Etienne Henri – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 Pourquoi la Chine dépasse l’occident http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/ http://quotidienne-agora.fr/chine-depasse-occident/#respond Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70937 Chine

Nous avons vu dans une précédente Quotidienne que les opportunités d'investissement boursier ne se situent plus dans les économies occidentales. Investir dans les indices européens ou américains en 2018 pourrait être une aussi mauvaise idée qu'un investissement dans le NIKKEI dans les années 1990.

Seules les économies des BRICS ont aujourd'hui un potentiel de hausse significatif. Un simple rattrapage du niveau de vie de la classe moyenne pour rejoindre celui des sociétés occidentales assurerait des années de croissance vigoureuse.

Pour espérer de solides plus-values à moyen terme, investir dans les BRICS offre de plus grandes chances de réussite qu'un investissement dans les Bourses occidentales.

Encore faut-il investir de manière ciblée : le Brésil et la Russie ont, par exemple, une dépendance problématique au prix du pétrole. Un retour du WTI sur ses niveaux d'il y a un an pourrait plonger ces pays en récession.

Mieux vaut donc investir sur le plus dynamique des pays émergents : la Chine.

Nous allons découvrir aujourd'hui son potentiel de hausse et le comparer à celui de nos économies.

Des chiffres... oui mais quels chiffres ?

Il est intéressant de comparer la croissance de la Chine avec celle des Etats-Unis ou de la France. Mais comment se fier aux chiffres ?

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis

Taux de croissance du PIB depuis l'an 2000 de la Chine, la France, et des Etats-Unis - Infographie : Google ; chiffres : Banque Mondiale

Partant du principe que la croissance affichée par les organismes officiels occidentaux depuis le krach des dot.com tient plus du tripatouillage statistique que de la réalité économique, nous pouvons considérer nos économies comme stagnantes depuis 15 ans.

La sous-estimation permanente de l'inflation dans nos pays conduit à une surestimation du PIB par habitant qui s'aggrave à mesure que le temps passe. En termes scientifiques, on parle d'intégration de l'erreur : un petit mensonge anodin donne, sur le long terme, des résultats complètement aberrants.

Savez-vous que le PIB par habitant en France a, selon les chiffres officiels, augmenté de +63% depuis l'an 2000 après correction des effets de l'inflation ?Ce chiffre ne correspond à aucune réalité économique. Les Français, qu'ils soient salariés du secteur privé, fonctionnaires ou retraités, ont eu le plus grand mal à maintenir leur pouvoir d'achat sur la période.

Ce ne sont pas non plus les actionnaires qui ont capté cette valeur : le CAC 40 est, à l'heure actuelle, toujours en perte de -25% par rapport à ses plus hauts de l'an 2000...

La réalité est que les chiffres de l'inflation fantasques de nos statisticiens conduisent à une évaluation biaisée du PIB qui devient aberrante sur le long terme.

Que dit la réalité du terrain ?

En l'absence de chiffres exploitables, nous devons nous baser sur des éléments tangibles (et heureusement factuels) pour nos décisions d'investissement. En pratique, Madame Michu et Mr Smith, habitants typiques de France et des Etats Unis, ont un niveau de vie comparable en 2017 à celui de 2000.

La taille moyenne des habitations n'a pas tellement varié. Le nombre de véhicules par habitant est globalement stable. Le prix du carburant a augmenté, mais le coût de certains déplacements (comme l'avion) a diminué. Ils mangent toujours trois repas par jour, et autant (voire un peu moins) de viande.

Voilà des éléments concrets qui permettent de comparer des évolutions de niveau de vie. Si Mme Michu ou Mr Smith sortaient de 17 ans de coma aujourd'hui, ils ne seraient absolument pas déboussolés par l'évolution de leur société. Il est même probable qu'ils retrouveraient, exactement à la même place, leur maison, leur travail et leurs administrations.

La vie de Mme Zhang, elle, a été bouleversée en 17 ans. Son confort alimentaire n'a plus rien à voir : les importations de boeuf ont augmenté de 9 000% au cours des 10 dernières années. Des villes entières sont sorties de terre. Le secteur tertiaire a pris son envol et les emplois "de bureau" on fait leur apparition. Mme Zhang peut désormais manger au McDonald's et prendre son café au Starbucks.

En 2015, signe de richesse, elle s'est offert une voiture Peugeot ou VolksWagen flambant neuve – les marques européennes étaient synonyme de réussite sociale. Aujourd'hui, elle a renouvelé sa voiture et a préféré un véhicule chinois dont les ventes ont quadruplé depuis 10 ans.

Mme Zhang possède le dernier iPhone. Son fils adolescent préfère lui les marques locales comme XiaoMi dont les produits ont été pensés pour la vie quotidienne chinoise. Ces éléments démontrent que l'économie réelle de la Chine croit beaucoup plus vite que nos économies occidentales.

Certes, les statistiques qui nous parviennent sont opaques et probablement sujettes à caution. Le régime de Pékin n'est pas un modèle de transparence. Elles ont, au moins, l'avantage de ne pas être absurdes et contredites par la réalité du terrain comme le sont les statistiques européennes.

La croissance chinoise peut-elle se poursuivre ?

La Chine est en croissance ininterrompue depuis des décennies. De nombreuses villes ont rattrapé en moins d'une génération un demi-siècle d'évolution technologique occidentale. La progression du niveau de vie et du salaire des actifs est telle que les entreprises commencent même à délocaliser leur production vers des pays où le coût de la main d'oeuvre est moindre.

Reste une question : cette croissance peut-elle se prolonger ? Ne sommes-nous pas à la veille d'un effondrement de l'économie chinoise ?

Après tout, la stagnation de nos économies occidentales représente un danger pour la Chine. L'Usine du Monde peine à exporter ses produits sachant que les citoyens occidentaux ont de moins en moins d'argent à leur disposition pour leurs dépenses courantes.

Il est raisonnable de prévoir que la bulle du crédit en Europe et aux Etats-Unis finira fatalement par toucher à sa fin, et que les exportations chinoises seront alors fortement réduites. Pour autant, le pays ne devrait pas connaitre une récession aussi violente que celle qu'a connue la Russie lors de la baisse de ses exportations de pétrole.

