Bitcoin, Ether… Attention à la bulle des cryptomonnaies

Rédigé le 28 juin 2017 par | Bitcoin et cryptomonnaies, Nouvelles technologies Imprimer

Quel est cet actif qui a gagné 150% depuis début janvier ? Vous pourriez penser à une biotech (une de celles que vous recommande Ray Banco dans FDA Biotech Trader par exemple) mais ce n’est pas cela.

Quel est cet autre actif qui est passé de 20 $ à près de 400 $ en seulement trois mois ?

Ou cet autre qui est passé de 4 $ à 40 $ dans le même temps ?

Dans l’ordre, je vous parle du Bitcoin, de l’Ethereum et du Litecoin, trois cryptomonnaies dont on parle beaucoup, dans ces lignes et ailleurs.

Voici la progression du Bitcoin depuis janvier dernier :

bitcoin

Cours du Bitcoin sur 6 mois

Les cryptomonnaies ont rendu les investisseurs complètement fous depuis le début de l’année. Nous évoquons souvent l’engouement des marchés pour les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), celui pour le secteur de la cyber-défense ou encore pour les biotech, mais c’est oublier ce qui est peut-être leur plus grand emballement financier de cette année, les cryptomonnaies.

Les cryptomonnaies emballent

Les récentes envolées de leurs cours sont si spectaculaires qu’elles en deviennent inquiétantes. Le récent exemple du décrochage du Bitcoin – qui est passé de 2 960 $ à 2 400 $ (soit près de -20%) en quelques heures – ou encore de l’Ether – décrochage sur lequel revient Yannick Colleu dans cet article.

Je vous laisse découvrir son analyse mais, pour résumer, l’Ether a connu flash krach qui l’a fait passer de 317 $ à 0,10 $ en quelques dizaines de secondes. La monnaie s’est ensuite repris – elle est repassée au-delà des 280 $ – mais certains ont perdu plus que leur chemise dans l’histoire. D’autres vont, au contraire, pouvoir s’en commander une floppée.

Les cryptomonnaies sont un des sujets qui aboutit immanquablement à un âpre débat quand nous l’évoquons aux Publications Agora. Il y a ses ardents défenseurs – citons par exemple Nick Hubble ou Andrew Lockley – mais aussi les sceptiques.

Comme je vous l’ai souvent répété, je fais partie de cette seconde catégorie.

Ce scepticisme repose sur deux points : les applications commerciales de la blockchain et les risques.

Où est le concret dans tout cela ?

Commençons avec les applications concrètes et commerciales du Bitcoin et de la blockchain (la technologie sur laquelle repose le Bitcoin et que je vous présente ici). Évoquées depuis plusieurs années, elles sont loin d’être suffisamment mûres et abouties pour faire des investissements fiables.

Ces technologies suscitent il est vrai un incroyable enthousiasme et recèlent d’un évident potentiel mais les sociétés exploitant blockchain et/ou cryptomonnaies n’en sont qu’à leurs balbutiements. Il va y avoir beaucoup d’erreurs et d’échecs dans ce domaine avant qu’il soit intéressant – et suffisamment sûr – pour un investisseur particulier.

Les progrès sont rapides et peut-être que, d’ici un an, nous aurons suffisamment de raisons d’investir dans la blockchain. Je surveille par exemple les progrès réalisés par les banques.

Sept banques européennes viennent ainsi de s’associer à IBM pour développer une plateforme reposant sur la blockchain et destinée à faciliter les transactions transfrontalières pour les petites entreprises. C’est effectivement pour les transferts d’argent internationaux que blockchain et/ou Bitcoin s’avèrent les plus utiles et efficaces. Ils permettent de réduire les intermédiaires et de proposer des transferts d’argent sécurisés et rapides (nous en avons parlé dans une précédente Quotidienne).

Je garde aussi un oeil sur le développement de l’utilisation du Bitcoin dans les transactions sur Internet ou encore dans la vie quotidienne. Des applications dont vous parlaient récemment Nick Hubble et Sam Volkering. Mais, pour l’instant, quel pourcentage d’entre nous ont déjà utilisé le Bitcoin ? Les utilisateurs de cryptomonnaies sont encore minoritaires.

Le développement de ces monnaies se heurte au deuxième problème que j’évoquais : celui du risque.

Entre vous et les profits des cryptomonnaies : le risque

Ce risque, c’est justement les flash krachs auxquels nous assistons régulièrement. En tant qu’investisseur particulier, vous pouvez certainement encaisser une chute de 20% en quelques heures. Mais une de près de 100% comme celle que vient de vivre les utilisateurs d’Ether ?

Les cryptomonnaies sont un formidable outil pour les transferts d’argent, un PayPal amélioré. Mais avez-vous envie de payer un bien ou un service avec une monnaie dont le cours peut varier de 30% ou plus en quelques jours, voire quelques secondes ? La généralisation de ces monnaies devra passer par une certaine stabilité de leurs cours afin de rassurer les utilisateurs (vous, moi…). Mais sans autorité de régulation, cette stabilité est aléatoire.

Outre les flash krachs que nous avons évoqués, l’autre « hic » tient à la fiévreuse spéculation qui entoure la moindre start-up se réclamant de la blockchain. De quoi rappeler les grandes heures de l’emballement pour les valeurs Internet à la fin des années 1990.

Je sens que vous avez envie d’un exemple. Mi-juin, Bancor, une startup qui cherche à démocratiser la création de cryptomonnaies, a levé 150 millions de dollars en trois minutes grâce à une Initial Coin Offering (ICO), soit une levée de fonds en cryptomonnaies (dans ce cas, en Ether). 150 millions de dollars… en trois minutes… pour une startup qui dispose essentiellement de beaux projets.

D’après le Financial Times, depuis début 2016, ce sont 796 millions de dollars qui ont été investis dans la blockchain. Des millions de dollars qui, comme le souligne le FT, sont investis une technologie que peu de gens comprennent vraiment :

Pourtant, les dirigeants d’entreprises qui investissent dans la blockchain sont rarement en mesure d’expliquer ce que cette chaîne de blocs améliorerait dans leurs entreprises ou pourquoi. « Vous devez demander à mon partenaire technologique », est l’invariable réponse.

Le jugement du Financial Times est peut-être un peu sévère mais il illustre bien le danger du la blockchain pour les investisseurs particuliers. Méfiez-vous de l’effet de mode !

J’ajouterais que le développement des cryptomonnaies, de la spéculation autour d’elles mais aussi leur médiatisation via les grandes attaques de cyber-rançons (comme WannaCry) vont inciter les Etats à mettre de plus en plus leur nez dans ces monnaies, à vouloir les encadrer, les réguler voire les interdire : un autre facteur d’incertitude et de volatilité

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Des applications concrètes de la blockchain se mettent progressivement en place mais elles en sont à leurs balbutiements. Pour investir sans trop de risques, vous pouvez miser sur des valeurs sûres, comme IBM, qui développent des applications de blockchain.

Pour le volet cryptomonnaies, à moins d’être un trader très aguerri, attention au trading sur Bitcoin, Ether et consorts. Les flash krach de ces derniers mois risquent de se répéter et même de s’accélérer au fur et à mesure que les cours s’envolent et que l’engouement grandit.

Je vous conseillerais même d’attendre l’explosion de la bulle des cryptomonnaies pour investir dans les survivants.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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