Pays émergents – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 Pourquoi la Chine dépasse l’occident http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/ http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/#respond Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70937 Chine

Nous avons vu dans une précédente Quotidienne que les opportunités d'investissement boursier ne se situent plus dans les économies occidentales. Investir dans les indices européens ou américains en 2018 pourrait être une aussi mauvaise idée qu'un investissement dans le NIKKEI dans les années 1990.

Seules les économies des BRICS ont aujourd'hui un potentiel de hausse significatif. Un simple rattrapage du niveau de vie de la classe moyenne pour rejoindre celui des sociétés occidentales assurerait des années de croissance vigoureuse.

Pour espérer de solides plus-values à moyen terme, investir dans les BRICS offre de plus grandes chances de réussite qu'un investissement dans les Bourses occidentales.

Encore faut-il investir de manière ciblée : le Brésil et la Russie ont, par exemple, une dépendance problématique au prix du pétrole. Un retour du WTI sur ses niveaux d'il y a un an pourrait plonger ces pays en récession.

Mieux vaut donc investir sur le plus dynamique des pays émergents : la Chine.

Nous allons découvrir aujourd'hui son potentiel de hausse et le comparer à celui de nos économies.

Des chiffres... oui mais quels chiffres ?

Il est intéressant de comparer la croissance de la Chine avec celle des Etats-Unis ou de la France. Mais comment se fier aux chiffres ?

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis - Infographie : Google ; chiffres : Banque Mondiale

Partant du principe que la croissance affichée par les organismes officiels occidentaux depuis le krach des dot.com tient plus du tripatouillage statistique que de la réalité économique, nous pouvons considérer nos économies comme stagnantes depuis 15 ans.

La sous-estimation permanente de l'inflation dans nos pays conduit à une surestimation du PIB par habitant qui s'aggrave à mesure que le temps passe. En termes scientifiques, on parle d'intégration de l'erreur : un petit mensonge anodin donne, sur le long terme, des résultats complètement aberrants.

Savez-vous que le PIB par habitant en France a, selon les chiffres officiels, augmenté de +63% depuis l'an 2000 après correction des effets de l'inflation ?Ce chiffre ne correspond à aucune réalité économique. Les Français, qu'ils soient salariés du secteur privé, fonctionnaires ou retraités, ont eu le plus grand mal à maintenir leur pouvoir d'achat sur la période.

Ce ne sont pas non plus les actionnaires qui ont capté cette valeur : le CAC 40 est, à l'heure actuelle, toujours en perte de -25% par rapport à ses plus hauts de l'an 2000...

La réalité est que les chiffres de l'inflation fantasques de nos statisticiens conduisent à une évaluation biaisée du PIB qui devient aberrante sur le long terme.

Que dit la réalité du terrain ?

En l'absence de chiffres exploitables, nous devons nous baser sur des éléments tangibles (et heureusement factuels) pour nos décisions d'investissement. En pratique, Madame Michu et Mr Smith, habitants typiques de France et des Etats Unis, ont un niveau de vie comparable en 2017 à celui de 2000.

La taille moyenne des habitations n'a pas tellement varié. Le nombre de véhicules par habitant est globalement stable. Le prix du carburant a augmenté, mais le coût de certains déplacements (comme l'avion) a diminué. Ils mangent toujours trois repas par jour, et autant (voire un peu moins) de viande.

Voilà des éléments concrets qui permettent de comparer des évolutions de niveau de vie. Si Mme Michu ou Mr Smith sortaient de 17 ans de coma aujourd'hui, ils ne seraient absolument pas déboussolés par l'évolution de leur société. Il est même probable qu'ils retrouveraient, exactement à la même place, leur maison, leur travail et leurs administrations.

La vie de Mme Zhang, elle, a été bouleversée en 17 ans. Son confort alimentaire n'a plus rien à voir : les importations de boeuf ont augmenté de 9 000% au cours des 10 dernières années. Des villes entières sont sorties de terre. Le secteur tertiaire a pris son envol et les emplois "de bureau" on fait leur apparition. Mme Zhang peut désormais manger au McDonald's et prendre son café au Starbucks.

En 2015, signe de richesse, elle s'est offert une voiture Peugeot ou VolksWagen flambant neuve – les marques européennes étaient synonyme de réussite sociale. Aujourd'hui, elle a renouvelé sa voiture et a préféré un véhicule chinois dont les ventes ont quadruplé depuis 10 ans.

Mme Zhang possède le dernier iPhone. Son fils adolescent préfère lui les marques locales comme XiaoMi dont les produits ont été pensés pour la vie quotidienne chinoise. Ces éléments démontrent que l'économie réelle de la Chine croit beaucoup plus vite que nos économies occidentales.

Certes, les statistiques qui nous parviennent sont opaques et probablement sujettes à caution. Le régime de Pékin n'est pas un modèle de transparence. Elles ont, au moins, l'avantage de ne pas être absurdes et contredites par la réalité du terrain comme le sont les statistiques européennes.

La croissance chinoise peut-elle se poursuivre ?

La Chine est en croissance ininterrompue depuis des décennies. De nombreuses villes ont rattrapé en moins d'une génération un demi-siècle d'évolution technologique occidentale. La progression du niveau de vie et du salaire des actifs est telle que les entreprises commencent même à délocaliser leur production vers des pays où le coût de la main d'oeuvre est moindre.

Reste une question : cette croissance peut-elle se prolonger ? Ne sommes-nous pas à la veille d'un effondrement de l'économie chinoise ?

Après tout, la stagnation de nos économies occidentales représente un danger pour la Chine. L'Usine du Monde peine à exporter ses produits sachant que les citoyens occidentaux ont de moins en moins d'argent à leur disposition pour leurs dépenses courantes.

Il est raisonnable de prévoir que la bulle du crédit en Europe et aux Etats-Unis finira fatalement par toucher à sa fin, et que les exportations chinoises seront alors fortement réduites. Pour autant, le pays ne devrait pas connaitre une récession aussi violente que celle qu'a connue la Russie lors de la baisse de ses exportations de pétrole.

L'économie chinoise est en pleine mutation et continue d'accélérer malgré les difficultés occidentales des 15 dernières années. Il existe plus de milliardaires en Chine qu'aux Etats-Unis. Un nouveau milliardaire apparaît en Chine toutes les trois semaines. La classe moyenne chinoise ne cesse de prendre de l'ampleur et devient un véritable moteur de la consommation intérieure.

Quand la Chine mène le bal de l'innovation

L'économie chinoise n'aura bientôt plus besoin des économies occidentales pour croître. Les progrès technologiques en sont l'illustration parfaite. Il y a 20 ans, les usines chinoises copiaient (mal) les produits occidentaux. Il y a 10 ans, grâce aux transferts technologiques, la qualité devenait équivalente.

Aujourd'hui, les technologies chinoises deviennent supérieures à leurs pendants occidentaux dans de nombreux domaines.

La Chine est par exemple à la pointe de la recherche sur l'informatique quantique. L'Empire du Milieu a mis cette année en orbite un satellite de télécommunication quantique capable de crypter des visio-conférences. Lors de l'annonce des premiers résultats de ce satellite, les scientifiques occidentaux doutaient (et débattaient) encore de la faisabilité théorique d'un tel objet...

Les lignes de train à grande vitesse chinoises sont bien plus performantes que notre TGV – inutile de les comparer au réseau ferré nord-américain.

Il se murmure également qu'Airbus et Boeing ont des sueurs froides en suivant les progrès de l'aéronautique locale...

De tels exemples sont légion. Il est urgent, pour l'investisseur qui souhaite s'appuyer sur la croissance d'une économie réelle plutôt que la spéculation pour faire ses plus-values, d'être exposé au marché chinois.

Dès la semaine prochaine, nous verrons comment franchir les frontières et investir dans ce marché plein de promesses mais parfois difficilement accessible.

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Une crise made in China ? http://quotidienne-agora.fr/crise-made-in-china/ http://quotidienne-agora.fr/crise-made-in-china/#respond Thu, 04 May 2017 10:25:46 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69551 Chine

Cela fait longtemps que nous n'avons pas pris de nouvelles d'une de nos économies préférées (du moins, une des miennes) : la Chine.

Généralement en matière d'économie, les avis divergent. C'est le cas, par exemple, sur le programme économique de Donald Trump. Ou bien sur la pertinence pour la France de quitter la zone euro. S'il est nécessaire d'appliquer plus de rigueur en Europe ou tenter d'autres efforts de relance... Autant de sujets qui laissent la porte ouverte au débat contradictoire.

