Chine : Investissez dans un bol de nouilles à 14 000 milliards de dollars !

Rédigé le 8 juin 2012 par | La quotidienne Imprimer

Les économies asiatiques sont imbriquées les unes dans les autres.

D’ailleurs, c’est la raison du succès économique de la zone depuis 30 ans. La diversité des profils économiques et la multiplication des accords bilatéraux ont permis une bonne division du travail et d’importantes économies d’échelle.

Cet enchevêtrement d’accords porte même un nom, le « bol de nouilles ».

Aujourd’hui, ces pays se dirigent vers une nouvelle étape de leur croissance, grâce aux zones de libre-échanges. Là encore, les projets plus ou moins aboutis sont nombreux. On compte ainsi l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), l’Organisation de Shanghai, le partenariat transpacifique…

Récemment, c’est la constitution d’une vaste zone de libre-échange entre la Corée du Sud, le Japon et la Chine qui a fait les gros titres. En jeu, 14 000 milliards de dollars ! C’est le poids des trois PIB mis ensemble… soit 20% de plus que le poids de la zone euro.

Pour alléchants que ces projets soient, en tant qu’investisseurs, nous connaissons encore peu ces marchés. Avant de vous lancer, beaucoup de questions attendent encore une réponse :

Quelle banque est la plus compétente sur l’Asie ?

Les placements sont-ils sûrs ?

Les frais de gestion sont-ils chers ?

Pour profiter des meilleures opportunités de gains sur l’Asie, les lignes qui vont suivre vous aideront à répondre à ces questions.

Pourquoi investir en Asie ?
Depuis 20 ans, une ligne de conduite oriente le comportement des grandes multinationales, « il ne faut pas rater le marché chinois ». C’est ce qui pousse nombre d’entreprises à s’installer en Chine, même si plus de la moitié d’entre elles ne parviennent pas à être rentables avant 4-5 ans.

Mais on oublie trop souvent que la croissance de la Chine a été une oeuvre collective. Comme le rappelle Nicolas Schoeffler de cabinet d’étude GaveKal Dragonomics, « socialement, politiquement et économiquement, il est difficile de trouver un pays en Asie qui n’est pas plus riche aujourd’hui qu’il y a 15 ans ».

Les marchés actions ont bien entendu reflété ces performances. Sur les 10 dernières années, l’Eurostoxx 50 a perdu 5,3%, le S&P 500 a gagné 41,4%,… et l’indice MSCI Marchés Emergents a gagné 293% !

Avec l’intégration des économies asiatiques, le potentiel de hausse des places financières reste puissant. Un problème pourtant continue de se poser à nous, investisseurs particuliers occidentaux : l’accès.

De quels instruments disposons-nous ?
Il reste très difficile d’accéder à ces places pour un particulier. Il faut donc passer par des outils de gestion collective.

Les fonds classiques permettent de profiter des qualités d’une équipe de gérants connaissant bien la zone ou le pays en question. Ils s’achètent auprès des intermédiaires habituels, et sont même parfois éligibles à l’assurance-vie.

Des sociétés comme Carmignac possèdent un fonds très efficace sur les émergents, exposés à 50% sur l’Asie. Le fonds East Capital, dont nous avait déjà parlé Cécile Chevré dans la Quotidienne, présente quant à lui une stratégie de placement très convaincante, spécifiquement sur la Chine.

Avec un ETF (exchange-traded fund ou fonds négocié en bourse), vous pouvez investir sur un secteur en particulier, ou une classe d’actifs des pays émergents. Transparents, ils ont également l’avantage d’être parfois éligibles au PEA et d’avoir des frais de gestion particulièrement bas.

Vous les retrouverez dans les plus grandes banques, comme la Société Générale (ETF Lyxor), ou encore BNP Paribas (ETF EasyETF).

Ici, il s’agit de connaître le pourcentage de ventes dans les pays émergents pour déterminer leur exposition.

