Bitcoin, inflation, nouvelles technologies : Ce que 2018 réserve à nos investissements

Rédigé le 4 janvier 2018 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Cher lecteur,

Avant toute chose, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. J’espère que les fêtes ont été pour vous l’occasion de passer d’agréables moments avec vos proches loin des considérations boursières et que vous débutez 2018 plein d’énergie !

L’année qui débute va, à n’en pas douter, être remplie de surprises et de nouveaux défis.

Il faut dire que la fin 2017 avait un petit goût de fin de cycle. Le CAC 40 a lentement perdu du terrain depuis son plus haut de début novembre à 5 518 points. Ce plus haut automnal n’était lui-même que 1,5% au-dessus du précédent sommet du 5 mai.

La tendance ne s’est pas inversée entre Noël et la saint Sylvestre, et notre indice national a finalement terminé l’année à son niveau du printemps.

Dans le même intervalle, le cours du Bitcoin est passé de 1 400 $ à 14 000 $. Une belle multiplication d’un facteur 10 qui a fait naître en quelques mois une nouvelle génération de millionnaires parmi ceux qui avaient parié à temps sur l’essor de la blockchain.

[NDLR : Prêt à faire partie des millionnaires des cryptos ? En quelques semaines, les investisseurs particuliers qui ont suivi les recommandations de Louis Basenese ont engrangé des gains de +239%, +182%, +222%, +126%. Pour les rejoindre, c’est ici…]

Mais tout ça se passait en 2017.

Sur les marchés, les mouvements de prix des actifs suivent généralement une tendance… jusqu’à ce qu’ils ne le fassent plus. Les inerties (haussières comme baissières) peuvent être brutalement interrompues et effacer en quelques jours des mois de gains.

Le traditionnel jeu des prévisions a par conséquent une saveur particulière cette année. Si 2017 a été, hors Bitcoin, relativement pauvre en surprises, 2018 pourrait voir de multiples tendances s’interrompre simultanément.

Voyons ensemble où seront les opportunités.

Le juste prix du Bitcoin à 10 000 $? Très peu probable !

Vous savez tous que le cours de la plus connue des cryptomonnaies a explosé l’année dernière.

Ce qui est intéressant dans cette hausse exponentielle est que le bitcoin n’a pratiquement jamais coté 10 000 $.

Les 10 000 $, qui étaient dans le viseur de tous les investisseurs et présentés comme un objectif raisonnable durant la quasi-totalité de l’année, n’ont en fait été approchés que durant quelques jours fin novembre.

Le Bitcoin s’est ensuite envolé rapidement vers les 20 000 $ le 16 décembre, avant de perdre 35% de sa valeur en deux semaines.

bitcoin

Le cours du Bitcoin en 2017

Le marché est, visiblement, toujours à la recherche du bon prix pour la crypto. La correction qui a débuté fin décembre n’a pas fait apparaitre de support solide sur les cours.

Il est encore impossible de dire quelle est la valeur intrinsèque du Bitcoin. Les mouvements erratiques et l’absence de supports et résistances clairement identifiables montrent qu’il s’agit d’un marché de spéculation pure. Aucune activité économique traditionnelle ne vient borner les cours à la hausse comme à la baisse.

Autrement dit : le Bitcoin a autant de chance de finir 2018 à 10 000 $ qu’à 5 000 $, 5 $ ou 100 000 $.

Attendez-vous donc à une forte volatilité sur la cryptomonnaie. Ne vendez pas le Bitcoin à découvert même si vous ne croyez pas à la pérennité de son prix : les cours peuvent s’envoler à des niveaux insoupçonnés avant que vous n’ayez raison !

Le grand retour de l’inflation

Depuis 2008, l’inflation joue l’Arlésienne.

Tous les ingrédients ont été soigneusement préparés par les gouvernements des pays occidentaux et les banques centrales… sans aucun effet.

Les montagnes de liquidités créées depuis la crise des subprime n’ont fait que gonfler les prix de certains actifs spéculatifs. L’inflation réelle (une hausse simultanée du prix des biens et des services) reste négligeable par rapport au gonflement de la masse monétaire qui a eu lieu depuis 10 ans.

Et si le vent commençait à tourner ?

Bien avant l’arrivée de communiqués officiels et autres statistiques de l’INSEE, nous verrions des signes avant-coureurs.