L'économie chinoise est en pleine mutation et continue d'accélérer malgré les difficultés occidentales des 15 dernières années. Il existe plus de milliardaires en Chine qu'aux Etats-Unis. Un nouveau milliardaire apparaît en Chine toutes les trois semaines. La classe moyenne chinoise ne cesse de prendre de l'ampleur et devient un véritable moteur de la consommation intérieure.

Quand la Chine mène le bal de l'innovation

L'économie chinoise n'aura bientôt plus besoin des économies occidentales pour croître. Les progrès technologiques en sont l'illustration parfaite. Il y a 20 ans, les usines chinoises copiaient (mal) les produits occidentaux. Il y a 10 ans, grâce aux transferts technologiques, la qualité devenait équivalente.

Aujourd'hui, les technologies chinoises deviennent supérieures à leurs pendants occidentaux dans de nombreux domaines.

La Chine est par exemple à la pointe de la recherche sur l'informatique quantique. L'Empire du Milieu a mis cette année en orbite un satellite de télécommunication quantique capable de crypter des visio-conférences. Lors de l'annonce des premiers résultats de ce satellite, les scientifiques occidentaux doutaient (et débattaient) encore de la faisabilité théorique d'un tel objet...

Les lignes de train à grande vitesse chinoises sont bien plus performantes que notre TGV – inutile de les comparer au réseau ferré nord-américain.

Il se murmure également qu'Airbus et Boeing ont des sueurs froides en suivant les progrès de l'aéronautique locale...

De tels exemples sont légion. Il est urgent, pour l'investisseur qui souhaite s'appuyer sur la croissance d'une économie réelle plutôt que la spéculation pour faire ses plus-values, d'être exposé au marché chinois.

Dès la semaine prochaine, nous verrons comment franchir les frontières et investir dans ce marché plein de promesses mais parfois difficilement accessible.

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Quel sera le marché haussier de 2018 ? http://quotidienne-agora.fr/brics-marche-haussier-2018/ http://quotidienne-agora.fr/brics-marche-haussier-2018/#comments Wed, 13 Dec 2017 11:01:11 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70914 marché haussier 2018 prévisions

Cette fin d'année est l'occasion de sortir la tête des graphiques d'évolution de cours au jour le jour et de nous pencher sur les opportunités à moyen terme.

Il est évident que LA transaction de 2017 était le Bitcoin. Avec un cours de moins de 1 000 $/BTC au premier janvier et un pic à plus 17 000 $/BTC ces derniers jours, la progression annuelle de la cryptomonnaie ridiculise (pour l'instant) des années d'investissement dans les entreprises cotées.

Du côté de la Bourse, l'heure n'est plus à l'euphorie. Le CAC 40 gagne péniblement 9% depuis le premier janvier. Les vagues de correction se multiplient depuis le printemps et commencent furieusement à ressembler aux prémices d'un marché baissier qui, même en l'absence de krach, pourrait être éprouvant pour les investisseurs comme le fut celui de 2015.

Souvenez-vous : entre le printemps 2015 et février 2016, l'indice français perdait près de 25% et renouait avec ses niveaux de 2013... Rien de plus crispant que de voir trois ans de hausse volatilisés en quelques mois !

Cette fébrilité des indices n'est pas que française ; le salut ne viendra pas d'outre-Atlantique. Les valorisations sont encore plus chères et l'inertie haussière des titres pourrait également toucher à sa fin.

marché haussier 2018 prévisions

Peut-on encore investir en 2018 ?

Dans ces conditions, est-il encore pertinent d'investir dans des entreprises cotées ? L'investisseur français pourra-t-il gagner de l'argent en évitant la folle hausse des cryptomonnaies, et celle de l'immobilier parisien ?

La réponse est, heureusement, oui. Il nous faudra simplement délaisser les stars du moment et nous trouver un secteur qui a su rester discret.

Vous le savez : lorsqu'un investissement fait la une de la presse généraliste, la fin de la bulle est proche. Les stratégies de moyen terme sont toujours à proscrire sur les actifs qui font la une de vos journaux.

Je vous propose aujourd'hui de nous pencher sur un investissement qui ne fait plus beaucoup parler de lui. Lui aussi a eu son heure de gloire. Lui aussi était synonyme de promesse d'enrichissement facile pour quiconque y placerait son argent. Lui aussi a eu sa débâcle. Et, comme toujours, les excès des marchés à la hausse ont été contrebalancés par un excès à la baisse. L'exubérance irrationnelle a fait place au dédain des investisseurs qui ont perdu des plumes dans l'éclatement de la bulle.

Le moment est parfait pour y revenir dans une optique d'investissement à moyen terme.

Un secteur qui a connu une phase euphorique a su convaincre. L'éclatement de la bulle a fait disparaître les spéculateurs (qui préfèrent les phases de hausse maniaque rapide) et les curieux (qui refusent de se faire plumer deux fois sur le même sujet).

La voie est libre pour ramasser les morceaux à bas prix et à profiter de la seconde vague de hausse.

La revanche des BRICS

Vous vous souvenez certainement de l'excitation qui entourait les marchés émergents avant la crise des subprime.

Le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud devaient être le réservoir de croissance du XXIème siècle et rattraper en un rien de temps le niveau de vie de l'occident.

Investir dans les BRICS était un moyen sans risque de profiter de l'emballement de l'économie mondiale.

Fin 2007, iShares lançait un ETF dédié qui permettait à tout un chacun d'investir facilement dans ces pays : une aubaine alors que les Bourses locales étaient (et sont toujours) particulièrement difficiles d'accès pour les investisseurs occidentaux !

Comme toute fin de bulle, celle des BRICS est arrivée lorsque l'euphorie était à son apogée.

Moins d'un an après son lancement, l'ETF BKF avait perdu près des deux-tiers de sa valeur. Les investisseurs étaient laminés par la correction.

Après avoir perdu 65% de leur mise en moins de 12 mois, beaucoup ont abandonné l'idée d'investir dans les marchés émergents.

