Macro éco et perspectives – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 Pourquoi la Chine dépasse l’occident http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/ http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/#respond Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70937 Chine

Nous avons vu dans une précédente Quotidienne que les opportunités d'investissement boursier ne se situent plus dans les économies occidentales. Investir dans les indices européens ou américains en 2018 pourrait être une aussi mauvaise idée qu'un investissement dans le NIKKEI dans les années 1990.

Seules les économies des BRICS ont aujourd'hui un potentiel de hausse significatif. Un simple rattrapage du niveau de vie de la classe moyenne pour rejoindre celui des sociétés occidentales assurerait des années de croissance vigoureuse.

Pour espérer de solides plus-values à moyen terme, investir dans les BRICS offre de plus grandes chances de réussite qu'un investissement dans les Bourses occidentales.

Encore faut-il investir de manière ciblée : le Brésil et la Russie ont, par exemple, une dépendance problématique au prix du pétrole. Un retour du WTI sur ses niveaux d'il y a un an pourrait plonger ces pays en récession.

Mieux vaut donc investir sur le plus dynamique des pays émergents : la Chine.

Nous allons découvrir aujourd'hui son potentiel de hausse et le comparer à celui de nos économies.

Des chiffres... oui mais quels chiffres ?

Il est intéressant de comparer la croissance de la Chine avec celle des Etats-Unis ou de la France. Mais comment se fier aux chiffres ?

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis - Infographie : Google ; chiffres : Banque Mondiale

Partant du principe que la croissance affichée par les organismes officiels occidentaux depuis le krach des dot.com tient plus du tripatouillage statistique que de la réalité économique, nous pouvons considérer nos économies comme stagnantes depuis 15 ans.

La sous-estimation permanente de l'inflation dans nos pays conduit à une surestimation du PIB par habitant qui s'aggrave à mesure que le temps passe. En termes scientifiques, on parle d'intégration de l'erreur : un petit mensonge anodin donne, sur le long terme, des résultats complètement aberrants.

Savez-vous que le PIB par habitant en France a, selon les chiffres officiels, augmenté de +63% depuis l'an 2000 après correction des effets de l'inflation ?Ce chiffre ne correspond à aucune réalité économique. Les Français, qu'ils soient salariés du secteur privé, fonctionnaires ou retraités, ont eu le plus grand mal à maintenir leur pouvoir d'achat sur la période.

Ce ne sont pas non plus les actionnaires qui ont capté cette valeur : le CAC 40 est, à l'heure actuelle, toujours en perte de -25% par rapport à ses plus hauts de l'an 2000...

La réalité est que les chiffres de l'inflation fantasques de nos statisticiens conduisent à une évaluation biaisée du PIB qui devient aberrante sur le long terme.

Que dit la réalité du terrain ?

En l'absence de chiffres exploitables, nous devons nous baser sur des éléments tangibles (et heureusement factuels) pour nos décisions d'investissement. En pratique, Madame Michu et Mr Smith, habitants typiques de France et des Etats Unis, ont un niveau de vie comparable en 2017 à celui de 2000.

La taille moyenne des habitations n'a pas tellement varié. Le nombre de véhicules par habitant est globalement stable. Le prix du carburant a augmenté, mais le coût de certains déplacements (comme l'avion) a diminué. Ils mangent toujours trois repas par jour, et autant (voire un peu moins) de viande.

Voilà des éléments concrets qui permettent de comparer des évolutions de niveau de vie. Si Mme Michu ou Mr Smith sortaient de 17 ans de coma aujourd'hui, ils ne seraient absolument pas déboussolés par l'évolution de leur société. Il est même probable qu'ils retrouveraient, exactement à la même place, leur maison, leur travail et leurs administrations.

La vie de Mme Zhang, elle, a été bouleversée en 17 ans. Son confort alimentaire n'a plus rien à voir : les importations de boeuf ont augmenté de 9 000% au cours des 10 dernières années. Des villes entières sont sorties de terre. Le secteur tertiaire a pris son envol et les emplois "de bureau" on fait leur apparition. Mme Zhang peut désormais manger au McDonald's et prendre son café au Starbucks.

En 2015, signe de richesse, elle s'est offert une voiture Peugeot ou VolksWagen flambant neuve – les marques européennes étaient synonyme de réussite sociale. Aujourd'hui, elle a renouvelé sa voiture et a préféré un véhicule chinois dont les ventes ont quadruplé depuis 10 ans.

Mme Zhang possède le dernier iPhone. Son fils adolescent préfère lui les marques locales comme XiaoMi dont les produits ont été pensés pour la vie quotidienne chinoise. Ces éléments démontrent que l'économie réelle de la Chine croit beaucoup plus vite que nos économies occidentales.

Certes, les statistiques qui nous parviennent sont opaques et probablement sujettes à caution. Le régime de Pékin n'est pas un modèle de transparence. Elles ont, au moins, l'avantage de ne pas être absurdes et contredites par la réalité du terrain comme le sont les statistiques européennes.

La croissance chinoise peut-elle se poursuivre ?

La Chine est en croissance ininterrompue depuis des décennies. De nombreuses villes ont rattrapé en moins d'une génération un demi-siècle d'évolution technologique occidentale. La progression du niveau de vie et du salaire des actifs est telle que les entreprises commencent même à délocaliser leur production vers des pays où le coût de la main d'oeuvre est moindre.

Reste une question : cette croissance peut-elle se prolonger ? Ne sommes-nous pas à la veille d'un effondrement de l'économie chinoise ?

Après tout, la stagnation de nos économies occidentales représente un danger pour la Chine. L'Usine du Monde peine à exporter ses produits sachant que les citoyens occidentaux ont de moins en moins d'argent à leur disposition pour leurs dépenses courantes.

Il est raisonnable de prévoir que la bulle du crédit en Europe et aux Etats-Unis finira fatalement par toucher à sa fin, et que les exportations chinoises seront alors fortement réduites. Pour autant, le pays ne devrait pas connaitre une récession aussi violente que celle qu'a connue la Russie lors de la baisse de ses exportations de pétrole.

L'économie chinoise est en pleine mutation et continue d'accélérer malgré les difficultés occidentales des 15 dernières années. Il existe plus de milliardaires en Chine qu'aux Etats-Unis. Un nouveau milliardaire apparaît en Chine toutes les trois semaines. La classe moyenne chinoise ne cesse de prendre de l'ampleur et devient un véritable moteur de la consommation intérieure.

Quand la Chine mène le bal de l'innovation

L'économie chinoise n'aura bientôt plus besoin des économies occidentales pour croître. Les progrès technologiques en sont l'illustration parfaite. Il y a 20 ans, les usines chinoises copiaient (mal) les produits occidentaux. Il y a 10 ans, grâce aux transferts technologiques, la qualité devenait équivalente.

Aujourd'hui, les technologies chinoises deviennent supérieures à leurs pendants occidentaux dans de nombreux domaines.

La Chine est par exemple à la pointe de la recherche sur l'informatique quantique. L'Empire du Milieu a mis cette année en orbite un satellite de télécommunication quantique capable de crypter des visio-conférences. Lors de l'annonce des premiers résultats de ce satellite, les scientifiques occidentaux doutaient (et débattaient) encore de la faisabilité théorique d'un tel objet...

Les lignes de train à grande vitesse chinoises sont bien plus performantes que notre TGV – inutile de les comparer au réseau ferré nord-américain.

Il se murmure également qu'Airbus et Boeing ont des sueurs froides en suivant les progrès de l'aéronautique locale...

De tels exemples sont légion. Il est urgent, pour l'investisseur qui souhaite s'appuyer sur la croissance d'une économie réelle plutôt que la spéculation pour faire ses plus-values, d'être exposé au marché chinois.

Dès la semaine prochaine, nous verrons comment franchir les frontières et investir dans ce marché plein de promesses mais parfois difficilement accessible.

Cet article Pourquoi la Chine dépasse l’occident est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/feed/ 0
Quel sera le marché haussier de 2018 ? http://quotidienne-agora.fr/brics-marche-haussier-2018/ http://quotidienne-agora.fr/brics-marche-haussier-2018/#comments Wed, 13 Dec 2017 11:01:11 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70914 marché haussier 2018 prévisions

Cette fin d'année est l'occasion de sortir la tête des graphiques d'évolution de cours au jour le jour et de nous pencher sur les opportunités à moyen terme.

Il est évident que LA transaction de 2017 était le Bitcoin. Avec un cours de moins de 1 000 $/BTC au premier janvier et un pic à plus 17 000 $/BTC ces derniers jours, la progression annuelle de la cryptomonnaie ridiculise (pour l'instant) des années d'investissement dans les entreprises cotées.

Du côté de la Bourse, l'heure n'est plus à l'euphorie. Le CAC 40 gagne péniblement 9% depuis le premier janvier. Les vagues de correction se multiplient depuis le printemps et commencent furieusement à ressembler aux prémices d'un marché baissier qui, même en l'absence de krach, pourrait être éprouvant pour les investisseurs comme le fut celui de 2015.

Souvenez-vous : entre le printemps 2015 et février 2016, l'indice français perdait près de 25% et renouait avec ses niveaux de 2013... Rien de plus crispant que de voir trois ans de hausse volatilisés en quelques mois !

