Alimentez votre batterie de gains grâce au lithium

Rédigé le 26 juillet 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Le cours de Tesla a plongé, début juillet. Tesla (NASDAQ-TSLA), dirigée par son charismatique PDG, Elon Musk, est le principal concepteur et constructeur de véhicules électriques.

L’action TSLA a chuté de 369 $ le 3 juillet, à 307 $ le 6 juillet, soit un plongeon de 17% en trois jours. Cela s’est produit dans le sillage d’une hausse spectaculaire de l’action, qui était passée de 291 $ le 4 mai à 386 $ le 23 juin, soit un rally de 25% en moins de deux mois.

Alors pourquoi ce flash-krach, après une hausse aussi forte ?

On l’attribue en partie à une rotation sectorielle et, généralement, à un retournement du cours des valeurs technologiques. Pourtant, l’essentiel de ce mouvement est propre à Tesla.

Ce krach signale-t-il la fin du rêve d’Elon Musk, en matière de véhicules électriques ? Serait-ce la profusion de pétrole et d’essence bon marché, qui marquerait la fin de la vision de Musk, selon laquelle un véhicule électrique abordable a sa place dans tous les garages ?

Loin de là. En fait, c’est tout le contraire.

Les constructeurs automobiles se convertissent enfin à l’électrique

Ce qui a fait chuter l’action Tesla, ce n’est pas la fin du véhicule électrique, mais la montée de la concurrence. Le 5 juillet, le constructeur suédois, Volvo, a annoncé que 100% de ses véhicules seraient électriques ou hybrides d’ici 2019.

Le jour suivant, le gouvernement français a annoncé qu’il interdirait la vente de voitures au diesel et à l’essence d’ici 2040. Comme la France est un constructeur automobile majeur, la conséquence logique, c’est que toute la production automobile française génère des véhicules électriques d’ici 2040, au maximum.

Tesla

Bref, Musk n’est plus seul maître à bord. En prouvant la faisabilité de la production de véhicules électriques et le fait qu’ils pouvaient attirer les consommateurs, Musk a ouvert la voie aux géants de l’automobile, tels que GM, Ford, Fiat Chrysler, Volvo et les autres, qui viennent désormais empiéter sur ses platebandes.

Musk a souvent été comparé à Henry Ford, Thomas Edison, John D. Rockefeller et autres pionniers, inventeurs et entrepreneurs qui, dans leur domaine, ont bouleversé le monde et, au passage, bâti des fortunes.

Mais pour toute réussite, il se produit de multiples échecs. En 1889, les Etats-Unis produisaient 3 200 automobiles et la production se classait au 150ème rang des industries américaines. Dès 1919, les Etats-Unis produisaient 1 600 000 automobiles et la production se classait au 2ème rang des industries américaines.

En surface, c’est une « success story » spectaculaire. Mais la réalité est plus sombre. Entre 1899 et 1919, 775 sociétés ont intégré le marché automobile et le taux de faillite s’est élevé à 77%. Au début du XXe siècle, la durée de vie moyenne d’une nouvelle société du secteur automobile était de trois ans.

En résumé, pour un Henry Ford, cinq autres entrepreneurs du secteur automobile ont fait faillite et ont disparu à jamais.

Curieusement, bon nombre des premières tentatives de la construction automobile portaient sur des véhicules électriques. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Voici l’extrait d’une étude portant sur cette période:

La société Pope Manufacturing Co., le plus grand producteur de bicyclettes d’Amérique, a intégré le secteur [automobile] avec Columbia Electric, le jeudi 13 mai 1897. Columbia avait été vendue pour la somme de 3 000 $. Morris and Salom, une entreprise de Philadelphie, a commencé à construire des véhicules électriques au cours des mêmes années, après avoir construit un prototype pour le Concours du Times Herald de 1895. La société Riker Electric Motor Co. a été constituée en 1898, à Brooklyn, son prototype ayant remporté la course automobile de la Rhode Island State Fair. Les premiers producteurs commerciaux de véhicules à moteur semblent avoir opté, en général, pour une source d’énergie électrique.

Le fait que, dans le futur, Elon Musk et Tesla soient classés ou non au même rang qu’Henry Ford et Ford Motor Co. (ou que Tesla ne soit pas plus connu dans 100 ans que Riker Electric Motor Co. aujourd’hui) a peut-être de l’importance pour M. Musk, mais pour nous, cela n’en a aucune.

Ce qui nous importe, en tant qu’investisseurs, c’est la possibilité d’identifier les gagnants et les perdants du secteur des véhicules électriques automobiles, à conduite autonome, et des révolutions qui s’annoncent en matière d’intelligence artificielle.

Notre rôle est de faire fi de la publicité et des modes, et de nous focaliser sur les tendances durables, susceptibles de rapporter d’énormes gains aux investisseurs.

Une révolution électrique, solaire et autonome

Tesla et les véhicules électriques s’inscrivent dans une histoire beaucoup plus vaste. La croissance exponentielle, ou ce que la Silicon Valley qualifie de technologie « révolutionnaire » (disruptive technology), ne provient pas d’une seule spécialité ou d’un seul secteur de la science, mais de la convergence de multiples domaines qui, en apparence, n’ont aucun lien.

Les véhicules électriques sont révolutionnaires, notamment parce qu’ils contiennent une infime quantité des pièces mobiles et composants que l’on trouve dans un véhicule équipé d’un moteur à combustion interne. Cela signifie qu’ils coûtent moins cher à produire et à entretenir.