Ceux qui sont courageusement restés exposés ont pu profiter d'un solide rebond qui a quasiment résorbé leurs pertes... et ont été ensuite récompensés par un marché baissier de cinq ans.

etf graphe Evolution de 10 000 $ placés dans l'ETF BKF depuis ses débuts

Evolution de 10 000 $ placés dans l'ETF BKF depuis ses débuts - Source : iShares

Autant dire que les investisseurs particuliers de la première heure ont eu nombre d'occasions de quitter le navire et de maudire le secteur.

Même chez les institutionnels, investir dans les pays émergents est passé de mode. Peu de gérants mettent aujourd'hui en avant leur exposition sur ce secteur géographique.

Ces pays ont, bien sûr, été durement touchés par la crise des subprime. Leurs économies, moins mûres que les nôtres, sont sujettes à des ajustements brutaux. Le risque politique est également fort et placer des liquidités dans ces juridictions est un véritable pari sur la stabilité des gouvernements.

Malgré tous ces risques, les atouts des pays émergents qui faisaient leur popularité il y a 10 ans n'ont pas disparu. Leurs économies sont toujours dynamiques. Leur démographie reste beaucoup plus favorable à la croissance que celle de nos populations vieillissantes.

Le PIB/habitant, toujours faible par rapport à nos standards, possède un important potentiel haussier.

Enfin – là est la nouveauté depuis l'effondrement de 2007 – l'arrivée promise de la classe moyenne a bien eu lieu. La dernière décennie a vu une nouvelle génération d'actifs arriver sur le marché du travail. Ces jeunes gens ont grandi avec la promesse que leur niveau de vie s'approcherait de celui des occidentaux. Ils sont dynamiques, rêvent d'enrichissement matériel... et consomment.

Une croissance à faire pâlir d'envie l'occident

Les analystes évoquent souvent la fin de la croissance des BRICS. Les chiffres de l'OCDE montrent effectivement une inflexion de la vigueur de leurs économies depuis 2007.

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Croissance du PIB des BRICS entre 2001 et 2015. Source : Parlement Européen/Banque Mondiale

En voyant un tel graphique, il est facile de conclure que les BRICS sont en récession depuis 2007. Après tout, les courbes sont ne sont-elles pas descendantes ?

Pourtant, ces courbes représentent la croissance du PIB des émergents. En d'autres termes, c'est la vitesse de la hausse qui baisse depuis 2007. A part quelques trous d'air pour la Russie et le Brésil, la croissance est bien là – et ininterrompue depuis plus de 15 ans. Pouvons-nous en dire autant en Europe et en Amérique du Nord ?

Tous les BRICS ne se ressemblent pas

Vous le voyez, les économies des BRICS restent globalement plus dynamiques que les nôtres. Il est possible d'investir sur les BRICS en général (notamment grâce à l'ETF d'iShares dont je vous parlais plus haut), mais l'expérience a montré que ces cinq pays ont des sensibilités sectorielles très différentes.

Le Brésil et la Russie ont été durement touchés par les fluctuations des cours du pétrole en 2008 et en 2015. La situation actuelle est meilleure avec un WTI qui a quasiment doublé depuis ses plus bas de 2016... Il reste compliqué de prédire l'avenir, et le baril pourrait bien retomber sous les 40 $ dans les prochaines années.

Dans un tel cas de figure, le Brésil et la Russie souffriraient à nouveau, emportant avec eux les indices et ETF couvrant de manière groupée les cinq pays.

Dès demain, nous verrons comment miser sur le plus performant des BRICS.

Evolution du PIB des cinq BRICS. Et si vous misiez sur le leader ?

Evolution du PIB des cinq BRICS. Et si vous misiez sur le leader ?

Son économie ne dépend pas du cours du pétrole. Elle profite directement de la croissance occidentale, tout en augmentant année après année la part de la consommation intérieure.

Rendez-vous demain pour découvrir son incroyable potentiel.

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2018, l’année des taxis autonomes http://quotidienne-agora.fr/voitures-taxis-autonomes/ http://quotidienne-agora.fr/voitures-taxis-autonomes/#respond Mon, 11 Dec 2017 10:29:03 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70886 taxis autonomes

C'est désormais officiel : des taxis autonomes circuleront sur la voie publique dès l'année prochaine. Nissan Motor a annoncé il y a quelques jours que ses premiers exemplaires de taxi entièrement automatisés seraient mis en circulation au Japon dès le mois de mars 2018.

La première phase de test durera une quinzaine de jours durant lesquels ces véhicules seront disponibles dans les rues de Yokohama, ville du siège social de l'entreprise.

Les utilisateurs pourront tester le concept dans son intégralité : réservation depuis une application mobile, paiement en ligne sécurisé, et bien sûr déplacement totalement géré par l'électronique du véhicule.

Nissan annonce d'ores et déjà le déploiement commercial de ces taxis pour 2020.

Nous vous annoncions depuis quelques temps dans La Quotidienne et NewTech Insider que les voitures autonomes s'approchaient irrésistiblement de la commercialisation.

L'année prochaine va marquer le coup d'envoi de ce marché prometteur – et sa démocratisation pourrait arriver bien plus vite qu'on ne le pense.

Nissan

Le véhicule autonome Nissan - Crédit : Nissan Motor

Pourquoi n'avons-nous pas déjà tous une voiture autonome ?

Les laboratoires de recherche ont dans leurs hangars des prototypes de véhicules autonomes (plus ou moins adaptés à la circulation en conditions réelles) depuis plus d'une décennie.

Tesla a équipé ses voitures d'un autopilot dès 2014. Même s'il s'agit plus d'un dispositif d'aide à la conduite que d'un vrai pilote automatique, l'autopilot est capable d'assurer en totale autonomie près de 90% des trajets extra-urbains.

Pourtant, les véhicules semi-autonomes sont encore réservés à une minorité de clients technophiles. Pour M. et Mme Tout-le-monde, la voiture qui se conduit seule reste de la science-fiction.

Est-ce un problème de prix ? Le coût des Tesla les rend inaccessibles à la plupart des bourses.

Est-ce un problème d'intérêt ? Finalement, conduire n'est peut-être pas si déplaisant pour tous les conducteurs qui font le choix de ne pas prendre les transports en commun.

La réponse est probablement "un peu des deux".

