La Chine libère son gaz de schiste, profitez-en !

Rédigé le 17 juillet 2012 par | Nouvelles technologies Imprimer

Depuis que je suis arrivé en Chine, la plupart de mes collègues, amis ou membres de ma famille sont venus prendre des nouvelles. « Est-ce que tu vois des trucs chouettes ? », « comment ça se passe ? » ou encore, plus lapidaire « raconte-moi Pékin ! ».

Certains sont mêmes allés jusqu’à me demander des nouvelles en imitant l’accent chinois par écrit, ce qui est très difficile graphiquement parlant. J’ai cru comprendre que c’était toutefois une imitation de l’accent cantonnais, et non pas pékinois…

Pris par mon travail, je n’ai pas encore visité d’endroits très touristiques, si ce n’est la place Tian’anmen. Ma profession m’amène à me déplacer surtout dans le quartier des ambassades et des affaires de Chaoyang. Pourtant hier soir, je suis revenu particulièrement heureux de mon travail.

J’avais enfin vu quelque chose de très rare ici : le ciel !

Pékin est recouvert pratiquement en permanence d’une fine couche brumeuse, qui affadit les couleurs et masque la lumière.

Photo de la place Tian'anmen en plein jour

Photo de la place Tian’anmen en plein jour

Mais contrairement à ce que j’imaginais en France, les questions environnementales sont de plus en plus discutées ici. Les investissements dans de nouvelles sources d’énergies sont chaque année plus importants. Et en Chine, il n’est pas question qu’un investissement ne rapporte pas, que cela concerne l’environnement, l’art ou le tourisme.

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de miser sur la préservation de l’environnement chinois.

Les investissements dans le renouvelable commencent…
La question environnementale devient pressante pour le pouvoir. La dégradation de la qualité de l’air ou de l’eau est de plus en plus associée au népotisme et à la corruption qui se sont développés à mesure que l’économie croissait. Ainsi ce parallèle a tôt fait de monter la population contre ses dirigeants. C’est exactement ce qu’il s’est passé récemment dans la petite ville de Shifang.

La construction d’une usine de raffinage de cuivre a été bloquée par la population. Malgré les centaines d’emplois à la clef, les habitants se sont opposés à la construction au son du slogan « protégez l’environnement, rendez-nous notre jardin ».

L’émergence d’une conscience écologique va servir d’impulsion au développement des énergies renouvelables. L’Agence internationale de l’énergie estime déjà que 40% de la croissance du secteur sera porté par la Chine entre 2011 et 2017. Mais pour l’instant, le développement de nouvelles installations solaires ou éoliennes pour remplacer celles au charbon n’a pas été « accompagné ». En effet, une grande partie de ces installations ne sont pas encore reliées au réseau électrique chinois.

L’essor du renouvelable sera ainsi long. Pour réduire l’impact environnemental, je préfère aujourd’hui miser sur un secteur qui est en plein essor : le gaz naturel.

… alors que le gaz naturel décolle !
Cette énergie est pratiquement absente du mix énergétique chinois actuellement. Le gaz naturel n’a qu’une part de 4%, alors qu’il représente autour de 24% au niveau mondial.

La Chine a bien l’intention d’accroître sa consommation dans les années à venir afin de réduire sa dépendance au charbon. D’ailleurs, le gaz naturel doit représenter 8% du mix énergétique chinois en 2015 d’après le 12e plan quinquennal 2011-2015.

Les premières inflexions de la politique énergétique commencent à se manifester au niveau local. La ville de Pékin vient de déclarer qu’elle avait l’intention de remplacer le charbon par le gaz dans ses centrales thermiques et installations de chauffage urbain dans les trois à quatre ans.

Un secteur en particulier devrait se développer, le secteur des shale gas.