Les véhicules à conduite autonome sont révolutionnaires, non seulement parce qu’ils remplacent les conducteurs, mais parce qu’ils remplacent les parkings et annulent les frais incombant aux propriétaires. A l’avenir, les véhicules à conduite autonome, ou sans conducteur, sillonneront les villes, proposant des services de transport sans qu’il soit nécessaire d’être propriétaire d’un véhicule.

L’énergie solaire est révolutionnaire car elle remplace les services aux collectivités. A l’avenir, les maisons et les bureaux seront construits selon une conception intégrant des cellules photovoltaïques, contrairement aux panneaux indépendants installés actuellement.

Les propriétaires de maison n’achèteront pas l’énergie proposée par le réseau mais alimenteront celui-ci, en faisant partie d’un réseau décentralisé de petits producteurs d’énergie. Ils remplaceront totalement le modèle de services aux collectivités actuel.

A présent, imaginez la convergence de ces technologies. Les véhicules électriques peuvent être construits avec des panneaux solaires intégrés, au lieu de chargeurs externes. L’adoption généralisée de l’énergie solaire abaissera le coût de l’énergie et, par conséquent, le coût de fonctionnement des véhicules électriques. Les véhicules autonomes utilisés pour offrir des services de transports réduiront encore plus les coûts en éliminant les frais de capacité excédentaire et de parking.

La convergence de ces trois technologies (entre autres) crée une boucle de rétroaction positive. L’efficacité, ou l’économie d’échelle, présente dans un secteur, fait baisser le prix des autres secteurs, tout en augmentant leur faisabilité.

Rien de tout cela ne dépend de subventions de l’Etat (bien qu’elles existent actuellement), ou de l’adhésion à l’Accord de Paris sur le changement climatique, ou de toutes considérations concernant les énergies vertes. L’adoption des véhicules électriques et des cellules photovoltaïques se propulsera d’elle-même, par une simple économie de marché et des prix moins chers. Ni les subventions, ni l’idéologie écologique n’entrent en ligne de compte.

Les sceptiques et les détracteurs souligneront avec dédain le fait que l’énergie solaire représente environ 1,5% de la production énergétique américaine, à l’heure actuelle. Cela revient à ignorer la force de la croissance exponentielle.

L’utilisation de l’énergie solaire double tous les deux ans. En partant de 1,5%, voici ce que représente l’énergie solaire, en pourcentage de la totalité des besoins en électricité, aux Etats-Unis : 3% en 2019, 6% en 2021, 12% en 2023, 24% en 2025, 48% en 2027 et 96% en 2029.

Autrement dit, 100% de la production d’électricité pourrait provenir de l’énergie solaire en à peine plus de 10 ans. Les puits de pétrole et de gaz, les mines de charbon, les stations-services, les pipelines, les lieux de stockages, les raffineries, les services de livraison de propane et aux collectivités deviendront tous obsolètes et dénués de valeur avant même que les nouveau-nés actuels n’entrent en sixième. Ce n’est pas révolutionnaire, ça ?

Est-ce qu’il existe des obstacles à cette révolution techno-énergétique ? Oui. La contrainte, c’est l’autonomie et la capacité de stockage des batteries.

Le lithium, le « carburant » de cette révolution

L’énergie solaire est une source du type « on s’en sert ou on la perd ». L’énergie solaire qui ne peut être stockée est perdue. Lorsque le temps est nuageux, aucune énergie solaire n’est générée.

La solution, c’est de stoker l’énergie générée lorsqu’il fait soleil et de la fournir lorsque le temps est nuageux. Pour y parvenir, il faut des batteries. Et les plus efficaces, à cet effet, sont les batteries lithium-ion.

Une seule clé peut débloquer tout ce nexus révolutionnaire. Et cette clé, c’est le lithium.

Sans lithium, il n’y a pas de batteries lithium-ion, pas de possibilité de stockage réaliste pour l’énergie solaire, et pas de cycle d’adoption de cette énergie solaire révolutionnaire.

Le lithium est l’une des ressources naturelles les plus importantes dans le monde, actuellement. Il se situe sur le même plan que l’or, l’argent, le pétrole et l’eau.

Le contrôle des sources de lithium équivaut de manière effective à contrôler l’avenir de la croissance économique et technologique de la planète.

Comment les investisseurs peuvent-ils profiter aujourd’hui de la croissance exponentielle de l’énergie solaire basée sur le lithium, au cours de ces 10 prochaines années et au-delà ?

L’évènement le plus important de tous a déjà été indiqué plus haut : l’engagement des principaux constructeurs, tels que Volvo, et de pays majeurs, tels que la France, d’adopter à l’avenir des moteurs dépourvus de systèmes à combustion interne.

Politiquement, c’est discutable, mais pas du point de vue des conséquences économiques. Une fois que l’un des principaux acteurs passe dans le camp de l’électricité, chez les constructeurs, l’équilibre penche résolument en faveur des véhicules électriques et des technologies associées, y compris des batteries lithium-ion.

La Chine a également franchi le pas. Elle développe des projets majeurs en matière de véhicules électriques, d’intelligence artificielle et de technologies liées aux batteries. La Chine est la deuxième économie mondiale mais l’une des plus faibles en ce qui concerne ses ressources de pétrole et de gaz naturel. Aucun pays ne gagnera autant que la Chine à adopter l’énergie solaire et les capacités de stockage offertes par les batteries lithium-ion.

Cette révolution de l’énergie solaire-lithium est imminente, mais peu d’investisseurs la prenne au sérieux. Les investisseurs qui se positionnent dès maintenant dans le domaine du lithium pourront réaliser d’énormes gains grâce à la révolution technologique la plus bouleversante depuis l’invention de l’automobile.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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