Cette fébrilité des indices n'est pas que française ; le salut ne viendra pas d'outre-Atlantique. Les valorisations sont encore plus chères et l'inertie haussière des titres pourrait également toucher à sa fin.

marché haussier 2018 prévisions

Peut-on encore investir en 2018 ?

Dans ces conditions, est-il encore pertinent d'investir dans des entreprises cotées ? L'investisseur français pourra-t-il gagner de l'argent en évitant la folle hausse des cryptomonnaies, et celle de l'immobilier parisien ?

La réponse est, heureusement, oui. Il nous faudra simplement délaisser les stars du moment et nous trouver un secteur qui a su rester discret.

Vous le savez : lorsqu'un investissement fait la une de la presse généraliste, la fin de la bulle est proche. Les stratégies de moyen terme sont toujours à proscrire sur les actifs qui font la une de vos journaux.

Je vous propose aujourd'hui de nous pencher sur un investissement qui ne fait plus beaucoup parler de lui. Lui aussi a eu son heure de gloire. Lui aussi était synonyme de promesse d'enrichissement facile pour quiconque y placerait son argent. Lui aussi a eu sa débâcle. Et, comme toujours, les excès des marchés à la hausse ont été contrebalancés par un excès à la baisse. L'exubérance irrationnelle a fait place au dédain des investisseurs qui ont perdu des plumes dans l'éclatement de la bulle.

Le moment est parfait pour y revenir dans une optique d'investissement à moyen terme.

Un secteur qui a connu une phase euphorique a su convaincre. L'éclatement de la bulle a fait disparaître les spéculateurs (qui préfèrent les phases de hausse maniaque rapide) et les curieux (qui refusent de se faire plumer deux fois sur le même sujet).

La voie est libre pour ramasser les morceaux à bas prix et à profiter de la seconde vague de hausse.

La revanche des BRICS

Vous vous souvenez certainement de l'excitation qui entourait les marchés émergents avant la crise des subprime.

Le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud devaient être le réservoir de croissance du XXIème siècle et rattraper en un rien de temps le niveau de vie de l'occident.

Investir dans les BRICS était un moyen sans risque de profiter de l'emballement de l'économie mondiale.

Fin 2007, iShares lançait un ETF dédié qui permettait à tout un chacun d'investir facilement dans ces pays : une aubaine alors que les Bourses locales étaient (et sont toujours) particulièrement difficiles d'accès pour les investisseurs occidentaux !

Comme toute fin de bulle, celle des BRICS est arrivée lorsque l'euphorie était à son apogée.

Moins d'un an après son lancement, l'ETF BKF avait perdu près des deux-tiers de sa valeur. Les investisseurs étaient laminés par la correction.

Après avoir perdu 65% de leur mise en moins de 12 mois, beaucoup ont abandonné l'idée d'investir dans les marchés émergents.

Ceux qui sont courageusement restés exposés ont pu profiter d'un solide rebond qui a quasiment résorbé leurs pertes... et ont été ensuite récompensés par un marché baissier de cinq ans.

etf graphe Evolution de 10 000 $ placés dans l'ETF BKF depuis ses débuts

Evolution de 10 000 $ placés dans l'ETF BKF depuis ses débuts - Source : iShares

Autant dire que les investisseurs particuliers de la première heure ont eu nombre d'occasions de quitter le navire et de maudire le secteur.

Même chez les institutionnels, investir dans les pays émergents est passé de mode. Peu de gérants mettent aujourd'hui en avant leur exposition sur ce secteur géographique.

Ces pays ont, bien sûr, été durement touchés par la crise des subprime. Leurs économies, moins mûres que les nôtres, sont sujettes à des ajustements brutaux. Le risque politique est également fort et placer des liquidités dans ces juridictions est un véritable pari sur la stabilité des gouvernements.

Malgré tous ces risques, les atouts des pays émergents qui faisaient leur popularité il y a 10 ans n'ont pas disparu. Leurs économies sont toujours dynamiques. Leur démographie reste beaucoup plus favorable à la croissance que celle de nos populations vieillissantes.

Le PIB/habitant, toujours faible par rapport à nos standards, possède un important potentiel haussier.

Enfin – là est la nouveauté depuis l'effondrement de 2007 – l'arrivée promise de la classe moyenne a bien eu lieu. La dernière décennie a vu une nouvelle génération d'actifs arriver sur le marché du travail. Ces jeunes gens ont grandi avec la promesse que leur niveau de vie s'approcherait de celui des occidentaux. Ils sont dynamiques, rêvent d'enrichissement matériel... et consomment.

Une croissance à faire pâlir d'envie l'occident

Les analystes évoquent souvent la fin de la croissance des BRICS. Les chiffres de l'OCDE montrent effectivement une inflexion de la vigueur de leurs économies depuis 2007.

croissance figure GDP chine bresil inde afrique du sud russie

Croissance du PIB des BRICS entre 2001 et 2015. Source : Parlement Européen/Banque Mondiale

En voyant un tel graphique, il est facile de conclure que les BRICS sont en récession depuis 2007. Après tout, les courbes sont ne sont-elles pas descendantes ?

Pourtant, ces courbes représentent la croissance du PIB des émergents. En d'autres termes, c'est la vitesse de la hausse qui baisse depuis 2007. A part quelques trous d'air pour la Russie et le Brésil, la croissance est bien là – et ininterrompue depuis plus de 15 ans. Pouvons-nous en dire autant en Europe et en Amérique du Nord ?

Tous les BRICS ne se ressemblent pas

Vous le voyez, les économies des BRICS restent globalement plus dynamiques que les nôtres. Il est possible d'investir sur les BRICS en général (notamment grâce à l'ETF d'iShares dont je vous parlais plus haut), mais l'expérience a montré que ces cinq pays ont des sensibilités sectorielles très différentes.

Le Brésil et la Russie ont été durement touchés par les fluctuations des cours du pétrole en 2008 et en 2015. La situation actuelle est meilleure avec un WTI qui a quasiment doublé depuis ses plus bas de 2016... Il reste compliqué de prédire l'avenir, et le baril pourrait bien retomber sous les 40 $ dans les prochaines années.

Dans un tel cas de figure, le Brésil et la Russie souffriraient à nouveau, emportant avec eux les indices et ETF couvrant de manière groupée les cinq pays.

Dès demain, nous verrons comment miser sur le plus performant des BRICS.

Evolution du PIB des cinq BRICS. Et si vous misiez sur le leader ?

Evolution du PIB des cinq BRICS. Et si vous misiez sur le leader ?

Son économie ne dépend pas du cours du pétrole. Elle profite directement de la croissance occidentale, tout en augmentant année après année la part de la consommation intérieure.

Rendez-vous demain pour découvrir son incroyable potentiel.

Cet article Quel sera le marché haussier de 2018 ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/brics-marche-haussier-2018/feed/ 1
Adoption de la réforme fiscale américaine : la fin du Trump Trade ? http://quotidienne-agora.fr/reforme-fiscale-americaine-trump-trade/ http://quotidienne-agora.fr/reforme-fiscale-americaine-trump-trade/#respond Tue, 05 Dec 2017 10:38:35 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70839 réforme fiscale américaine

Vendredi dernier, Donald Trump a remporté une grande victoire, peut-être la première de son mandat : le Sénat a adopté son projet de réforme fiscale, la plus importante depuis les années 1980 et Ronald Reagan.

Cette loi prévoit une baisse significative des impôts pesant sur les entreprises, qui vont passer de 35% et 20% et qui va inciter, via à un taux d'imposition réduit, le rapatriement des bénéfices réalisés à l'étranger par des entreprises américaines.

Une réforme pour les riches ?

Pour les particuliers, la réforme supprime certaines niches fiscales, double la part non imposable, et devrait aboutir à une réforme des tranches d'impôts. Cette réforme favorise-t-elle vraiment les classes moyennes comme le clame Donald Trump ? On peut en douter si l'on suit les chiffres du New York Times.

En bleu, le pourcentage d'une tranche de revenus qui bénéficiera de la réforme fiscale en 2019 et en 2027. En orange, ceux pour qui elle impliquera une augmentation d'impôts, et en gris ceux pour lesquels cela ne changera rien.

réforme fiscale chiffres budgets état USA

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

En 2019, cette réforme bénéficiera à 61% des imposés américains, ne changera rien pour 30% d'entre eux et en pénalisera 6%. A première vue, cette réforme va donc bénéficier au plus grand nombre.

Mais dans le détail, ce sont effectivement les plus fortunés qui en profiteront le plus (91% de ceux disposant d'un revenu entre 500 000 et un million de dollars, et 80% de ceux qui gagnent plus d'un million) alors que seuls 26% des imposés gagnant entre 30 000 $ et 40 000 $, 11% de ceux gagnant entre 10 000 $ et 30 000 $ ou encore 48% de ceux gagnants entre 40 000 $ et 50 000 $ verront leurs impôts baisser.

En clair, plus vous êtes riche (et américain), et plus cette réforme vous bénéficiera, et ce, par exemple, grâce à une réduction de l'impôt sur les successions.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les démocrates ont unanimement voté contre cette loi, qui l'a emporté à 51 voix contre 49. Et c'est aussi la raison pour laquelle une majorité d'Américains ont une opinion assez défavorable de cette réforme accusée, dans une grande partie de l'opinion publique, de favoriser les plus aisés.