Mais sur la Chine, tout le monde est d'accord, elle a trop de dettes. Même Xi Jinping, le secrétaire général du parti communiste chinois, le reconnaît, et tente d'y remédier.

Trop de dettes, d'accord. Mais à quel niveau ?

Accrochez-vous bien : aux dernières nouvelles, la dette totale chinoise se montait à 277% du PIB en 2016. Un chiffre obtenu par UBS en ajoutant la dette de l'Etat et des administrations locales (68%), du secteur privé (164%) et des ménages (45%). D'autres études sont encore plus alarmistes puisqu'elles estiment qu'à elle seule la dette du secteur privé représente 211% du PIB. Gloups.

Comment la Chine en est-elle arrivée là ? Pour résumer, en encourageant autant que possible le crédit sous toutes ses formes pour soutenir une croissance affaiblie depuis la crise de 2008. Depuis cette date, la dette totale chinoise – toujours selon les chiffres d'UBS – a augmenté de 130 points. Gloups bis.

Un tel niveau d'endettement ne laisse personne indifférent et fait taire les divergences : du FMI aux agences de notation en passant (à demi-mots) par le gouvernement chinois, tous s'accordent à le qualifier d'"insoutenable".

Insoutenable, mais aussi inquiétante. A de tels niveaux, la dette chinoise est supérieure à celle de la Corée du Sud avant la crise de 1997, ou bien à celle du Japon avant celle de 1989. Et elle devrait continuer à croître dans les années qui viennent puisque la barre des 300% pourrait être franchie d'ici deux ans.

Une crise made in China ?

Nombreux sont donc les observateurs qui craignent que la Chine ait le douteux privilège d'être le berceau de la prochaine déflagration boursière mondiale. Non seulement son niveau d'endettement est extrêmement élevé mais en plus une bonne part de ces dettes sont "pourries" (en clair, ne pourront jamais être remboursée).

Certains craignent donc l'explosion de cette bulle de dette dans le style de krach que nous avons connu en 2007-2008 avec les subprime. Né des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis, ce krach a créé une déflagration dont nous subissons encore les conséquences.

Il y a donc danger en Chine, et tout le monde est d'accord.

Dette et croissance intimement liés

Là où les divergences réapparaissent, c'est sur la capacité de Pékin à gérer cette insoutenable (et inquiétante) dette. Le gouvernement chinois affirme pouvoir le faire. Le reste du monde doute.

Pourquoi ? Parce que la dette a un effet pervers. Au départ, vous vous endettez, et normalement vous parvenez à créer assez facilement de la croissance. L'Etat s'endette pour se lancer dans de grands projets, comme ce que veut faire Trump aux Etats-Unis et que Pékin a très largement pratiqué depuis 2008. Projets, chantiers et infrastructures fleurissent.

Encouragées par un accès plus facile au crédit, les entreprises empruntent. Normalement, elles utilisent cet apport en argent pour investir, se développer, créer des emplois (ou alors elles versent des dividendes à leurs actionnaires et moulinent des rachats d'actions). En Chine, la dette a surtout permis aux grandes entreprises contrôlées par l'Etat d'artificiellement prolonger leur survie. Sans ce crédit, et devant leur gestion souvent catastrophique, ces entreprises auraient disparu.

Les ménages, quant à eux, consomment à crédit ou bien s'achètent un logement, toujours à crédit, et sont encouragés par leur gouvernement.

Puis les dettes s'accumulent et il devient de plus en plus difficile d'engendrer un peu plus de croissance. Il vous faut vous endetter de plus en plus dans une véritable fuite en avant. Le phénomène a été observé aux Etats-Unis et en Europe, et il est aussi clair en Chine.

Oui, l'économie chinoise est en croissance mais elle ne cesse de se tasser, passant de 14% en 2007 à 6,5% anticipés cette année.

Contrôler et contenir

Face à ce risque, Pékin a pris des mesures depuis plusieurs années déjà. Parmi elles, des tentatives de contrôle du crédit, et tout particulièrement de ce que l'on appelle la "finance de l'ombre" qui échappe au contrôle des autorités et qui représente environ 8 500 milliards de dollars (près de 80% du PIB).

Pékin essaie aussi d'introduire un peu plus de capitalisme dans ses entreprises en laissant certaines d'entre elles faire faillite ou en autorisant progressivement des investissements étrangers.

D'autres outils sont régulièrement utilisés comme le contrôle des capitaux, la manipulation de la monnaie.

En clair, le gouvernement tente de jouer sur toutes les manettes à sa disposition tout en poursuivant un objectif presque impossible : celui de contrôler le crédit sans peser sur la croissance – dont le crédit est le principal moteur.

Compliqué n'est-ce pas ?

Pour l'instant, Pékin s'en est sorti... pas trop mal. Disons que le gouvernement chinois est parvenu à éviter le pessimiste scénario du "hard landing", c'est-à-dire de l'effondrement de la croissance du pays. Mais cet atterrissage en douceur ("soft landing") s'est fait au prix d'une nouvelle poussée de l'endettement.

Des changements en prévision ?

En novembre prochain se réunira le 19e Congrès du parti communiste chinois. Xi Jinping, qui devrait rempiler pour 5 ans, essaie manifestement d'accélérer sa lutte contre la bulle de la dette.

Ainsi, le ton s'est particulièrement durci ces dernières semaines : les autorités chinoises ont annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre la finance de l'ombre, aussi bien dans le domaine du crédit que des assurances. Le ministre de l'économie a en outre déclaré que les gouvernements locaux surendettés ne seraient plus automatiquement renfloués par Pékin. Mesures qui ont été saluées... par un décrochage de la Bourse chinoise.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

La contribution de la Chine au PIB mondial a dépassé celle des Etats-Unis (17,8% contre 15%). Quoi qu'il se passe dans l'empire du Milieu, les conséquences se font ressentir au niveau mondial.

Les tentatives de reprise en main du gouvernement chinois sur l'emballement de l'endettement risquent de s'accentuer d'ici l'automne. Aux dépens de la croissance ? C'est un risque qui se matérialiserait ainsi pour les investisseurs occidentaux que nous sommes :
- nouvelle chute des matières premières dont la Chine est grande consommatrice, et tout particulièrement les métaux de base et le pétrole ;
- chute des marchés actions qui pourrait contaminer les marchés occidentaux ;
- difficultés des entreprises occidentales exportatrices pour lesquelles la Chine représente un marché important.

 

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Investissons dans le renouveau de la Russie http://quotidienne-agora.fr/investissons-renouveau-russie/ http://quotidienne-agora.fr/investissons-renouveau-russie/#respond Fri, 10 Feb 2017 10:36:00 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68895 Russie

Je vous propose aujourd'hui un pari audacieux, qui nous mènera loin de la Zone euro. Je vais vous recommander d'investir sur la Russie car non seulement l'économie va se renforcer et sa croissance accélérer mais sa devise, le rouble, devrait aussi se renforcer face aux autres devises (dollar et euro).

Retour en grâce de la Russie ?

Il s'agit de jouer le rapprochement des Etats-Unis avec la Russie et la fin de l'ostracisme envers le pays.

En mettant au ban la Russie, en lui infligeant toute sorte de sanction, l'administration Obama a réussi l'impensable : à rapprocher la Russie de la Chine, deux ennemis historiques depuis la nuit des temps.

Trump n'a pas caché ses intentions amicales envers la Russie durant sa campagne, et la CIA a même accusé la Russie d'avoir manoeuvré pour favoriser son élection.

Après des débuts prometteurs – le président promettant de "travailler avec tout pays qui partage nos intérêts dans la défaite de Daech", il y a un peu d'eau dans le gaz sur le dossier de l'Ukraine suite à la déclaration de la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis devant l'ONU. Cette dernière a déclaré : "tant que la Russie et les séparatistes qu'elle soutient ne respecteront pas la souveraineté et le territoire de l'Ukraine, cette crise va se poursuivre".

Je pense cependant que ce rapprochement historique va se poursuivre et sera profitable à la Russie.

Un des marchés actions les moins chers au monde

Le marché actions russe se paie seulement 8,72 fois les bénéfices (ratio PE de Shiller). Par comparaison, au 31 janvier 2017, les indices actions des marchés émergents (indice MSCI Emerging Markets) se payent 14,95 fois les bénéfices. Pour mémoire, le ratio cours/bénéfice de l'indice américain S&P 500 était, à la même date, de 28,43. A dire vrai, le marché action russe est un des moins chers du monde !

