Trois choses qui vont changer la Chine

Rédigé le 25 septembre 2015 par | Pays émergents Imprimer

Sean Brodrick

Impossible d’écouter les nouvelles du monde de la finance sans entendre les dernières inquiétudes que suscite la Chine. Si certaines personnes semblent aimer se faire du souci, le gouvernement affirme que le PIB a augmenté à un rythme de 7% pendant la première moitié de l’année. Certes, c’est la croissance la plus lente depuis des décennies, mais cela reste un bon chiffre. Et pourtant, personne n’y croit.

Un panel d’économistes de Bloomberg affirme que la croissance du PIB chinois se situe plutôt autour de 6,3%. Certains observateurs affirment qu’en réalité, la croissance de l’économie chinoise pourrait être limitée à 4% seulement.

Je ne sais pas quels sont les chiffres exacts, mais je dois vous dire que certaines choses m’inquiètent nettement plus que l’économie chinoise. Une guerre possible au Moyen-Orient, la crise des réfugiés/migrants en Europe, les politiciens de Washington et l’élection qui s’annonce, et la prochaine astuce que Wall Street, qui ne recule devant rien, inventera pour arnaquer l’Amérique entière.

Bien sûr, la Chine a des ennuis, notamment l’immense dette immobilière et le déficit des gouvernements locaux. Ces excès ne seront pas réparés du jour au lendemain. La production industrielle et les investissements dans les immobilisations ont tous deux été plus faibles que prévu en août.

Pékin, nous avons un problème

Vous pouvez constater que la tendance, pour la croissance de la production industrielle, a été à la baisse ces dernières années. Ce n’est pas bien.

Mais pour équilibrer ces mauvaises nouvelles, il faut dire que les ventes, dans les grands magasins du pays, ont augmenté de 10,5% en juillet. Les ventes en ligne ont explosé, avec une progression de 37% ! Les Etats-Unis seraient prêts à tuer pour obtenir ce genre de chiffres.

Plus important encore, les dirigeants chinois ne se tournent pas les pouces. Ils agissent, et vite, pour relancer l’économie.

La banque centrale a par exemple fait diminuer les taux d’intérêts cinq fois depuis novembre dernier, et a plusieurs fois diminué les impératifs en matière de réserves obligatoires des banques (TRO pour taux de réserve obligatoire) afin de donner un coup de fouet à une économie en berne. La banque centrale injecte également des milliards de dollars dans le marché des actions et le système financier.

Et ce n’est là que la partie visible de l’iceberg.

Voyons un peu trois autres manières qu’envisagent les dirigeants chinois pour faire passer l’économie à la vitesse supérieure.

N°1 : Donner un coup de frais à des entreprises en surcharge pondérale
Beaucoup des 100 000 entreprises d’Etat sont trop grosses et inefficaces. Les Chinois en ont assez. Ils fusionnent les entreprises pétrolières, les entreprises énergétiques, et ferment des milliers d’usines.

Le pétrole et le gaz, l’acier, l’électricité, le rail et les télécoms sont tous candidats à la fusion et ou à la vente (en tout cas partielle) à des intérêts privés.

N°2 : Une vague de relance
La Chine pourrait bien injecter plus 1 000 milliards de yuans de relance fiscale dans l’économie au cours des trois années qui viennent. Pas un million, pas un milliard, un millier de milliards. La somme pourrait même être plus élevée encore –jusqu’à 1 500 milliards de yuans. Soit 240 milliards de dollars.

C’est ce qu’indique Xinhua, l’agence de presse officielle.

En parallèle, les prêteurs commerciaux et les investisseurs privés seront encouragés à investir entre 5 000 et 7 000 de milliards de yuans (1 100 milliards de dollars) au cours des trois prochaines années. Soit entre 2,5 et 3,4% du PIB de 2015.

N°3 : L’argent public : utilisez-le aujourd’hui ou jamais !
Les autorités chinoises ont saisi environ 157 milliards de dollars de budgets locaux non dépensés. En d’autres termes, il s’agit d’argent que le gouvernement central avait distribué aux gouvernements locaux mais que lesdits gouvernements locaux ont refusé de dépenser pour financer de nouveaux projets.

157 milliards de dollars (1 000 millions de yuan), soit environ 6% des dépenses gouvernementales totales prévues pour 2015.
Pourquoi les gouvernements locaux ont-ils refusé de dépenser cet argent ? Les autorités mènent une grande campagne anti-corruption. Vous imaginez ce qui pourrait arriver au pauvre bureaucrate qui déciderait de faire de grosses dépenses dans ce genre d’atmosphère…

L’argent confisqué va maintenant servir à d’autres investissements. Le message aux gouvernements locaux est clair : soit vous utilisez ces fonds, soit ils vous seront retirés. Ce qui devrait alimenter une nouvelle pointe de vitesse de l’économie chinoise.

La Chine ne manque pas d’argent pour financer tout cela, d’ailleurs. Beaucoup de gens ont fait des crises d’angoisses suite à l’annonce que les réserves de devises de la Chine avaient chuté de 94 milliards de dollars en août. Ce qui semble effectivement élevé, jusqu’à ce que l’on réalise que la Chine dispose toujours de 3 500 milliards de dollars de réserves de devises avec lesquelles jouer.

De mon point de vue, les oiseaux de mauvais augure qui prédisent une catastrophe en Chine se feront bientôt clouer le bec. Et une fois que la Chine sera remise en selle, l’économie mondiale devrait retrouver un peu de confiance… tout comme les bourses du monde entier.

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