L'autre raison pour laquelle cette loi a été si discutée, c'est qu'elle devrait signifier 1 500 milliards de dollars de rentrées fiscales en moins pour l'Etat sur 10 ans. Et qu'elle risque de peser lourdement sur le déficit américain... et donc sur son endettement. Les estimations ne concordent pas complètement mais cette réforme pourrait creuser d'au moins 1 000 milliards de dollars l'endettement américain sur les 10 prochaines années.

Les républicains les plus conservateurs – et ceux les plus préoccupés par le budget et l'endettement américains – se sont donc, dans un premier temps, opposés à cette réforme, avant de se rallier à la majorité de leur parti. Seul un sénateur a fait de la résistance et voté contre.

La prochaine étape va constituer en l'harmonisation des textes votés par le Sénat et la Chambre des représentants, puis sa promulgation par Donald Trump, ce qu'il espère pouvoir faire avant Noël.

Une victoire de Trump ?

Une victoire pour Donald Trump donc... ou pas.

En effet, comme je vous le disais, cette réforme est assez impopulaire dans l'opinion publique américaine. Or les élections de mi-mandat approchent et certains démocrates craignent que la réforme ne se paie dans les urnes.

Les explications du Monde :

Le calcul de l'opposition est simple : cette réforme pourrait devenir un boulet pour le Grand Old Party à l'occasion des élections de mi-mandat, en novembre 2018, qui sont traditionnellement défavorables au parti au pouvoir. Le Parti démocrate espère que cette réforme jouera le même rôle destructeur que la réforme de la santé imposée par Barack Obama en 2010. Les élections intermédiaires avaient entraîné la perte de contrôle de la Chambre des représentants, ce qui avait contribué à une impasse législative de six ans.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

La réaction des marchés hier a été symptomatique. Après avoir ouverts en hausse, le Nasdaq et le S&P 500 ont corrigé (de plus de 1% pour l'indice technologique). Seul le Dow Jones a réussi à préserver une petite hausse en clôture, de 0,24%. Rien de fantastique donc...

La réforme fiscale était pourtant la colonne vertébrale de ce que l'on a appelé le "Trump Trade". Elle a motivé la hausse des marchés actions ces derniers mois, faisant le pari que la significative réduction des impôts pour les entreprises allait leur permettre d'augmenter leurs bénéfices, d'investir, de croître... et de verser de meilleurs dividendes à leurs actionnaires.

Ajoutons à cela que l'incitation au rapatriement des bénéfices réalisés à l'étranger pourrait signifier un afflux de dollars... et donc renforcer le billet vert.

Sur le papier donc, cette réforme a tout pour favoriser les entreprises... et les marchés actions. Ceux-ci ont en outre moult fois démontré leur peu d'intérêt pour l'état du déficit ou de l'endettement fédéral. Pourquoi donc s'inquiéteraient-ils de 1 000 milliards de dettes en plus ?

Malgré tout, cela fait maintenant un an que les marchés rongent l'os de cette réforme... il ne doit donc plus y rester beaucoup de chair.

Et c'est ce qui inquiétait Mathieu Lebrun dans Agora Trading :

A présent, une fois que le package fiscal US sera voté, la question des catalyseurs de hausse va de nouveau se poser (je rejoins mon collègue Philippe Béchade quand il dit : "qu'est-ce qui va tirer Wall Street quand la tax reform sera adoptée ?"

On garde en tête l'adage boursier : les marchés haussiers meurent dans l'euphorie. Ce que j'assimilerais volontiers à l'officialisation du package fiscal américain...

Et si l'adoption de la réforme fiscale signait la fin du Trump Trade ? Je n'exclurais pas cette possibilité...
[NDLR : Comment vous préparer à un retournement des marchés ? Comment vous en sortir mieux que les autres en cas de krach ? Simone Wapler vous explique ici sa stratégie...]

Cet article Adoption de la réforme fiscale américaine : la fin du Trump Trade ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/reforme-fiscale-americaine-trump-trade/feed/ 0
Et si les banques centrales ne pouvaient plus jamais revenir en arrière ? http://quotidienne-agora.fr/banques-centrales-fed-bce/ http://quotidienne-agora.fr/banques-centrales-fed-bce/#respond Wed, 29 Nov 2017 11:25:29 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70783 banques centrales

L'automne aura été riche en déclarations alarmistes de la part des plus hautes institutions financières internationales.

Après les mises en garde de la Banque des règlements internationaux (BRI) sur le "piège de la dette" et la hausse du nombre d'entreprises "zombies" (celles dont les bénéfices ne suffisent pas à couvrir le poids de la dette), c'est le FMI qui s'est alarmé de l'augmentation des risques consécutifs à la progression des dettes publiques et privées, redoutant un "scénario catastrophe" à partir de 2020.

Du côté de l'OCDE, on apprenait par la voix de son ancien économiste en chef ce qu'il s'y dit en off : "la situation pourrait être aussi dangereuse qu'elle l'était en 2007 et en 2008. On n'en sait rien. C'est la raison pour laquelle on prend d'énormes précautions autour de la normalisation", a déclaré William White à un média suisse.

William White

Les QE, plus jamais... ou pas !

Le 23 octobre, Janet Yellen mettait de l'eau dans son vin en déclarant que "la Fed pourrait un jour à nouveau avoir besoin de recourir à la politique monétaire non-conventionnelle", comme le rapporte le Wall Street Journal. Au vu de ce graphique de Natixis qui reconstitue ce qu'auraient été les taux d'intérêt à 10 ans si la Fed n'avait pas augmenté sa base monétaire depuis 2008, on comprend les précautions oratoires de la présidente du Conseil des gouverneurs de la Fed.

taux d'interêt

Mario Draghi a tenu des propos similaires lors de la conférence de presse du 26 octobre, comme je vous le rapportais récemment.

A quoi ont vraiment servi les QE et compagnie ?

De deux choses l'une : soit l'on considère que la Fed a cherché au travers de sa politique monétaire "non-conventionnelle" (qui dure tout de même depuis presque 10 ans) à combattre le chômage, auquel cas elle peut normaliser son bilan si elle considère que la situation est satisfaisante sur le plan de l'emploi ; soit les wagons de liquidités déversés sur les marchés avaient quelque peu à voir avec un léger problème d'endettement et de bulle sur certains marchés, auquel cas la marche arrière ne pourra pas être enclenchée. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Natixis, dans une autre note en date du 20 septembre :

naxitis

L'Institute of International Finance (IIF) faisait d'ailleurs le point sur la question dans une étude publiée le 25 octobre. Au total, le stock mondial de dettes de tous ordres se monte à 324% du PIB mondial, soit quelque 192 000 milliards d'euros. Est-il besoin de préciser que le record est battu ?

D'où partira donc la prochaine crise ?

Personne ne sait d'où partira la prochaine crise, ce qui n'empêche bien sûr aucunement de prendre les paris ! Mi-octobre, Goldman Sachs misait sur le marché de la dette bancaire européenne à haut risque. On se doute que la banque américaine a dû suivre les péripéties de la Banco Popular de très près... Dans le souci d'apporter un service toujours aussi complet à ses clients, Goldman Sachs a concocté de nouveaux produits financiers pour leur permettre de jouer la prochaine crise bancaire.

D'autres intervenants, comme le trader pour compte propre Jean-Christophe Ninet, parient sur un grand retour de l'inflation. Prenant acte de l'aveu de Janet Yellen, il écrit : "on parle souvent d'un krach obligataire imminent mais je suis de plus en plus persuadé que celui-ci ne naîtra pas d'une défiance des marchés vis à vis de la dette mondiale mais de la survenue d'une forte inflation provoquée par l'acharnement des banques centrales."

Comme nous, il voit l'or comme la meilleure protection face à un tel risque. Il estime même que "la hausse de l'or [laquelle, selon lui, 'fera suite au prochain krach boursier'] sera le prochain grand trade de la décennie".
[NDLR : furtivement, l'or a commencé une nouvelle hausse depuis maintenant un an. Découvrez ici comment démultiplier la nouvelle hausse de l'or en vous plaçant dès maintenant.]

A chacun son scénario privilégié, l'essentiel étant d'être paré pour faire face à tous les cas de figure. Mais évidemment, il faudra cette fois que les prêteurs renoncent à une partie de leurs droits.

"Quelle forme prendra la spoliation des prêteurs ?"

Je mets ce sous-titre entre guillemets car ces mots ne sont pas de moi mais de... Natixis ! Les équipes de Patrick Artus écrivaient dans une note que "les niveaux d'endettement (public et privé) dans les pays de l'OCDE sont si élevés que la spoliation des prêteurs qui permet de réduire les taux d'endettement est inévitable."

La conclusion était assez limpide : "la rupture de la croissance régulière et non inflationniste forcera à basculer [d'une 'spoliation lente des prêteurs'] vers une technologie de spoliation brutale des prêteurs : soit par l'inflation et les taux d'intérêt réels très négatifs ; soit par le défaut des emprunteurs". Si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire à ce sujet, j'en avais parlé ici, dans La Chronique Agora.

Maintenant que vous voilà aguiché, je reviendrai très bientôt sur le déroulement prévisible de cette spoliation.