L'indice russe est composé à 54% de valeur du secteur de l'énergie. Il ne vous a pas échappé que le pétrole avait remonté en 2016... Voici un décryptage de mon collègue Jim Rickards, expert en alliance du marigot de Washington :

"La Russie et les Etats-Unis sont les deux plus grands producteurs d'énergie dans le monde. Avec la coopération de l'Arabie Saoudite, ils peuvent dicter les prix de l'énergie au niveau mondial. Avec la nomination de Rex Tillerson, ex-dirigeant d'Exxon Mobil, au poste de secrétaire d'Etat, cette arme énergétique est placée entre de bonnes mains."

Pour le reste, les actions cotées russes appartiennent au secteur de la finance (23%), des matériaux (10% avec le poids lourd Norilsk Nickel, notamment). Les 13% restants sont constitués d'entreprises des secteurs des biens de consommation, des télécoms et enfin des réseaux d'infrastructure.

Vous l'avez compris, acheter le marché russe c'est essentiellement acheter des entreprises du pétrole et du gaz qui produisent en rouble et vendent en dollar.

Mais pourquoi le marché russe est-il si peu cher ?

Est-ce parce qu'il est réellement injustement délaissé ou y a-t-il un gros loup, vous demandez- vous peut-être ?

Oui, je vous l'accorde, la vie financière et économique russe n'est pas un long fleuve tranquille. Je le sais par un insider qui a quitté la City après la crise du crédit subprime pour gérer pendant deux ans un fonds d'investissement à Moscou. Disons que la créativité comptable russe est parfois étonnante ; cependant, elle n'est pas pire que celle des camarades capitalistes chinois...

Mais ce que je retiens surtout, c'est que ce sont les autres marchés qui sont trop chers et, alors que l'Europe, les Etats-Unis et la Chine calent, les tombereaux de liquidités vont chercher à s'investir dans un pays qui croît vite et qui se renforce. Avec la levée des sanctions, la hausse des cours du pétrole et du gaz et un rapprochement velléitaire de la part de Donald Trump, la Russie pourrait bien être le nouveau Far West des investisseurs.

Les marchés actions qui ont le plus monté sont ceux des pays ou des zones monétaires qui ont connu le plus création monétaire : il fallait bien que l'argent créé aille quelque part. Cela n'a pas été le cas en Russie.

La plupart des gros investisseurs institutionnels raisonnent en poches monétaires. Si vous êtes un gérant de fonds d'une grande banque ou d'un gros fonds de pension, par exemple, vous devez faire mieux que votre "indice de référence". Vous allez vous fixer une allocation en yen, dollar, euro, livre, franc suisse... yuan, rouble. La monnaie dans laquelle vous rendez des comptes sera la première sur la liste et constituera votre plus grosse poche.

On ne peut pas dire que le rouble soit en tête de liste des monnaies secondaires de ces gérants. Exemple : un fonds de pension allemand a pour mandat d'être investi à 60% en euro, 20% en dollar, 5% en franc suisse, 5% en yen et le reste en livre, yuan, rouble, éventuellement. Ce fonds rend compte en euro. Dès que le dollar baisse durablement face à l'euro, le gérant devra racheter des valeurs en dollar pour maintenir son allocation.

C'est une chose que je n'ai vue écrite nulle part ailleurs et que j'ai apprise de professionnels. Lorsqu'une monnaie connaît un fort mouvement de baisse, les gérants rachètent rapidement les actions de ce pays. Pas parce qu'ils pensent que les entreprises vont du jour au lendemain gagner en compétitivité et exporter. Ca c'est du baratin. La plupart des grosses entreprises cotées opèrent dans de multiples endroits et se couvrent contre les effets de change. Non, simplement les gérants achètent des actions libellées dans la devise qui baisse pour maintenir leur poche monétaire au bon pourcentage.

Vous pouvez vérifier cela facilement en regardant ce qui s'est passé au moment du Brexit (juin 2016) ou au moment de décrochage du franc suisse (19 janvier 2015). Les marchés actions britannique et suisse ont progressé juste après la chute de ces monnaies respectives.

Donc l'éventuelle volatilité du rouble n'est pas à craindre.

Enfin pour compléter le tableau, la dette de la Russie est de 17,70% de son PIB (en augmentation, toutefois du fait d'un déficit de 5,40%), le taux de chômage est de 5,4%, l'inflation est de 5,4% mais une obligation d'Etat rapporte 8,04% et le taux directeur est à 10%.

La balance commerciale est positive avec le redressement des cours du pétrole et la production de pétrole a vigoureusement repris.

Pétrole
Evolution de la production russe de pétrole brut
En milliers de barils/jour

Sur le graphe ci-dessous, nous avons les évolutions comparées d'un tracker sur la Russie en dollar (le RSX, en noir) et du pétrole (en bleu). Vous constaterez qu'avec des prix du baril quasiment stable depuis un an, l'indice russe affiche une bonne performance. Le renchérissement du pétrole procurerait un effet de levier considérable.

Russie
Comparaison des évolutions du marché actions russe et du pétrole
Marché actions russe en noir - Pétrole en bleu

Récapitulons. Quels sont les quatre avantages que je vois à investir sur le marché russe ?

• Un ratio cours/bénéfice des moins chers au monde
• Le renchérissement probable du pétrole
• Le rapprochement en vue Etats-Unis/Russie
• Un secteur à l'abri d'une dislocation de l'euro

Comment investir ? C'est très simple, et la solution que je vous propose dans le nouveau numéro de Stratégie est même éligible au PEA. Pour en savoir plus, précipitez-vous sur le numéro de février de la Stratégie.

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Sur les marchés émergents, l’Indonésie fait figure de gagnant http://quotidienne-agora.fr/marches-emergents-indonesie-gagnant/ http://quotidienne-agora.fr/marches-emergents-indonesie-gagnant/#respond Mon, 06 Feb 2017 10:30:07 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68869 Indonésie

Au mois de mars, la Fed signera un nouveau retournement du cycle "risk-on/risk-off" et les marchés émergents en seront affectés.

En mai 2013, l'ex-président de la Fed, Ben Bernanke, a créé le "risk-off trade" (marché en mode risk-off, aversion pour le risque) lors de son discours du "taper talk". Au cours de ce discours, la Fed a sous-entendu pour la première fois qu'elle réduirait progressivement le programme d'impression d'argent (le "taper") connu sous le nom de QE3.

Depuis, la Fed a joué la stratégie du risk-on et du risk-off huit fois, successivement, dont une feinte sur le relèvement des taux de septembre 2015 (qui n'a pas eu lieu) et la prévision de quatre relèvements en 2016 (qui n'ont pas eu lieu non plus). La Fed se prépare à une nouvelle feinte en opérant en quelques mois un passage du mode risk-off au mode risk-on. Les investisseurs qui ont compris cette dynamique vont pouvoir se jouer l'appétit pour le risque des marchés en se positionnant sur des secteurs ou des zones économiques qui attireront les capitaux qui basculeront en mode risk-on.

Tous les programmes de QE remontant à 2008 avaient fait passer le marché en mode risk-on. La Fed maintenait les taux à zéro (le ZIRP, pour "zero interest rate program"). Les investisseurs pouvaient emprunter des dollars à des taux proches de zéro, investir sur les marchés émergents (EM) et sur d'autres actifs risqués offrant des rendements élevés, exercer un levier de 10 et obtenir des rendements de 20%, voire plus. Pour les banques et les hedge funds, le mode risk-on, c'était le nirvana.

Mais ce marché en mode risk-on présentait un risque : celui que la Fed augmente les taux. Car les acteurs qui avaient emprunté des dollars, avaient en réalité parié sur la baisse du dollar. Or un relèvement des taux pouvait renforcer le dollar et leur faire perdre de l'argent sur leurs positions. Si la Fed relevait suffisamment les taux, le différentiel qui avantageait les émergents pouvait même s'inverser, devenir négatif et provoquer des pertes massives. L'astuce, pour ces investisseurs endettés, c'était de sortir de ce trade avant que la Fed ne relève les taux.

C'est là qu'est intervenu le taper talk.

Les marchés émergents victimes de la politique de la Fed

La Fed devait réduire progressivement l'émission d'argent à zéro, avant de pouvoir relever les taux. Le discours de Bernanke était un signal codé indiquant aux capitaux spéculatifs que le moment était venu de sortir du marché et de ce carry-trade. Cela signifiait qu'il convenait de vendre les actions, obligations et devises des marchés émergents, de les convertir en dollars US, de rembourser les emprunts en dollars et de se tenir à l'écart. La Fed a prévenu les intervenants qu'il fallait passer en mode risk-off.

