Gerald Celente – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 Energie solaire : Donald Trump vient de faire une grosse erreur – profitez-en ! http://quotidienne-agora.fr/energie-solaire-trump-erreur-profitez/ http://quotidienne-agora.fr/energie-solaire-trump-erreur-profitez/#respond Tue, 18 Apr 2017 09:41:50 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69425 Energie solaire

Lors de la présentation de son premier budget en tant que Président des Etats-Unis, Donald Trump a été très clair : les énergies fossiles sont à nouveau au goût du jour. Le renouvelable et les sources d'énergie verte vont devoir se battre seuls. Son budget est par contre très généreux avec l'Administration nationale de la sûreté nucléaire...

Allez, faites semblant d'être étonné !

La proposition de budget de Trump, de 1 100 milliards de dollars, taille dans tous les programmes de dépenses dont le nom ou le mandat n'inclut pas "militaire" ou "sécurité nationale". Il accélère les dépenses dans ces domaines pour alimenter l'urgence guerrière qui constituait le cri de ralliement de sa campagne : America First, l'Amérique d'abord.

Les énergies renouvelables et alternatives n'ont pas été épargnées. Son budget propose de spectaculaires coupes de financement dans une poignée de programmes consacrés aux énergies nouvelles. Le solaire, le renouvelable, d'autres recherches sur les énergies alternatives, des programmes de bourses et de prêts, tous risquent d'être ratiboisés si les propositions de Trump sont acceptées.

L'un après l'autre, les programmes développant des solutions d'énergie propre pourraient être paralysés, voire disparaître. L'Advanced Research Projects Agency-Energy est l'une de ses cibles. Ce programme soutient le développement de nouvelles technologies énergétiques qui n'ont pas encore retenu l'attention du secteur privé...

Le Title 17 Innovative Technology Loan Guarantee Program est aussi sur la liste noire de Donald Trump. Cette initiative permet aux entreprises d'investir dans les technologies énergétiques en garantissant les prêts. Coupes claires au programme ici aussi...

Le budget de Trump est une ode lyrique anti-changement climatique. Il envoie un message clair, opposé à celui promu par le reste du monde. Trump est en guerre contre les énergies propres, mais il risque bien de se prendre les pieds dans le tapis et de créer une vague d'opportunités d'investissement dans les énergies renouvelables.

Pourquoi ? Parce que, pour commencer, le Congrès n'a pas encore approuvé son budget. C'est un processus long, et le projet initial ne ressemblera en rien à ce qui sera finalement proposé lors de cette assemblée.

Ensuite, la révolution des énergies renouvelables s'est emparée de la planète entière. Elle ne connaît pas de limites géographiques, économiques, culturelles ou sociales. Cette tendance surpasse de loin ce qui se passe dans l'Amérique de Trump.

C'est de la technologie, et non des ressources naturelles, dont dépend l'avenir de l'énergie. De la mer de Béring à l'Afrique sub-saharienne, de la Suède au Costa Rica, les grands comme les petits pays explorent, inventent et créent de nouvelles technologies énergétiques.

Indépendance et énergies renouvelables

Il n'y a pas si longtemps encore, certains aux Etats-Unis justifiaient l'idée de verser du sang américain au Moyen-Orient par le pétrole.

Il fallait protéger l'approvisionnement en or noir. Pour cela, une peur collective a été entretenue : celle de files de conducteurs désespérés prêts à patienter des heures à une station essence pour obtenir du carburant à prix d'or.

L'inquiétude fabriquée de toute pièce que l'explosion des prix du pétrole puisse semer la terreur dans nos économies s'est évaporée.

Ce que je prévois depuis des années est aujourd'hui une réalité : l'excédent de ressources pétrolières a fait radicalement baisser le cours du pétrole ou du gaz. En parallèle, les énergies fossiles doivent affronter la concurrence de nouvelles sources d'énergie mais aussi de nouveaux acteurs. Leur monopole vacille, et va s'effondrer dans les années qui viennent. C'est une certitude.

Dès 2014, je prédisais que les énergies renouvelables connaîtraient un spectaculaire succès, grâce à une baisse drastique de leurs coûts de production – permise par l'innovation technologique. C'est ce à quoi nous assistons.

Des voitures à hydrogène au "charbon propre", je prédisais que notre idée de l'énergie allait prendre un tournant majeur. Je ne me suis pas trompé. Lorsque j'ai fait cette prédiction, il était impossible d'imaginer un monde dans lequel l'Occident ne dépendrait pas du pétrole moyen-oriental. Les conséquences de cette dépendance étaient aussi bien d'ordre économique que géopolitique.

Mais, en 2017, il est devenu possible d'imaginer un monde qui ne repose pas sur cette dépendance. C'est même une réalité, qui doit beaucoup aux énergies alternatives et vertes. Pour nombre de pays, la voie vers l'indépendance énergétique passe par le vert.

Il y a 100 ans encore, le charbon était l'énergie dominante. Cette position lui a été dérobée par le pétrole. Avant cela, les gens se déplaçaient à cheval ou en chariot. Nous assistons aujourd'hui au même genre de changement.

Alors, oui, Donald Trump peut soutenir les constructeurs automobiles, les producteurs de charbon et les industries énergétiques nucléaires ou traditionnelles. Mais les investissements dans les technologies d'énergie verte continuent de progresser dans le monde entier.

La Chine vient par exemple d'annoncer un investissement de 360 milliards de dollars dans le renouvelable. Selon certains analystes, le pays pourrait rapidement devenir leader mondial dans ce domaine. La Suède, le Costa Rica, l'Allemagne, le Danemark et l'Inde, entre autres, accélèrent leurs investissements dans ces sources d'énergie innovantes.

La course vers une énergie plus abordable et plus propre continuera de s'accélérer. Ne serait-ce parce que ces énergies réaniment les vieux rêves d'autosuffisance. Quel pays ne rêve pas d'accéder à l'indépendance énergétique ?

Renouvelable et croissance marchent main dans la main

Même si Donald Trump ne partage pas cet avis, il n'en reste pas moins que le développement des énergies renouvelables est un formidable soutien à la croissance économique d'un pays.

Aux Etats-Unis, les Etats où les industries vertes sont le mieux implantées sont aussi les plus attractifs économiquement. C'est en tout cas ce que dit un nouveau rapport intitulé Corporate Clean Energy Procurement Index: State Leadership & Rankings.

L'étude a été commanditée par la Retail Industry Leaders Association, basée en Virginie, et par l'Information Technology Industry Council, à Washington DC. L'idée était de classer les 50 Etats américains selon la facilité avec laquelle les grandes entreprises pouvaient obtenir un accès à de l'énergie renouvelable produite à l'intérieur du pays.

De plus en plus d'entreprises s'engagent pour l'énergie renouvelable. Elles y sont encouragées par la réglementation, la demande des consommateurs et leurs propres objectifs en matière de développement durable. Elles sont donc attirées par les Etats où l'énergie verte est disponible facilement et en grande quantité.

L'industrie du solaire aux États-Unis emploie plus de personnes que les industries du charbon et du gaz naturel, selon une étude de la Solar Foundation. Ce n'est pas une coïncidence.

Le gouvernement britannique a récemment confirmé qu'il allait investir 730 millions de livres par an pour soutenir des projets d'énergie renouvelable. L'énergie éolienne et marémotrice auront la priorité. Pour le ministre britannique de l'énergie et du commerce, cette décision vise à attirer les entreprises et les technologies de l'économie verte. Parallèlement, les centrales à charbon conventionnelles auront disparu du territoire britannique d'ici à 2025.

Le Royaume-Uni n'est pas le seul à vouloir se passer du charbon. La Chine a récemment renoncé à plusieurs dizaines de projets de construction de centrales à charbon. Le fonds souverain de Norvège a, quant à lui, renoncé à investir dans cette source d'énergie.

Misez sur le changement de l'avenir de l'énergie

Selon moi, cette révolution énergétique sera la plus grande occasion d'investissement du XXIe siècle. Ses ramifications s'étendront à presque tous les aspects de notre quotidien, de nos sociétés... et de l'investissement.

Malgré tout, et même si la révolution énergétique est en marche, ExxonMobil ne va pas mettre la clé sous la porte dans les prochaines semaines. Il faudra sans doute des décennies pour que l'économie fossile le redevienne. Les lobbies et les politiques payés par les industries du pétrole et du charbon tenteront par tous les moyens de trouver des méthodes légales et réglementaires pour protéger leurs intérêts.

Tous les Trump du monde politique peuvent donc continuer à favoriser les industries fossiles, ils ne pourront pas arrêter le tsunami des nouvelles technologies énergétiques qui nous submergera bientôt.