Nicolas Perrin

Première parution dans la Chronique Agora le 27/11/2017

Cet article Et si les banques centrales ne pouvaient plus jamais revenir en arrière ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/banques-centrales-fed-bce/feed/ 0
2,5% de rendement sur les bons du Trésor : le pourcentage qui pourrait faire décrocher les marchés actions ? http://quotidienne-agora.fr/rendement-bons-du-tresor/ http://quotidienne-agora.fr/rendement-bons-du-tresor/#respond Wed, 22 Nov 2017 11:53:34 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70748 bons du Trésor

2,5%. Voilà le chiffre qui, selon les analystes de Société Générale, pourrait faire basculer les marchés.

2,5%, mais de quoi ? D'inflation ? De croissance ? De défauts d'entreprises ?

Rien de tout cela, mais 2,5% de rendement pour les obligations souveraines américaines (dites aussi bons du Trésor ou T-Bonds) à 10 ans.

Ces obligations, et leur rendement, servent de point de référence pour les marchés obligataires.

Pour rappel, le rendement d'une obligation évolue en sens inverse de son cours. Quand le cours d'une obligation monte, son rendement baisse. Et inversement.

Le rendement nous en apprend donc long : plus le rendement baisse, plus une obligation est recherchée (et son cours monte). Plus le rendement augmente, moins elle est recherchée (et donc son cours s'effondre). C'est ainsi que le rendement des obligations allemandes à 10 ans, très recherchées, a pu au cours des derniers mois frôler le 0. Et c'est ainsi que le cours des obligations grecques a flambé à plus de 36% en pleine crise de la zone euro (février 2012).

Je vous le disais, dans le monde feutré des marchés obligataires, LA référence, ce sont les bons du Trésor à 10 ans, les Etats-Unis étant considérés comme les emprunteurs les plus sûrs du monde.

Le rendement actuel des T-Bonds tourne autour de 2,3%-2,4%, bien au-dessus du plus-bas annuel de 2% atteint en août dernier mais en-dessous des 2,6% atteints en mars.

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur un an

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur un an - Source : Bloomberg

De manière plus générale, le rendement des T-Bonds avait eu tendance à baisser depuis 2014, signe d'un engouement des investisseurs pour la dette américaine. Ce rendement est ainsi passé de 3% début 2014 à 1,35% en août 2017. Une telle baisse peut paraître minuscule mais pour des marchés obligataires, c'est énorme.

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur 5 ans

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur 5 ans - Source : Bloomberg

Comme vous l'avez forcément constaté grâce au graphique, à l'automne 2017, le rendement des T-Bonds s'est envolé, passant donc de 1,35% en août à 2,6% mi-décembre. La remontée a été brutale et vous pouvez y voir la marque (profonde) de l'effet Trump.

L'élection du candidat républicain et ses promesses de campagne ont été en effet jugée inflationnistes par les marchés. Rappelez-vous le contenu du fil Twitter du nouveau président il y a un an : il n'y était question que de politiques de grands travaux et d'investissements massifs, de réduction fiscale et de relance économique. Trump promettait d'être le plus grand créateur d'emplois que la Terre n'ait jamais connu.

La politique promise par Trump avait tout pour être à la fois déficitaire et inflationniste. Déficitaire car les grands investissements associés à la réforme fiscale allaient creuser le déficit de l'Etat fédéral, et donc son endettement. Et inflationniste car les créations d'emplois et la relance économique ont justement tendance – du moins en théorie – à faire flamber les prix.

Déficit et inflation sont deux éléments que les marchés obligataires n'apprécient que peu. D'où l'augmentation du rendement des bons du Trésor.

Depuis l'élection de Donald Trump, ceux-ci ont donc évolué entre 2% et 2,6%.

Or, selon les analystes de Société Générale, cette tendance à la hausse n'est pas bon signe pour les marchés actions. D'après leurs calculs, au-delà des 2,5% le rendement des bons du Trésor commence à travailler contre les marchés actions.

C'est ce qu'illustre le graphique ci-dessous :

marchés actions

Des rendements à 2,5% sur les T-Bonds à 10 ans signifierait un décrochage de 7% des marchés actions. A 25,75%, Société Générale anticipe une chute de 15% des marchés actions. Par contre, des rendements plus bas soutiennent les actions.

Le lien ? Celui des vases communicants. Les investisseurs, en quête perpétuelle de rendement, privilégient les classes d'actifs qui leur rapportent le plus. Au-dessous de 2,5% de rendement sur les T-Bonds, ils préféreraient les rendements offerts par les marchés actions. Au-dessus, ils se jetteraient comme un seul homme sur les obligations.

Et nous approchons des 2,5%...

Des marchés et une grenouille

Plus intéressant encore, le discours des analystes de Société Générale, qui était jusque-là très optimiste, a atteint un point d'inflexion.

La note publiée en début de semaine compare les marchés actions à la grenouille plongée dans l'eau. Si on la plonge directement dans l'eau bouillante, elle s'échappe d'un bond. Par contre si, laissant libre court à vos tendances sadiques, vous la plongez dans une eau froide dont vous augmentez progressivement la température, elle s'habituera, trouvera même cela confortable... et finira ébouillantée.

Pour Alain Bokobza, l'analyste de Société Générale, les marchés sont dans la même situation :

La dynamique actuelle place les marchés boursiers américains face à un risque similaire à celui de la grenouille. Dans un scénario de taux d'intérêt bas, de liquidité abondante, de croissance stable et de focus sur le "bon" Trump, les investisseurs continuent de pousser les prix des actifs, la volatilité et l'endettement à des extrêmes historiques. Toutefois un contexte de faible volatilité de "carry trade" avec des leviers extrêmes est une combinaison dangereuse, que nous avons récemment comparée à une danse sur le bord d'un volcan.

Today's current dynamics put the US equity market at a similar risk as the frog. In a goldilocks scenario of low interest rates, abundant liquidity, stable growth and a focus on the "good" Trump, investors continue to push asset prices, volatility and leverage to historical extremes. Yet, a low volatility carry environment with rather extreme positioning is a dangerous combination, which we recently likened to dancing on the rim of a volcano.

Si la Société Générale écarte le risque de crash dans les 12 à 18 mois – elle est bien optimiste sur ce point ! –, elle ne peut que souligner le décalage entre le risque/rendement sur le S&P 500. En clair, le S&P 500 est clairement survalorisé, et le potentiel gain à en attendre est de plus en plus faible par rapport au risque encouru.

Vous voici prévenu !
[NDLR : Comment résister à un krach mieux que les autres ? C'est à cette grande question que répond Simone Wapler dans le dernier numéro de la Stratégie. Il est encore temps de vous abonner pour recevoir ses conseils et recommandations pour vous préparer à un décrochage violent des marchés. Pour en savoir plus...]

Cet article 2,5% de rendement sur les bons du Trésor : le pourcentage qui pourrait faire décrocher les marchés actions ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/rendement-bons-du-tresor/feed/ 0
Quelles conséquences aura pour vous la crise politique allemande ? http://quotidienne-agora.fr/consequences-crise-politique-allemande/ http://quotidienne-agora.fr/consequences-crise-politique-allemande/#comments Tue, 21 Nov 2017 13:10:02 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70728 crise politique allemande

La crise politique allemande a l'air d’être partie pour durer. Après l'échec d'Angela Merkel (CDU-CSU) à former une alliance avec les Verts et le FDP (libéraux), le pays se retrouve sans gouvernement.

Ce blocage est la conséquence directe de la victoire en demi-teinte de Merkel lors des élections législatives de septembre dernier. Son parti, le CDU-CSU, bien qu'en tête des élections, avait enregistré son plus mauvais score depuis la Seconde Guerre mondiale. Et la montée du parti populiste, et anti-européen, l'AfD, n'avait échappé à personne.

Pour constituer une alliance majoritaire au Parlement, Merkel s'était donc tournée vers les libéraux et les Verts mais les discussions entre les trois partis ont achoppé sur des questions comme celle de l'immigration ou de la transition énergétique.

Les blocages sont tels qu'il semble aujourd'hui impossible que le FDP revienne sur sa décision de ne pas participer à ce gouvernement.

Pas d'alliance, pas de gouvernement... et voilà l'Allemagne plongée dans une crise politique particulièrement étonnante dans un pays qui a eu tendance à privilégier la stabilité politique.

Quelles sont les solutions possibles ?

Elles sont au nombre de trois.

1. Le CDU-CSU décide de former un gouvernement minoritaire, avec les Verts. Angela Merkel, interrogée hier à ce sujet, semblait peu enthousiaste à cette perspective.

2. Merkel cherche de nouveaux alliés. L'alliance avec l'AfD ou l'extrême-gauche (die Linke) n'étant évidemment pas envisageable, la Chancelière pourrait se tourner vers ses meilleurs ennemis du SPD, les sociaux-démocrates. Merkel a déjà gouverné avec eux par deux fois, entre 2005 et 2009 puis de 2013 à cette année. Seulement voilà, les relations entre les deux partis ont tourné au vinaigre, et pour l'instant le SPD semble écarter toute nouvelle alliance.