Personne n'avait prévu à quel point la réaction serait violente. Bernanke n'a pas réellement débuté le taper avant décembre 2013 et, sous le mandat de Janet Yellen, la Fed n'a pas relevé les taux avant décembre 2015. Mais la seule évocation d'un taper en mai 2013 a suffi à faire fuir les capitaux spéculatifs des marchés émergents et à provoquer, quasiment, une nouvelle crise financière mondiale.

Cette dynamique risk-on/risk-off persiste depuis 2013, la Fed opérant à une fréquence effrayante des volte-face entre resserrement (mars et décembre 2015, décembre 2016) et assouplissement (septembre 2015, mars 2016). Les marchés émergents ont été victimes de l'afflux et du reflux des capitaux spéculatifs qui ont d'abord fait grimper le prix des actifs et des devises avant de leur couper l'herbe sous le pied.

Cette dynamique va se poursuivre.

La Fed, entre deux feux

En ce moment, la Fed est en mode resserrement, dans le prolongement du relèvement des taux de décembre 2016 et sur la promesse de deux ou trois autres relèvements cette année.

Selon nous, la Fed va relever les taux en mars. Mais alors, les faiblesses fondamentales de l'économie américaine, ajoutées au resserrement monétaire et à un renforcement du dollar, provoqueront un mélange de pertes d'emplois, de déflation et de correction sur le marché actions qui contraindra la Fed à faire de nouveau marche arrière et à procéder à un assouplissement très rapidement. Cela devrait instaurer une nouvelle phase de risk-on, probablement d'ici le mois de mai.

Les investisseurs deviennent de plus en plus malins, à propos des marchés émergents. Ils font la différence entre ceux qui ne décolleront peut-être pas en raison d'un niveau d'endettement excessif, et ceux qui offrent davantage de stabilité financière. Les marchés émergents tels que la Turquie, le Brésil, la Chine et l'Afrique du sud se rangent dans la première catégorie, peu séduisante. En revanche, la Russie et l'Indonésie entrent dans la catégorie des marchés émergents les plus séduisants.

L'Indonésie, un pari pour profiter de la politique de la Fed

Qu'est-ce qui explique cette divergence des perspectives de croissance ? Et surtout, pourquoi l'Indonésie serait-elle considérée positivement par les investisseurs qui passeront en mode risk-on ?

L'héritage de la crise financière mondiale de 1997-1998, entre autres, peut servir de cadre de référence pour bien l'expliquer.

Cette crise a débuté en Thaïlande en juin 1997 avec la dévaluation surprise du baht thaïlandais. La contagion et la fuite des capitaux se sont rapidement propagées à la Malaisie, à l'Indonésie et à la Corée du Sud. A partir de là, la Russie s'est transformée en oeil du cyclone lorsqu'elle a dévalué sa monnaie et fait défaut sur ses dettes intérieures et extérieures en août 1998.

Le monde se préparait à un fiasco similaire au Brésil lorsque la crise a frappé le hedge fund Long-Term Capital Management, en septembre 1998. La crise de LTCM est devenue une menace pour les grandes banques qui lui prêtaient de l'argent, et ses contreparties. En réponse, la Fed a organisé un bail-out (sauvetage) et réduit les taux d'intérêt à deux reprises : fin septembre et mi-octobre. Le sauvetage de LTCM a fonctionné et, fin octobre, la crise s'est apaisée. Au Brésil, la situation s'est stabilisée et la bulle des dot.com est repartie comme si de rien n'était.

Mais quelque chose s'était bien produit, en Indonésie, en Malaisie, en Corée du Sud et en Russie. La crise avait fait frôler la faillite à ces quatre pays et les a contraints à se tourner vers le FMI pour bénéficier de plans d'aide d'urgence. En contrepartie de son aide, le FMI leur a imposé des mesures d'austérité très strictes

Au plus fort de la crise, des émeutes ont éclaté, et des personnes sont mortes en Indonésie et en Corée du Sud. En Indonésie, la crise financière s'est transformée en crise politique et Suharto, dictateur au pouvoir depuis longtemps, a été renversé. Bien que cette crise ait eu lieu il y a près de vingt ans, les leaders des pays les plus touchés n'ont pas oublié ce qu'il s'était passé.

Par contre, certains pays sont sortis quasiment intacts de la crise de 1997-1998.

La Chine, en particulier, n'a pas été touchée. Ses positions de réserve étaient adéquates et son accession à l'OMC, en 2001, ainsi que des infrastructures de production à faible coût de main-d'oeuvre, l'ont placée sur une voie de forte croissance qu'elle a suivie depuis.

Bref, des pays tels que la Russie et l'Indonésie, violemment touchés en 1998, sont devenus plus nationalistes et auto-suffisants. Ils ont consolidé leurs positions de réserve et leurs politiques commerciales en adoptant l'approche du "plus jamais ça". A l'inverse, la Chine, la Turquie et le Brésil ont adopté une approche plus mondialiste, avec la libre circulation des capitaux, et peu regardante sur les risques de contagion financière ou de fuites de capitaux.

Cette distinction entre l'approche nationaliste et l'approche mondialiste, par rapport aux flux financiers, permet d'évaluer ce qu'il va se passer pour les marchés émergents la prochaine fois que la Fed signalera le passage en mode risk-on.

Il est probable que les investisseurs renonceront à l'approche universelle qu'ils adoptent pour investir sur les marchés émergents, et qu'ils utiliseront le signal du mode risk-on pour investir dans les pays offrant davantage de stabilité.

Alors quels sont les indicateurs et alertes que nous identifions, actuellement, en ce qui concerne l'orientation des investissements sur les marchés émergents ?

Une économie aux multiples atouts

Il est important d'aborder avec franchise certaines des faiblesses de l'Indonésie. Elle affiche effectivement une importante dette extérieure libellée en dollars. C'est toutefois gérable, considérant qu'une bonne partie du PIB indonésien est également libellé en dollars issus des revenus du pétrole et des envois de fonds de la part des Indonésiens travaillant et vivant à l'étranger.

Indonésie

L'Indonésie a également "mis à l'index" certaines firmes de Wall Street, comme JP Morgan, qui ont publié des rapports de recherche dégradant la note des obligations indonésiennes. D'un autre côté, les ministres des Finances de l'Indonésie, de la Malaisie, ont démontré qu'ils avaient une meilleure compréhension de la situation financière et des flux de capitaux au sein des marchés émergents que les départements de recherche classiques de Wall Street.

D'un point de vue positif, l'Indonésie, qui s'est engagée vigoureusement dans la guerre contre le terrorisme, est un allié considérable pour les Etats-Unis.

Plus important encore, la monnaie indonésienne, la roupie (IDR), semble sous-évaluée par rapport au prix du pétrole et à la prochaine volte-face de la Fed vers le mode risk-on.

indonésie

La roupie a chuté de 22%, de 2014 à mi-2015, au même rythme que la chute de 60% enregistrée sur les prix du pétrole au cours de la même période. L'Indonésie produit environ 850 000 barils de pétrole par jour, ce qui la classe au 21e rang des producteurs de pétrole, devant d'importants membres de l'OPEP, tels que le Qatar, l'Equateur et la Libye. Lorsque les cours du pétrole sont bas, cela affaiblit les monnaies locales n'ayant pas de taux de change fixe, comme on a pu le voir en Russie, au Brésil et ailleurs.

Pourtant, la reprise de la roupie a beaucoup tardé par rapport à la reprise des cours du pétrole. Si les cours du pétrole ont augmenté de près de 100% par rapport à leurs plus-bas de 2015, la roupie, elle, n'a regagné qu'environ 7%. La reprise des cours du pétrole semble soutenable en raison des accords de production conclus dernièrement par l'OPEP. La roupie dispose donc d'une grande marge de progression.

La Fed étant sur le point d'opérer une volte-face et à envoyer un signal risk-on au marché, en raison de la faible croissance économique américaine et des répercussions du relèvement de mars, l'Indonésie est prête à absorber sa part des capitaux internationaux qui vont affluer. Au moment de répartir les actifs, les investisseurs se montreront plus regardants, cette fois. Ils placeront au premier plan la différence entre de solides économies émergentes telles que la Russie et l'Indonésie, et les économies émergentes plus vulnérables, telles que la Turquie et le Brésil. Cette distinction s'effectuera en faveur des économies sainement gérées telles que l'Indonésie.
[NDLR : Laissez-vous guidez par Jim. Notre spécialiste de la guerre des devises vous propose un trade clé en main et accessible à tous pour profiter du rebond de l'Indonésie. Découvrez sa méthode ici...]

