Cannabis médical : Investissez sur la nature qui soigne

Rédigé le 28 août 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les biotech et autres laboratoires pharmaceutiques disposent aujourd’hui d’outils dont les générations passées de chercheurs n’auraient même pas osé rêver. De puissants ordinateurs peuvent modéliser les interactions entre différents composants, ou même les cellules humaines.

Ces modèles informatiques peuvent déterminer comment un composé fonctionnera sur le corps humain, et accélèrent ainsi radicalement la détection de pistes potentielles pour de nouveaux traitements.

Mais, même si ces technologies nous aident à découvrir de nouveaux traitements, bon nombre de médicaments, parmi les plus efficaces, n’ont pas été mis au point dans des laboratoires high-tech.

On les a trouvés par hasard, dans la nature.

Inspiré par la nature… boosté par la technologie

Beaucoup de plantes qui nous entourent ont des capacités thérapeutiques. Même celles de votre jardin.

La pervenche de Madagascar, par exemple, pousse dans ma cour comme de la mauvaise herbe.

pervenche

Elle a longtemps servi de base à un traitement traditionnel contre le diabète. Lorsque des chercheurs ont étudié ses propriétés médicinales, ils ont découvert qu’elle permettait de diminuer la quantité de globules blancs chez les animaux. Une propriété intéressante, selon eux, étant donné que certains cancers engendrent une prolifération de globules blancs « mutants ».

Les composés responsables de cette baisse furent finalement isolés : ils sont aujourd’hui un agent chimiothérapique efficace, la vinblastine, utilisé dans le traitement des cancers hématologiques comme la leucémie ou le lymphome hodgkinien.

Autre exemple : l’écorce de saule qui est utilisée dans la médecine traditionnelle depuis au moins 5 000 ans. A la fin des années 1800, des chimistes sont parvenus à synthétiser le composé actif le plus important. Le géant chimique et pharmaceutique Bayer l’a nommé aspirine.

Le produit synthétique a été mis sur le marché, et le monde entier connaît aujourd’hui le nom commercial d’origine de cet antalgique, anticoagulant et anti-inflammatoire.

En 1962, des chercheurs du Département américain de l’agriculture ont été recrutés par le National Cancer Institute pour trouver des traitements contre le cancer dans les plantes et les arbres. Ils se sont rendu compte qu’un composé contenu dans des échantillons d’écorce d’if de l’ouest tuait les cellules. Il empêchait leur division en perturbant les microtubules, qui font partie du squelette interne des cellules humaines. Ses effets étaient particulièrement notables dans les lignées cellulaires se divisant rapidement, ce qui est le cas des cellules tumorales.

Ce composé, appelé le paclitaxel, est devenu l’un des traitements anticancéreux les plus utilisés à travers la planète.

N’oublions pas l’exemple le plus connu de tous : le premier antibiotique, la pénicilline, a été découvert après que des moisissures aient poussé par accident dans un milieu de culture.

Son utilité pour éviter les infections sur les champs de bataille a permis de lancer des recherches approfondies pour trouver une version de cette moisissure capable d’être cultivée et produite en masse. L’organisme sélectionné – identifié sur un melon à Peoria – a sauvé des dizaines de milliers de vies pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’utilité de la pénicilline a encouragé les chercheurs à analyser les sols dans le monde entier à la recherche d’organismes dotés d’un potentiel antibiotique similaire… ce qui a permis d’obtenir d’autres médicaments.

Malgré la technologie dont nous disposons aujourd’hui, près de la moitié des produits pharmaceutiques que nous utilisons trouvent leurs origines dans la nature.

C’est même vrai pour les traitements développés au cours des dernières décennies, qui ont marqué l’avènement des biotechnologies modernes. Près d’un tiers de tous les nouveaux traitements arrivés sur le marché entre 1981 et 2014 sont dérivés de sources naturelles.