3. L'organisation de nouvelles élections législatives. C'est une solution qui n'en est pas vraiment une. Et qui prendra un certain temps pour être mise en place. D'ailleurs le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui s'est exprimé hier – une intervention particulièrement rare pour un président allemand – a plutôt appelé les partis en présence à assumer leurs responsabilités et à reprendre les négociations pour assurer à l'Allemagne un gouvernement stable. Si de nouvelles élections ne semblent pas sourire à Merkel ou à Steinmeier, c'est que les résultats des urnes pourraient être très proches de ceux de septembre, n'assurant la majorité à aucun parti. En outre, tous craignent que la seule surprise vienne d'une nouvelle progression de l'AfD.

J'ajouterai un quatrième scénario... celui de la patience. Angela Merkel pourrait décider de continuer à assumer un rôle de Chancelière pour les affaires courantes en attendant un déblocage de la situation. Dans tous les cas, elle a exclu une retraite de la vie politique. Lors d'interviews accordées hier, Merkel a annoncé briguer un nouveau mandat en cas de nouvelles élections législatives.

Quelles sont les conséquences de cette crise politique ?

A court terme, l'Allemagne ne va pas tomber dans le chaos. Certes, la situation est inédite dans l'histoire allemande récente, mais d'autres pays européens – les Pays-Bas, l'Italie et, bien sûr, la Belgique – l'ont déjà expérimentée, sans sombrer dans la débâcle totale. En outre, l'économie allemande se porte officiellement bien : la croissance est en hausse, le chômage en baisse, de même que la dette publique...

Pourquoi "officiellement" ? Parce que d'autres chiffres – ceux du taux de pauvreté, du nombre de travailleurs et de retraités "pauvres" – illustrent le coût de la bonne santé économique allemande.

Allemagne

Plus globalement, l'échec de Merkel est un coup rude pour l'Union européenne. C'est ce que remarque toute la presse depuis le début de la semaine. L'Allemagne s'est imposée au cours des dernières années – et ce rôle s'est encore accentué depuis la crise de l'euro – comme le principal moteur aussi bien de l'UE que de la zone euro. Certains ont pu dénoncer une Europe à l'heure allemande. Il est vrai qu'aussi bien qu'économiquement que politiquement, l'Allemagne a pris un rôle grandissant.

C'est aussi sur le soutien de l'Allemagne que comptait Emmanuel Macron pour proposer une accélération des réformes dans la zone euro. Comme le rappelle le Financial Times, la crise allemande va particulièrement peser sur la réunion de l'eurozone prévue pour décembre :

Une préoccupation immédiate est le sort du sommet des dirigeants de l'UE en décembre, censé galvaniser les efforts de renforcement de l'économie de la zone euro, faire avancer les discussions sur la gestion des réfugiés et, potentiellement, relancer les discussions sur les relations entre la Grande-Bretagne et l'UE après le Brexit.

A plus long terme, la crise allemande pourrait avoir des répercussions sur le résultat des élections législatives italiennes, prévues pour le printemps 2018. Certains espéraient qu'une relance du projet européen et de la zone euro permette de contrebalancer la montée du sentiment anti-européen en Italie, et limite le pouvoir grandissant du parti Cinque Stelle.

Il est vrai que l'échec de Merkel et la montée de l'AfD illustrent une fois de plus l'érosion de l'adhésion au projet européen en Europe, aussi bien dans les pays du Sud plongés dans la crise économique que dans des pays – l'Allemagne, la France... – qui en sont considérés comme moteurs.

Fin 2016, je vous disais que 2017 serait une année de désintégration politique, et cela se confirme au fil des élections.
[NDLR : Risques de décrochage dans la zone euro ? Simone Wapler vous explique comment prendre vos précautions, et protéger votre épargne et vos investissements. Une stratégie à découvrir ici...]

Quelles conséquences sur les marchés ?

Les répercussions immédiates ont été un décrochage de l'euro mais aussi un léger recul des marchés européens.

A moyen terme, l'euro pourrait être le plus touché par la crise politique allemande. En effet, l'Allemagne incarne la principale opposition à la politique accommodante de Mario Draghi. Le pays, par la voix de la Bundesbank ou de ses ministres de l'économie, a plusieurs fois critiqué la politique d'euro faible menée par le président de la BCE, et appelé de ses voeux un resserrement monétaire.

Les difficultés internes pourraient inciter les responsables allemands à être plus conciliants, ou moins concernés, par la politique menée par Draghi. Et celui-ci a manifestement décidé de maintenir l'euro faible, et de poursuivre le plus longtemps possible sa politique de rachats d'actifs (quantitative easing européen). A-t-il les mains un peu plus libres maintenant que les Allemands ont à gérer une crise interne ? C'est fort possible !

Cette faiblesse de l'euro pourrait d'ailleurs profiter aux marchés actions, et tout particulièrement allemands. Comme vous le savez, un euro faible favorise les entreprises exportatrices, dont l'Allemagne s'est fait une spécialité.

Cet article Quelles conséquences aura pour vous la crise politique allemande ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/consequences-crise-politique-allemande/feed/ 1
Revenu universel : où est ma semaine de travail de 15 heures ? http://quotidienne-agora.fr/revenu-universel-robot-watson/ http://quotidienne-agora.fr/revenu-universel-robot-watson/#respond Mon, 30 Oct 2017 10:46:23 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70573 revenu universel IA

D'ici 2030, nous travaillerons tous 15 heures par semaine.

C'est la souvent citée conclusion de l'essai que John Maynard Keynes a publié en 1930 : Perspectives économiques pour nos petits-enfants.

Seulement, pour le moment, la semaine de 15 heures semble loin, très loin. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les heures de travail ont en fait augmenté depuis 1970.

Nombre d'heures de travail hebdomadaire

Nombre d'heures de travail hebdomadaire - Source: ourworldindata.org/working-hours

En France, en Espagne et en Italie, le temps de travail est en baisse. Mais il reste en moyenne supérieur à 35 heures par semaine.

Avec tous les progrès de productivité depuis les années 70, nous devrions travailler moins, pas plus.

Eh bien, peut-être est-ce le cas. C'est ce que je vous propose de voir aujourd'hui.

La semaine de travail de 15 heures de Keynes, c'est ici, maintenant

Selon Tim Worstall, chroniqueur chez Forbes, la semaine de travail de 15 heures est déjà là.

Il soutient que bien que les heures de travail n'aient pas beaucoup diminué, le travail domestique, lui, s'est grandement réduit : "Keynes avait raison en général, nous travaillons tous moins d'heures que nos grands-parents. Là où il avait tort, c'est sur les détails. Nous avons mécanisé le ménage et c'est ce qui nous a donné les loisirs supplémentaires".

Worstall souligne que plus nous possédons d'appareils électroménagers, plus les heures de travail "domestique" tendent à se réduire. Le temps consacré aux tâches ménagères est passé de 60 heures en 1900 à un peu plus de 15 en 2015.

Le premier graphique indique la progression de la possession d'appareils électroménagers aux Etats-Unis. Le second, l'évolution du nombre d'heures consacrées aux tâches domestiques pour un foyer de 2 personnes

Le premier graphique indique la progression de la possession d'appareils électroménagers aux Etats-Unis. Le second, l'évolution du nombre d'heures consacrées aux tâches domestiques pour un foyer de 2 personnes - Source : ourworldindata.org/working-hours

Mais cette explication semble un peu facile... et incomplète. Keynes parlait d'une "solution à nos problèmes économiques", pas des tâches ménagères.

Voici ce qu'il disait dans son essai : "ma conclusion est la suivante : en admettant qu'il n'y ait pas d'ici là de grande guerre ou un accroissement considérable de la population, le problème économique peut être résolu, ou du moins en bonne voie de solution d'ici 100 ans".

Keynes fondait ce postulat sur l'hypothèse que nous serions environ huit fois mieux payé aujourd'hui que nous l'étions en 1930, ce que nous sommes.

Alors, que s'est-il passé ?

Le prix des logements a augmenté deux fois plus vite que les salaires

Dans le numéro de septembre de Cycles, Trends and Forecasts, Akhil Patel nous a donné une réponse révélatrice à cette question. Il a conclu que même si les salaires ont augmenté, tout cet argent supplémentaire est allé dans le logement.

La croissance économique de ces dernières décennies a alimenté la croissance du prix du foncier – qui dépasse de loin celle des salaires.

Cela signifie que tout l'excédent produit a "disparu" dans la valeur locative des terrains et dans les prix de l'immobilier. Pensez à la part de votre salaire qui part dans votre loyer ou le remboursement de votre emprunt immobilier. Et la part de salaire disponible après remboursement ou loyer est de plus en plus réduire.

C'est ce qu'illustre le graphique ci-dessous : la ligne bleue représente les salaires moyens depuis 1955 – qui ont augmenté, en termes nominaux, d'environ 70 fois. En vert, le prix moyen des maisons en Grande-Bretagne, qui a augmenté presque deux fois plus.

immobilier

Source : Banque d'Angleterre, Fed de Saint-Louis

Et cette tendance n'est pas prête de s'inverser.

Cela explique en partie pourquoi nous ne travaillons pas moins.

La question qui se pose maintenant est la suivante : que va-t-il se passer alors que la robotisation détruit un nombre croissant d'emplois ?

Nous ne pourrons pas tous travailler à temps plein s'il n'y a tout simplement pas assez d'emplois à pourvoir.

