Chine : 740 milliards pour ses énergies renouvelables

Rédigé le 23 septembre 2010 par | Nouvelles technologies Imprimer

Le 21 juillet, le gouvernement de Wen Jiabao a dévoilé un plan de soutien de 740 milliards de dollars aux énergies renouvelables : éolien, biomasse, nucléaire et voiture électrique sont désormais au coeur de la politique énergétique chinoise.

Sortir du modèle économique ultra-énergivore
La place de premier consommateur mondial d’énergie devait échoir à la Chine en 2012, selon l’IEA.

Surprise : en juillet 2010, la Chine consommait déjà 4% de TEP (tonne équivalent pétrole) de plus que les Etats-Unis.

Conscient des faiblesses que ce record laissait apparaître, la Chine a nié en bloc sa performance. Car comment convaincre de son engagement environnemental avec un tel record ?

Le gouvernement veut refroidir sa consommation d’énergie
Pourtant la volonté est réelle. Sur le long terme, la Chine sait bien que son modèle énergétique est intenable :

▪ Intenable sur la durée, car raréfaction annoncée des ressources pétrolières ;

▪ Intenable écologiquement, avec une pollution urbaine devenue dangereuse ;

▪ Et intenable politiquement, la Chine étant de plus en plus dépendante de ses importations (+114% pour le charbon sur les cinq premiers mois de l’année)

Objectif : arriver à un tiers d’électricité renouvelable d’ici 2020
Plus étonnant encore, la Chine s’en donne les moyens, sous les yeux médusés des Européens. Elle ne veut pas rater la révolution technologique des énergies renouvelables. Car ces énergies sont identifiées comme un formidable moteur de croissance.

Pour se faire, plusieurs décisions radicales ont été prises cette année :
▪ Assèchements des crédits aux industries polluantes et énergivores ;
▪ Tour de vis législatif contre ces industries ;
▪ Fermetures arbitraires d’usines…

Plan de soutien massif et ciblé
Les financements pour la mise en oeuvre sont là. La Chine se donne les moyens de son ambition. C’est un véritable plan de relance écologique, version superpuissance (hyperpuissance ?), que la Chine a dévoilé en juillet.

Tarifs préférentiels, achats des surplus, subventions… tout y est.

Quatre cibles principales : l’éolien, la biomasse, la voiture électrique et le nucléaire. Petit tour d’horizon…

Leader dans l’éolien
Devant les Etats-Unis en termes de capacités, la Chine est également le premier producteur mondial de turbines.

Obtenue en à peine quatre ans, cette performance est principalement due aux trois constructeurs nationaux : Sinovel, Goldwind et Dongfang. Ces trois compagnies figurent parmi les 10 premières entreprises mondiales du secteur.

Quatre ans pour voir émerger son secteur éolien ! Combien d’années pour devenir leader dans le solaire ou la biomasse ?

La biomasse, l’interrogation
L’objectif du gouvernement chinois dans ce domaine reste incertain. D’abord destinées au marché local, ces technologies pourraient devenir essentielles dans le cadre de la toute nouvelle collaboration avec le Brésil.

La compagnie China Biodiesel International, fortement orientée à l’international, et déjà boostée par la hausse des prix des biocarburants, profitera certainement du soutien gouvernemental.

Leader dans le solaire
La Chine est déjà le leader mondial dans la construction de panneaux photovoltaïques. En 2009, 43% des panneaux solaires construits dans le monde provenaient de Chine.

Des trois leaders nationaux, Suntech, Baoding Yingli et Jingao, je conseillerais particulièrement de surveiller Baoding Yingli, qui connaît la plus forte croissance.

Soutien massif à la voiture électrique chinoise
Le gouvernement déploie une activité intense pour assurer son développement. L’objectif est d’atteindre 5% de voitures vertes d’ici 2013.

Pour se faire, l’Etat multiplie les aides : primes à la casse, soutiens aux constructeurs, financements d’infrastructures…

Localement, les initiatives se multiplient. Après avoir annoncé la construction de 400 bornes de rechargement, Shanghai verse désormais une prime de 3 000 $ pour l’achat d’une hybride, et 7 500 $ pour l’achat d’une voiture électrique.

Les énergies renouvelables permettront de monter en gamme
La Chine semble bien décidée à attraper le wagon des hautes technologies.

L’objectif est de passer d’un modèle commercial fonctionnant sur des coûts de production faibles, à un modèle à haute valeur ajoutée technologique.

Terres rares, le monopole chinois qui risque de le rester
Cette ambition environnementale s’est traduit par le resserrement des exportations chinoises de terres rares, métaux essentiels pour les technologies de l’éolien, du solaire et des voitures électriques.

La Chine détient 95% des réserves de terres rares dans le monde. Or le pays vient de réduire de 72% les quotas d’exportations.

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