Le gain apporté par le confort d'un véhicule qui se conduit seul ne justifie pas, pour les particuliers, de dépenser une fortune pour l'acquérir. De même, le législateur ne semble pas pressé de prévoir les textes qui encadreront l'utilisation de véhicules autonomes par les particuliers.

Alors, le véhicule autonome a-t'il vocation à être un marché de niche comme l'est le transport par hélicoptère ?

Les annonces de Nissan nous font espérer le contraire.

Le taxi comme moteur

Il est intéressant de constater que l'arrivée de la voiture autonome est hâtée par les besoins de l'industrie du transport de personnes.

Comme toutes les nouvelles technologies, la voiture autonome ne se diffusera que si elle est attirante ou rentable.

Laissons de côté l'aspect de l'attrait qui sera déterminé par l'efficacité du marketing et les évolutions sociales.

La rentabilité n'est pas là pour les particuliers – rares sont les passagers qui peuvent gagner de l'argent en travaillant dans une voiture, même autonome.

En revanche, les sociétés de transport de personnes ont tout à gagner à disposer de flottes de véhicules autonomes. Ces taxis de nouvelle génération feront l'impasse sur l'élément le plus cher et le moins fiable de leur activité : le chauffeur.

Un taxi autonome ne se fatigue pas, il peut travailler 24h/24, ne demande pas de salaire et ne fait pas d'opération escargot sur le périphérique. Pour les gestionnaires de flottes, la gestion de l'humain au volant est un problème qui disparaît.

C'est donc tout naturellement vers ce marché que s'engagent les constructeurs qui souhaitent produire en masse des voitures autonomes.

En proposant des véhicules pensés pour le transport de personnes plutôt que pour les trajets particuliers, ils s'engagent sur un marché où les acheteurs potentiels piaffent d'impatience.

Pourquoi cette annonce est-elle importante ?

Jusqu'ici, les véhicules autonomes étaient présentés comme de l'innovation technologique plutôt que de l'industrie.

Tesla et ses voitures qui se mettent à jour automatiquement a réussi à faire croire que la question de la voiture autonome se résume à une problématique logicielle. Cet écran de fumée a fait oublier un temps qu'une voiture autonome doit aussi disposer de solides capteurs (dont ne disposent pas les Tesla Model S), et qu'une production de série nécessite un sérieux outil industriel.

Google a longtemps été sous le feu des projecteurs avec ses véhicules autonomes qui sillonnent depuis des années – et avec succès – les routes de Californie.

Apple a aussi eu, un temps, une division chargée de l'élaboration d'une voiture autonome.

google-car

Et si ceci n'était finalement pas le futur de l'automobile ? - Crédit : Alphabet

Pourtant, l'arrivée des taxis autonomes sur le marché se fait aux couleurs de Nissan, un constructeur existant depuis plus de 100 ans. Cela signifie que le rôle des entreprises technologiques sur ce marché va redevenir rapidement mineur. Google et Apple pourront continuer à travailler sur le recueil de données et l'intégration avec leurs smartphones.

Les fondeurs et fabricants de processeurs pourront continuer à développer leurs systèmes de guidage qu'ils revendront aux constructeurs. Ils deviendront des équipementiers à peine plus importants que ne l'est Philips qui fournit aujourd'hui les ampoules des phares.

Les grands gagnants seront les constructeurs qui, étant le dernier maillon de la chaîne de valeur, pourront imposer leurs prix aux sociétés de transport de personnes impatientes d'acquérir des véhicules autonomes.

Quelles conséquences pour vos investissements ?

L'annonce de Nissan prouve, comme nous l'avons longtemps suspecté, que les constructeurs historiques n'étaient pas endormis pendant que les nouveaux venus comme Google et Tesla multipliaient les communications fracassantes.

Si Nissan se permet d'annoncer un test grandeur nature de son offre au mois de mars 2018, cela signifie que ses véhicules sont prêts, testés et re-testés depuis bien longtemps. En évoquant simultanément une production en masse pour 2020, le constructeur affiche son entière confiance dans le bon déroulement de ce test.

Trois ans représentent un claquement de doigts à l'échelle de l'industrie automobile.

L'arrivée imminente de ces véhicules va avoir des conséquences sur plusieurs industries. Les Uber et autre Lyft, qui sont actuellement dans la tourmente à cause de leurs tracasseries administratives, ne sont peut-être pas si mal en point qu'ils essaient de le faire croire.

Bien sûr, leur modèle économique actuel est condamné. Les chauffeurs refusent de se faire exploiter et le législateur tente par tous les moyens de les empêcher de mener à bien leur dumping social. Cela n'aura qu'un temps.

Les chauffeurs précaires utilisés par ces sociétés ne sont qu'un pis-aller en attendant l'arrivée des véhicules autonomes. Dès qu'elles pourront se passer de cette masse salariale, le business model sera transformé et leurs pertes abyssales pourraient bien se transformer en bénéfices insolents. Ne les enterrons pas trop tôt.

Tesla va garder, au moins pour un temps, sa mainmise sur le marché du véhicule autonome désirable. Si les constructeurs se focalisent sur le rentable, il restera toujours une place pour des voitures de luxe autonomes. L'entreprise Tesloop, qui propose des trajets quasi-automatisés en Tesla, montre même qu'il est possible de se placer à l'intersection de ces deux marchés.

Reste bien sûr à savoir si Tesla arrivera à être rentable avant que les pertes n'aient raison de la patience de ses investisseurs.

Enfin, les constructeurs automobiles qui produiront les véhicules autonomes seront aux premières loges pour récolter les bénéfices de ce nouveau marché.

Un arbitrage des valeurs technologiques surcotées vers les constructeurs à la pointe de l'innovation comme le groupe Renault (FR0000131906) sera la meilleure stratégie pour profiter de l'arrivée des véhicules autonomes.

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Virement instantané : Les banques françaises à l’heure de la modernité http://quotidienne-agora.fr/virement-instantane-banques/ http://quotidienne-agora.fr/virement-instantane-banques/#respond Fri, 24 Nov 2017 10:30:02 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70758 virement instantané

La banque de détail est un secteur traditionnellement très attaché à ses habitudes. Dans ce monde, "innovation" et "risque" ne sont pas des qualités, loin s'en faut. Aussi, le métier de banquier est, dans l'imaginaire collectif, principalement synonyme de frilosité et d'aversion à la nouveauté... et il faut bien admettre que le quotidien des clients des banques de détail est plus souvent émaillé d'incidents et de frais inattendus que d'agréables surprises.

