Quel sera le marché haussier de 2018 ?

Rédigé le 13 décembre 2017 par | A la une, Macro éco et perspectives Imprimer

Cette fin d’année est l’occasion de sortir la tête des graphiques d’évolution de cours au jour le jour et de nous pencher sur les opportunités à moyen terme.

Il est évident que LA transaction de 2017 était le Bitcoin. Avec un cours de moins de 1 000 $/BTC au premier janvier et un pic à plus 17 000 $/BTC ces derniers jours, la progression annuelle de la cryptomonnaie ridiculise (pour l’instant) des années d’investissement dans les entreprises cotées.

Du côté de la Bourse, l’heure n’est plus à l’euphorie. Le CAC 40 gagne péniblement 9% depuis le premier janvier. Les vagues de correction se multiplient depuis le printemps et commencent furieusement à ressembler aux prémices d’un marché baissier qui, même en l’absence de krach, pourrait être éprouvant pour les investisseurs comme le fut celui de 2015.

Souvenez-vous : entre le printemps 2015 et février 2016, l’indice français perdait près de 25% et renouait avec ses niveaux de 2013… Rien de plus crispant que de voir trois ans de hausse volatilisés en quelques mois !

Cette fébrilité des indices n’est pas que française ; le salut ne viendra pas d’outre-Atlantique. Les valorisations sont encore plus chères et l’inertie haussière des titres pourrait également toucher à sa fin.

marché haussier 2018 prévisions

Peut-on encore investir en 2018 ?

Dans ces conditions, est-il encore pertinent d’investir dans des entreprises cotées ? L’investisseur français pourra-t-il gagner de l’argent en évitant la folle hausse des cryptomonnaies, et celle de l’immobilier parisien ?

La réponse est, heureusement, oui. Il nous faudra simplement délaisser les stars du moment et nous trouver un secteur qui a su rester discret.

Vous le savez : lorsqu’un investissement fait la une de la presse généraliste, la fin de la bulle est proche. Les stratégies de moyen terme sont toujours à proscrire sur les actifs qui font la une de vos journaux.

Je vous propose aujourd’hui de nous pencher sur un investissement qui ne fait plus beaucoup parler de lui. Lui aussi a eu son heure de gloire. Lui aussi était synonyme de promesse d’enrichissement facile pour quiconque y placerait son argent. Lui aussi a eu sa débâcle. Et, comme toujours, les excès des marchés à la hausse ont été contrebalancés par un excès à la baisse. L’exubérance irrationnelle a fait place au dédain des investisseurs qui ont perdu des plumes dans l’éclatement de la bulle.

Le moment est parfait pour y revenir dans une optique d’investissement à moyen terme.

Un secteur qui a connu une phase euphorique a su convaincre. L’éclatement de la bulle a fait disparaître les spéculateurs (qui préfèrent les phases de hausse maniaque rapide) et les curieux (qui refusent de se faire plumer deux fois sur le même sujet).

La voie est libre pour ramasser les morceaux à bas prix et à profiter de la seconde vague de hausse.

La revanche des BRICS

Vous vous souvenez certainement de l’excitation qui entourait les marchés émergents avant la crise des subprime.

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud devaient être le réservoir de croissance du XXIème siècle et rattraper en un rien de temps le niveau de vie de l’occident.

Investir dans les BRICS était un moyen sans risque de profiter de l’emballement de l’économie mondiale.

Fin 2007, iShares lançait un ETF dédié qui permettait à tout un chacun d’investir facilement dans ces pays : une aubaine alors que les Bourses locales étaient (et sont toujours) particulièrement difficiles d’accès pour les investisseurs occidentaux !

Comme toute fin de bulle, celle des BRICS est arrivée lorsque l’euphorie était à son apogée.

Moins d’un an après son lancement, l’ETF BKF avait perdu près des deux-tiers de sa valeur. Les investisseurs étaient laminés par la correction.

Après avoir perdu 65% de leur mise en moins de 12 mois, beaucoup ont abandonné l’idée d’investir dans les marchés émergents.