D'ici le milieu du xxi e siècle, l'industrie du pétrole sera aussi morte que l'industrie de la graisse de baleine... Toutes les entreprises qui dépendent ou approvisionnent l'industrie des énergies fossiles ou du nucléaire seront emportées dans cette chute – les minières, le forage, les raffineries, les usines de transformation, la livraison, le stockage, l'équipement... Ceci ouvre d'immenses occasions d'investissement et de profits.

Ce que nous vous proposons ce mois-ci, avec Ray Blanco dans NewTech Insider, ce n'est pas de parier sur une petite tendance technologique mais de profiter d'une mutation économique, politique, sociale, environnementale profonde. Si vous n'avez encore jamais investi dans les énergies renouvelables, c'est le moment ou jamais. Ray Blanco a le candidat parfait pour vous lancer... et c'est la toute dernière recommandation de NewTech Insider.

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Régénérez-vous grâce aux cellules souches http://quotidienne-agora.fr/regenerez-grace-aux-cellules-souches/ http://quotidienne-agora.fr/regenerez-grace-aux-cellules-souches/#respond Thu, 16 Mar 2017 11:30:45 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69144 cellules souches

Hier, nous avons vu qu'il était possible cultiver, in vitro, de mini-organes de poumons, de cœur, de foie, etc. Pour quoi faire ?

Premièrement pour mieux comprendre leur fonctionnement, pour pouvoir par exemple tester des traitements sans passer par des essais sur des cobayes humains ou animaux.

Deuxième possibilité : celle de faire pousser des tissus ou même des organes qui pourraient, à terme, remplacer un organe malade ou défectueux. Une alternative aux greffes et au risque de rejet puisque ces organes seraient les vôtres.

Cette révolution des organoïdes n'aurait pu être possible sans l'incroyable développement de la recherche dans un domaine assez controversé : celui des cellules souches.

Les cellules souches, le cœur de cette révolution thérapeutique

Les organoïdes sont nés grâce aux compétences croissantes des scientifiques en matière de cellules souches. Il s'agit de cellules "génériques" qui se spécialisent pour devenir des dents, des cheveux ou un pancréas à mesure qu'elles se développent, selon les signaux chimiques qu'elles reçoivent.

Les cellules souches embryonnaires peuvent devenir n'importe quel type de tissus ou presque ; il suffit de leur donner les bons signaux biochimiques pour leur dire si elles doivent devenir des dents, de la peau ou un pancréas.

On trouve aussi des cellules souches adultes dans des organes matures : elles peuvent être stimulées pour produire plus de cellules similaires à celles qu'elles sont déjà. Les cellules du corps portent en elles les connaissances nécessaires à leur propre organisation. Personne n'a besoin de leur dire quel type de cellules doit aller où. Elles le savent déjà. Il n'est pas nécessaire que les scientifiques fabriquent un organoïde : les cellules s'en chargent elles-mêmes.

Pour faire pousser des organoïdes, les scientifiques utilisent des cellules souches "pluripotentes induites". Ces cellules spécialisées ont été génétiquement reprogrammées à l'aide d'une technique qui a valu un prix Nobel à son inventeur, et qui permet de les transformer à nouveaux en cellules souches "non spécialistes".

Au départ, ces cellules souches étaient utilisées pour fabriquer des plaques de tissus spécialisés. Pour faire en sorte que ces plaques ressemblent plus aux formes en 3D des organes réels, on les a fait pousser sur des échafaudages, comme les perles de verre de l'UCLA.

Aujourd'hui, les scientifiques apprennent à nourrir les cellules souches avec les concoctions biochimiques appropriées, et elles commencent à se comporter comme elles le font dans un embryon en cours de développement – elles se différencient pour devenir des cellules spécialisées qui ont des tâches différentes à remplir et s'organisent comme elles le feraient dans un embryon.

Nombre de personnes dont le foie est en train de mourir pourraient être sauvées si de tels organes fabriqués en laboratoire étaient disponibles. Mais il est difficile de faire pousser un foie en dehors du corps : la plupart des cellules hépatiques ne peuvent pas survivre plus d'une journée en laboratoire.

En tous cas jusqu'à aujourd'hui. Une équipe de chercheurs de l'Université de Yokohama City, au Japon, a mis au point des cellules souches précurseurs de cellules du foie. Ils ont mélangé ces cellules avec un système de support cellulaire qui envoie des signaux biochimiques pour dire aux cellules pré-hépatiques de grandir. Le mélange permet de créer des mini-foies de la taille d'une cacahuète, capables de survivre jusqu'à huit semaines dans une boîte de Pétri.

L'espoir du groupe est de faire pousser et d'implanter suffisamment ces "graines" de foie dans un organe en mauvais état pour faire en sorte qu'il reprenne le dessus, et, à terme, finisse par constituer un nouvel organe.

L'idée a été testée chez les souris : les chercheurs ont greffé une dizaine de ces "graines" et les ont vu utiliser les vaisseaux sanguins de la souris pour grandir jusqu'à atteindre leur maturité et remplir une bonne partie des fonctions hépatiques ordinaires. Même les souris dont le foie avait été détruit par un traitement toxique ont, pour la plupart, survécu une fois les "graines" implantées.

Les essais cliniques pourraient commencer d'ici 2020, et se concentrer au départ sur les enfants.

Des mini-cerveaux pour nous aider à lutter contre les maladies les plus complexes

Les organoïdes cérébraux sont particulièrement prometteurs. Les secrets des troubles cérébraux allant de l'autisme à la maladie d'Alzheimer sont très difficiles à percer. Cultiver quelques cellules de la région cérébrale défectueuse d'une personne pourrait permettre d'en obtenir une quantité suffisante pour étudier une maladie et tester des traitements – voire tester diverses possibilités de traitement sur les cellules d'un individu donné pour déterminer ce qui fonctionne le mieux dans son cas à lui.

Les premiers organoïdes – des mini-intestins – ont été cultivés en 2009 dans un laboratoire des Pays-Bas, mais il a fallu attendre 2013 pour réussir à faire pousser de minuscules sections de cerveau.

Les chercheurs d'un laboratoire de Vienne ont alors constaté que les cellules cérébrales qu'ils faisaient pousser sur une surface plate commençaient à s'agglomérer. Ils ont rincé délicatement ces agglomérats avec des nutriments et les amas se sont transformés en grumeaux d'environ 3 mm.

Mais, lorsque les scientifiques ont regardé à l'intérieur de ces amas, ils ont constaté que les cellules commençaient à se différencier pour devenir des régions cérébrales spécifiques, avec des fonctions spécifiques également.

L'une des membres de l'équipe s'intéressait à la microcéphalie : les bébés touchés naissent avec une tête anormalement petite. C'est l'un des résultats les plus épouvantables du virus Zika.

Cette chercheuse a donc prélevé des cellules de peau de personnes atteintes, les a reprogrammées pour en faire des cellules souches, et a donné des signaux biochimiques aux cellules obtenues pour les transformer en organoïdes neuronaux. Elle s'est rendu compte que ces organoïdes étaient plus petits que ceux des cerveaux normaux. Sa découverte a ouvert une nouvelle voie à la recherche qui pourrait permettre de lutter contre les conséquences de Zika.

A Yale, un autre groupe a fait pousser des mini-cerveaux pour étudier l'autisme. Les chercheurs ont pris des cellules souches chez les pères d'enfants atteints d'autisme. Ils ont ensuite cultivé les deux ensembles de cellules pour en faire des organoïdes cérébraux.

Ils se sont rendu compte que les cellules qui inhibaient les signaux biochimiques connaissaient une croissance plus rapide dans les "graines" de cerveaux autistes que dans les cerveaux normaux. En ajoutant certains signaux biochimiques, l'équilibre habituel de la croissance a pu être restauré. La découverte a lancé des rumeurs d'un éventuel traitement curatif.

Evidemment, il y a d'importantes questions éthiques qu'il faudra régler... nous en avons d'ailleurs parlé dans NewTech Insider.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Pour l'instant, les scientifiques cultivent leurs "graines" et leurs petits morceaux... c'est déjà suffisant pour tester de nouvelles générations de traitements, faire naître un nouvel espoir pour les personnes ayant besoin de greffes et mieux comprendre les processus complexes capables de transformer une masse cellulaire en être humain.

De plus en plus d'entreprises – à la croisée de la biologie, de l'ingénierie et de l'informatique – vont naître et se développer.

La capacité à traiter une maladie en utilisant nos propres matières premières ou à remplacer des organes défaillants sans risque de rejet devrait rallonger nettement l'espérance de vie humaine au cours des prochaines décennies.