Le composé d’origine peut être synthétisé pour faciliter la production, et avec le temps, les chercheurs l’améliorent parfois en modifiant sa structure pour plus d’efficacité ou de sécurité. C’est particulièrement vrai pour les antibiotiques, alors que les bactéries évoluent pour devenir résistantes aux formes existantes.

Même lorsqu’un nouveau traitement ne vient pas directement d’une source naturelle, il fait souvent partie d’une classe de composés d’abord identifiés dans un organisme, comme une plante.

Nous dépendons toujours de la nature comme source d’inspiration. C’est un grand laboratoire à ciel ouvert doté de milliards de traitements potentiels que nous n’avons pas encore identifiés. Et l’un des plus importants d’entre eux est le cannabis.

La mauvaise réputation d’une plante… capable de sauver des vies

L’utilisation médicinale du cannabis est sans doute connue depuis l’aube de l’humanité : il semble qu’elle ait même été utilisée dès l’Âge de pierre. Les Egyptiens, les Indiens, les Chinois et les Grecs anciens décrivent tous ses excellentes propriétés thérapeutiques.

Elle a aussi une longue histoire en Amérique du nord, où les plants de cannabis sont cultivés depuis, au moins, l’époque coloniale.

A la fin du XIXe siècle, certains chercheurs se sont intéressés à cette plante et ont constaté qu’elle était capable de soulager la douleur, d’aider à dormir et de traiter le glaucome.

Puis, pendant la Grande Dépression, le gouvernement fédéral américain décida d’interdire la plante. La loi fut jugée anticonstitutionnelle, mais le Congrès ne tarda pas à interdire à nouveau le cannabis avec la Loi de 1970 sur les substances contrôlées (Controlled Substances Act). La Drug Enforcement Agency (DEA) fut créée quelques années plus tard pour faire respecter les interdictions des substances concernées.

Plusieurs Etats américains ont aujourd’hui légalisé le cannabis, et ce même si, en théorie, la loi fédérale s’applique toujours. La DEA considère donc le cannabis comme une substance de catégorie 1, soumise aux règles les plus strictes qui puissent s’appliquer à une substance quelle qu’elle soit.

Les drogues de catégorie 1 ont :

Dans le cas du cannabis, c’est une absurdité totale. Il a été prouvé que la plante était plus sûre et moins susceptible de conduire à des abus que nombre de médicaments actuellement commercialisés légalement, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe.

En outre, ces dernières années, les études scientifiques démontrant les propriétés médicales du cannabis se sont multipliées.

Les Etats-Unis, quant à eux, ont tout bonnement bloqué la recherche sur le cannabis pendant plusieurs décennies. Ce sont donc des scientifiques étrangers – et tout particulièrement israéliens – qui ont permis de découvrir une partie des vertus thérapeutiques de cette plante. [NDLR : Ray Blanco a repéré une biotech à la pointe de la recherche sur le cannabis thérapeutique. En s’inspirant des substances actives de la plante, elle propose une thérapie d’un nouveau genre contre certains troubles et maladies neurologiques. Une valeur à mettre en portefeuille avant fin septembre pour profiter de tout son potentiel…]

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Ray Blanco
Ray Blanco
Rédacteur en Chef de NewTech Insider et FDA Biotech Trader

Ray Blanco était le genre d’enfant qui reste des heures dans sa chambre tous les soirs, programmant des codes dans son ordinateur Timex Sinclair 1000.

Au collège, alors que la plupart des autres gamins étaient dehors à jouer au ballon, Ray était dans sa cave, tentant de construire ce qu’on appelle une « Chambre de Wilson » — un appareil ultra-refroidissant permettant de détecter les particules de radiations ionisantes.Puis il s’est mis à explorer les domaines de la robotique… de l’avionique… de la génomique… de la biotechnologie… Devenir plus intelligent, c’est ainsi que Ray s’amusait.

Et aujourd’hui, il combine sa passion de la technologie avec ses connaissances et son savoir-faire dans les domaines de la finance et des marchés boursiers au sein de la lettre NewTech Insider, dont il est co-rédacteur.

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