Ceux qui sont courageusement restés exposés ont pu profiter d’un solide rebond qui a quasiment résorbé leurs pertes… et ont été ensuite récompensés par un marché baissier de cinq ans.

etf graphe Evolution de 10 000 $ placés dans l'ETF BKF depuis ses débuts

Evolution de 10 000 $ placés dans l’ETF BKF depuis ses débuts – Source : iShares

Autant dire que les investisseurs particuliers de la première heure ont eu nombre d’occasions de quitter le navire et de maudire le secteur.

Même chez les institutionnels, investir dans les pays émergents est passé de mode. Peu de gérants mettent aujourd’hui en avant leur exposition sur ce secteur géographique.

Ces pays ont, bien sûr, été durement touchés par la crise des subprime. Leurs économies, moins mûres que les nôtres, sont sujettes à des ajustements brutaux. Le risque politique est également fort et placer des liquidités dans ces juridictions est un véritable pari sur la stabilité des gouvernements.

Malgré tous ces risques, les atouts des pays émergents qui faisaient leur popularité il y a 10 ans n’ont pas disparu. Leurs économies sont toujours dynamiques. Leur démographie reste beaucoup plus favorable à la croissance que celle de nos populations vieillissantes.

Le PIB/habitant, toujours faible par rapport à nos standards, possède un important potentiel haussier.

Enfin – là est la nouveauté depuis l’effondrement de 2007 – l’arrivée promise de la classe moyenne a bien eu lieu. La dernière décennie a vu une nouvelle génération d’actifs arriver sur le marché du travail. Ces jeunes gens ont grandi avec la promesse que leur niveau de vie s’approcherait de celui des occidentaux. Ils sont dynamiques, rêvent d’enrichissement matériel… et consomment.

Une croissance à faire pâlir d’envie l’occident

Les analystes évoquent souvent la fin de la croissance des BRICS. Les chiffres de l’OCDE montrent effectivement une inflexion de la vigueur de leurs économies depuis 2007.

croissance figure GDP chine bresil inde afrique du sud russie

Croissance du PIB des BRICS entre 2001 et 2015. Source : Parlement Européen/Banque Mondiale

En voyant un tel graphique, il est facile de conclure que les BRICS sont en récession depuis 2007. Après tout, les courbes sont ne sont-elles pas descendantes ?

Pourtant, ces courbes représentent la croissance du PIB des émergents. En d’autres termes, c’est la vitesse de la hausse qui baisse depuis 2007. A part quelques trous d’air pour la Russie et le Brésil, la croissance est bien là – et ininterrompue depuis plus de 15 ans. Pouvons-nous en dire autant en Europe et en Amérique du Nord ?

Tous les BRICS ne se ressemblent pas

Vous le voyez, les économies des BRICS restent globalement plus dynamiques que les nôtres. Il est possible d’investir sur les BRICS en général (notamment grâce à l’ETF d’iShares dont je vous parlais plus haut), mais l’expérience a montré que ces cinq pays ont des sensibilités sectorielles très différentes.

Le Brésil et la Russie ont été durement touchés par les fluctuations des cours du pétrole en 2008 et en 2015. La situation actuelle est meilleure avec un WTI qui a quasiment doublé depuis ses plus bas de 2016… Il reste compliqué de prédire l’avenir, et le baril pourrait bien retomber sous les 40 $ dans les prochaines années.

Dans un tel cas de figure, le Brésil et la Russie souffriraient à nouveau, emportant avec eux les indices et ETF couvrant de manière groupée les cinq pays.

Dès demain, nous verrons comment miser sur le plus performant des BRICS.

Evolution du PIB des cinq BRICS. Et si vous misiez sur le leader ?

Evolution du PIB des cinq BRICS. Et si vous misiez sur le leader ?

Son économie ne dépend pas du cours du pétrole. Elle profite directement de la croissance occidentale, tout en augmentant année après année la part de la consommation intérieure.

Rendez-vous demain pour découvrir son incroyable potentiel.

Mots clé : -

Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

Un commentaire pour “Quel sera le marché haussier de 2018 ?”

  1. Agora entre krash imminent fin 2017 et investissent en 2018, il faudrait choisir. Soit vous vous planté sur votre hypothèse de krash boursier, soit vous êtes en train de conseiller de l’investissement alors que l’on attend un krash.

Laissez un commentaire