En combinant l'intelligence artificielle, la robotique, le génie génétique et la capacité à faire pousser de nouveaux organes en dehors du corps, il sera possible de remettre en question, voire de changer du tout au tout, notre définition de la vie.
Il ne s'agit pas simplement de prolonger votre espérance de vie ; vous avez aussi l'occasion de profiter de cette tendance dès maintenant en investissant sur elle... C'est ce que nous vous proposons avec Ray Blanco dans le nouveau numéro de NewTech Insider : une biotech qui a pris une longueur d'avance en matière de cellules souches et d'organoïdes. A découvrir ici...

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Faites pousser de petits organes ! http://quotidienne-agora.fr/pousser-de-petits-organes/ http://quotidienne-agora.fr/pousser-de-petits-organes/#respond Wed, 15 Mar 2017 11:30:44 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69140 organes

Imaginez un peu : votre médecin prélève quelques cellules de votre corps et les utilise pour faire pousser un nouveau foie. Ou un nouveau cœur. Ou de nouveaux poumons. Dans une boîte de Pétri. Dans un laboratoire.

Ce n'est pas de la science-fiction : de nouveaux organes sont déjà créés dans des laboratoires médicaux.

Pas besoin d'attendre une greffe, aucun risque de rejet, adieu la maladie.

Culture de mini-organes

Les chercheurs utilisent des "organoïdes" – de petits morceaux d'organes humains qui germinent dans des boîtes de Pétri, en laboratoire. L'objectif : en savoir plus sur la croissance des organes, le développement ainsi que la progression des maladies, et tester des traitements sur de vrais organes humains sans mettre personne en danger.

La quantité de maladies et de pathologies chroniques que l'on peut traiter grâce aux récentes avancées en matière de bio-ingénierie est presque sans limite.

Prenez la fibrose pulmonaire idiopathique, un raidissement des tissus pulmonaires internes qui les empêche de fonctionner. "Idiopathique" signifie que personne ne peut en expliquer la cause. Et il n'y a pas de traitements curatifs.

Imaginez, si vous pouviez prendre des cellules pulmonaires touchées et leur faire remonter le temps génétique pour les transformer à nouveau en jeunes cellules, telles qu'elles étaient avant le début de la maladie ? Vous pourriez regarder cette maladie se développer pas à pas, tester diverses théories quant à sa cause puis tester des traitements potentiels sans mettre en danger un animal ou une personne en lui faisant prendre un traitement risqué ou en l'opérant.

C'est ce que les organoïdes rendent possible.

Comprendre et remplacer

A terme, les scientifiques s'attendent à pouvoir faire repousser de nouveaux organes pour les individus à partir de "graines" puis remplacer un organe usé ou endommagé par un nouveau. Il s'agit d'utiliser une banque de cellules issues de diverses parties de votre corps, voire de votre cordon ombilical.

A l'âge adulte, si un organe ne fonctionne plus ou que vous êtes atteint d'une maladie chronique, les cellules mises de côté pourraient être cultivées pour faire pousser un organe de remplacement. Inutile de chercher un donneur, ni de risquer un rejet.

Les poumons sont les premiers concernés, et pas seulement en raison de la fibrose. Les maladies pulmonaires sont l'une des quatre causes de décès les plus fréquentes au monde. Les poumons font donc partie des organes les plus souvent greffés.

Rien qu'aux États-Unis, plus de 30 000 poumons changent de propriétaire chaque année. Et il y a plus de 120 000 personnes sur les listes d'attente des transplantations pulmonaires. Mais la quantité de personnes obtenant une greffe est limitée : il est difficile de trouver un donneur, et la compatibilité entre le donneur et le receveur est loin d'être garantie.

La meilleure manière de résoudre le problème est de faire pousser ses propres organes. Et les chercheurs commencent déjà à récolter leurs premiers fruits.

Par exemple, des ingénieurs en biologie tissulaire de l'Eli and Edythe Broad Center of Regenerative Medicine and Stem Cell Research de l'université de Los Angeles (UCLA) ont récolté des cellules souches pulmonaires et les ont appliquées sur des perles de verre pour donner aux structures tissulaires une forme en 3D. Les cellules souches se sont ensuite organisées en alvéoles identiques à celles retrouvées dans les poumons humains.

C'est important, parce que les tissus pulmonaires que l'on peut faire pousser à plat dans une boîte de Pétri ne fonctionnent pas de la même manière que les structures en 3D que forment les vrais poumons.

Et puis, il y a le problème de la complexité de tels organes. Les poumons sont constitués de divers types de tissus et de cellules, chacun avec une tâche spécialisée. Il est difficile de faire pousser des organoïdes pulmonaires avec des cellules qui se spécialisent spontanément.

Chimie + technologie = un organe intelligent

Au printemps dernier, une équipe du centre médical de l'Université du Michigan annonçait avoir nourri des tissus pulmonaires avec un régime spécial qui leur a permis de quitter le fond de la boîte de Pétri pour former des sphéroïdes et commencer à se diviser en deux types de cellules pulmonaires.

Pour l'instant, les scientifiques ne peuvent pas encore faire pousser un poumon entier, notamment parce qu'il est difficile, en laboratoire, de créer des vaisseaux sanguins capables de soutenir la croissance tissulaire. Mais, ce qu'ils ont obtenu est suffisant pour commencer à étudier la progression de maladies comme la fibrose pulmonaire.

Une équipe de bio-chercheurs de la Wake Forest University a programmé des cellules souches pour les transformer en cellules cardiaques et créer des structures semblables à un cœur avec une imprimante 3D. Les structures, pour l'instant, sont à peine plus larges qu'un cheveu humain. Mais les scientifiques améliorent ces "graines" de cœur pour qu'elles puissent être utilisées pour étudier les causes et la progression des maladies cardiaques – et pour tester les effets de médicaments sur de vrais tissus cardiaques humains.

Cette révolution des organoïdes n'a pu se faire sans l'explosion de la recherche sur les cellules souches. C'est ce que je vous propose de voir dès demain, dans la Quotidienne... et si vous êtes impatients retrouvez-moi dans le tout nouveau numéro de NewTech Insider : avec Ray Blanco, nous vous y recommandons un spécialiste mondial des cellules souches et des organoïdes.

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Quand le cannabis devient médical http://quotidienne-agora.fr/cannabis-devient-medical/ http://quotidienne-agora.fr/cannabis-devient-medical/#respond Thu, 23 Feb 2017 14:10:05 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68993 cannabis

Hier, j'évoquais avec vous la longue marche vers la légalisation du cannabis aux Etats-Unis aussi bien pour usages médicaux que récréatifs. Je vous mettais aussi en garde contre les fausses promesses et les mirages de l'investissement dans ce secteur.

Oui, bien sûr, la légalisation de cette substance va créer de formidables opportunités de croissance et d'investissement, mais tout ce qui est estampillé "cannabis" ne mérite pas votre argent.

Un des secteurs économiques qui va le plus profiter de sa légalisation est le secteur médical.

Le potentiel thérapeutique du cannabis, nouvel enjeu de la recherche

Depuis des générations, les défenseurs du cannabis vantent ses effets médicinaux et curatifs. De manière généralement assez peu subtile. Chez les amateurs d'herbe, le consensus mondial est que le cannabis est une panacée capable de traiter efficacement les troubles neurologiques, ou encore de guérir le cancer et la dépression. Certains médecins conventionnels sont d'accord.

Ces mêmes voix soulignent son efficacité pour traiter un des effets secondaires des chimiothérapies : les nausées. L'herbe aiderait aussi à traiter la douleur en général et à atténuer les symptômes de la sclérose en plaques et d'autres maladies similaires.

Mais les données scientifiques sur lesquelles ces affirmations se fondent ne sont pas toujours bien solides ni vraiment concluantes.

Aux Etats-Unis, elles sont surtout quasi-inexistantes en raison des restrictions imposées par les lois fédérales sur les recherches liées au cannabis en dehors de circonstances extrêmement spécifiques.

Mais l'intérêt croissant – et les succès mesurés – d'une légalisation sont évidents, et alimentent un intérêt renouvelé pour la recherche sur ses avantages et ses inconvénients.

La National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine a donc produit en janvier un énorme rapport, qui analyse les résultats de 10 000 études individuelles. Les avantages, les désavantages et les inconnues liés à l'utilisation du cannabis y sont méticuleusement détaillés.

Le rapport n'apporte pas de preuves concluantes de la capacité du cannabis à guérir le cancer et d'autres maladies. Mais beaucoup de ces affirmations n'ont pas non plus été clairement réfutées. Le rapport confirme par contre qu'il traite efficacement la douleur, la nausée (en tant que symptôme de la chimiothérapie) et la sclérose en plaques. Des thèses que ses défenseurs  défendaient depuis longtemps.