Il arrive parfois qu'une lueur de changement déchire cette torpeur poussiéreuse. La multiplication des banques en ligne a apporté une diversification bienvenue dans l'offre destinée aux particuliers.

Les fintechs, très en vogue ces dernières années, apportent régulièrement des solutions innovantes pour nous assister dans la manipulation au quotidien de notre argent. Parfois utiles, parfois moins, elles restent destinées à un public averti et bien informé du cycle de vie de ces start-ups parfois éphémères.

Aujourd'hui, nous assistons (une fois n'est pas coutume) à la naissance d'une innovation portée par une institution internationale. Le premier virement européen instantané, effectué selon les préconisations de l'European Payment Council (créateur du SEPA), a eu lieu il y a quelques jours.

La différence avec les innovations des fintechs est de taille. Ce nouveau service peut potentiellement être adopté par l'ensemble des banques européennes et être proposé à tous les clients — qu'ils soient particuliers ou professionnels.

Si vous avez l'habitude de télécharger les derniers logiciels du moment sur votre smartphone, vous trouverez certainement cette innovation mineure par rapport aux services offerts par les applications mobiles de transfert d'argent.

Les millions de personnes qui ne maîtrisent pas suffisamment les nouvelles technologies (ou qui vivent même sans accès à Internet) découvriront, elles, les plaisirs de la rapidité lorsque leur banque leur proposera de tels virements.

Qu'est-ce qu'un virement instantané ?

Les caractéristiques d'un virement instantané sont définies par le SEPA Instant Credit Transfer.

Un tel virement est effectué entre deux établissements européens, peut être d'un montant jusqu'à 15 000 €, et doit être achevé au plus tard dans les 10 secondes suivant son émission (avec une tolérance à 20 secondes en cas de problème technique).

Avec cette nouvelle norme, les paiements par virement seront tout simplement aussi rapides que les paiements par carte bancaire — et ce dans toute l'Europe.

Ce type d'innovation ne peut que nous réjouir. Quelques mois après la fin du roaming des opérateurs mobiles, elle offre aux citoyens une liberté de mouvement et une capacité d'échanges commerciaux accrues.

Aujourd'hui, les virements interbancaires sont trop lents pour être utilisés par les consommateurs pour les achats du quotidien. Pour les règlements entre professionnels, les délais sont si longs que la plupart des comptabilités d'entreprises travaillent avec les récépissés plutôt que d'attendre la disponibilité effective des fonds.

La réalisation instantanée des virements interbancaires ouvrirait la voie à une nouvelle gamme de transactions sur Internet (l'achat de biens de plusieurs milliers d'euros), et à de nouvelles relations commerciales entre professionnels.

La semaine dernière, la banque espagnole CaixaBank a annoncé avoir réalisé le premier transfert instantané sur un compte domicilié dans la banque autrichienne Erste Bank.

Caixa

L'interface des virements instantanés - Crédit : CaixaBank

Suite à ce dernier test, la banque a annoncé ouvrir ce service de transferts instantanés à ses clients se rendant en agence ou se connectant à leur espace Web habituel. Bien entendu, les virements instantanés ne pourront être effectués qu'entre deux banques ayant mis en place le nouveau système.

Alors, pourrez-vous bientôt virer des milliers d'euros depuis votre compte courant en quelques secondes ?

La liste des établissements proposant les transferts instantanés à partir de fin novembre se trouve ici. En la parcourant, vous y trouverez une surreprésentation de l'Allemagne et de l'Autriche (due à la présence de nombreuses caisses d'épargnes et de banques locales), des grands noms de la banque comme ING et Santander... et noterez l'absence criante des enseignes françaises.

La banque française rate le train de l'innovation

Aucune date n'est encore annoncée dans les grands réseaux tricolores ; l'absence de communication officielle renforce encore un peu plus le sentiment que l'amélioration des services n'est pas la priorité de nos banques.

Alors que la plupart des néo-banques (N26, Compte Nickel) vantent la réactualisation en quasi temps réel des comptes bancaires et que le bien connu PayPal permet depuis des années de virer des montants importants à l'autre bout de la planète en quelques secondes, nos banques font l'impasse sur un service pourtant plébiscité par les consommateurs.

Sans tomber dans la critique facile du métier de banquier (qui, rappelons-le, vire au cauchemar en période de taux négatifs), force est de constater que la stratégie de croissance des banques ne passe pas par la fourniture de nouveaux services.

Plutôt que d'offrir aux clients des virements internationaux effectués en 10 secondes, il semble plus rentable de continuer à traiter les virements interbancaires en plusieurs jours ouvrés tout en facturant fort cher les virements urgents (traités dans la journée dans le meilleur des cas).

Pour les clients français, il faudra donc s'armer de patience avant de voir ce nouveau service proposé sur l'ensemble des comptes.

Quelles conséquences pour vos opérations de banque, et vos investissements ?

Lecteur de la Quotidienne, vous n'aurez aucune difficulté à vous tourner vers les offres alternatives pour vos transferts urgents.

Si les solutions comme Western Union sont peu recommandées vu leur faible niveau de sécurité et l'absence totale de garantie, vous pouvez sans risque vous tourner vers Paypal pour vos transferts de fonds dans toute l'Europe (et même hors de nos frontières).

Le leader du paiement en ligne bénéficie d'une notoriété et d'une ancienneté suffisantes pour en faire un tiers de confiance reconnu. Vous aurez simplement à vous acquitter de frais non négligeables (jusqu'à 2,5% du montant dans le cas d'achats en ligne, souvent pris en charge par le commerçant) qui peuvent être un frein à son acceptation.

Si vous êtes actionnaire des banques classiques, ne négligez pas cet énième signe de la perte de vitesse de ces sociétés.

L'arrivée des banques en ligne aux tarifs réduits voire gratuits a rendu la facturation de frais bancaires difficilement acceptables pour les consommateurs.

La baisse des taux rend l'activité de crédit de moins en moins rentable.