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La Chine au coeur des tensions avant même que Trump n’ait pris ses fonctions http://quotidienne-agora.fr/chine-tensions-trump/ http://quotidienne-agora.fr/chine-tensions-trump/#respond Fri, 20 Jan 2017 13:17:12 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68812 Chine

Peu de temps après son élection, Trump a reçu un appel téléphonique du président de Taiwan, pour le féliciter. Cela peut apparaître comme une simple courtoisie, mais pas du point de vue de la Chine communiste.

Pékin considère Taiwan comme une "province dissidente" ; pas comme un autre pays. Si les hommes politiques américains ont habituellement recours à la langue de bois, sur cette question, ce n'est pas le cas de Trump. Il s'est non seulement entretenu avec le président de Taiwan mais il a également remis en question la politique américaine "d'une seule Chine", sur Twitter.

La démarche de Trump a fait retentir la sonnette d'alarme à Pékin. Les dirigeants communistes ont décidé d'envoyer un message à Trump en subtilisant l'un des drones sous-marins de la Marine américaine, opérant au large des Philippines, loin des eaux contestées, en Mer de Chine méridionale, revendiquées par les Chinois. Le drone sous-marin a été restitué plus tard, (après que Trump ait tweeté que les Chinois devraient "le garder"), mais on a bien compris. Les tensions géopolitiques entre l'Empire du Milieu et les Etats-Unis s'intensifient sans nul doute.

Les velléités chinoises sur la Mer de Chine méridionale n'ont rien de nouveau. La Chine revendique des droits territoriaux sur pratiquement toute la Mer de Chine méridionale, en faisant fi des arbitrages internationaux et des revendications concurrentes de la part des Philippines, du Vietnam, de la Malaisie et d'autres pays voisins. Pour appuyer ses revendications, elle a eu recours à des navires de dragage afin de créer des îles artificielles sur des récifs et atolls existants, où elle commence à construire des structures permanentes et des pistes d'atterrissage.

Les Etats-Unis ont mené dans cette zone des patrouilles navales et aériennes dites "de liberté de navigation". De nombreux incidents ont eu lieu entre l'Empire du Milieu et d'autres pays revendicateurs, notamment des bateaux de garde-côtes et de pécheurs entrant accidentellement en collision, et des abordages délibérés. Mais dernièrement, la gravité de la confrontation est montée d'un cran. La Chine s'est emparée d'un drone de surveillance sous-marin appartenant aux Etats-Unis, et ses bombardiers ont effectué des survols stratégiques dans cette zone. C'était en partie en réaction aux commentaires du président-élu Trump concernant les manipulations monétaires et pratiques commerciales déloyales auxquelles se livre la Chine, et à l'éventuelle révision de la politique "d'une seule Chine".

Mais Trump n'est pas encore président. Et il ne le sera pas avant quelques jours. Imaginez à quel point les choses pourraient s'aggraver une fois qu'il aura pris ses fonctions et que les mesures politiques évoquées deviendront réalité. Il existe un sérieux potentiel de conflit armé en Mer de Chine méridionale, mais les marchés n'en tiennent pas compte.

Mais quid de l'avenir ? Tout indique qu'il n'est pas bon.

Lors de son audition de confirmation aux fonctions de Secrétaire d'état, Rex Tillerson, nommé par Trump, a déclaré que la Chine devrait se voir refuser l'accès aux îles artificielles qu'elle a créées en Mer du Sud méridionale.

Tenter de refuser cet accès à la Chine, via un blocus ou d'autres moyens, serait l'équivalent d'un acte de guerre. L'Empire du Milieu a riposté immédiatement. Un grand journal communiste chinois a écrit la chose suivante : "à moins que Washington ne prévoit de déclencher une guerre à grande échelle en Mer de Chine méridionale, toute autre approche visant à empêcher la Chine d'accéder aux îles serait insensée".

Le président chinois, Xi, est sur la scène internationale, au forum de Davos, cette semaine, alors même que Donald Trump s'apprête à prendre ses fonctions de 45è président des Etats-Unis. Les deux dirigeants aborderont certainement à nouveau ce sujet. Les perspectives de résolution pacifique ne sont pas bonnes. Outre les guerres commerciales et les guerres des devises, la Chine et les Etats-Unis pourraient se retrouver dans un conflit armé, limité, en Mer de Chine méridionale. Bien entendu, les conséquences sur les marchés seraient catastrophiques.

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Etats-Unis vs. Chine, la guerre du XXIe s. ? http://quotidienne-agora.fr/etats-unis-chine-guerre/ http://quotidienne-agora.fr/etats-unis-chine-guerre/#respond Wed, 18 Jan 2017 10:58:43 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68801 Chine

Je suis en déplacement en Chine pour quelques jours. Je suis allé à Shanghai et à Nankin, en empruntant l'extraordinaire train chinois qui relie ces deux villes. Ce train circule à 320 km/h, presque silencieusement, sur une voie conçue spécialement.

J'étais assis en classe affaire : elle surpasse celle des bonnes compagnies aériennes internationales avec, notamment, des sièges totalement inclinables.

Mieux encore, le prix du billet était de 65 $. Aux Etats-Unis, le même voyage aurait été beaucoup plus lent, avec un service bien moins bon, et cela m'aurait coûté 400 $. Sans parler du cauchemar consistant à traverser la gare d'Amtrak, à New York, au lieu de ces gigantesques gares chinoises, flambant-neuves, propres et bien éclairées.

Alors, cela signifie-t-il que la Chine surpasse les Etats-Unis en termes de niveau et de qualité de vie ? Loin de là. Ces trains fabuleux et ces non moins fabuleuses gares dissimulent énormément de retard de développement.

Les Chinois ont dérobé la technologie ferroviaire à l'Allemagne. Ils ne l'ont pas inventée. Tout le système ferroviaire (et presque tout le reste) est payé à crédit et ne pourra jamais être remboursé.

Les 65 $ du billet permettant de monter dans ce train subventionné sont très loin de générer les revenus qui permettront de rendre le système viable. Le réseau ferré national chinois a perdu plus de un milliard de dollars en 2016 et devrait perdre quelques milliards de plus au cours des années à venir.

Bref, cette ligne à grande vitesse est symptomatique d'une bonne partie de l'économie chinoise. De l'extérieur, cela a l'air d'aller mais cela dissimule une bulle du crédit extrêmement instable, posée sur des fondations non moins instables.

Tous ceux que j'ai rencontrés jusqu'à présent, en Chine (que ce soient des responsables du gouvernement, des économistes de premier plan ou la population lambda qui voulait simplement pratiquer son anglais) m'ont dit les deux mêmes choses : tout le monde sort son argent du pays à toute vitesse, et tout le monde est terrifié à l'idée de ce que Trump va faire.

Trump face à la Chine

En fait, nous savons ce que fera Trump.

Il va demander que les principales industries chinoises, telles que celle de l'acier, cessent d'être subventionnées.

Il va demander le renforcement du yuan afin de compenser ses années de sous-évaluation.

Et il va demander de l'aide concernant le problème nucléaire nord-coréen, les conflits territoriaux en Mer de Chine méridionale, et qu'il soit mis fin au piratage ainsi qu'au pillage des droits de propriété intellectuelle.

Si la Chine ne trouve pas un compromis avec Trump sur la plupart de ces questions, il est prêt à appliquer des tarifs douaniers, des ajustements fiscaux à la frontière, entre autres pénalités frappant les importations de Chine arrivant aux Etats-Unis.

Trump a également indiqué qu'il était prêt à remettre en question la politique "d'une seule Chine", et à améliorer les relations des Etats-Unis avec Taïwan.

Du point de vue de Trump, cela fait simplement partie de "l'art de la négociation".

Impossibles concessions

Mais du point de vue de la Chine, cela s'apparente plus à "mission impossible". La Chine ne peut mettre un terme aux subventions car cela signifierait un chômage massif à mesure que les industries en question fermeraient leurs activités.

La Chine a besoin d'une monnaie faible afin d'éviter de brûler le reste de ses réserves en devises fortes en s'efforçant de soutenir sa monnaie. La Chine ne peut mettre la pression sur la Corée du Nord car celle-ci riposterait en ouvrant ses frontières et en laissant les réfugiés nord-coréens affluer en Chine, ce qui serait extrêmement déstabilisant.

Enfin, la Chine ne peut faire marche arrière concernant ses revendications en Mer de Chine méridionale car elle a besoin du poisson qui s'y trouve pour nourrir son peuple.

Et du point de vue de la Chine, la question de Taïwan n'est pas négociable.

Bref, Trump va faire tout son possible pour conclure un accord avec un pays qui n'aura rien à offrir car il aurait bien trop à perdre s'il faisait des concessions.