Le rapport a également identifié plusieurs effets négatifs, comme le risque accru d'accidents de la route ou de bronchites, même si aucune preuve n'a pu être avancée indiquant que l'usage du cannabis augmenterait le risque de cancer du poumon.

Le principal résultat de l'étude est clair : il reste énormément d'inconnues sur les effets du cannabis médical.

Des biotech à la pointe... de la feuille

Il faudra faire bien plus de recherches encore pour bien comprendre les capacités médicinales ou thérapeutiques du cannabis.

Malheureusement, la plupart des grandes entreprises pharmaceutiques (les big pharma) sont peu intéressées par le secteur. La plupart d'entre elles ont même pris position contre le mouvement de légalisation en cours aux Etats-Unis, craignant sa concurrence et son usage comme antidouleur.

Seule une de ces big pharma s'intéresse vraiment au secteur et au potentiel du cannabis – c'est la valeur que vous recommande Ray Blanco ce mois-ci dans NewTech Insider.

Si vous vous intéressez au cannabis médical et aux possibilités thérapeutiques qui en découlent, mieux vaut regarder ce qui se passe du côté des biotech. Bien plus innovantes que les big pharma, plusieurs d'entre elles développent des médicaments utilisant ou imitant les propriétés du cannabis – sans les effets secondaires. Certains de ces traitements sont sur le point d'être autorisés par la FDA ou encore l'Agence européenne des médicaments. Ray a ainsi repéré trois biotech "cannabis" au potentiel explosif.

Les promesses de l'économie du cannabis

Le secteur médical et pharmaceutique ne sera pas le seul à profiter de sa légalisation.

Le marché du cannabis légal représente aujourd'hui environ sept milliards de dollars, selon les données de New Frontier et d'ArcView Market. Mais le marché réel de la distribution aux Etats-Unis est sept fois supérieur à cela. Le marché illégal, que l'on estime prudemment à 50 milliards de dollars, doit lui aussi être pris en compte. C'est la ruée vers l'herbe.

Toute une quantité de produits à base de cannabis seront créés et mis sur le marché. Les huiles, les aliments et les boissons seront particulièrement populaires. Il y aura aussi d'autres types d'activités accessoires, des boutiques haut de gamme ou des petits magasins de cadeaux à base de chanvre, qui alimenteront les secteurs des loisirs et du tourisme dans les Etats où l'herbe est légale.

La croissance de la production et de la distribution alimentera le besoin d'équipement et de formation pour produire le cannabis et ses dérivés. C'est un domaine d'investissement particulièrement prometteur.

Avec Ray nous pensons aussi que qualité et innovation seront les maîtres-mots de ce tout jeune secteur. De la qualité des plantes cultivées dépendra l'efficacité et le juste dosage des produits dérivés.

Quant à l'innovation, elle va être indispensable aux entreprises qui désirent se tailler une part dans le juteux marché du cannabis légal – ne serait-ce que parce que la concurrence est rude.

Avec Ray, nous allons suivre de près l'évolution du marché du cannabis légal aux Etats-Unis dans les mois qui viennent mais, dès à présent, Ray vous propose de jeter un oeil sur un pays où ce secteur, et tout particulièrement celui du cannabis médical, est bien plus avancé qu'aux Etats-Unis. Avec à la clé, bien sûr, une recommandation pour profiter du potentiel sans risques inutiles. A retrouver dans NewTech Insider.

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La longue mais profitable route vers la légalisation du cannabis aux Etats-Unis – et comment en profiter http://quotidienne-agora.fr/profiter-legalisation-cannabis-etats-unis/ http://quotidienne-agora.fr/profiter-legalisation-cannabis-etats-unis/#comments Wed, 22 Feb 2017 14:22:21 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68979 cannabis

Il y a bien longtemps, lorsque j'étais étudiant en Virginie-Occidentale, mes amis et moi ne pouvions acheter que de la bière contenant 3,2% d'alcool. Pour acheter de la "vraie bière", il fallait se rendre en Pennsylvanie. Nous y allions donc en voiture une fois par mois environ, empilions autant de cartons de bières que possible dans le coffre, et rentrions en Virginie-Occidentale avec notre magot.

Les réglementations de ce type, qui autorisent la bière à 3,2% (et non à 5% par exemple), sont un souvenir des lois sur l'alcool appliquées par les différents Etats après la fin de la prohibition, en 1933.

2017, si l'on y réfléchit, a beaucoup en commun avec 1933. La prohibition vient tout juste de prendre fin. Sauf que, cette fois-ci, il s'agit de cannabis et non d'alcool.

La fin de la prohibition sur le cannabis

En 1933, les Etats ont progressivement autorisé à nouveau la vente d'alcool, mais le chemin a été semé d'embûches. Certains Etats ont, par exemple, décidé d'interdire la vente de bière à plus de 3,2% d'alcool.

Le même phénomène s'applique au cannabis. Les Etats qui ont voté en faveur d'un usage médical ou récréatif appliqueront ces décisions différemment. Certains trouveront les bonnes solutions rapidement. D'autres tenteront de ralentir le processus.

Mais la tendance est très claire : l'heure du cannabis légal a sonné, et ce n'est que le début. En voici la preuve...

Si le mouvement pour la légalisation du cannabis se poursuit, l'herbe sera un secteur plus lucratif que la Ligue de football américain d'ici à 2020. Ce qui veut dire que les ventes directes de cannabis dépasseront les 10 milliards de dollars par an.

Les élections du 8 novembre 2016 ont marqué un tournant. Aujourd'hui, l'utilisation récréative ou médicale du cannabis est légale dans 28 Etats, soit plus de la moitié des Etats- Unis. Elle reste réglementée au niveau des Etats, mais comme mes amis et moi-même l'avons prouvé pendant nos années de fac, il y a 50 ans, les différences en matière d'accès n'auront bientôt plus une très grande importance.

Ce mouvement de légalisation est d'ailleurs dans l'intérêt des Etats. Nombre d'entre eux ont hâte de pouvoir profiter des revenus supplémentaires que le cannabis pourrait générer. Légaliser l'herbe pourrait créer une manne économique qui me rappelle les premiers jours de la légalisation des jeux d'argent et des casinos dans le pays entier.

Dans notre rapport spécial Les grandes tendances "techno" 2017 que nous avons offert aux abonnés de NewTech Insider, nous avons insisté avec Ray Blanco sur la puissance de cette tendance.

Son influence culturelle et politique ne va pas cesser de croître, de même que son influence économique, comme ce fut le cas pour l'alcool à la fin de la prohibition, en 1933. La légalisation du cannabis, tout comme la fin de la prohibition, va créer des emplois, encourager la création de nouvelles entreprises, permettre le développement de nouveaux réseaux de production et de commercialisation et, au final, participer à la croissance économique américaine.

Mais, il y a d'abord des obstacles légaux, politiques et commerciaux à éviter. Et avant d'investir dans le cannabis, il faut comprendre les obstacles qui se dresseront sur notre route.

La différence clé entre faire passer une loi et la rédiger

Prenons le cas du Massachussetts, un excellent exemple qui illustre à quel point faire passer une loi est différent de la rédiger. Le Massachussetts est l'un des Etats – avec le Nevada, le Maine et la Californie – qui ont voté pour l'autorisation de l'utilisation récréative de l'herbe à une généreuse majorité, le 8 novembre dernier.

Mais, quand l'assemblée législative de l'Etat s'est réunie en décembre, elle a décidé de retarder de six mois la mise en oeuvre de cette loi.

Comme le disait The Boston Globe en décembre :

"Il aura fallu moins d'une heure et une demi-douzaine de législateurs seulement pour faire passer un texte qui revient sur certaines parties cruciales de la loi sur la légalisation du cannabis pour laquelle 1,8 million d'électeurs ont voté le mois dernier seulement. Sans consultation publique ni aucun avertissement officiel, une poignée de législateurs de Beacon Hill ont fait passer mercredi une mesure retardant de six mois la date d'ouverture des magasins de vente de cannabis récréatif au Massachussetts – passée de janvier à juillet 2018."

Je m'y attendais : les législateurs de chaque Etat cherchent à tordre et à manipuler les lois pour lesquelles la majorité a voté afin de les rendre plus conformes à certains intérêts personnels ou privés.

Reste qu'aucun distributeur ne pourra ouvrir dans le Massachussetts avant l'été 2018 au plus tôt. Faire pousser du cannabis ou en avoir en sa possession est légal. Mais il est impossible d'en acheter sans passer du côté obscur de la loi. Les défenseurs du cannabis s'inquiètent de ce délai. Ils craignent que l'Etat du Massachussetts en profite pour l'amender et la vider de sa substance. Peu importe que 1,8 million d'électeurs – 54% – aient voté pour elle, les législateurs contrôlent désormais la manière dont elle sera rédigée et mise en oeuvre.

