Les incroyables avantages des réacteurs au thorium

Rédigé le 18 mai 2017 par | Indices & Actions Imprimer

Nous avons vu dans la première Quotidienne dédiée aux réacteurs au thorium que cette nouvelle filière est résolument différente des réacteurs à eau légère pressurisée (REP) et autres REB (réacteurs à eau bouillante) qui équipent majoritairement la planète.

L’architecture totalement différente des réacteurs à sels fondus (RSF) permet bien plus qu’une simple augmentation de l’efficacité énergétique : elle permet d’envisager un maillage différent du territoire – indépendamment de la présence de cours d’eau.

En un mot : ces réacteurs auraient la flexibilité des installations photovoltaïques avec la puissance des sites nucléaires.

Une perspective intéressante, ne trouvez-vous pas ? Ce n’est pourtant qu’une des nombreuses nouveautés offertes par les réacteurs au thorium.

Des promesses qui vont au-delà de l’aspect énergétique

Les réacteurs au thorium ne sont pas que des super-centrales nucléaires dont le rendement énergétique aurait été dopé.

Vous n’ignorez pas que nos centrales actuelles fonctionnent à l’uranium. Comme toute ressource minière, sa quantité est limitée sur notre petite planète. Chaque livre utilisée dans une centrale n’est plus disponible et doit être remplacée.

Nous l’avons vu début janvier, le marché de l’uranium a été faussé jusqu’à très récemment par le programme de démantèlement des arsenaux nucléaires qui a mis d’importantes quantités de minerai sur le marché.

Cette parenthèse touchant à sa fin, les électriciens doivent à nouveau se préoccuper de l’approvisionnement et de l’enrichissement du précieux combustible… Et ce n’est pas une mince affaire.

Enrichir l’uranium est un défi technologique que seuls certains pays maitrisent. Les événements de politique internationale nous montrent régulièrement à quel point ce sujet est sensible et loin d’être trivial pour toutes les nations industrielles. Passons rapidement sur ce point qui n’est pas un problème en France : nos industries sont une référence dans le domaine.

La question de l’approvisionnement se posera toutefois pour tous les pays. Vous pensez que le pétrole est une énergie qui n’est pas durable et dont l’épuisement guette ? Le cas de l’uranium est encore plus préoccupant. Selon l’AIEA, les réserves prouvées d’uranium permettraient de faire fonctionner le parc actuel des centrales durant… 70 ans seulement !

Ce chiffre doit bien sûr être revu au fur et à mesure de la migration de l’Inde et de la Chine vers l’électricité nucléaire, et de l’essor de la voiture électrique dans nos pays. Tout accroissement du nombre de centrales en activité viendra mécaniquement rapprocher la date fatidique.

Même les inquiets du peak-oil les plus pessimistes n’imaginent pas une disparition de leur ressource fétiche avant un siècle. C’est dire si la production d’électricité par uranium est précaire !

La filière thorium vient au secours des électriciens et promet un approvisionnement pour les 500 prochaines années pour un parc équivalent à celui des centrales actuelles. Pas de quoi soutenir une croissance exponentielle durant 150 ans comme a pu le faire le pétrole (ni mériter le qualificatif de durable), mais le thorium pourrait nous accompagner jusqu’à la fin du siècle. Cet avantage n’est pas négligeable quand on sait sur quelle durée se déploient les grandes politiques énergétiques.

Cette différence est due à la meilleure utilisation du combustible dans les réacteurs à sels fondus. Là où un REP n’utilise qu’une petite fraction de l’uranium présent dans les barres de combustible, un réacteur à sels fondus fonctionne en permanence avec un mélange optimisé.

Il est possible d’adapter en continu la composition du liquide qui rentre dans le coeur du réacteur et de ne retirer que les sous-produits de la réaction tout en laissant le précieux combustible.

Le gaspillage d’uranium inhérent aux réacteurs à eau pressurisée n’a donc plus lieu avec le thorium.

Pour conclure sur l’aspect minier de l’approvisionnement, le thorium a également la bonne idée d’être parfaitement réparti dans l’écorce terrestre. Finies les compromissions avec les pays peu recommandables : la quasi-totalité des nations possède du thorium dans son sous-sol.

