffres économiques, les résultats d’entreprises, les promesses de Trump, sa réforme fiscale, etc.

A charge maintenant aux banques centrales de signer la fin de l’obsession boursière pour la hausse des prix. Face au risque de décrochage des marchés actions et obligataires, les banques centrales tentent donc un exercice d’équilibriste comme l’explique Simone Wapler dans Crise, Or & Opportunités :

Les stratégies short massives sur le VIX ont fait trembler les marchés.

Marchés qui, de ce fait, se réveillent soudain, confrontés à la dure réalité de la hausse des taux d’intérêt. Il est probable que tant que le 10 ans US ne reviendra pas vers son oblique de long terme, les marchés restent à risque.

Autre point : il est évident que les banques centrales sont intervenues directement pour soutenir les marchés, et par 2 fois. Permettant aux actions de regagner à chaque fois 1% en quelques minutes. Aucun investisseur raisonnable n’achèterait dans de telles conditions.

Reste à savoir si cela va marcher. Dit autrement, les investisseurs resteront-ils confiants dans la capacité des banques centrales à soutenir les marchés sans que le marché obligataire ne dérape ?

C’est en tout cas un exercice d’équilibriste à haut risque…

Une nouvelle fois, donc, les banques centrales vont avoir un rôle prééminent à jouer. Vont-elles réussir à rassurer les marchés obligataires sur leur maîtrise de l’inflation et de la remontée des taux ? Vont-elles réussir à rassurer les marchés actions sur la persistance d’argent non plus gratuit mais bon marché.

C’est un pari. Et je pense que les banques centrales vont y parvenir, du moins pour le moment. Les marchés actions n’attendent que d’être rassurés. Quelques mots doux de la part de Powell et ils pourraient reprendre leur marche haussière… jusqu’à la prochaine correction ou au prochain krach.

Est-ce le début de la fin ?

Je vais peut-être vous paraître irraisonnablement optimiste mais il me semble que la situation actuelle, aussi volatile soit-elle, pourrait ne pas être le déclenchement du grand krach (un krach similaire à celui de 2007) mais le signe d’un ajustement.

Je m’explique : les gros krachs n’arrivent pas du jour au lendemain. Ils se préparent sur des mois, voire des années. Pour la crise des subprime, le marché immobilier américain avait commencé à décrocher en 2006. Les banques américaines avaient dévoilé leurs premières pertes liées aux subprime début 2007. Et il avait fallu attendre l’automne de cette même année pour que les marchés actions réagissent enfin et prennent la mesure de la crise qui larvait depuis des mois.

Aujourd’hui, même si la situation financière mondiale est loin d’être saine, la reprise économique, la baisse du chômage et la hausse des salaires indiquent plutôt une amélioration économique.

Cette amélioration économique nécessite un ajustement de la politique des banques centrales. Celles-ci tentent de préparer les marchés à cette réalité depuis des mois, manifestement avec un succès moindre qu’en 2014 quand la Fed avait annoncé la fin progressive de sa politique d’assouplissement monétaire (quantitative easing). Ou en 2015 quand elle avait pour la première fois relevé ses taux depuis la crise des subprime.

Nous pourrions donc vivre une crise d’ajustement et non pas un krach.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Tout d’abord, évitez de céder à la panique – même si le décrochage des actions de 4% n’aide pas.

Et adoptez une double stratégie.

Premièrement, faite une liste des valeurs qui vous intéressent… et attendez qu’elles chutent suffisamment pour les mettre en portefeuille.

Deuxièmement, protégez-vous contre la volatilité actuelle. C’est le moment de dégainez vos trackers bear, dont le BX4 sur le CAC 40. Si vous voulez en savoir plus sur ce fameux BX4, je vous conseille la lecture de ce point complet que lui avait consacré Gilles Leclerc. Et n’oubliez pas de prendre ces 6 mesures pour vous protéger contre la chute des marchés

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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