Pourquoi la Chine dépasse l’occident

Rédigé le 15 décembre 2017 par | Macro éco et perspectives, Pays émergents Imprimer

Nous avons vu dans une précédente Quotidienne que les opportunités d’investissement boursier ne se situent plus dans les économies occidentales. Investir dans les indices européens ou américains en 2018 pourrait être une aussi mauvaise idée qu’un investissement dans le NIKKEI dans les années 1990.

Seules les économies des BRICS ont aujourd’hui un potentiel de hausse significatif. Un simple rattrapage du niveau de vie de la classe moyenne pour rejoindre celui des sociétés occidentales assurerait des années de croissance vigoureuse.

Pour espérer de solides plus-values à moyen terme, investir dans les BRICS offre de plus grandes chances de réussite qu’un investissement dans les Bourses occidentales.

Encore faut-il investir de manière ciblée : le Brésil et la Russie ont, par exemple, une dépendance problématique au prix du pétrole. Un retour du WTI sur ses niveaux d’il y a un an pourrait plonger ces pays en récession.

Mieux vaut donc investir sur le plus dynamique des pays émergents : la Chine.

Nous allons découvrir aujourd’hui son potentiel de hausse et le comparer à celui de nos économies.

Des chiffres… oui mais quels chiffres ?

Il est intéressant de comparer la croissance de la Chine avec celle des Etats-Unis ou de la France. Mais comment se fier aux chiffres ?

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis

Taux de croissance du PIB depuis l’an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis – Infographie : Google ; chiffres : Banque Mondiale

Partant du principe que la croissance affichée par les organismes officiels occidentaux depuis le krach des dot.com tient plus du tripatouillage statistique que de la réalité économique, nous pouvons considérer nos économies comme stagnantes depuis 15 ans.

La sous-estimation permanente de l’inflation dans nos pays conduit à une surestimation du PIB par habitant qui s’aggrave à mesure que le temps passe. En termes scientifiques, on parle d’intégration de l’erreur : un petit mensonge anodin donne, sur le long terme, des résultats complètement aberrants.

Savez-vous que le PIB par habitant en France a, selon les chiffres officiels, augmenté de +63% depuis l’an 2000 après correction des effets de l’inflation ?Ce chiffre ne correspond à aucune réalité économique. Les Français, qu’ils soient salariés du secteur privé, fonctionnaires ou retraités, ont eu le plus grand mal à maintenir leur pouvoir d’achat sur la période.

Ce ne sont pas non plus les actionnaires qui ont capté cette valeur : le CAC 40 est, à l’heure actuelle, toujours en perte de -25% par rapport à ses plus hauts de l’an 2000…

La réalité est que les chiffres de l’inflation fantasques de nos statisticiens conduisent à une évaluation biaisée du PIB qui devient aberrante sur le long terme.

Que dit la réalité du terrain ?

En l’absence de chiffres exploitables, nous devons nous baser sur des éléments tangibles (et heureusement factuels) pour nos décisions d’investissement. En pratique, Madame Michu et Mr Smith, habitants typiques de France et des Etats Unis, ont un niveau de vie comparable en 2017 à celui de 2000.

La taille moyenne des habitations n’a pas tellement varié. Le nombre de véhicules par habitant est globalement stable. Le prix du carburant a augmenté, mais le coût de certains déplacements (comme l’avion) a diminué. Ils mangent toujours trois repas par jour, et autant (voire un peu moins) de viande.

Voilà des éléments concrets qui permettent de comparer des évolutions de niveau de vie. Si Mme Michu ou Mr Smith sortaient de 17 ans de coma aujourd’hui, ils ne seraient absolument pas déboussolés par l’évolution de leur société. Il est même probable qu’ils retrouveraient, exactement à la même place, leur maison, leur travail et leurs administrations.

La vie de Mme Zhang, elle, a été bouleversée en 17 ans. Son confort alimentaire n’a plus rien à voir : les importations de boeuf ont augmenté de 9 000% au cours des 10 dernières années. Des villes entières sont sorties de terre. Le secteur tertiaire a pris son envol et les emplois « de bureau » on fait leur apparition. Mme Zhang peut désormais manger au McDonald’s et prendre son café au Starbucks.