L'exemple du Massachussetts illustre pourquoi il faut surveiller non seulement les résultats d'un référendum mais aussi la manière dont la loi passe et comment elle est écrite. D'un Etat à l'autre, procédure et climat politique vont peser très différemment sur l'aboutissement du processus de légalisation.

Dans la plupart des Etats qui ont voté pour une légalisation des usages récréatifs du cannabis, les opposants vont certainement imposer des règles d'application extrêmement strictes ou demander des consultations publiques obligatoires. Plus encore, ils peuvent imposer une fiscalité extrêmement lourde, ou soumettre les distributeurs à des processus bureaucratiques longs et coûteux.

C'est toute la différence entre voter une loi et la rédiger. En tant qu'investisseur, c'est une différence que vous devez garder à l'esprit. Ne l'oubliez pas la prochaine fois que vous entendez quelqu'un affirmer qu'investir dans n'importe quelle entreprise "cannabis" peut vous rendre riche.

C'est aussi faux que dangereux. Il est essentiel d'analyser les atouts de chaque entreprise, ainsi que la région où elle est active et les méthodes qu'elle emploie. C'est ce que nous verrons dès demain dans la Quotidienne.

En attendant, Ray Blanco vous recommande dans le NewTech Insider du mois une des rares entreprises pharmaceutiques, une big pharma, qui s'intéresse au potentiel du cannabis médical. Cette valeur, loin des polémiques et des limitations, peut vous faire profiter en toute tranquillité de la légalisation progressive du cannabis aux Etats-Unis mais surtout du développement de nouveaux médicaments. A retrouver dans NewTech Insider.

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Un regard sur l’avenir : la révolution des voitures autonomes http://quotidienne-agora.fr/avenir-revolution-voitures-autonomes/ http://quotidienne-agora.fr/avenir-revolution-voitures-autonomes/#respond Wed, 14 Dec 2016 10:30:08 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68726 voiture autonome

D'ici 2025, tous les grands constructeurs automobiles mettront sur le marché des voitures sans conducteur. Les gros titres des publications spécialisées laissent à croire que cette tendance arrive plus vite que ce que l'on constate en réalité.

Mais je pense que le chemin vers une autonomie totale de nos véhicules sera plus long que celui de la plupart des tendances technologiques mieux connues.

Dans un secteur où les rappels de marchandise sont fréquents et souvent graves, les défis en matière de technologie et de responsabilité légale sont considérables. Et ralentissent le progrès.

La transition vers des véhicules autonomes ne sera peut-être pas aussi rapide que ce que certains pensent, mais l'industrie automobile est déjà en train de faire des progrès majeurs pour automatiser leurs nouveaux modèles.

Ce n'est qu'un début. Bientôt, cette technologie atteindra sa vitesse de croisière.

Et soyons clair : aucun investisseur n'a jamais fait fortune en pariant sur une technologie déjà bien établie.

Nos voitures sont de plus en plus capables de se conduire elles-mêmes, et à mesure que cette technologie progresse, les opportunités d'investissement et de gains augmentent. 2017 devrait être l'année où l'automatisation des voitures finira par percer.

Le long chemin vers les véhicules autonomes

Vous pouvez aller voir chez un bon concessionnaire ; la capacité de freiner ou de se garer sans l'aide du conducteur, de détecter un piéton distrait ou d'éviter des collisions potentielles est aujourd'hui ajoutée de série à de nombreux modèles haut-de-gamme.

Automatiser la direction est une étape cruciale mais pas particulièrement complexe : de minuscules caméras installées à l'avant du véhicule détectent le marquage au sol (lignes blanches, stop, etc.) et envoient les informations à un ordinateur de bord. Celui-ci interprète l'image obtenue. Il décide s'il s'agit bien de lignes indiquant la chaussée, et si c'est le cas, il envoie un flux constant d'informations à des servomécanismes qui ajustent la direction vers la gauche ou la droite pour rester entre les lignes.

Trop compliqué ? C'est pourtant un jeu d'enfant pour la technologie autonome disponible actuellement.

D'autres systèmes plus avancés sont capables non seulement de détecter les objets sur la route, mais aussi de les identifier. L'oeil électronique de Mercedes, par exemple, connecte des caméras à un ordinateur de bord à l'aide d'un logiciel d'imagerie en 3D et comprend une base de données de plus de 1,5 million d'images. L'ordinateur peut ainsi faire la différence entre une boîte en carton, une flaque ou un enfant sur un tricycle.

Si votre voiture n'est pas dotée de ce genre de caractéristiques, vous pouvez installer les add-ons vendus par des entreprises comme Gosher et MobilEye.

Tout cela ne fait qu'effleurer la surface de ce qui est disponible aujourd'hui... et de ce qui nous attend encore.

Des avancées comme celles-ci nous font progresser dans ce que l'administration américaine des autoroutes appelle le "niveau 2" des véhicules automatisés.

Il en existe cinq. Les voitures de niveau 0 sont des tas de tôle et de plastique sans cervelle. Les voitures de niveau 1 effectuent des tâches simples, et peuvent par exemple contrôler la vitesse de croisière. Les véhicules de niveau 2 ont toute une série d'options automatisées, la fonction "Autopilot" de Tesla étant l'exemple le plus célèbre.

Les voitures de niveau 4 sont des véhicules automatisés capables de fonctionner dans une zone limitée, comme dans un parc industriel ou dans un quartier.

Avec le niveau 5, vous pouvez faire une sieste sur le siège arrière pendant que la voiture vous amène là où vous le souhaitez.

Et le niveau 3, vous demandez-vous certainement ?

Les constructeurs automobiles hésitent à s'y aventurer. Le niveau 3 est un partage de contrôle entre le conducteur et le véhicule. Il soulève des problématiques complexes : en cas d'urgence, que se passe-t-il si le conducteur et la voiture supposent tous les deux que l'autre va prendre le contrôle ? Qui remplira quelle tâche ? Le constructeur et le conducteur ne risquent-ils pas de s'accuser l'un l'autre en cas d'accident ?

Plusieurs entreprises automobiles espèrent éviter ces considérations en passant directement au niveau 4. Ford promet par exemple de mettre des véhicules de niveau 4 sur le marché d'ici 2021.

La grande tendance pour 2017

Les véhicules sans pilote arriveront petit à petit, mais leur avènement sera plus rapide dans le domaine commercial, où les camions et les véhicules de transport pourront être mieux contrôlés sur des itinéraires définis.

Les utilitaires commerciaux, notamment dans les régions où les itinéraires et le rythme du trafic routier sont accommodants, suivront les camions sans conducteurs dans cette évolution. La tendance est déjà en marche et se confirmera en 2017.

Otto
Otto, une start-up qui met au point des camions autonomes, a développé un partenariat avec Budweiser pour lancer le premier système de livraison autonome

Ces technologies deviendront bientôt disponibles et devraient avoir un effet boule de neige.

Elles seront présentes dans la cyber-sécurité, la réalité augmentée et sur le marché du travail. Il ne s'agit pas simplement de caméras montées sur votre voiture, mais bien d'une avancée qui pourrait révolutionner plusieurs secteurs.

Gardez un oeil sur ce domaine.
[NDLR : 2017 devrait donc voir l'émergence d'une autonomisation de plus en plus grande de nos véhicules.

Ray Blanco et Gerald Celente ont déjà misé sur cette grande tendance en recommandant à leurs lecteurs de NewTech Insider une entreprise dont les services sont au coeur de cette évolution de long terme. Tous les plus grands constructeurs automobiles de la planète l'ont choisie pour équiper leurs modèles pour les rendre de plus en plus autonomes... Il est temps pour vous de parier sur la voiture de demain]

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Sport : le virtuel peut-il faire mieux que la réalité ? http://quotidienne-agora.fr/sport-virtuel-faire-mieux-realite/ http://quotidienne-agora.fr/sport-virtuel-faire-mieux-realite/#respond Thu, 20 Oct 2016 09:25:36 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68573 Jeux vidéo

Les jeux vidéo, notamment ceux qui s'inspirent de sports comme le football ou la boxe, sont de plus en plus réalistes. Ce qu'ils proposent ? Une compétition sportive à laquelle on peut participer sans s'essouffler... et qui pourrait peut-être faire oublier celles du monde réel.

Les compétitions de sports électroniques sont une activité très pratiquée, notamment par les jeunes générations qui grandissent à une époque où la frontière entre réalité et réalité virtuelle ou augmentée devient de plus en plus ténue. Ces générations grandissent avec l'idée que les sports électroniques et l'activité physique virtuelle sont des sports... comme les autres !