Le shale gas, le nouvel eldorado
Le gaz conventionnel a fait une percée en Chine très récemment. Hier encore, le China Daily titrait « la fièvre des shale gas se développe, les compagnies voient une nouvelle ruée vers l’or ». L’exploitation n’en est qu’à ses débuts. Le pays comptabilise en tout et pour tout 65 forages… quand les Etats-Unis en sont à 80 000 !

Mais l’importance des gisements devrait très vite faire décoller le secteur. Les réserves chinoises s’établiraient à 25 100 milliards de m3 exploitables, contre 24 400 milliards aux Etats-Unis.

Ainsi le pays espère produire 6,5 milliards de m3 d’ici 2015. Pour ce faire, une première enchère a été faite en juin dernier. Une deuxième devrait avoir lieu cet été. Déjà 17 compagnies ont montré leur intérêt.

Les investissements affluent dans le shale gas
Ce marché est particulièrement intéressant car il fait partie des rares secteurs de l’énergie qui ne soient pas contrôlés entièrement par les grandes entreprises d’Etat. Les grands programmes d’importations de gaz naturel, avec le Kazakhstan, le Turkménistan ou encore en Russie se décident au niveau politique, en présence des grandes majors publiques que sont CNPC, CNOOC et Sinopec. La récente percée des shale gas, au contraire, a ouvert la porte aux échelons locaux et aux compagnies chinoises de moindre envergure.

Li Jun, membre du bureau de développement urbain d’une ville moyenne, Zhongtian, décrivait son enthousiasme pour les shale gas lors d’un forum à Shanghai en expliquant : « nous espérons utiliser le cash gagné dans le marché de l’immobilier dans le secteur énergétique ». Et le secteur des gaz de schiste risque également d’être une aubaine pour les compagnies étrangères.

Les compagnies étrangères appelées en renfort
Les autorités chinoises font actuellement des ponts d’or aux compagnies étrangères disposant des technologies modernes d’exploitation. CNPC et Shell ont par exemple signé en mars dernier le premier contrat d’exploration de shale gas, qui doit se dérouler dans la province du Sichuan (sud). D’ailleurs, la région a annoncé aujourd’hui qu’elle espère produire deux milliards de m3 d’ici 2015.

Et derrière Shell, ExxonMobil, Chevron, Statoil ou encore Total sont sur les rangs pour exploiter cette ressource. En tout, c’est six milliards de dollars qui devraient être dépensés jusqu’en 2015 pour atteindre le (modeste) objectif d’une production de 6,5 milliards de m3 par an. L’eldorado vient juste de commencer.

Mon conseil
Avec 2% de son capital détenu par le fonds China Investment Corp., Total est très impliqué en Chine. Son accord en mars dernier avec Sinopec va lui permettre de commencer à explorer les ressources du sous-sol chinois. Toutefois Total ne vous donnera qu’une faible exposition au marché chinois du gaz naturel. Vous obtiendrez une meilleure exposition en jouant des petites valeurs très spéculatives, comme Anton Oilfield Services Group ou SPT Group, toutes deux cotées à Hong Kong.

Pour jouer de manière plus globale le développement du marché du gaz en Chine, un industriel français semble tout indiqué. Cette compagnie est justement en train de faire un grand virage stratégique pour se réorienter vers l’Asie.

Le titre a gagné 13% depuis le 1er juin, alors que ce spécialiste du gaz vient de signer trois contrats d’affilée dans le secteur gazier asiatique. Matières à Profits détient en portefeuille cette valeur. Pour plus de détails sur cette opportunité, vous pouvez vous abonner : à la fin de ce message spécial…

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2 commentaires pour “La Chine libère son gaz de schiste, profitez-en !”

  1. […] parution dans l’Edito Matières Premières & Devises le 17/07/2012. AKPC_IDS += […]

  2. […] dans les mines chinoises. Si l’on a vu mardi dernier qui seront les acteurs étrangers des gaz de schiste, certains noms étrangers sont en train d’émerger dans le secteur minier. Ainsi le canadien […]

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