Bataille autour des mines d'uranium

Rédigé le 29 novembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

En janvier dernier, je vous ai longuement parlé de l’uranium et de son potentiel. J’ai terminé mon article en disant que 2007 nous réservera sans aucun doute des surprises.

A peine un mois après, nous y sommes déjà ! Avec une belle fusion dans le secteur de l’uranium. Suivez-moi…

XXIème siècle : cap sur l’uranium
Le XXème siècle aura été le siècle du pétrole. Incontestablement, le XXIème siècle sera celui de l’uranium. A l’heure où le climat se dérègle pour cause de pollution au CO2 et où les réserves en pétrole fondent comme neige au soleil, jamais l’énergie nucléaire n’aura eu autant le vent en poupe. Les Etats, les uns après les autres, lancent ou relancent leur programme nucléaire.

Le cours de l’uranium est ainsi passé de 10 $ mi-2003 à 75 $ actuellement. Soit une hausse de 650% en trois ans et demi.

Un marché très déficitaire
Et pour cause, le marché est structurellement déficitaire. La demande (70 000 tonnes/an) dépasse déjà de 40% l’offre (40 000 tonnes/an). Pire, les mines en activité voient leur production décroître alors que les projets miniers nouveaux n’en finissent pas de prendre du retard.

L’offre peine à arriver sur le marché alors que la demande s’envole. Partout, on construit des centrales nucléaires. Les nouveaux projets affluent.

Quant aux stocks, ils s’épuisent… Le marché devrait donc rester fortement déséquilibré jusqu’en 2015, ce qui nous laisse de belles perspectives. Comme je vous le disais en janvier dernier, un cours à 100 $ d’ici un à deux ans est probable. C’est mon avis en tout cas.

Les mines d’uranium valent de l’or
Dans ces conditions de marché, les mines d’uranium valent de l’or. Partout, on cherche des mines d’uranium pour les mettre en exploitation. Alors qu’elles ont été délaissées pendant des années, faute de demande, on se met aujourd’hui à creuser et piocher avec une frénésie non dissimulée. Partout, dans les pays producteurs que sont l’Australie, le Canada et le Kazakhstan, et non loin derrière, l’Afrique du Sud.

Avec un cours à 75 $, c’est une véritable guerre larvée que les groupes miniers mènent. Une guerre pour mettre la main sur les réserves d’uranium.

Un marché hyper concentré
80% de la production mondiale d’uranium sont aux mains de 8 gros groupes, dont les principaux sont Cameco, notre champion Areva, et les conglomérats Rio Tinto et BHP Billiton.

Mais la surprise dont je vous parlais est venue d’Uranium One qui vient de racheter son homologue UrAsia pour 3,9 milliards de dollars. Le nouveau groupe aura une valeur boursière de 5 milliards de dollars et sera l’un des plus grands producteurs d’uranium au monde, avec des réserves prouvées de 49 millions de livres.

Imaginez un peu : Uranium One a racheté il y a quelques années à Anglogold ses mines d’uranium sud-africaines abandonnées. A ce moment là, l’uranium valait 10 $ et personne n’en voulait. Anglogold s’en mord certainement les doigts aujourd’hui !

Quant à UrAsia, il est essentiellement présent au Kazkhstan. Les deux groupes sont donc géographiquement très complémentaires.
 
La nouvelle entité prévoit de mettre sur le marché en 2008 quelque 7 millions de livres d’uranium (soit 3,2 millions de tonnes).

Uranium One est coté au Canada sur le TSX sous le symbole SXR et cote actuellement 16,5$ca contre 8 $ en octobre dernier — soit une progression de 100% en 5 mois. Pas mal !

UrAsia est coté au Canada sous le symbole UUU. Son cours a explosé, puisqu’il est passé de moins de 3 $ca en octobre dernier à 7,25 $ca actuellement, soit une progression de presque 150% en 5 mois.

Tous ceux qui ont misé sur les valeurs uranium ont le sourire aux lèvres !

Je pense bien sûr à notre expert Thomas Chaize qui a investi cet été dans les valeurs uranium ! Incontestablement, il a du flair…

Mais je pense surtout aux lecteurs de Vos Finances – La Lettre du Patrimoine, qui ont empoché grâce à notre spécialiste Simone Wapler, que vous connaissez bien, un gain encore supérieur aux deux performances ci-dessus évoquées !

Je vais lui demander de nous livrer son avis sur la question dans notre Edito. Quelques jours de patience… rendez-vous est pris !

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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