Reste à faire votre choix !

Nikkei, IHSG, Topix, Hang Seng ou Kospi 200 ?
Entre les pays développés, type Corée du Sud (Kospi 200) ou Japon (Nikkei et Topix), les pays qui commencent à peine à décoller, comme les Philippines, les places exposées aux matières premières, comme Singapour, et les pays inclassables comme la Chine, l’offre est variée. Petit tour d’horizon :

Faisons simple, investir sur la bourse de Shanghai ou Shenzhen, c’est impossible. Ou plutôt, il est impossible pour nous d’investir sur les actions intéressantes. Le marché est divisé entre deux types d’actions :

– Les actions A, libellées en yuan, liquides et nombreuses, et qui sont réservées aux seuls citoyens chinois.

– Seules les actions B nous sont réservées. Libellées en dollar américain ou hongkongais, elles sont peu nombreuses (54 en 2005 contre 1 013 sur le marché A) et surtout peu liquides.

C’est le meilleur moyen d’approcher le marché chinois au plus près, tout en bénéficiant de transactions relativement sûres. Le marché hongkongais est ouvert aux investissements étrangers. Or de nombreuses entreprises chinoises sont cotées à Hong Kong. Ce sont les actions H, regroupées sous l’indice Hang Seng China Enterprises.

Vous pouvez également investir sur les red chips pour profiter de la croissance chinoise. Il s’agit des plus grandes capitalisations, dont le capital est détenu au minium à 35% par les résidents chinois. C’est l’indice Hang Seng China-Affiliated.

Libre à vous après de choisir le secteur auquel vous croyez.

La crise asiatique est passée par là. Ebranlées par le souvenir de 1997, les bourses d’Asie de l’Est ont établi des mesures limitant la spéculation. Les mouvements de capitaux étrangers sont ainsi bridés ou ralentis.

Comme le rappelle Ines Chaieb, professeure assistante à l’Institut de recherche en finance (GFRI) de l’Université de Genève et au Swiss Finance Institute dans un article du journal Le Temps, un système de contrôle par les taxes, pour contrôler les flux financiers et la spéculation, ou des limites de propriété pour les investisseurs étrangers, ont été mis en place.

Toutefois cette région présente les opportunités de croissance peut-être les plus rapides, alors que ces pays copient le mode de développement chinois d’il y a 20 ans (faible coût du travail).

Depuis début janvier, l’Inde a ouvert son marché actions aux investisseurs étrangers. Ces derniers ne sont plus obligés d’investir à la bourse de Bombay via des fonds de placement.

Toutefois plusieurs restrictions demeurent, comme une taxation plus forte si l’on vend un titre moins de 12 mois après l’avoir acheté.

Mon conseil
L’Inde sera le deuxième marché « à ne pas rater ». Je garderai donc un oeil sur l’évolution de la réglementation de la place de Bombay.

Vous pouvez également choisir de vous concentrer sur le secteur du GNL (Gaz Naturel Liquéfié). Dans son rapport publié cette semaine medium-term gas market report 2012, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé un doublement de la consommation de gaz en Chine. Et c’est le GNL, en provenance d’Australie, de Malaisie ou d’Indonésie qui répondra à cette demande. Les compagnies engagées sur ce marché vont décoller. Or plusieurs d’entre elles, comme Shell, sont cotées en Europe ou aux Etats-Unis.

[NDLR : Découvrez encore plus d’opportunités sur le marché des matières premières en recevant tous les mois la lettre de Florent Detroy consacrée à l’investissement sur les ressources naturelles : continuez votre lecture pour en savoir plus…]

Pour les plus pressés, vous pouvez toujours investir via un fonds ou un ETF sur la zone de votre choix. Si la Chine reste un investissement prometteur, les plus téméraires choisiront un fonds sur l’Asie du Sud-Est, comme le fonds Fidelity South-East Asia.

Première parution dans l’Edito Matières Premières & Devises le 07/06/2012.

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