Près de la moitié des Américains pratiquent un sport électronique : des matchs de baseball ou de football américain sur leur console de jeux ou leur ordinateur, ou encore des jeux qui vous proposent de jouer virtuellement au tennis ou de monter sur un ring de boxe... C'est un marché de plusieurs milliards de dollars.

Alliance du sport et des nouvelles réalités

La réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) ont beaucoup fait parler d'elles cette année. Nous en avons largement profité dans NewTech Insider en misant sur Nvidia qui nous a permis deux beaux gains, de 44% et 40%.

L'intérêt pour ces nouvelles réalités ne cesse de progresser et leurs liens avec l'industrie du jeu vidéo sont de plus en plus étroits. C'est ce qui explique pourquoi Ray Blanco vous a récemment recommandé deux valeurs qui développent cette nouvelle génération de jeux qui intégrera la réalité augmentée et virtuelle. A retrouver dans NewTech Insider.

Le sport électronique à la recherche d'une reconnaissance

En parallèle, le sport électronique s'organise pour obtenir une reconnaissance officielle des sponsors et publicitaires.

En septembre, sept équipes de sport virtuel ont formé l'Association professionnelle de sport virtuel (Professional eSports Association), la première ligue professionnelle de jeu vidéo. La première saison de 10 semaines commencera en janvier prochain.

Les équipes s'affronteront sur Counter-Strike : Global Offensive, afin de remporter un prix de 500 000 dollars. "Cela nous permettra enfin de créer un environnement stable et sain à long-terme pour les joueurs, la communauté, les médias et les sponsors", a déclaré le commissaire de cette ligue d'un nouveau genre.

Il existe même une association commerciale des sports virtuels (Fantasy Sports Trade Association) pour les personnes et les entreprises qui fabriquent et vendent la technologie, les équipements et les salles.

Une impression de déjà-vu ? Avec des équipes professionnelles, des joueurs-stars, des grands prix à sept chiffres, des discussions sur le bien-être des joueurs et une concurrence acharnée pour obtenir les droits de diffusion, plus rien ne nous sépare de n'importe quel autre sport professionnel.

Sauf que personne, pas même les joueurs, n'est obligé de quitter son canapé.

Le sport électronique aiguise les appétits

La fièvre acheteuse, elle aussi, imite le monde réel. A l'été 2014, Amazon a mis sur la table 970 millions de dollars pour acquérir Twitch, l'une des plus grandes plateformes de jeux vidéo. Cette année, Twitch a, à son tour, racheté Curse, une entreprise spécialisée dans les produits destinés aux gamers.

En 2016 toujours, Microsoft a avalé Beam, qui a développé une technologie de streaming dédiée au jeu vidéo et intégrant des fonctions interactives (les internautes peuvent par exemple voter pour demander au joueur d'effectuer certaines actions). De quoi rendre, selon les mots mêmes de Microsoft, les jeux vidéo "plus sociaux et plus funs". Prix de ce rachat ? Non communiqué.

Gamurs, un réseau social destiné aux joueurs et fans des jeux League of Legends et Counter-Strike, a quant à lui décidé de passer à la vitesse supérieure en rachetant eSport Guru, eSport Nation et GoldPer10, des communautés de fans en ligne.

Vulcan, soutenue par le célèbre fonds d'investissement Sequoia Capital, a acheté TwitchAlerts, qui permet aux joueurs de faire des dons aux joueurs qui diffusent leurs parties en streaming. Eh oui, cher lecteur, diffuser ses parties en ligne, par exemple YouTube, est devenu un métier à part entière.

Le sport électronique, outil social

Puisque les jeux vidéo ressemblent de plus en plus à des sports bien réels, rien d'étonnant à ce qu'ils suscitent le même genre de satisfaction psychologique que des performances athlétiques bien réelles.

La victoire ou la défaite n'y sont pas virtuelles. De même que l'excitation ou la déception qu'elles engendrent.

Les psychologues confirment ce dont nous avons tous fait l'expérience : la compétition est cathartique. Elle fait monter la tension pendant que nous faisons de notre mieux pour battre nos rivaux. La libération de cette tension en cas de défaite ou de victoire peut canaliser nos frustrations et nous en libérer.

La possibilité de gagner nous donne de l'espoir. Et le sport nous permet de faire tout cela dans un environnement qui ne fait courir aucun risque à nos vies, nos corps, nos maisons ou nos familles.

Cette tension et cette libération activent la dopamine dans notre cerveau, un produit neurochimique qui nous pousse à rechercher le plaisir et la gratification. Voici pourquoi le sport, qu'il soit physique ou numérique, peut être addictif.

La compétition est une source intrinsèque de motivation : la dopamine disparaît en même temps que le plaisir et la tension, dès que le jeu, la saison ou le championnat se terminent. Le souvenir de l'excitation ressentie et la possibilité d'un nouvel espoir est ce qui permet à la dopamine de rester disponible – et nous pousse à recommencer.

En outre, être un fan est une activité intrinsèquement sociale. Parler sport est une manière de briser la glace avec des inconnus, un ciment qui aide à la cohésion de groupes sociaux qui partagent nos joies et nos peines. Les membres d'une même famille, qui peuvent avoir du mal à parler de problèmes personnels difficiles, peuvent quand même parler football...

Dans ces situations, le sport peut devenir un intermédiaire qui permet à des membres d'une même famille de communiquer de manière indirecte sur des thèmes sensibles.

Les sports nous permettent de vivre de manière excitante, même par procuration. Certains d'entre nous aimeraient peut-être accéder à la célébrité, être admirés par le public pour un talent précieux. En étant membre d'une équipe, c'est un peu de sa gloire qui retombe sur nous, et l'on a l'impression de faire partie de quelque chose de dynamique et d'excitant.

Enfin, et c'est particulièrement vrai pour les jeunes, les sports ont toujours été un outil de développement personnel. Ils peuvent aider une personne à apprendre le travail en équipe et la discipline. Ils peuvent nous aider à gérer l'échec et la déception, à les utiliser comme une motivation supplémentaire pour nous améliorer.

Certains employeurs dans des entreprises de haute-technologie considèrent aujourd'hui les jeux-vidéos comme un plus pour les candidats à l'embauche, comme les sports conventionnels ont pu l'être par le passé.

Pour toutes ces raisons, le sport électronique – et toutes les activités qui lui sont liées (comme le streaming ou les compétitions de joueurs) – vont continuer à se développer dans les années qui viennent, attirant de plus en plus de joueurs, de fans mais aussi d'entreprises bien décidées à profiter de cet engouement !

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Ordinateur neuronal : réinventer l’ordinateur en imitant le cerveau http://quotidienne-agora.fr/reinventer-ordinateur-neuronal/ http://quotidienne-agora.fr/reinventer-ordinateur-neuronal/#comments Tue, 18 Oct 2016 15:09:27 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68569 intelligence artificielle ordinateur neuronal

Alors que l'intelligence artificielle, le deep learning, le big data ou les nouvelles réalités, qu'elles soient virtuelles ou augmentées, deviennent de plus en plus courants, nous avons besoin d'une nouvelle génération de puces informatiques – ou du moins d'une nouvelle méthode de programmation.

Admettons que vous souhaitiez apprendre à votre smartphone à faire la différence entre un être humain et un mannequin de plastique. Il faudrait montrer des milliers d'images d'humains et des milliers d'images de mannequins au logiciel. Vous n'avez pas suffisamment de place pour enregistrer une telle quantité de photos sur votre smartphone.

Mais sur Internet, vous pouvez trouver toutes les images dont vous avez besoin. Le logiciel serait donc entraîné en accédant aux milliers d'images que l'on trouve dans le cloud. Il ne vous resterait qu'à télécharger une application ou un programme tout simple, qui n'aura pas besoin de beaucoup d'espace sur votre disque dur mais sera capable d'effectuer une tâche très complexe.

Grâce à cette approche, votre appareil mobile peut gérer l'intelligence artificielle sans qu'il soit nécessaire d'utiliser d'autres processeurs, processeurs graphiques ou DSP, que ceux dont il dispose déjà.

En modifiant légèrement quelques éléments d'électronique, nos appareils mobiles deviendront suffisamment intelligents pour gérer des tâches rendues possibles par l'intelligence artificielle, comme reconnaître votre voix, ou vous dire, lorsque vous arrivez à l'aéroport, que votre vol va décoller dans 42 minutes.

Mais, pour analyser toutes ces images et pour enseigner à un programme comment déterminer les éléments qui définissent un humain (et comment ne pas les confondre avec les éléments qui définissent un mannequin), il faudra un type de puces tout différent de ceux que nous utilisons aujourd'hui.