En 2015, signe de richesse, elle s’est offert une voiture Peugeot ou VolksWagen flambant neuve – les marques européennes étaient synonyme de réussite sociale. Aujourd’hui, elle a renouvelé sa voiture et a préféré un véhicule chinois dont les ventes ont quadruplé depuis 10 ans.

Mme Zhang possède le dernier iPhone. Son fils adolescent préfère lui les marques locales comme XiaoMi dont les produits ont été pensés pour la vie quotidienne chinoise. Ces éléments démontrent que l’économie réelle de la Chine croit beaucoup plus vite que nos économies occidentales.

Certes, les statistiques qui nous parviennent sont opaques et probablement sujettes à caution. Le régime de Pékin n’est pas un modèle de transparence. Elles ont, au moins, l’avantage de ne pas être absurdes et contredites par la réalité du terrain comme le sont les statistiques européennes.

La croissance chinoise peut-elle se poursuivre ?

La Chine est en croissance ininterrompue depuis des décennies. De nombreuses villes ont rattrapé en moins d’une génération un demi-siècle d’évolution technologique occidentale. La progression du niveau de vie et du salaire des actifs est telle que les entreprises commencent même à délocaliser leur production vers des pays où le coût de la main d’oeuvre est moindre.

Reste une question : cette croissance peut-elle se prolonger ? Ne sommes-nous pas à la veille d’un effondrement de l’économie chinoise ?

Après tout, la stagnation de nos économies occidentales représente un danger pour la Chine. L’Usine du Monde peine à exporter ses produits sachant que les citoyens occidentaux ont de moins en moins d’argent à leur disposition pour leurs dépenses courantes.

Il est raisonnable de prévoir que la bulle du crédit en Europe et aux Etats-Unis finira fatalement par toucher à sa fin, et que les exportations chinoises seront alors fortement réduites. Pour autant, le pays ne devrait pas connaitre une récession aussi violente que celle qu’a connue la Russie lors de la baisse de ses exportations de pétrole.

L’économie chinoise est en pleine mutation et continue d’accélérer malgré les difficultés occidentales des 15 dernières années. Il existe plus de milliardaires en Chine qu’aux Etats-Unis. Un nouveau milliardaire apparaît en Chine toutes les trois semaines. La classe moyenne chinoise ne cesse de prendre de l’ampleur et devient un véritable moteur de la consommation intérieure.

Quand la Chine mène le bal de l’innovation

L’économie chinoise n’aura bientôt plus besoin des économies occidentales pour croître. Les progrès technologiques en sont l’illustration parfaite. Il y a 20 ans, les usines chinoises copiaient (mal) les produits occidentaux. Il y a 10 ans, grâce aux transferts technologiques, la qualité devenait équivalente.

Aujourd’hui, les technologies chinoises deviennent supérieures à leurs pendants occidentaux dans de nombreux domaines.

La Chine est par exemple à la pointe de la recherche sur l’informatique quantique. L’Empire du Milieu a mis cette année en orbite un satellite de télécommunication quantique capable de crypter des visio-conférences. Lors de l’annonce des premiers résultats de ce satellite, les scientifiques occidentaux doutaient (et débattaient) encore de la faisabilité théorique d’un tel objet…

Les lignes de train à grande vitesse chinoises sont bien plus performantes que notre TGV – inutile de les comparer au réseau ferré nord-américain.

Il se murmure également qu’Airbus et Boeing ont des sueurs froides en suivant les progrès de l’aéronautique locale…

De tels exemples sont légion. Il est urgent, pour l’investisseur qui souhaite s’appuyer sur la croissance d’une économie réelle plutôt que la spéculation pour faire ses plus-values, d’être exposé au marché chinois.

Dès la semaine prochaine, nous verrons comment franchir les frontières et investir dans ce marché plein de promesses mais parfois difficilement accessible.

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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