Le pétrole commencerait à monter. Le prix des denrées de base (comme le beurre dans votre supermarché) et celui des biens électroniques (comme le dernier iPhone) augmenterait.

Pour rendre cette hausse généralisée des prix acceptable, le SMIC repartirait à la hausse.

Bien sûr, la hausse des prix des biens serait justifiée par une qualité accrue/des innovations/le poids des monopoles industriels (rayez la mention inutile). La hausse des salaires serait motivée par la justice sociale.

Ce scénario vous rappelle-t-il quelque chose ? Tout cela a déjà eu lieu au cours des derniers mois.

L’iPhone X coûte aujourd’hui près du double du premier iPhone présenté en 2007. Le beurre de marque distributeur à bas coût a disparu des rayons des supermarchés cet hiver. Le SMIC augmente au premier janvier de 1,2 %, sa plus forte hausse depuis 2008.

Ceci, cher lecteur, s’appelle de l’inflation. Les habillages médiatiques qui justifient, indépendamment, chacun de ces changements ne doivent pas faire oublier l’ensemble du tableau : en ce début d’année, les prix des biens et des services montent conjointement.

Si vous avez des obligations à taux fixe, il est temps de vous en débarrasser. Les emprunts d’Etat, valeur refuge par excellence depuis plusieurs décennies, pourraient bien se retourner cette année.

La bonne nouvelle est que vous pouvez aussi en profiter. En achetant des actifs dont le rendement suit l’inflation, vous protégerez votre capital.

Si vous êtes prêt à supporter un risque supplémentaire, il peut être de nouveau temps de vous endetter à taux fixe pour une longue période. Un épisode d’inflation soutenue lamine les prêteurs et enrichit les emprunteurs. Dans ce cas, étudiez bien vos placements pour ne pas que votre rendement s’érode à mesure que la valeur de l’argent diminue.

Et l’innovation dans tout ça ?

L’année qui s’ouvre devrait également nous offrir de belles nouveautés technologiques.

La réalité virtuelle et l’intelligence artificielle vont se démocratiser. La plupart des smartphones devraient rapidement être munis de puces dédiées à l’intelligence artificielle pour que toutes les applications du quotidien puissent en bénéficier.

Nous surveillons avidement le secteur spatial. Après avoir banalisé le lancement de fusées réutilisables, SpaceX a promis pour cette année le premier vol de la fusée Falcon Heavy. Cette fusée sera plus grosse jamais construite depuis le programme Apollo, et a sur le papier la capacité de rejoindre la planète Mars.

Nous aurons l’occasion de revenir dessus dans les prochains mois ; sachez que le déploiement commercial d’un tel lanceur rebattrait totalement les cartes du secteur aérospatial.

Enfin, la voiture électrique — et de plus en plus autonome – devrait encore gagner du terrain. Les tests grandeur nature sous l’impulsion des constructeurs historiques se multiplient. L’année 2018 devrait donc être bonne pour les entreprises bien établies avec de solides compétences en R&D.

A contrario, les challengers comme Tesla auront de plus en plus de mal à justifier leur positionnement haut-de-gamme vendu au prix du luxe.

A une belle et rentable nouvelle année !

Vous le voyez : 2018 pourrait bien être très différente de 2017. Nous devrions voir d’importants retournements de situation monétaires, et autant de surprises chez les valeurs technologiques — pour leur part habituées aux incessantes ruptures de tendances.

Je vous donne rendez-vous le 31 décembre prochain pour comparer ces quelques prédictions à la réalité.

L’exercice de la prophétie est toujours difficile ; il me semble cependant très probable que 2018 ne sera pas une rediffusion 2017.

Comme dit l’adage boursier, « c’est lorsque la marée se retire que l’on voit qui nageait sans maillot ». Il est encore possible de surfer sur les grandes tendances de 2017… mais si vous lefaites, prenez comme bonne résolution de vous couvrir convenablement !

Vous pouvez même endosser fièrement le rôle de précurseur et vous placer en rupture par rapport aux stratégies gagnantes de 2017. En plus de ne pas être pris à contre-pied si les orientations de ces dernières années ne se maintiennent pas, vous pourrez fièrement dire en 2019 : « je le savais » !

Bons investissements,

Mots clé : - - -

Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

Laissez un commentaire