Le train déraille au ralenti, en quelque sorte. Trump va soumettre ses demandes, la Chine va refuser de conclure un accord, Trump va appliquer des tarifs douaniers et des taxes, la Chine va riposter en dévaluant sa monnaie, et les choses vont dégénérer en guerre commerciale et monétaire totale.

Ca, c'est dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, nous allons nous retrouver avec un conflit armé en Corée, à Taïwan et en Mer de Chine méridionale.

Pour les investisseurs, les meilleures mesures à prendre consistent à renforcer leur compartiment liquidités, à acheter de l'or et à parier sur la baisse des actions et de la devise chinoises.

Les relations bilatérales Etats-Unis-Chine sont sur le point de se dégrader fortement, et il est plus que temps d'adapter notre portefeuille à cette nouvelle donne géopolitique.
[NDLR : Jim Rickards vous guide dans les tortueuses voies de ce nouvel ordre mondial : ses recommandations d'investissements pour en profiter sont à retrouver dans Alerte Guerre des Devises.]

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Cuba : un investissement à ne pas manquer http://quotidienne-agora.fr/cuba-investissement/ http://quotidienne-agora.fr/cuba-investissement/#respond Fri, 02 Dec 2016 10:30:23 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68693 Cuba

La semaine dernière, le monde s'est ému à la mort de Fidel Castro. Dictateur pour les uns, guide éclairé pour les autres, le moins que l’on puisse dire est que le personnage a été une figure marquante du XXème siècle.

Evitons la politique, me direz-vous : La Quotidienne est une lettre d'information dédiée à l'investissement ! Rassurez-vous, c'est bien ce dont nous allons parler aujourd'hui.

Le dégel des relations entre Cuba et les Etats Unis, porté par Raul, a toutes les chances de s'accélérer maintenant que le Comandante n'est plus là pour prolonger sa révolution.

Cuba est resté, depuis l'éclatement du bloc soviétique, un des derniers laboratoires de l'économie administrée. Des pans entiers de l'économie évoluent au ralenti depuis les nationalisations massives des années 1960. Le phénomène de rattrapage économique risque donc d'être aussi soudain qu'important.

Partant de ce constat, comment profiter de cette croissance depuis la France ?

Le dilemme de l'investissement dans un pays émergent

Investir dans un pays émergent n'est pas de tout repos. Le premier frein est le manque de confiance : les pays émergents n'ont généralement pas une longue tradition de transparence. Dans ce contexte, difficile de s'appuyer sur les résultats financiers communiqués par les entreprises pour repérer les pépites sous-valorisées.

De manière générale, lisez avec beaucoup de prudence les communications des sociétés basées dans les pays émergents (qu'elles dépendent du pouvoir central ou non). Une petite dose de méfiance est souvent salutaire.

La seconde difficulté est liée à la détection des grandes tendances qui génèreront de la croissance sur place.

Lorsqu'une économie en friche redémarre, de nombreux secteurs sont portés par la hausse de l'activité. Vaut-il mieux favoriser les valeurs qui bâtissent les infrastructures locales ? Faut-il plutôt se tourner vers les sociétés d'export, qui ont désormais accès au marché mondial ?

Ce choix cornélien conduit souvent à se tourner vers des fonds indiciels qui exposent l'investisseur à la santé globale du pays-cible. En s'affranchissant des contraintes de stock-picking, l'investisseur profite ainsi d'une diversification bienvenue.

Le dernier point de vigilance est celui de la pérennité de la croissance.

Les investisseurs qui se sont positionnés sur le Brésil ou le Vénézuela après la crise occidentale des subprimes sont formels : tous les investissements dans les pays émergents ne sont pas rentables.

Une économie basée principalement sur l'export de matières premières est incroyablement fragile. En cas de forte chute des cours, les excédents commerciaux peuvent se volatiliser en quelques mois et transformer une économie "Vache à Lait" en champ de ruines. C'est exactement ce qui s'est passé ces derniers mois pour les pays exportateurs de pétrole.

La bonne nouvelle est que Cuba possède une économie aujourd'hui atrophiée, donc très saine. L'absence quasi-totale de commerce international rend le pays peu sensible aux variations de cours des matières premières.

Vous l'avez compris, un investissement dans l'économie cubaine possède un grand potentiel haussier pour un risque de baisse très limité, l'économie étant jusqu'ici atone !

La stratégie gagnante pour investir à Cuba

Comme je vous le disais précédemment, l'investissement dans un marché émergent par le biais d'un ETF est idéal. Malheureusement, en l'absence d'une place de cotations accessible aux étrangers, cette méthode est inexploitable sur le marché cubain.

Vous devrez donc choisir des valeurs qui pourront profiter de la croissance de l'économie cubaines.
Avant que Cuba ne devienne un exportateur majeur de matières premières ou de biotech, un secteur va rapidement profiter de l'ouverture au reste du monde: le tourisme. Les opérateurs de croisières sont promis à un bel avenir dans la région.

Cerise sur le gâteau : certains sont basés aux Etats-Unis. Ces entreprises sont donc soumises aux règles comptables et de transparence auxquelles nous sommes habitués.

Parmi ces opérateurs, Royal Caribbean International est aujourd'hui le plus à même de profiter d'une hausse du flux de touristes. L'entreprise est, contrairement à nombre de ses concurrents, déjà rentable. Les coûts fixes étant prépondérants dans ce genre d'activité, une légère augmentation du chiffre d'affaires se traduit par une explosion du bénéfice.

Royal Caribbean International (NYSE:RCL) est donc un bon pari pour investir sur un retour de Cuba sur la scène internationale.

Cuba
Et si ce navire était votre prochain investissement ?
Crédit: Royal Caribbean International

Vous entendrez certainement parler dans les prochains mois du fonds NASDAQ:CUBA. Il s'agit d'un fonds qui se positionne sur différentes valeurs de la région (dont RBC). Contrairement à la plupart des ETF, ce fonds est toutefois à nombre de parts fixe : la spéculation sur le titre peut faire fortement décaler sa valorisation. Le cours de bourse du fonds n'étant pas fixe par rapport à la valeur de ses actifs: je ne vous le conseille pas si vous souhaitez une exposition globale au marché cubain.

En revanche, misez sur NYSE:CUBA si vous voulez jouer sur la psychologie des foules. Les investisseurs non avertis vont certainement se jeter sur le titre lorsqu'ils chercheront un fonds pour investir sur le marché cubain. Ce type de comportement se constate fréquemment sur les valeurs dont le symbole colle à l'actualité. Vue la structure du fonds, un krach à la hausse est tout à fait possible.

Personnellement, j'évite ce type de paris qui est basé sur la crédulité des foules... mais l'expérience montre que cette stratégie est souvent payante !

Un dernier conseil sur l'investissement dans les marchés étrangers : les informations auxquelles nous avons accès depuis la France sont morcelées et incomplètes.

Le plus sage avant d'investir dans un pays est de s'y rendre pour le visiter. Vous le savez, c'est en arpentant les rues et en échangeant avec les habitants qu'il est possible de prendre le pouls d'une économie.

Dans le cas de Cuba, ce voyage à but lucratif peut fort bien ressembler à des vacances ensoleillées !

Le Cercle Agora - Invitation

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C’est le moment de parier sur la Russie http://quotidienne-agora.fr/moment-parier-russie/ http://quotidienne-agora.fr/moment-parier-russie/#respond Mon, 10 Oct 2016 09:30:47 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68546 russie

A la rédaction d'Alerte Guerre des Devises, nous ne recommandons pas des trades contrariens juste parce ce que nous le sommes. Cette approche serait peu analytique et tout aussi insensée que suivre le troupeau. Mais lorsque, grâce à notre système IMPACT, nous identifions une opportunité fascinante, il nous importe peu d'être en dehors du consensus.

En ce moment, nous identifions un des retournements les plus passionnants sur lesquels parier. C'est un cas classique de trade tombé en disgrâce mais qui est prêt à s'inverser.

La Russie s'apprête à connaitre un grand renouveau économique. Les obligations, les actions et la monnaie du pays, le rouble (RUB), vont toutes en bénéficier. La clé, pour réaliser d'énormes profits au cours des semaines et mois à venir, c'est de comprendre ce revirement.

J'ai eu la chance de me rendre en Russie et de rencontrer des responsables du gouvernement, des banquiers d'investissements et des investisseurs privés. La Russie connaît certaines difficultés, mais ce n'est pas le pays opprimé et arriéré que dépeignent la presse et les politiciens occidentaux.