Watson veut votre travail

Chaque jour, nous entendons de plus en plus de prédictions sur ces robots "voleurs d'emplois". Les estimations actuelles indiquent qu'environ la moitié de nos emplois sera automatisée d'ici 2033. Au fur et à mesure que l'intelligence artificielle (IA) progressera, elle ne prendra pas seulement en charge les tâches routinières, mais aussi les tâches complexes.

Le tableau ci-dessous montre les conséquences que la technologie a déjà eues sur les tâches de routine au cours des dernières années.

IA et travail

Source : Fed de Saint-Louis

Et une fois que l'IA aura commencé à prendre en charge les tâches plus inhabituelles et complexes, nous aurons tous un (gros) problème.

Et quand je dis "aura commencé", j'aurais mieux fait d'écrire au présent. Car, pour tout dire, c'est déjà le cas.

Cette année, l'assureur japonais Fukoku Mutual Life Insurance a licencié 34 salariés et les a remplacés par l'intelligence artificielle d'IBM, Watson. Selon la compagnie, ce remplacement lui permettrait d'économiser 140 millions de yens (l'équivalent d'un peu plus d'un million d'euros) par an, passé le coût d'achat de 200 millions de yens (1,5 million d'euros).

En Chine, 40 hôpitaux utilisent une version médicale de Watson. Ces médecins l'utilisent pour évaluer les traitements contre le cancer, lire des images médicales et envoyer des alertes de santé.

Les emplois que l'IA remplace ne reviendront pas de sitôt.

La semaine de 15 heures à portée de main !

Avec la moitié de nos emplois pris par des robots, il y a de grandes chances que notre temps moyen de travail tombe rapidement à 15 heures hebdomadaires.

Et c'est pourquoi l'idée d'un revenu de base universel gagne en popularité dans le monde entier.

Vous êtes probablement déjà familier avec le concept de revenu universel qui a fait la une des médias, en France, lors de la dernière campagne présidentielle. Voici donc rapidement de quoi il s'agit : le revenu universel donne à tous les citoyens d'un pays une somme d'argent donnée. Ils reçoivent cet argent peu importe leur revenu, leurs ressources ou leur statut d'emploi.

Certaines personnes y voient un moyen de simplifier le système de prestations sociales. L'idée est d'assurer à tous un revenu suffisant pour se situer au-dessus du seuil de pauvreté.

Pour ses défenseurs, le revenu universel aurait le même coût que l'actuel système d'aide au Royaume-Uni ou en France, mais serait plus efficace aussi bien pour les employés que pour les chômeurs.

Selon le Forum économique mondial, avec le revenu universel, tous les revenus du travail rémunéré (après impôts) sont des revenus supplémentaires. Donc, chacun est toujours mieux loti en termes de revenu total, qu'il travaille à temps complet ou partiel.

Ainsi, le revenu de base ne réduit pas l'intérêt qu'un individu peut avoir à travailler, au contraire.

Plusieurs essais de revenu universel sont actuellement en cours, par exemple en Finlande, au Kenya, en Ontario, aux Pays-Bas ou en Ouganda. Et la Silicon Valley s'y intéresse aussi, avec Y Combinator qui mène une étude pilote à Oakland, en Californie.

Les résultats déjà obtenus sont largement positifs : en Namibie, le revenu de base universel a fait chuter les taux de criminalité de 42% ; et au Manitoba au Canada, les hospitalisations ont diminué de 8,5%.

Il faudra encore de nombreuses études avant de parvenir à des conclusions plus définitives mais le mouvement en faveur d'un revenu de base universel est en pleine extension.

Et alors que la robotisation et l'intelligence artificielle ne cessent de progresser, le débat autour du revenu universel va gagner en crédibilité.

Si tout se passe bien, nous ne travaillerons bientôt plus que 15 heures par semaine.

Et nous pourrons répondre à cette question posée par Keynes : "le problème économique résolu, l'humanité sera dépourvue de son but traditionnel. Sera-ce un avantage ?"

Je vous laisse y réfléchir...
[NDLR : Le prochain numéro de NewTech Insider est d'ailleurs entièrement consacré à l'intelligence artificielle. Ray Blanco vous y recommandera un des leaders du secteur. Les robots vous voleront peut-être bientôt nos emplois mais, en attendant, ils nous permettent de faire le plein de plus-values ! Si vous n'êtes pas encore abonné, il est encore temps de le faire pour recevoir la prochaine recommandation de Ray.]

Harry Hamburg

 

Cet article Revenu universel : où est ma semaine de travail de 15 heures ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/revenu-universel-robot-watson/feed/ 0
Une chute à prévoir sur Amazon ? http://quotidienne-agora.fr/chute-amazon/ http://quotidienne-agora.fr/chute-amazon/#respond Tue, 24 Oct 2017 12:06:56 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70549 Amazon, Bezos

En cette période de politique populiste et de perturbations sur le marché du travail, les régulateurs gouvernementaux vont cibler Amazon.com l'accusant d'être trop puissante. C'est une cible facile.

Autre catalyseur à risque sur Amazon : les dépenses de consommation ont ralenti depuis que la Fed a commencé à resserrer sa politique monétaire il y a quelques années. Un ralentissement des dépenses mettrait sérieusement à mal le scenario rose qui a poussé les actions d'Amazon au-dessus de 1 000 $.

Le dernier rapport sur les résultats du deuxième trimestre a été décevant et a fait chuter le cours d'Amazon de 1 050 $ à 950 $. Depuis, le cours a récupéré et s'affiche désormais à plus de 1 000 $.

Deux risques de court terme pour Amazon

Nous identifions deux facteurs qui laissent à penser qu'une déception sur les résultats pourrait arriver le soir du 26 octobre, date de la prochaine publication :

1. Maintenant que l'acquisition de Whole Foods est terminée, les marges bénéficiaires brutes d'Amazon risquent de diminuer.

La presse rapporte qu'Amazon exerce un contrôle managérial sur Whole Foods et a une stratégie de réduction des prix de vente de nombreux produits. Cette baisse des marges de Whole Foods va rendre A posteriori l'acquisition de la chaîne de magasins bio plus chère pour Amazon.

Les actionnaires ne vont pas apprécier l'érosion de la marge brute qui résulte des "investissements stratégiques" qu'Amazon effectue dans sa nouvelle filiale.

Ils sont susceptibles de vendre Amazon si un communiqué de presse ou une conférence téléphonique des dirigeants révèle que l'intégration de Whole Foods est confrontée à un contretemps – ou que la concurrence dans le secteur de l'alimentation biologique s'avère plus intense que prévue.

2. Un sondage mené début d'octobre auprès de 1 000 personnes par l'institut Baird indique que la croissance du nombre d'abonnés au service Prime pourrait être légèrement décevante.

Si c'est le cas, le scénario habituel de croissance présentée par la direction le 26 octobre pourrait être difficile à accréditer, ce qui entraînerait une vague de vente similaire à celle de juillet.

Au-delà des doutes qui planent sur les résultats du troisième trimestre qui seront publiés jeudi prochain, l'action nous apparaît vulnérable à une forte baisse si une contraction de la consommation américaine devait survenir....

Les limites de la stratégie de Jeff Bezos ?

L'évolution des publications financières d'Amazon au cours de la dernière décennie montre une tendance claire : le PDG et fondateur Jeff Bezos n'a pas pour but de poursuivre une politique d'augmentation des bénéfices – du moins pour l'instant. Amazon cherche plutôt à accroître sa part de marché, à réaliser des économies d'échelle et à répercuter la baisse des prix sur ses clients.

La stratégie d'Amazon exige des dépenses constantes pour de nouvelles capacités – or ces dépenses se font à un rythme qui dépasse les flux réguliers de trésorerie. Des niveaux soutenables de cash-flow excluent la croissance des comptes fournisseurs d'Amazon (plus d'informations à ce sujet dans un instant).

Au cours actuel du titre, les actionnaires d'Amazon misent sur un scénario futur extrêmement rentable, essentiellement exempt de toute concurrence sérieuse, et n'impliquant aucune surcapacité ou forte pression sur les prix dans le secteur de plus en plus concurrentiel du "cloud computing".

Amazon utilise des contrats de location-acquisition et de location-exploitation pour financer la construction de ses centres de distribution et d'infrastructures informatiques, de sorte que ses coûts fixes augmentent régulièrement à chaque signature de nouveau contrat de location.

En plus de ces baux de location, la croissance d'Amazon a été en grande partie financée par ses fournisseurs. Amazon utilise un modèle de "besoin en fonds de roulement négatif" dans lequel ses comptes fournisseurs croissent plus rapidement que ses stocks.

Ce modèle de BFR négatif fonctionne bien dans un cycle économique vigoureux... mais faiblit drastiquement dans un contexte de récession. Par exemple, ce modèle a brillamment fonctionné lors de l'ascension fulgurante de Dell Computer (et de son action) dans les années 1990.

Les fournisseurs de composants PC de Dell ont essentiellement financé ses stocks, ce qui a permis à Dell de libérer des liquidités pour accroître sa capacité de production. Mais une fois la récession de 2001 arrivée, les ventes de Dell ont ralenti et ses comptes fournisseurs n'ont plus connu de croissance.

Dell a dû rembourser ces fournisseurs dans un environnement commercial morose, ce qui a entraîné une perte de trésorerie. Au cours de cette période, l'action Dell a effacé ses gains de la fin des années 1990.