De même, de nouveaux types de puces seront nécessaires pour permettre à votre tablette ou à votre smartphone de vous offrir une expérience immersive à 360° dans une réalité virtuelle qui inclura l'ouïe aussi bien que la vue. Les puces dont nous disposons aujourd'hui n'en sont pas capables.

Si la puce doit sans arrêt effectuer des allers-retours dans le cloud pour y chercher des données, cela crée une "latence", un mot savant pour dire que le résultat est lent et que les images ne se suivent pas de manière fluide. D

Plus petites, plus puissantes, moins énergivores…

Un groupe de l'Université de Washington nous a permis de faire un nouveau pas vers cet avenir plus fluide. Ses ingénieurs ont mis au point une puce qui pourrait être parfaite pour des appareils mobiles chargés de faire tourner des programmes complexes.

Baptisée KiloCore, elle compte 621 millions de transistors installés dans 1 000 processeurs programmables individuellement. Ils sont capables de suivre 1,7 trillions d'instructions par seconde. KiloCore est la puce multiprocesseur la plus économe en énergie jamais construite, ce qui pourrait être tout aussi important.

Elle peut suivre 115 milliards d'instructions par seconde en n'utilisant que sept dixièmes de watt. Soit si peu d'électricité qu'une pile AA suffit à alimenter le système. Ce degré d'efficacité énergétique est essentiel pour faire fonctionner les logiciels actuels, de plus en plus complexes, sur des appareils légers et portables.

Autre facteur clé : moins un appareil utilise d'électricité, moins il crée de chaleur. Si un appareil surchauffe, il s'éteint un moment pour éviter d'être détruit. Si les surchauffes sont trop fréquentes, les puces et d'autres circuits finissent par fondre. KiloCore réduit la chaleur pour la même raison qu'elle économise l'énergie : les composants sont si proches les uns des autres que l'électricité n'a pas besoin de beaucoup se déplacer pour remplir son rôle. Il n'y a donc pas suffisamment de temps ni d'espace pour permettre une déperdition d'électricité transformée en chaleur.

Nervana Systems, à San Diego, a choisi une autre voie pour produire la puce du futur. Elle a créé une nouvelle architecture mémoire plus rapide et dotée de capacités supérieures pour entraîner plus rapidement les systèmes d'IA.

Sa puce dispose aussi de six autoroutes de données bidirectionnelles et à large bande passante. Les données peuvent ainsi se déplacer dans plusieurs directions en même temps. Les ordinateurs conventionnels, quant à eux, déplacent les données dans une seule direction à la fois. En août, Intel a racheté Nervana. Avec ce rachat, et celui de Movidius, le géant américain cherche clairement à prendre la pole position dans le domaine de l'IA.

L'ordinateur neuronal : quand les ordinateurs se piquent d'imiter notre cerveau

Le concept de Nervana est un pas de plus vers l'informatique "neuronale" ou "neuromorphe". C'est cette tendance qui présidera à la conception de puces IA dans les années qui viennent. Un ordinateur neuronal est modelé sur l'architecture du cerveau humain. Les puces informatiques font des calculs ; les cerveaux reconnaissent un schéma ou une forme donnée.

Dans le cerveau, chaque cellule (ou neurone) est connectée à des milliers d'autres. La communication est donc plus rapide. Un neurone unique peut ainsi faire partie de plusieurs schémas de pensée, de mémoire ou de perception différents.

Dans un ordinateur neuronal, chaque point de traitement de données sur une puce est lié à plusieurs autres, comme les neurones de notre cerveau. La puce peut ainsi travailler plus vite et accomplir plus de tâches en même temps.

Plusieurs entreprises développent ce type de solutions. Elles appellent même ces points de traitement de données "neurones" pour souligner la similitude entre ces nouvelles puces et un cerveau.

Le plus grand développeur d'informatique neuronal n'est autre qu'IBM, une entreprise qui a déjà un siècle. Sa puce TrueNorth compte 1 million de neurones de traitement, reliés par 256 millions de connexions, et près de 5,4 milliards de transistors individuels. TrueNorth peut suivre 1 milliard d'instructions par seconde. Sa consommation ? Moins d'un centième de watt.

Cette puce reste certes trop grosse et trop chère pour votre téléphone portable, mais elle nous montre à quoi ressemblera l'avenir. Et permet à IBM de gagner du terrain dans le domaine de la reconnaissance de formes et de l'IA.

Mais elle devra partager ce terrain avec d'autres entreprises comme Knupath et CogniMem Technologies. La puce neuronale de CogniMem, la CM1K, contient 1 024 neurones et est capable de reconnaître des formes même si les données qui les composent sont floues ou incomplètes.

La puce Hermosa, de Knupath, compte 256 centres de traitement, et chaque transistor est relié à dix autres. Le modèle actuel fait environ 1,5 pouce de côté (soit 3,80 cm), ce qui est toujours trop grand pour un téléphone. Mais il est possible de diminuer sa taille sans qu'il ne perde trop de ses capacités.

Test ultime : une plus petite version pourrait-elle encore faire fonctionner une simulation de réalité virtuelle sur votre prochain smartphone ? Beaucoup d'experts pensent que c'est inévitable.

L'évolution des puces permettra de développer des fonctionnalités de réalité virtuelle, de réalité augmentée et d'IA intégrées à votre appareil mobile.
[NDLR : la puce du futur ? Elle est dans NewTech InsiderEt vous pouvez, vous aussi, la mettre en portefeuille]

Les applications de cette avancée technologique sont nombreuses...

Des touristes peuvent visiter un site historique ou aller dîner au restaurant en ajoutant la réalité virtuelle avec leurs smartphones. Les applications de visite virtuelle pourraient transformer l'industrie du voyage une fois qu'elles deviendront facilement accessibles et utilisables depuis un iPhone.

La réalité virtuelle commence à transformer l'éducation et la formation à tous les niveaux, et les avancées en matière de puces informatiques permettront aux étudiants d'utiliser ces capacités où qu'ils se trouvent, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit. Les mécaniciens automobiles peuvent allumer un assistant de réalité virtuelle sur leur téléphone, pour qu'il les aide à réparer un véhicule.

Les puces s'améliorent, et les smartphones deviennent compatibles avec des applications d'examens médicaux, des expériences de réalité virtuelle pour certains traitements spécifiques ou des informations en réalité augmentée concernant certaines pathologies, pour vous aider à comprendre ce qui se passe à l'intérieur de votre corps. Aucun docteur ni professionnel de santé n'est nécessaire : tout reste entre vous et votre téléphone.

Les applications dans le domaine du divertissement sont nombreuses elles aussi. Des jeux vidéo immersifs et des films à 360° ne sont qu'une partie des possibilités – et toutes ces expériences seront accessibles à partir d'un petit appareil.

 

http://quotidienne-agora.fr/galileo-europe-retrouve-chemin/

 

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Ce que les robots peuvent faire pour votre santé http://quotidienne-agora.fr/intelligence-artificielle-robot-chirurgien-lstat/ http://quotidienne-agora.fr/intelligence-artificielle-robot-chirurgien-lstat/#respond Wed, 21 Sep 2016 09:13:45 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68494 sante-robot

Rédacteur pour NewTech Insider

Après 6 ans passés à l'université, la tâche la plus importante d'un pharmacien américain est toujours de compter le bon nombre de pilules avant de les mettre en flacon [NDLR : Aux Etats-Unis, les médicaments ne sont pas fournis en boîte mais dans des flacons contenant le nombre exact de pilules indiquées sur les prescriptions médicales]. C'est une tâche routinière qu'un robot est capable de faire mieux, et plus rapidement, qu'un humain. Ce n'est pas une mauvaise chose : selon plusieurs études, les pharmaciens estiment que leur métier est de conseiller et de s'occuper des patients, et non de compter des cachets.

Abandonner cette tâche à des robots pourrait être plus qu'une simple amélioration pratique : ces robots "compteurs" permettent aux pharmaciens de passer plus de temps à s'occuper des besoins des patients.

Les frais médicaux augmentent sans cesse : transférer une partie des soins apportés aux patients par les médecins aux pharmaciens pourrait aider à faire baisser les coûts. La Californie a récemment autorisé des pharmaciens ayant reçu une formation spéciale à effectuer des tâches médicales de base, comme prescrire des pilules contraceptives ou des traitements contre la dépendance à la nicotine.

Depuis 2011, les prescriptions du centre médical de l'Université de Californie, à San Francisco, sont préparées par des mains mécaniques. La main glisse le long d'un rail, qui la guide vers la réserve de médicaments appropriée, où elle recueille le bon nombre de pilules qu'elle dépose dans un flacon pré-étiqueté. Un technicien vérifie ensuite l'exactitude de la préparation, et les prescriptions sont envoyées vers les postes de soins par des robots mobiles.