La Russie est au quatorzième rang des économies mondiales. Son PIB dépasse les 1 000 milliards de dollars. Ses réserves financières s'élèvent à environ 400 milliards de dollars, dont 65 milliards (16%) en or physique. Le ratio dette extérieure (en dollars)/PIB de la Russie est le plus faible de tous les pays avancés. Elle n'a quasiment aucun endettement. La Russie est le troisième producteur d'or dans le monde, et le deuxième producteur de pétrole et de gaz naturel. C'est le pays qui détient le territoire (émergé) le plus vaste du monde, et qui représente, bien sûr, une puissance nucléaire majeure.

Les problèmes de la Russie sont les suivants : un déclin démographique, un système de santé médiocre, la corruption politique et la pollution. Si l'on ne peut nier ces problèmes, les ressources de la Russie, énumérées ci-dessus, lui offrent une position de force considérable en dépit des problèmes et de l'adversité. La Russie est trop vaste et trop puissante pour être ignorée. Le pays et ses dirigeants ne vont pas disparaître.

Ce qui fait de la Russie une opportunité d'investissement passionnante, en ce moment, c'est ce que nous appelons un "trade asymétrique". Un trade asymétrique se présente lorsqu'une classe d'actifs évolue vers un extrême, en terme de trading, et qu'il y a peu de chances, voire aucune, qu'elle poursuivre dans cette direction. A ce stade, l'actif ne peut que se figer ou bien évoluer dans la direction opposée. Ce sont les meilleurs trades en général, car lorsque vous pariez sur l'inversion de tendance, vous avez peu de risque... contre une probabilité élevée de réaliser des gains énormes.

Il s'agit de la situation actuelle de la Russie. Nous identifions déjà des signes de rebond sur les actions, les obligations et la monnaie russes. Mais ce n'est que le début et nous avons tout le temps de nous positionner sur ce trade, de nous renforcer par d'autres opportunités sur la Russie, et d'en tirer parti en prenant très peu de risques.

Le graphique ci-dessous illustre la relation USD/RUB selon une échelle inversée.

Vous pouvez constater que le cours USD/RUB a été très stable de 2013 à 2014, à environ 35 roubles par dollar. A la suite des sanctions américaines, de l'invasion de la Crimée et de la baisse des cours du pétrole, le rouble a plongé à 70 roubles par dollar fin 2014. Le rouble s'est stabilisé brièvement puis a plongé de nouveau à 80 roubles, conséquence d'une nouvelle baisse des cours du pétrole, début 2016.

Le rouble s'est révélé très sensible aux cours du pétrole qui ont, toutefois, rebondi depuis leurs plus-bas de 24 dollars en début d'année pour atteindre désormais 45 dollars le baril.

Le rouble a réagi de la même manière, en se renforçant de 80 à 65 RUB par USD. Cependant, il peut encore énormément augmenter pour atteindre son niveau antérieur de 35 roubles. Même une modeste hausse lui faisant atteindre 50 roubles par rapport au dollar pourrait rapporter d'énormes gains si l'on applique la bonne stratégie.

L'asymétrie de cette opportunité se comprend par rapport aux sanctions, qui ne vont pas s'aggraver. Elles sont déjà étendues et punitives ; les Russes ont réussi à résister à leurs pires effets. Un gouvernement Trump réchaufferait sûrement les relations avec la Russie. Même au cas où Hillary Clinton remporterait l'élection, les Européens voudront à tout prix mettre fin aux sanctions et trouveront un moyen d'y parvenir.

Début 2016, la situation ne pouvait être pire, pour la Russie. Mais avec la remontée des cours du pétrole et à l'approche de la fin des sanctions, le rouble sort de l'ornière et devient une opportunité pour réaliser des gains énormes.

Ces développements positifs concernant la monnaie russe se reflètent dans les positions de réserves du pays (indiquées dans le graphique ci-dessous).

Une banque centrale à la manoeuvre

Au pire moment de la chute des cours du pétrole et des sanctions économiques, les réserves russes ont plongé d'environ 480 milliards de dollars à 340 milliards seulement. Mais grâce à une gestion astucieuse de la présidente de la banque centrale russe, Elvira Nabuillina, les positions de réserves ont joliment rebondi et s'élèvent actuellement à 400 milliards de dollars environ, soit une augmentation de 18% par rapport à leurs plus-bas de 2015.

Contrairement à Janet Yellen, Nabiullina n'a pas eu peur de relever les taux d'intérêt.

Elle l'a fait plusieurs fois afin de renforcer le rouble et pour que la Russie attire comme un aimant les investissements étrangers. Elle a également résisté à la pression des acolytes du Kremlin exigeant qu'elle mette à disposition des devises fortes afin de renflouer les sociétés russes. Nabiullina a déclaré que ces sociétés devaient se débrouiller et que son travail consistait à se préoccuper du rouble et du gouvernement russe. C'est rafraichissant de découvrir une responsable de banque centrale adepte de la rigueur et anti-bail-out. Vous n'êtes pas près d'en trouver en Europe, au Japon, aux Etats-Unis ou en Chine.

Et c'est sur les conséquences de la politique de la banque centrale russe que nous avons misé dans Alerte Guerre des Devises. Le rouble va relever la tête... et vous pouvez en profiter !

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Retour sur la Russie http://quotidienne-agora.fr/retour-russie/ http://quotidienne-agora.fr/retour-russie/#respond Fri, 03 Jun 2016 11:45:42 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68153 Russie

Que s'est-il passé sur les marchés actions depuis hier ? C'est ce que nous allons voir avec Mathieu Lebrun qui revenait sur la séance dans Agora Trading :

Plus que la réunion de la BCE (d'où aucune "nouveauté" n'est ressortie), c'est surtout le statu quo et l'absence de plafond de production lors de la réunion de l'OPEP qui a un peu affecté les marchés en début d'après-midi. Mais sur l'or noir, comme on le constate dernièrement, "ça va, ça vient".

La publication du stock hebdomadaires de brut, en baisse moins marquée que prévu (-1,4 million de barils contre -2,5 millions attendu par le consensus Bloomberg), a fait remonter les cours à proximité des 49 $.

Aujourd'hui, le CAC 40, en hausse, tente de repartit à l'assaut des 4 500 points. Brave petit soldat !

Après l'article de Karim Rahemtulla sur la Russie, j'ai été submergée d'un tombereau de mails d'insultes. Je m'y attendais, cela ne m'a pas surprise mais, comme à chaque fois, je suis étonnée par la verdeur des propos de certains lecteurs.

Je me permets de vous en livrer un exemple significatif (et sans retouches) :

La petite propagande de monsieur Karim Rahemtulla, qu'en Russie en 1982 les gens faisaient la file pour un bout de pain, c'est ma main dans sa gueule que je vais mettre, quel connard celui-là, pour qui se prend-t-il, qu'il va aux Etats-Unis la il y en a 100 millions de crève la faim, en Russie si tu meurs de faim c'est que tu le veux bien, jamais en Russie on ne mourrait de faim en 1982, quel imbécile celui-là, arrêter votre propagande antirusse et anti-Poutine, car Poutine est un exemple c'est le seul en sept ans qui relever la Russie au premier rang mondiale (car après la chute de l'URSS les amerloques ne donnaient pas cher pour la Russie et pensaient y entrer, mais bien dans le troufion) et surtout maintenant avec leurs nouvelles technologie même les Etats-Unis essaye de mettre le monde entier contre la Russie, mais c'est fini se temps là, point de vue armements les Russes ont dépasser les amerloques car plus sophistiquer et là il a des preuves que les médias occidentaux ne parlent pas, c'est mieux de parler du mal de la Russie !

Le débat contradictoire est plus que bienvenu mais je préférerais vraiment qu'il s'accompagne d'une certaine courtoisie dans les propos.

L'ampleur des réactions et des accusations a été telle que je n'ai pas pu m'empêcher d'en faire le sujet des Marchés en 5 Minutes d'hier soir.

Et tout d'abord pour insister sur un point : c'est mal nous connaître – et ne pas nous lire – que de nous accuser de complaisance envers les Etats-Unis. Pas un jour, pas une analyse, sans que Bill Bonner ou Jim Rickards n'éreintent les dirigeants américains, leurs choix, leurs décisions, leur incompétence ou ne pointent du doigt l'état de l'économie américaine. De la complaisance envers leur pays ? Vraiment ?

Ensuite, les avis des rédacteurs des Publications Agora sont loin d'être unanimes sur l'avenir de la Russie.