La stratégie financière d'Amazon deviendrait difficilement soutenable si ses ventes diminuaient de 10% à 15% en période de récession. Les flux de trésorerie diminueraient fortement, ce qui inciterait la société à s'appuyer davantage sur le marché obligataire pour financer sa croissance future.

Tous ces facteurs, ajoutés à l'examen minutieux de la concurrence, me font anticiper une baisse du cours d'Amazon dans les jours à venir.

Les haussiers sur l'action Amazon utilisent de plus en plus d'hypothèses créatives (et spéculatives) sur l'avenir de la société pour justifier le cours actuel de l'action. Il va sans dire que la perspective d'un contrôle antitrust porterait gravement atteinte aux hypothèses les plus optimistes sur la future position dominante d'Amazon.

Les actionnaires seraient déçus et vendraient rapidement leurs actions s'ils craignent que le gouvernement ne prenne des mesures antitrust qui perturberaient le modèle d'exploitation de l'entreprise à un moment (qui finira par arriver) où Amazon décide finalement de se focaliser sur ses bénéfices.

Mais nous serons bientôt fixés quant à un de ces catalyseurs : Amazon publiera ses résultats du troisième trimestre le jeudi 26 octobre après bourse.
[NDLR : Une correction sur Amazon ? C'est le pari que vous propose de jouer Gaël Deballe dans Trades Confidentiels, avant le 26 octobre. A retrouver ici...]

Cet article Une chute à prévoir sur Amazon ? est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/chute-amazon/feed/ 0
Avec le yuan, découvrez le remplaçant du dollar http://quotidienne-agora.fr/yuan-remplace-dollar-or-petrole/ http://quotidienne-agora.fr/yuan-remplace-dollar-or-petrole/#comments Fri, 20 Oct 2017 09:48:31 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70526 yuan bitcoin

Nous avons vu hier que la valeur du dollar est maintenue en lévitation depuis quatre décennies grâce à son statut de monopole pour régler les achats de pétrole.

La possibilité de négocier du pétrole en yuan mettrait, de fait, un terme à ce privilège.

Tout juste un an après l'intégration du yuan dans le panier de devises du DTS du Fonds Monétaire International, la Chine a annoncé le lancement d'ici la fin de l'année de contrats à terme sur le pétrole sur le Shanghai Futures Exchange.

Ce que l'on sait sur ces contrats

Les informations dont nous disposons au sujet de ces contrats sont quelque peu contradictoires.

De nombreux articles de la presse économique occidentale indiquent qu'il s'agit de futures (contrats à terme) libellés en yuan et convertibles en or.

Prudence toutefois : aucun communiqué officiel ne fait état de cette convertibilité directe. Il ne s'agit donc pas pour la Chine de faire revenir l'étalon-or dans les achats de pétrole, mais bien de substituer le yuan au dollar américain.

Le premier objectif de la Chine est de convaincre l'Arabie saoudite d'exporter une fraction de sa production en yuans.

Si elle y parvient, cette victoire hautement symbolique marquera la fin de l'hégémonie du dollar sur ce marché. Les autres pays producteurs seront contraints de suivre le mouvement pour limiter leur risque de change.

N'oublions pas que l'accord conclu par Kissinger n'a été possible que parce que les Etats-Unis étaient le plus gros importateur de pétrole dans les années 1970. Ce rôle leur a désormais été ravi par – ô surprise – la Chine.

En matière de devises également, le client est roi. Si la Chine arrive à jouer la même partition diplomatique que les Etats-Unis il y a 40 ans, le pétrodollar devrait devenir sous peu le pétroyuan.

Quelles conséquences pour le reste du monde ?

Reste une question cruciale : qui, en 2017, pourrait bien avoir l'envie et la possibilité de régler son pétrole en yuan à part la Chine ?

Cette monnaie n'est utilisée que dans l'Empire du Milieu. La vente de biens manufacturés, poumon de l'économie chinoise et source première de devises, est toujours effectuées en quasi-totalité en dollars.

En l'état, ces futures ont bien peu de chances de connaître des volumes d'échange importants. Il manque pour cela une vaste quantité de yuans en circulation dans toutes les économies importatrices nettes de pétrole.

Même si un raffineur français souhaitait acheter du pétrole en yuan l'année prochaine, il ne le pourrait pas par manque de devises. Aucune entreprise occidentale ne possède de réserve de yuans.

Ce qui est intéressant dans la mise en place de ces contrats n'est pas l'effet à court terme mais l'intention clairement affichée par la Chine : subtiliser aux Etats-Unis leur privilège exorbitant.

Ces futures ne sont d'ailleurs qu'une des pièces du vaste jeu d'échecs monétaire visant à détrôner la suprématie américaine.

L'autre combat ne se mène pas à coup de barils de pétrole et de contrats à terme mais, de façon plus feutrée, dans les arcanes d'Internet autour des cryptomonnaies.

Le yuan s'invite dans votre portefeuille de cryptomonnaies

La Banque de Chine travaille sur un "digital RMB" basé sur la blockchain. Les premiers recrutements de spécialistes ont débuté en 2014 alors que le Bitcoin sortait de sa première bulle qui allait le faire passer en quelques mois de 1 000 $ à 200 $.

La Chine a annoncé cet été avoir achevé les développements et commencé la diffusion de cette cryptomonnaie qui pourrait devenir une manière internationale d'acquérir des yuans.

Aujourd'hui, la grande faiblesse du Bitcoin est qu'il ne s'agit pas d'une monnaie ayant cours légal. Si, demain, il existe une cryptomonnaie adossée au yuan qui permet d'acheter entre autres bien tangibles du pétrole, la question de sa légitimité ne se posera pas.

Le digital RMB, s'il s'avère utilisable comme le yuan, sera une monnaie bien plus solide que l'euro.

Sa facilité de diffusion par rapport à des palettes de billets de banque pourrait conduire à une adoption rapide sur toute la planète.

La conséquence sur les Etats-Unis serait dramatique : ils ne pourraient plus imprimer de dollars sans en payer le prix par une forte inflation.

La politique de la Fed cesserait d'être un spectacle médiatique et deviendrait garante de la survie de cette devise.

Que peut faire l'Amérique ?

Les Etats-Unis ne resteront bien sûr pas les bras ballants face à un tel rééquilibrage des forces économiques.

Il n'est pas impossible que la diplomatie et la stratégie reprennent du service pour tenter d'inverser la tendance. Les options sont nombreuses : politiques (faire jouer les alliances), économiques (comme l'avait fait Kissinger) et militaires (en mettant à profit une armée surdimensionnée).

Le narcissisme du président Trump et de son administration laisse pourtant plutôt penser que la Maison Blanche aura les plus grandes difficultés à accompagner de manière pragmatique ce changement de paradigme.

Les habitudes actuelles, où la réponse à tous les problèmes (y compris internationaux) se fait en répétant comme un leitmotiv "America", n'auront que peu d'effet pour essayer de détricoter des accords signés de bonne grâce entre la Chine et l'Arabie saoudite.

Le réveil risque d'être rude lorsque les échanges internationaux se feront sans les Etats-Unis et leur monnaie. Si ce scénario vous semble improbable (il est vrai qu'il est annoncé depuis les années 1970), n'oubliez pas que la livre sterling était la monnaie internationale de référence avant la Seconde Guerre mondiale. Son rôle international est, aujourd'hui, anecdotique.

billet de banque du Zimbabwe

Un billet de banque du Zimbabwe : la conséquence d'une impression monétaire lorsqu'une monnaie n'est pas garantie par des actifs. A quand les billets de 1 000 000 000 $ ?

Quelles conséquences pour les investisseurs européens ?

Si le dollar venait à perdre brutalement de sa superbe, les valeurs américaines exprimées en euro subiraient un krach. L'économie américaine dans son ensemble serait malmenée par une inflation galopante.

Ce n'est toutefois un problème que pour les investisseurs exposés aux valeurs US qui sont, en tout état de cause, déjà surévaluées.

Un déplacement de l'équilibre économique mondial ne devrait pas trop perturber la France et l'Europe. Nos industries devront peut-être acheter des yuans pour régler leurs importations comme elles achètent aujourd'hui des dollars ; le changement restera anecdotique.

Les aficionados de l'or se souviendront qu'il est déjà possible de l'échanger contre des yuans à Shanghai – à cours flottant bien entendu. Avec l'arrivée des nouveaux contrats sur le pétrole exprimés en yuan, la boucle sera bouclée. Il deviendra possible d'échanger de l'or contre du pétrole sans passer par la case dollar.

Les amoureux des cryptomonnaies verront quant à eux l'arrivée du digital RMB avec plus de circonspection.

Une cryptomonnaie conçue par un Etat est créée pour servir les besoins de l'Etat, pas pour satisfaire les ambitions libertaires des citoyens.

Aujourd'hui, le principal intérêt du Bitcoin est l'anonymat des transactions. Il est impossible de connaître avec certitude le patrimoine en bitcoin d'un citoyen et de taxer efficacement ses revenus s'ils sont perçus dans cette monnaie. L'anonymat du Bitcoin en fait un outil de fraude fiscale parfait.
[NDLR : Prêt à profiter de la spectaculaire envolée des cryptomonnaies ? Notre spécialiste des cryptos a sélectionné les meilleures d'entre elles, pour des gains explosifs. Pour en savoir plus...]