Les nouvelles banques (N26, Compte Nickel et désormais Orange Bank) désacralisent le métier de banquier et finiront par avoir raison de la fidélité des plus indéfectibles clients.

La perte de compétitivité de l'activité de détail n'arrange pas les affaires de ces entreprises déjà surexposées aux dettes d'Etats dans le cadre de leurs activités de marché.

Etre actionnaire des banques françaises n'a décidément jamais été aussi risqué.
[NDLR : quelle est votre couverture en cas de crise bancaire européenne ? Prenez vos précautions : voici les six mesures d'urgence que vous devriez mettre en place dès maintenant.]

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Avec la 3D XPoint, la quatrième révolution informatique est annoncée http://quotidienne-agora.fr/3d-xpoint-revolution-informatique/ http://quotidienne-agora.fr/3d-xpoint-revolution-informatique/#respond Fri, 17 Nov 2017 11:00:55 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70694 3D XPoint - Intel

Nous avons vu hier que le marché de l'informatique peine à se renouveler depuis une quinzaine d'années. L'architecture actuelle des micro-ordinateurs n'a pas changé depuis les années 1980 et les clients n'ont aucune raison de remplacer leur matériel tant qu'il n'est pas en panne.

Le troisième cycle de l'informatique est en phase de maturité. Les nouveautés sont rares, peu significatives, et les entreprises du secteur ont du mal à générer des bénéfices.

Dans cette Quotidienne, nous allons découvrir la prochaine révolution qui justifiera un renouvellement intégral du parc informatique.

Elle a été annoncée discrètement lors de l'UBS Global Technology Conference cette semaine, et son arrivée prochaine permet d'espérer un réveil de l'ensemble du secteur à court/moyen terme.

Les trois mues de l'informatique

L'industrie informatique est une habituée des cycles courts. Des innovations technologiques ponctuelles justifient un renouvellement rapide du parc. Lors de ces phases, les montants en jeu sont colossaux et les bénéfices des fabricants à la hauteur de la frénésie.

Rapidement, le marché est saturé et les bénéfices se transforment en pertes. Le cycle recommence lors de l'innovation suivante.

Dans les années 1960, l'arrivée des circuits intégrés a permis la première vague de diffusion de l'outil informatique. Ces premiers circuits électroniques permettaient de concevoir des appareils de calcul scientifique qui dépassaient pour la première fois les capacités de calcul de l'homme.

Organismes de recherche, universités et grandes entreprises se sont équipés en masse... puis le marché a calé, asphyxié par le coût des solutions qui interdisait une véritable démocratisation.

Lors de la phase maniaque entre 1958 et 1960, le cours de l'action Bull est passé de 130 à 1 380 francs. Le krach du 28 mai 1962 a eu raison de cette hausse. Lorsque Bull se recapitalise en 1963, ses actions sont bradées à seulement 50 francs pièce.

Une vingtaine d'années plus tard, l'informatique a connu sa deuxième vie avec l'invention du microprocesseur.

Ces puces électroniques à la fois bon marché, puissantes et polyvalentes ont ouvert la voie au micro-ordinateur. L'outil informatique était enfin accessible aux particuliers fortunés, à toutes les entreprises et à l'ensemble du milieu de la recherche scientifique (qu'elle soit civile ou militaire).

Dans les années 2000, c'est la diffusion massive des réseaux interconnectés qui a offert à l'informatique sa troisième mue. Après le krach des dot.com, l'usage d'Internet chez les particuliers a continué d'augmenter jusqu'à devenir ubiquitaire avec l'arrivée des smartphones.

Il est intéressant de noter que le krach de 2001, dont nous nous souvenons aujourd'hui comme de la fin de la bulle Internet, n'était pas uniquement dû à cette nouvelle technologie.

Parmi toutes les valeurs emportées par le krach figuraient des sociétés bien plus diversifiées comme General Electric (-70% soit 420 Md$ volatilisés) ou Enron (dépôt de bilan suite à une fraude massive).

Le krach de 2001 était la purge nécessaire des excès des années 1990, et a paradoxalement marqué le début — et non la fin — de la croissance d'Internet.

Aujourd'hui, nous arrivons à la fin du cycle de démocratisation d'Internet. Les citoyens des pays occidentaux ont déjà à leur disposition des ordinateurs connectés à la maison, au travail, et dans leur poche. Il ne reste plus beaucoup de marge de progression, du moins dans les pays développés.

Oublions le temps de cette Quotidienne la correction qui semble inévitable sur les valeurs Internet du moment, et qui marquera la fin de la véritable bulle Internet, pour nous concentrer sur la nouvelle architecture d'ordinateurs qui relancera le marché de l'informatique pour la quatrième fois.

En 2018, l'outil informatique entrera dans l'ère de l'immédiateté

Depuis les débuts de la micro-informatique, les ordinateurs sont basés sur trois composants centraux.

Le processeur effectue tous les calculs.

La mémoire vive stocke les données sur lesquelles travaille le processeur.

La mémoire morte stocke les données lorsque l'appareil est éteint.

La mémoire vive est très rapide, mais très chère (on limite donc au maximum sa capacité) et ne conserve pas ses données une fois éteinte.

La mémoire morte est plus abordable mais beaucoup, beaucoup plus lente que la mémoire vive.

Avant de pouvoir utiliser les données, il faut donc les transférer vers la mémoire vive.

Ce transfert prend une éternité à l'échelle d'un processeur. Chercher une information sur votre disque dur (mémoire morte) prend au processeur deux millions de fois plus longtemps que de la chercher dans la mémoire vive.

Autant dire que les milliards de processeurs qui équipent nos ordinateurs, serveurs de data centers et smartphones passent le plus clair de leur temps à attendre.

La révolution intermédiaire des SSD

Si vous avez la chance d'avoir installé un SSD (Solid-state drive, ou disque dur haute performance) au lieu d'un disque dur dans votre ordinateur, vous avez pu constater que l'ensemble de l'ordinateur semble plus rapide même si rien d'autre n'a changé. La raison est simple : chercher une information dans un SSD est 100x plus rapide que sur un disque dur "classique".

Votre processeur passe par conséquent moins de temps à se tourner les pouces en attendant les données et vous donne une sensation de puissance supplémentaire.