Si, de mon côté, je penche plutôt du côté des arguments de Karim (tant que la Russie ne sera pas parvenue à plus fortement diversifier son économie, y investir me semble aléatoire), Jim est plus optimiste, comme il l'explique dans Trades Confidentiels :

Actuellement tout indique que les relations russo-américaines entrent dans une nouvelle phase de dégel après deux années glaciales. Cette nouvelle ère de coopération entre les Etats-Unis et la Russie s'articule essentiellement autour des efforts conjoints des Présidents Obama et Poutine pour mettre un terme aux hostilités en Syrie et faire en sorte que le président syrien Bashar el-Assad quitte le pouvoir.

Quels autres facteurs entrent dans cette équation et nous permettent de prévoir, avec un indice de confiance élevé, l'orientation que l'économie russe et le rouble vont prendre ?

Une liste déjà conséquente de facteurs tangibles s'allonge de jour en jour :

- Les prix du pétrole enregistrent un rebond. Ils sont passés d'un plus bas à 29 $ le baril à près de 50 $ le baril à l'heure actuelle. C'est une bouffée d'air frais considérable pour la Russie.

- L'Iran est à nouveau en mesure de faire du commerce, après avoir conclu avec les Etats-Unis un accord portant sur le nucléaire. De nombreuses sociétés américaines et européennes sont réticentes à revenir sur le marché iranien car il demeure une ambiguïté concernant le champ de cet assouplissement des sanctions. La Russie n'a pas ce genre de réticence. Elle avance sur des accords portant sur l'énergie nucléaire, l'armement, le raffinage et d'autres infrastructures.

- En fait, la faiblesse du rouble a aidé les entreprises russes à maîtriser leurs dépenses, dans la mesure où la conversion de leurs recettes réalisées en dollars a généré plus de roubles, et a permis de couvrir leurs coûts d'exploitation sur le territoire national. Cela a boosté les résultats de la plupart des principales sociétés russes.

[...]

- Comme le dollar a perdu de sa vigueur, les prix d'autres matières premières commencent à augmenter. La Russie est un grand exportateur de nickel, de palladium, de fer et de bois.

- Les alliés des Etats-Unis, notamment l'Allemagne et la France, sont las du régime des sanctions et cherchent des opportunités afin de reprendre leurs relations habituelles avec la Russie.

En bref, tous les facteurs qui étaient défavorables à la Russie entre 2014 et 2016 (le pétrole à bas prix, le dollar fort, les sanctions et le faible prix des matières premières) jouent désormais en sa faveur.

D'ailleurs, Jim vous a recommandé un moyen pour investir sur la reprise russe à long terme. A découvrir dans Trades Confidentiels.

Ceci précisé, intéressons-nous au programme de la Quotidienne du jour, à savoir les voitures électriques. Mais aussi les batteries. Les sous-marins... et...

... Eh bien, je vous laisse découvrir tout cela.

Bonne nouvelle, le sujet est suffisamment consensuel pour m'éviter une nouvelle bordée de mails insultants. Je vous avoue avoir eu ma dose après l'article de Karim ou celui sur le réchauffement climatique.

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Et pourquoi pas la Russie ? http://quotidienne-agora.fr/russie/ http://quotidienne-agora.fr/russie/#respond Thu, 02 Jun 2016 10:04:52 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68145 Russie

Et pourquoi pas la Russie ? C'est une question qui revient régulièrement lors des conférences que je donne sur l'investissement. Je réponds souvent à cette question par cette autre question : à quoi bon ?

Si le marché boursier russe, volatile, peut faire le délice des traders, il est souvent le cauchemar des investisseurs. Ceci étant dit, étudions de plus près ce marché boursier bien mystérieux.

Les actions russes sont au plus bas. La plupart ont chuté de plus de 50% par rapport à leur plus haut de 2011 et leur PER est inférieur à 10. Par exemple, l'ETF VanEck Vectors Russia (RSX:NYSE), s'échange à un PER de moins de 8, comparé à plus du double pour celui du S&P 500.

Une décennie difficile en Russie

Toutefois, alors que les titres russes paraissent attractifs selon la plupart des critères, à mon avis, elles ne valent pas mieux que celles d'un marché émergent.

Si vous recherchez un trade strictement basé sur la volatilité court terme ou un "flyer" basé sur une monnaie qui se renforce, alors la Russie peut vous intéresser. Mais si vous recherchez un investissement fondamentalement solide, alors la Russie est bien le dernier endroit à envisager.

La Russie et l'investissement, une histoire bien compliquée

L'économie est loin d'y être transparente. J'ai visité pour la première fois la Russie en 1982, bien avant la perestroïka qui a restructuré le Parti communiste et a conduit à la dissolution de l'URSS.

A cette époque, la Russie était un endroit plutôt lugubre, où les pénuries étaient le pain quotidien et où le marché noir était le marché de choix pour les touristes et les membres corrompus du Politburo – les seuls qui pouvaient se payer des "produits de luxe."

Clairement, ce n'était pas le moment d'investir en Russie alors je ne l'ai pas fait... pas avant 1995.

Mon premier investissement en Russie fut l'achat d'un parking à Moscou. Cela s'est révélé être un échec. Non parce que le parking ne marchait pas mais parce qu'il n'était pas facile de contrôler l'investissement et que les droits de propriété étaient, au mieux, flous.

Mes investissements suivants furent pour le marché boursier. J'ai acheté Templeton Russia Fund et un opérateur en téléphonie mobile appelé VimpelCom. C'était juste après que la crise financière asiatique de 1997 a fait vacillé tous les marchés émergents. Ces investissements ont bien marché. Mais c'était plus lié au bon timing qu'au bon investissement.

Les actions russes relèvent la tête

Depuis peu, le marché boursier russe reprend du poil de la bête. L'ETF VanEck Vectors Russia a gagné près de 40% depuis mi-janvier. Ces rendements conséquents ont attiré l'attention de nombreux observateurs.

Mais ces gains récents ne sont pas le résultat d'un changement fondamental de l'économie ou de ses perspectives futures. Au contraire, le pays est dans une situation économique catastrophique, dirigé par un homme dont les ambitions à la fois personnelles et pour la Russie sont... hum... peu pacifiques, et par une oligarchie accrochée à ses privilèges.

Il n'est donc guère surprenant que le rouble russe se soit effondré. Il est passé de moins de 30 roubles pour un dollar il y a deux ans à 81 roubles pour un dollar en janvier dernier. Deux raisons à cette dégringolade :
1. Les sanctions à l'encontre de la Russie après l'agression militaire en Ukraine et l'annexion de la Crimée
2. L'effondrement du prix du pétrole, qui est le poumon du pays pour le marché des changes.

Résultat, le pays connaît un sérieux ralentissement accompagné d'une forte inflation et d'une récession économique.

Pour que l'économie russe reprenne et que les actions deviennent un investissement intéressant, il faudrait que les sanctions soient levées et que le prix du pétrole remonte.

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, il existe une corrélation très étroite entre le prix du pétrole et la performance des actions russes. En fait, la hausse depuis janvier peut être attribuée à cette relation.

Séparés à la naissance

Même si l'Occident lève les sanctions contre la Russie et même si le prix du pétrole remonte, il faut avoir le coeur bien accroché pour investir en Russie.

Dans mon livre Where in the World Should I Invest? [NDT : Où investir dans le monde ?], j'avais évoqué le cas de la Russie et ce que j'y ai écrit reste encore vrai aujourd'hui.

Il y a un énorme écart entre les méga-riches et les pauvres. Les oligarques et les agents du gouvernement du bloc russe prospèrent grâce au chaos. La mafia russe entretient des liens étroits avec le gouvernement.

En tant que puissance nucléaire, la Russie fera toujours plus de bruit que de mal, et interviendra lourdement au Moyen-Orient et en Asie où elle détient des intérêts commerciaux majeurs.

La Russie et les ex-républiques soviétiques ne se sont jamais complètement remises de l'effondrement de l'URSS. L'Etat de droit, la répartition des capitaux et la transparence des marchés posent question.

Jusqu'à ce que ces problèmes soient résolus, la région – en dehors des pays baltes – devra faire face à d'importants problèmes ces prochaines années si ce n'est ces prochaines décennies. A moins d'être un trader expert avec une tolérance élevée au risque, cette région n'est pas un endroit que je conseillerais pour investir.

Naturellement, il est possible de placer des paris gagnants sur les actions russes. A présent qu'elles sont au plus bas, elles pourraient rapporter un joli pactole. Mais n'oubliez pas que ces actions sont un pari risqué, pas un investissement.
[NDLR : Envie de tenter le pari russe, sans prendre de risques inconsidérés ? Dans Trades Confidentiels, Jim Rickards fait le pari d'une certaine reprise des marchés actions russes et vous propose un outil très simple pour en profiter. Un pari très maîtrisé qui est à retrouver dans Trades Confidentiels]

Karim Rahemtulla

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