Un Etat qui crée sa cryptomonnaie s'en servira à des fins de traçabilité, voire de taxation automatique. Il est techniquement trivial d'intégrer une identification unique qui relie un portefeuille de devise à un citoyen.

L'étape suivante, tout aussi aisée pour des informaticiens, serait d'ajouter aux transactions une flat tax qui tomberait directement dans l'escarcelle de l'Etat émetteur. La taxation immédiate de tous les dépôts sera également à portée de clic du gouvernement.

Si vous voulez rester maître de votre épargne et du secret de vos transactions, cette solution ne vous ravira donc pas.

Si, en revanche, vous voulez conclure ponctuellement des transferts internationaux sans passer par le lent, coûteux, et pas si fiable système interbancaire SWIFT, cette cryptomonnaie étatique pourrait être une bonne idée.

Si vous voulez protéger votre patrimoine en répartissant vos économies dans différentes devises, le yuan numérique pourra également avoir vos faveurs. Vous pourrez distribuer votre épargne monétaire entre les banques françaises (soumise à la taxation arbitraire dans le cadre des lois européennes actuelles) et un système décentralisé soumis au bon vouloir du gouvernement chinois. Un peu de diversification du risque ne fait jamais de mal à l'investisseur prudent.

Nous vous tiendrons bien évidemment informés de l'arrivée de cette nouvelle cryptomonnaie, et vous conseillerons sur la conduite à tenir. D'ici là, si vous possédez de nombreux actifs libellés en dollars, il est temps de songer à les convertir dans d'autres devises.

Cet article Avec le yuan, découvrez le remplaçant du dollar est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/yuan-remplace-dollar-or-petrole/feed/ 1
La naissance d’un monde sans dollar http://quotidienne-agora.fr/petrodollar-dollar-chine/ http://quotidienne-agora.fr/petrodollar-dollar-chine/#comments Thu, 19 Oct 2017 09:30:38 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70521 dollar

En 1960, Robert Triffin a exposé dans Gold and the Dollar Crisis: The Future of Convertibility un paradoxe intéressant. Il a constaté, à une époque où la convertibilité du dollar en or était de plus en plus délicate à maintenir, que l'utilisation internationale d'une devise pour les règlements commerciaux imposait à son pays émetteur d'importants déficits.

Alors qu'une monnaie est initialement choisie pour les échanges internationaux en vertu de sa stabilité, sa démocratisation nécessite que le pays émetteur ait une politique monétaire laxiste.

Cela conduit, en théorie, à une perte de confiance dans ladite monnaie.

La conclusion logique de ce paradoxe est que toute monnaie utilisée mondialement est intrinsèquement instable et tend à se déprécier jusqu'à, à terme, être remplacée.

En 1945, le dollar a atteint ce statut de monnaie internationale alors que l'Europe était en cendres après des années de conflit généralisé. Cette situation a donné aux Etats-Unis un "privilège exorbitant" dénoncé par Valéry Giscard d'Estaing : la possibilité de fonctionner avec d'importants déficits commerciaux sans en payer le prix économique.

Immortel dollar

De nombreux stratèges pensaient que cette parenthèse monétaire enchantée toucherait à sa fin à partir de 1971, suite à l'arrêt de la convertibilité du dollar en or décidée par Nixon.

La fermeture de la fenêtre de l'or a d'ailleurs conduit au premier choc pétrolier de 1973. Contexte géopolitique incertain, érosion de la valeur du dollar, décision de l'OPEP de ne plus subir la baisse de valeur nominale du pétrole exprimé en dollars : tous les ingrédients étaient présents pour une crise majeure.

Fin 1973, la messe semblait dite : tout portait à croire que l'ère du dollar-roi était terminée.

L'administration Nixon a pourtant réussi un coup de maître en traitant directement avec l'Arabie saoudite. Dans une négociation que certains historiens considèrent teintée de subtiles menaces, Henry Kissinger a convaincu la famille royale de vendre son pétrole exclusivement en dollars américains. Cet accord s'appliquait à tous les acheteurs, qu'ils soient américains, européens, russes ou chinois.

L'autre facette de l'accord concernait le stockage des devises de l'Arabie saoudite, qui s'engageait à investir ses excédents commerciaux en bons du Trésor américain.

Malgré les grandes incertitudes sur la valeur du dollar à l'époque, les Etats-Unis restaient le plus gros importateur de pétrole brut. La famille royale avait tout intérêt à accepter les conditions de l'administration américaine. D'autant que les Etats-Unis s'engageaient, en parallèle, à assurer la sécurité du royaume manu militari. Une offre difficile à refuser en pleine guerre du Kippour.

Pourquoi s'intéresser à cette anecdote historique 40 ans plus tard ? Tout simplement parce que ses effets se font encore sentir aujourd'hui.

Cet accord a permis aux Etats-Unis de maintenir la suprématie du dollar durant toute la fin du XXème siècle. Il a également stabilisé la valeur de la devise malgré la politique monétaire surréaliste de la Fed ces 10 dernières années.

Quantité de bons du Trésor (T-Bonds) détenue par les principaux exportateurs de pétrole

Quantité de bons du Trésor (T-Bonds) détenue par les principaux exportateurs de pétrole - Infographie : Bloomberg

La détention de T-Bonds par les pays exportateurs de pétrole a explosé depuis les années 2000.

L'encours de l'Arabie saoudite a été multiplié par cinq en 15 ans – et nombre d'experts estiment que ces encours sont largement sous-évalués pour ménager les susceptibilités locales.

L'accord inextricable pensé par Nixon dans les années 1970 est, encore aujourd'hui, la base de notre système monétaire international.

Toutes les nations développées étant demandeuses de pétrole, elles ont été contraintes d'acquérir des dollars pour régler leur facture énergétique. C'est ce montage qui a permis aux Etats-Unis de creuser toujours plus leurs déficits commerciaux.

Avec, d'un côté, des nations achetant des dollars et, à l'autre bout de la chaîne, les pays exportateurs plaçant leurs liquidités en bons du Trésor, le dollar a pu rester incroyablement stable depuis 40 ans.

Tout autre pays interrompant du jour au lendemain la convertibilité en or de sa monnaie et pratiquant une politique monétaire aussi laxiste aurait été contraint à la faillite.

Le dollar, lui, a survécu.

Le dollar n'est pas qu'une monnaie fiduciaire

La longévité du dollar serait inexplicable si cette monnaie était simplement basée sur la confiance.

Depuis les années 1970, bien des monnaies se sont effondrées. Il n'y a qu'à se rappeler du pouvoir d'achat d'un franc de l'époque et de sa sortie du Serpent monétaire européen en 1974 pour s'en convaincre.

Certains affirment que la valeur du dollar est assurée par un actif bien tangible : l'armée américaine. C'est en partie vrai. Malgré tout, les Etats-Unis n'imposent pas l'usage du dollar par la force, et les acteurs économiques étrangers qui se tournent vers le dollar pour leurs transactions le font par choix.

Une explication plus conforme à la réalité est que le dollar est, depuis 1974, bel et bien basé sur un actif tangible.

Les opérateurs commerciaux ont bien compris, en 1971, que les promesses autour du dollar n'engageaient que ceux qui y croyaient.

Ce n'est donc pas pour les beaux yeux de la Fed ni par peur de représailles militaires que les étrangers ont acquis des dollars à tour de bras depuis 1974, mais bien parce que cette monnaie possède un sous-jacent que ni le Franc, ni le Deutschemark, ni même le Franc Suisse ne possédaient : le pétrole.

Depuis 40 ans, posséder des dollars permet d'obtenir des barils de pétroles sonnants et trébuchants. Vous connaissez l'addiction de nos économies industrielles pour l'énergie : se passer de pétrole, c'est se passer d'usines.

Tous les pays économiquement développés doivent par conséquent acquérir des dollars pour régler leurs importations énergétiques sur les marchés internationaux. Le flux acheteur de devises est garanti ; la Fed peut faire surchauffer ses rotatives sans crainte d'un scénario d'hyperinflation comme l'a connu le Zimbabwe.

Qu'est-ce qui pourra tuer le dollar ?

Les économistes de l'école classique attendent depuis les années 1970 l'effondrement du château de cartes de la dette américaine... et ne voient toujours rien venir.

Vous l'avez compris : le dollar survit car il reste nécessaire pour acheter du pétrole. Tant que le pétrole continuera de s'échanger en dollars, il n'y a aucune raison que sa valeur chute brutalement.

La bien connue citation de John Bowden Connally, secrétaire du Trésor sous Nixon, est toujours d'actualité : "le dollar est notre monnaie, mais c'est votre problème".

Seul un changement de paradigme sur le marché du pétrole pourrait remettre en question l'hégémonie du dollar... et ce changement vient d'avoir lieu.

La Chine a annoncé son intention de proposer des contrats à terme sur le pétrole libellés en yuan.

Nous verrons dès demain comment ces contrats pourraient conduire à la dédollarisation rapide de l'économie mondiale, et à un choc majeur pour l'économie américaine.

Cet article La naissance d’un monde sans dollar est apparu en premier sur La Quotidienne de la Croissance.

]]>
http://quotidienne-agora.fr/petrodollar-dollar-chine/feed/ 1