Cette "révolution intermédiaire" des SSD, offerte grâce à un nouveau type de mémoire morte nommée "flash", nous a donné des ordinateurs plus réactifs et... les smartphones ! Sans un usage massif de la mémoire flash, ils n'auraient jamais pu atteindre la diversité de fonctions qu'ils proposent aujourd'hui.

L'informatique passe à l'ère de la 3D XPoint

Un nouveau type de mémoire a été annoncé cette semaine : la 3D XPoint (prononcer cross-point).

Il combine la rapidité de la mémoire vive et les capacités de rétention d'information de la mémoire flash.

Avec une commercialisation prévue dès 2018, il deviendra possible pour les constructeurs de proposer sous peu des appareils informatiques où toutes les données sont accessibles immédiatement. La dichotomie mémoire vive/mémoire morte disparaîtra.

3D XPoint

Une cellule de mémoire 3D XPoint - Source : Intel

Cela signifie que votre ordinateur démarrera instantanément. Les applications seront "lancées" en permanence. Le principe même d'extinction n'aura plus de sens. Toutes vos recherches seront instantanées.

Couplée à la diffusion de la 5G, l'informatique des années 2020 entrera dans l'ère de l'immédiateté. Attendre — même quelques secondes — devant un écran ne sera plus qu'un lointain souvenir.

Si vous êtes technophile, vous pouvez imaginer avec gourmandise les perspectives offertes par une telle révolution.

Si vous êtes investisseur, vous serez soulagé d'apprendre qu'il existe un relai de croissance dans le secteur de l'informatique hors des GAFAM.

Comment profiter de la 3D XPoint ?

Je vous le disais, cette nouvelle mémoire devrait être lancée au second semestre 2018. La technologie étant encore à ses débuts, il est trop tôt pour savoir si ses performances seront bien conformes à celles annoncées. La question de sa robustesse est, par exemple, toujours en suspens.

Toutefois, cette mémoire étant développée par Intel (INTC:NASDAQ), il est possible de faire confiance au géant des micro-processeurs et de considérer que l'aspect technique sera maîtrisé.

Les ingénieurs d'Intel sont capables de prouesses ; il très probable que cette mémoire fonctionnera à temps si le fondeur prend aujourd'hui le risque d'annoncer sa commercialisation imminente.

Le vrai test sera au niveau de l'adoption de cette mémoire par les fabricants d'ordinateurs. Comme lors de tout changement majeur, il faudra revoir de fond en comble l'architecture de nos systèmes et nos applications pour en tirer partie.

Nous surveillerons donc avec attention l'arrivée des premiers ordinateurs dotés de mémoire 3D XPoint. Tels les premiers PC et les premiers smartphones, ils seront dans un premier temps réservés à un public averti... avant de devenir incontournables.

D'ici là, l'horizon semble se dégager pour Intel qui était dans une situation inconfortable sur son activité micro-processeurs depuis quelques temps. Le géant endormi pourrait bien redevenir une valeur de croissance dans la prochaine décennie.
[NDLR : Si vous suivez les recommandations de Ray Blanco dans NewTech Insider, vous avez déjà Intel en portefeuille, non seulement pour jouer la nouvelle révolution de l'informatique mais aussi l'intelligence artificielle ou les cryptomonnaies. Explications de Ray ici...]

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Découvrez la 1ère révolution de l’informatique en 20 ans http://quotidienne-agora.fr/revolution-informatique/ http://quotidienne-agora.fr/revolution-informatique/#respond Thu, 16 Nov 2017 10:30:46 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70679 marché informatique révolution histoire pc de'll

Les véritables révolutions technologiques sont rares. Ces dernières années, les technophiles ont pu se passionner pour la blockchain et son application dans les cryptomonnaies, l'intelligence artificielle, la réalité virtuelle... Pourtant, toutes ces nouveautés ne sont que de nouveaux usages d'une informatique similaire à celle des années 2000.

L'ordinateur de 2017 n'est pas fondamentalement différent de ceux commercialisés il y a 15 ans. Son organisation interne suit des principes qui n'ont pas évolué depuis les années 1980. Sa puissance de calcul n'augmente plus que de manière linéaire (contre une progression exponentielle jusqu'aux années 2000), et le coût de cette augmentation en termes d'investissements industriels est de plus en plus élevé.

L'informatique vit, depuis 10 ans, une véritable crise de maturité.

Seuls les nouveaux logiciels, qu'il s'agisse d'applications ou de services web, semblent encore intéresser les acheteurs et susciter l'intérêt. L'offre matérielle, de son côté, stagne. Les clients ne voient plus de raison de renouveler régulièrement leurs ordinateurs.

Comme un vulgaire réfrigérateur, l'ordinateur n'est aujourd'hui remplacé que s'il tombe en panne — avec les conséquences que l'on imagine sur les volumes de vente.

Quand les ordinateurs ne se vendent plus

La contraction du marché de l'informatique emporte avec elle toutes les entreprises-stars des années 1980.

Les ordinateurs Dell se trouvent, aujourd'hui encore, dans tous les bureaux du monde. Pourtant, l'action Dell a été retirée de la cote en 2013. Après 25 ans de présence sur les marchés et des objectifs manqués trimestre après trimestre durant près de deux ans, il devenait évident que la crise était structurelle.

Michael Dell a justifié la décision de retirer son entreprise du Nasdaq en pointant du doigt la vision à court terme des marchés qui ne lui aurait pas permis de mener à bien une nécessaire restructuration de l'activité.

Certes, les actionnaires n'apprécient jamais de voir une entreprise surestimer ses résultats durant sept trimestres d'affilé, et ont tendance à la sanctionner lourdement. Le problème de Dell n'était cependant pas d'avoir une action malmenée par les marchés mais bien la baisse de sa rentabilité et de son chiffre d'affaires.

Dans sa communication, le fougueux Michael Dell a confondu les causes et les conséquences de la mauvaise santé de Dell et de son parcours boursier.

Nul besoin de vous présenter IBM, acteur historique de l'informatique à qui l'on doit également la démocratisation de l'ordinateur individuel dans les année 1980. Prenant acte de la décroissance du marché du PC, l'américain a vendu son activité au chinois Lenovo dès 2005.