La rapidité du système, son efficacité et sa précision ont permis de libérer les pharmaciens de l'hôpital. Quatre pharmaciens étaient nécessaires pour superviser les sept techniciens chargés de remplir les prescriptions. Aujourd'hui, seuls deux personnes sont nécessaires pour remplir les flacons. Les autres techniciens peuvent se consacrer à des tâches qui nécessitent plus de contact humain, comme recueillir les antécédents des patients.

Les robots ne sont pas simplement plus rapides que les gens : ils sont aussi plus précis. Un centre médical de Houston a calculé que ses pharmaciens humains faisaient environ 5 erreurs pour 100 000 prescriptions fournies. Les robots utilisés par l'Université de San Francisco n'ont encore jamais commis d'erreur...

Des robots dans les salles d'opération

Quand des vies sont en jeu, le recours au robot devient rapidement et facilement une évidence. L'armée américaine a remplacé ses anciens brancards par un équipement baptisé LSTAT pour Life Support for Trauma and Transport.

Istat

Le LSTAT est une unité de soins intensifs d'une quinzaine de centimètres d'épaisseur, située au-dessous du matelas rembourré qui accueille le blessé. Ses capteurs peuvent analyser le sang et surveiller les signes vitaux. Il est doté d'une bouteille d'oxygène et d'un défibrillateur alimenté par une batterie.

Le bras du LSTAT, qui ressemble à une pieuvre, survole le patient et agit comme une troisième main pour l'urgentiste : elle applique des antibiotiques et des antiseptiques sur les plaies, et tient une caméra qui permet à un docteur, à distance, d'examiner le patient pour mieux se préparer à l'opérer.

L'équipement LSTAT permet aux professionnels médicaux d'examiner des patients même à des centaines de kilomètres de là. Le chirurgien lui- même n'est pas obligé d'être dans la même pièce que le patient.

Maintenant que la chirurgie robotique est monnaie courante, le spécialiste qui manipule les poignées et la manette pour guider scalpels et autres outils peut le faire à des centaines de kilomètres de là.

L'écran vidéo qui montre la salle d'opération au chirurgien peut être situé n'importe où. En conséquence, les plus grands chirurgiens du monde peuvent opérer peu importe où se trouve le patient : il n'est plus nécessaire de se rendre sur place pour bénéficier de leurs soins. Davantage de chirurgiens peuvent aussi se spécialiser, parce qu'ils peuvent attirer des clients venus, littéralement, du monde entier.

Formés par des robots

L'alliance de la robotique et de l'intelligence artificielle permet d'assister les chirurgiens, mais aussi d'améliorer leurs compétences. Habituellement, les chirurgiens en formation apprennent sur des cadavres et en regardant leurs aînés à l'oeuvre. Mais, conserver et obtenir des corps sur lesquels opérer est cher, de même que les heures dans une salle d'opération.

Aujourd'hui, une armée d'applications, assistées par la réalité virtuelle en 3D, permet à ces chirurgiens de poser des prothèses de genou virtuelles, de retirer des cataractes tout aussi virtuelles, et d'effectuer des dizaines de types d'opérations avant de toucher à une personne réelle.

La plupart des applications rendent également les procédures de plus en plus difficiles à mesure qu'un étudiant a acquis une maîtrise suffisante des gestes les plus simples.

Des études ont montré que les compétences des jeunes chirurgiens qui s'entraînent avec ces applications tendent à surpasser celles de ceux qui ont passé le même nombre d'heures avec des cadavres, ou à observer.

L'intelligence artificielle vous diagnostique !

L'alliance de la robotique et de l'intelligence artificielle nous aide aussi à mieux prendre soin de nous-mêmes. Les applis de nos téléphones portables peuvent déjà surveiller nos signes vitaux.

Mais des programmes comme DocResponse vous permettent de connaître le degré de gravité de votre maladie. Avec DocResponse, vous pouvez consulter un diagnosticien robotique qui vous posera une série de questions sur vos symptômes. Il vous dira ensuite de quelle maladie vous souffrez probablement, et vous conseillera, le cas échéant, de voir un vrai médecin.

Une utilisation plus générale des logiciels d'autodiagnostic intelligents permettra d'économiser du temps et de l'argent tout en rassurant les patients et en rendant les soins médicaux plus efficaces.

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Les blockchains vont révolutionner… votre portefeuille http://quotidienne-agora.fr/blockchains-revolutionner-portefeuille/ http://quotidienne-agora.fr/blockchains-revolutionner-portefeuille/#respond Thu, 08 Sep 2016 09:30:46 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68451 cybercriminalité cyber guerre

Alors que la société sans cash devient une réalité, vous ne pourrez bientôt plus voir ou toucher votre argent.

Du Bitcoin au Citicoin en passant par SETLcoin, les monnaies virtuelles ont aujourd'hui le vent en poupe. Alors, oubliez ces coffres où l'argent était autrefois stocké : l'argent virtuel est aujourd'hui stocké et échangé électroniquement.

Cette évolution vers la monnaie numérique doit beaucoup à la blockchain, la technologie qui en est à l'origine et en permet le développement et la fiabilité.

Les plus grandes des banques "too big to fail" (trop grandes pour faire faillite) se sont associées pour exploiter cette technologie dans le cadre de la gestion des transactions financières. Et selon le Forum économique mondial, la technologie des blockchains va rapidement acquérir un rôle central dans le système financier mondial.

La sécurité au coeur des blockchains

Cette technologie est complexe, mais en voici un rapide aperçu. Un "bloc" est l'enregistrement d'une transaction entre deux personnes. Cet enregistrement est stocké, de manière permanente, dans une base de données. Cette base est cryptée afin que l'enregistrement des transactions ne puisse être piraté ou modifié.

Une "chaîne" est, quant à elle, une série de blocs enregistrés selon l'ordre chronologique des transactions. Pensez à une chaîne comme l'ensemble des talons de votre carnet de chèques, chaque talon (ou bloc) correspondant à un chèque.

En outre, chaque membre d'une blockchain en possède une copie, si bien qu'il n'y a pas de serveur central à pirater.

Pour accéder à votre argent virtuel, vous aurez besoin d'une clé numérique pour vous connecter à la base de données, puis d'une seconde pour ouvrir votre compte personnel. Ces deux clés sont indispensables – ce qui vous offre un double niveau de sécurité.

L'autre gros avantage de la technologie de blockchain est que les transactions ne nécessitent aucun recours à une quelconque banque ou tout autre intermédiaire.

Par exemple, le "TransActive Grid" à Brooklyn utilise la blockchain pour relier les habitants d'habitations disposant de panneaux solaires à leurs voisins qui veulent acheter l'électricité ainsi produite. La base de données blockchain enregistre les transactions et gère la facturation.

Les méthodes de cryptage avancées de cette technologie ont également conduit une société de cybersécurité britannique à l'adopter pour protéger ses données.

Le recours à cette technologie pour sécuriser tous types de données – de vos relevés de notes à votre vote lors des prochaines élections – va rapidement se développer.

Microsoft est en train de réfléchir à un système d'identification des personnes fondé sur les blockchains afin de lutter contre le trafic d'êtres humains. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ne disposent pas de document d'identité, ce qui facilite la traite et le trafic.

L'Institut Jetcoin a même suggéré d'utiliser les blockchains pour permettre aux amateurs de sport d'investir sur leurs athlètes préférés, et ensuite partager leurs gains futurs.

Les grandes entreprises misent sur les blockchains

Jusqu'à présent, plus d'1,5 milliard de dollars a été investi à travers la planète pour développer les blockhains et leurs très concrètes applications.

Signe de l'intérêt que suscite ces "chaînes", les grandes entreprises parient gros sur leur avenir. En 2015, Richard Branson, le fondateur de Virgin, a organisé un "sommet blockchain" sur son île privée des Caraïbes. Goldman Sachs a investi 50 millions de dollars dans des start-ups spécialisées dans le domaine, et IBM s'est engagé à faire des blockchains une technologie clé pour le futur.

Plus récemment, la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque du Canada ont annoncé leur intention d'examiner les avantages et les inconvénients de la monnaie numérique. Si même les banques centrales s'intéressent aux monnaies virtuelles, le monde de l'argent est vraiment en train de changer.
[NDLR : Les blockchains ne sont pas les seules à faire trembler les banques : l'arrivée de start-ups aux dents longues – les Fintech – bouleverse le crédit, les moyens de paiement sur Internet et toutes les activités traditionnelles des banques. Un secteur en pleine mutation et croissance... sur lequel vous propose d'investir Eric Lewin. Prêt à mettre à bas votre banque ? Alors cliquez-ici...]

 

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