La blockchain va se déchaîner, profitez-en !

Rédigé le 30 mars 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Pour beaucoup, c’est la technologie qui va révolutionner l’avenir, notre économie, notre quotidien, etc. Nombreuses sont les technologies qui se revendiquent de rupture, ou « disruptives », et peu sont celles qui bouleversent effectivement nos sociétés.

Sur le podium des technologies potentiellement capables de changer le monde, je placerai l’intelligence artificielle mais aussi… la blockchain.

Démêler la blockchain du bitcoin

Blockchain… un terme que l’on entend beaucoup, généralement associé (pour le meilleur et pour le pire) avec la plus connue des monnaies digitales, le bitcoin. Bitcoin et blockchain doivent cependant être distingués.

La blockchain est la technologie sur laquelle repose le bitcoin. Elle a été inventée par celui qui est l’illustre inconnu le plus connu d’Internet et des monnaies digitale, Satoshi Nakamoto, le pseudonyme de celui (ou de ceux) qui a aussi inventé le bitcoin. En 2008, Nakamoto propose la solution de la blockchain pour sécuriser une nouvelle monnaie digitale, le bitcoin. La blockchain s’impose rapidement comme la solution au principal écueil au développement des monnaies digitales, celui de la sécurité.

En effet, les précédentes tentatives de développement de ce genre de monnaies s’étaient rapidement heurtées aux capacités des hackeurs. Comment empêcher, par exemple, que deux transactions presque simultanées soient effectuées avec la même monnaie digitale.

La monnaie digitale est donc l’application la plus répandue de la blockchain, mais cette technologie a pris son indépendance et s’impose dans d’autres domaines.

Les blockchains pourraient tout changer : les transactions, la finance, le suivi des produits agro-alimentaires, les réseaux électriques, ou encore le stockage de toutes les données possibles et imaginables (carte d’identité, dossiers médicaux, votes, etc.).

Si la blockchain s’impose, alors autant prendre un peu de temps pour comprendre ce qu’elle est, et comment elle fonctionne. C’est ce que je vous propose aujourd’hui. Dans de prochaines Quotidiennes, nous nous intéresserons à ses applications très concrètes et sur les manières d’investir.

Qu’est-ce que la blockchain ?

La traduction française, chaîne de blocs, ne nous donne qu’une vague idée de ce que recouvre cette technologie.

La blockchain est une base de données, mais une base de données dont les spécificités la rendent unique.

Dans une base de données normale, les données sont stockées en un lieu centralisé (un serveur, ou le cloud). Généralement, seules quelques personnes sont autorisées à modifier ces données. Et toute modification de la base doit être validée par cette autorité centrale pour ensuite être visible aux autres utilisateurs.

La blockchain est quant à elle une base de données distribuée. Elle existe en parallèle en de multiples exemplaires. Tous ceux qui ont téléchargé le logiciel bitcoin sur leur ordinateur possèdent ainsi un exemplaire de la blockchain de la monnaie digitale. Leur importance dans le bon fonctionnement de la blockchain est telle qu’ils ont même hérité d’un surnom, les « noeuds ». Chaque modification de la base est enregistrée et vérifiée par les utilisateurs. Là encore, le contrôle est distribué.

La blockchain est constituée de « blocs », comportant des informations (par exemple, une transaction). Ces blocs s’ajoutent les uns aux autres et forment une chaîne (d’où le nom de cette technologie) qui peut potentiellement être consultée par tous les utilisateurs. Je dis potentiellement car toutes les informations de la blockchain sont cryptées pour éviter que, par exemple, vos derniers achats soient visibles par la Terre entière.

L’avantage des blocs, c’est que la modification de la base n’en compromet pas l’intégrité : la nouvelle information est simplement ajoutée aux précédentes, sans les modifier, ou les supprimer.

Une blockchain, mais pourquoi ?

Quels sont les avantages d’une telle architecture ? Ils sont nombreux, ce qui explique le succès promis à cette technologie.

Premièrement, les blockchains sont des bases de données plus rapides que les bases de données classiques : elles sont mises à jour en temps réel, auprès de tous les utilisateurs, et permettent un très grand nombre de modifications ou d’enregistrements de données en même temps.

Ensuite, elles sont transparentes : tous ceux qui ont téléchargé la blockchain peuvent en consulter les données.

Autre avantage, elles ne sont pas centralisées. Pas d’unique autorité de contrôle, ce qui les rend particulièrement attractives pour les monnaies digitales qui ne dépendent pas de l’autorité d’une banque centrale, et de ses manipulations.

La sécurité au coeur de la blockchain

De cette distribution découle le principal atout de la blockchain : la sécurité. Comme je vous le disais, c’est même son objectif originel, tel qu’il a été pensé par Satoshi Nakamoto. Puisque tous les nouveaux ajouts sont en permanence vérifiés par les utilisateurs, la blockchain est réputée infalsifiable.

Dans la pratique, et en prenant l’exemple du bitcoin, la chaîne regroupant toutes les informations enregistrées depuis le lancement de la monnaie digitale est en permanence vérifiée par des utilisateurs sélectionnés (et rémunérés en bitcoins). Chaque bloc, outre le fait qu’il est crypté, se voit adjoindre un « hash », un petit élément d’information qui le relie à son bloc précédent. Ainsi, si un utilisateur mal intentionné tente de modifier la chaîne ou d’introduire un nouveau bloc indésirable, cette modification est immédiatement repérée.

Au niveau de chaque utilisateur, chaque transaction est doublement sécurisée grâce à l’existence de deux clés d’identification, une personnelle et une liée à chaque transaction.

Les différents piratages ou hackages qui ont touché le bitcoin n’ont pas frappé la blockchain sur laquelle repose la monnaie digitale, mais ses plateformes d’échanges. Pour que la blockchain soit compromise, il faudrait théoriquement corrompre au moins 51% des noeuds (les ordinateurs possédant une copie de la blockchain). Or plus la blockchain est populaire, plus le nombre de noeuds est important, et plus la sécurité de la base est assurée.

Un (gros) problème d’énergie

Un des principaux points faibles de la blockchain – car il n’y a pas que des avantages –, c’est justement ce contrôle collectif. Dans le cas du bitcoin, les transactions sont vérifiées par des particuliers mais aussi par des centres d’ordinateurs appelés « fermes ».

Au fur et à mesure que le bitcoin s’est développé, la puissance nécessaire pour contrôler l’intégrité de la chaîne a explosé. Selon le chercheur néerlandais Sebastiaan Deetman, d’ici 2020, le « réseau bitcoin » consommera autant d’électricité que le Danemark (son explication est à lire ici…). Son modèle peut certainement être contesté mais reste que le bitcoin est extrêmement énergivore.

Vers le bitcoin et au-delà…

Je résume : la blockchain, c’est donc une base de données partagée, décentralisée, transparente et théoriquement infalsifiable. Des qualités intrinsèques qui ont nourri son ambition et lui font viser la conquête du monde. C’est ce que nous verrons dans une prochaine Quotidienne.

En attendant, le bitcoin vous réserve de belles surprises… pour en savoir plus, c’est ici.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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