L’indépendance énergétique est toujours bonne à prendre. Une fois les centrales construites, tous les pays pourront assurer (s’ils le souhaitent) leur propre approvisionnement.

Et si le thorium s’occupait de nos déchets nucléaires ?

Un autre avantage des réacteurs au thorium est qu’ils peuvent fonctionner avec différents mélanges de combustible.

Si nous n’allons pas passer en revue les 1001 manières d’approvisionner un réacteur à sels fondus, sachez toutefois que ces réacteurs peuvent fonctionner en surgénérateurs. Cela signifie qu’ils sont capables de produire eux-mêmes ce qui deviendra leur combustible par irradiation.

En pratique, les RSF auront pour combustible habituel un mélange d’Uranium 233 et de thorium. Ce mélange peut être initialement fabriqué en utilisant du plutonium convenablement préparé dans des centrales nucléaires classiques.

Cette possibilité est importante car le plutonium est un sous-produit particulièrement encombrant de nos vénérables REP. Le plutonium est toxique, radioactif, difficilement traitable, et a comme seule utilité industrielle la fabrication de bombes atomiques.

Les stocks de plutonium sont en croissance continue, et nous ne savons toujours pas comment le valoriser. La multiplication des ogives nucléaires n’est plus une priorité ; l’utiliser comme combustible initial pour de futures centrales nucléaires serait un moyen élégant de transformer ce déchet problématique en ressource.

En régime de croisière, plus besoin de plutonium. Les réactions de fission en jeu dans les réacteurs au thorium produisent sensiblement moins de déchets au retraitement difficile, ce qui lève un des problèmes majeurs de l’énergie nucléaire.

Moins d’accidents… sur le papier

Les REP et REB qui parsèment la planète ne sont pas aussi fiables que ce qui était annoncé lors de leur mise en service. Les premières estimations prévoyaient un accident majeur tous les 30 000 ans – pour ainsi dire jamais à l’échelle de notre civilisation.

La réalité s’est montrée toute autre. Nous avons déjà connu plusieurs accidents (dont certains catastrophiques) au cours des 70 dernières années.

Le fait est que les réacteurs classiques à l’uranium sont des machines complexes dans lesquelles le moindre grain de sable dans les rouages a des conséquences extrêmes.

Les réacteurs à sels fondus nous protègent des emballements de réacteurs comme cela a pu être le cas à Tchernobyl ou Three Mile Island. Ces nouvelles centrales n’ont donc pas de raison de s’emballer et d’exploser en quelques minutes. C’est, en soi, une bonne nouvelle.

En revanche, elles ne nous protègeront pas des défauts du système de refroidissement (scénario type Fukushima). Une centrale nucléaire, même convenablement arrêtée, continue de générer de la chaleur résiduelle durant plusieurs jours. Il faut absolument évacuer cette chaleur sous peine de voir la température monter inexorablement et détruire les installations. Les RSF n’échappent pas à cette contrainte.

La sécurité annoncée des réacteurs au thorium, souvent mise en avant, doit donc être prise avec un peu de recul. Certains types d’accidents ne pourront avoir lieu, c’est un fait. N’oublions cependant pas ce que les 70 dernières années nous ont enseigné : la nature sait se montrer plus imaginative que les prévisions humaines…

Nous terminons ainsi ce tour d’horizon des avantages apportés par la filière thorium.

Rendez-vous demain pour découvrir quelle place pourront prendre ces nouveaux réacteurs dans notre économie et répondre à cette question : pourquoi entendons-nous si peu parler de cette technologie malgré ses avantages ? [NDLR : Le thorium ne fait pas beaucoup parler de lui ? Ce n’est pas le cas de cette source d’énergie qui ne cesse sur le devant de la scène. Cette énergie, c’est le solaire et elle vit une petite révolution interne en devenant enfin rentable. Le mix d’énergie est notre avenir énergétique et c’est ce dont est persuadé Ray Blanco qui vous propose cet investissement qui vous permet de profiter de la croissance rapide des installations solaires aux Etats-Unis. A découvrir dans votre NewTech Insider]

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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