A l'époque, cette cession a fait grand bruit. Elle était perçue comme une manifestation de la domination imminente de la Chine sur l'économie mondiale et du transfert incontrôlé du savoir-faire occidental vers l'Asie.

Encore une fois, même si ces interprétations ne sont pas dénuées de tout fondement, elles ne doivent pas faire oublier que l'activité de vente d'ordinateurs personnels d'IBM était à la peine.

Dans les documents transmis à la SEC (Security Exchange Commission, le gendarme de la Bourse américain), IBM a admis en 2005 avoir perdu près d'un milliard de dollars en un peu plus de trois ans dans sa division PC.

Continuer sur cette voie n'était tout simplement pas rentable. Contrairement à Dell, IBM ne semblait pas vouloir se battre pour réorganiser cette branche en interne et a fait le choix de la cession.
[NDLR : IBM est en plein retour sur le devant de la scène technologique... grâce à l'intelligence artificielle... Un pari d'avenir qui est au coeur de la dernière recommandation de Ray Blanco dans NewTech Insider. Un come-back et un rebond qui n'attendent que vous.]

Enfin, impossible de ne pas évoquer le cas d'Apple. Si la firme de Cupertino a survécu à l'érosion du marché de l'ordinateur personnel, ce n'est pas grâce à son excellence technologique ou à son marketing bien rôdé.

Apple a, tout simplement, cessé d'être un constructeur d'ordinateurs pour devenir un vendeur de baladeurs MP3, puis de smartphones, et enfin de contenus numériques.

La vente d'ordinateurs ne représente aujourd'hui plus que 11% des bénéfices du groupe. Elle apporte désormais une contribution aux bénéfices inférieure aux services — une tendance qui s'accélère comme le confirment les derniers résultats trimestriels.

D'où viendra le rebond du marché de l'informatique ?

Les perspectives sont sombres pour les fabricants d'ordinateurs. Seules les entreprises qui équipent de serveurs les data centers arrivent encore à afficher de la croissance... mais cette fébrilité n'aura qu'un temps.

L'architecture technique des serveurs n'a jamais été aussi similaire à celle des ordinateurs personnels. La différence en termes de capacités de calcul n'a jamais été aussi ténue entre un processeur vendu à M. Tout-le-monde et une puce dédiée aux plus puissants serveurs.

Bientôt, la croissance du nombre de fermes de calcul ralentira, et les achats de serveurs n'auront lieu que pour remplacer ceux tombés en panne.

Le salut de cette industrie viendra lorsqu'une révolution technologique justifiera de renouveler l'ensemble du parc pour bénéficier de nouveaux usages.

L'informatique est un marché dont les cycles de vie sont accélérés. Les stars des années 1960 n'étaient pas celles des années 1980. Celles des années 1980 se sont endormies dans les années 2000 et n'ont pas réellement été remplacées.

Dès demain, nous verrons comment l'outil informatique va être structurellement modifié d'ici 2020. Une limitation intrinsèque de tous les ordinateurs, qui concerne aussi bien votre PC que l'ensemble des data centers, est en voie de disparaître.

Lorsque ce goulet d'étranglement (présent depuis les années 1960) sautera, les utilisateurs seront à nouveau tentés de renouveler leur matériel pour bénéficier d'un confort d'utilisation et de performances incomparables.

Cette quatrième révolution de l'outil informatique, théorisée depuis des décennies par les chercheurs, devrait arriver sur le marché dès l'année prochaine pour les ordinateurs les plus haut-de-gamme.

Sa diffusion pourrait entrainer un cycle de renouvellement jamais vu... et vous pouvez en profiter car elle est portée par une entreprise cotée au Nasdaq !

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Start-ups : attention à la bulle des licornes ! http://quotidienne-agora.fr/start-ups-bulle-licornes/ http://quotidienne-agora.fr/start-ups-bulle-licornes/#respond Mon, 13 Nov 2017 10:30:17 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70645 start-ups

Après les tulipes, les licornes. 400 ans après la tulipomanie néerlandaise, ce sont les valeurs des nouvelles technologies américaines qui connaissent un engouement difficilement justifiable.

Vous n'avez pas pu échapper à la nouvelle : la capitalisation d'Apple vient de dépasser les 900 milliards de dollars. Cette somme représente plus de la moitié de la capitalisation totale du CAC 40.

La firme californienne semble bien partie pour franchir le cap des 1 000 milliards de dollars de valorisation, un montant si élevé qu'il devient difficile à appréhender.

Si Apple reste sagement évaluée en terme de ratios, ceux de Facebook et Amazon sont du jamais vu et défient l'entendement...

Pourtant, ce n'est pas sur la valorisation des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) que nous allons nous concentrer aujourd'hui.

Une autre bulle menace les valeurs technologiques. Moins médiatique que le prix des Blue Chips, elle mobilise toutefois des encours considérables qui risquent de se volatiliser d'ici quelques mois.

La vie rêvée d'une start-up

Toutes les start-ups rêvent de devenir le leader mondial de leur secteur d'activité. Dans le jargon de la Silicon Valley, une entreprise qui parvient à devenir l'équivalent de Google sur son marché est appelée une licorne en référence à l'animal imaginaire objet des fantasmes enfantins.

Par extension, ce terme est aussi appliqué aux start-ups dont la valorisation dépasse le milliard de dollars — qu'elles soient cotées en Bourse ou non.

Après tout, il existe une corrélation entre la valorisation d'une jeune entreprise et ses perspectives de croissance. Les primo-investisseurs sont attirés par le potentiel du projet, les suivants par les premiers résultats, et le cercle vertueux de l'investissement continue ainsi.

Lorsque les investisseurs s'accordent à estimer une entreprise à plus d'un milliard de dollars, c'est qu'elle possède déjà une certaine légitimité et un solide matelas de cash.

Par le passé, l'accès au statut de licorne signifiait deux choses.

Tout d'abord, ses investisseurs des premiers jours touchaient le jackpot. En ayant acquis leurs titres à une valorisation bien plus faible, ils pouvaient encaisser une plus-value inimaginable sur les marchés boursiers.

Pour l'entreprise, le passage de ce seuil psychologique de valorisation était signe d'accélération de l'activité. Avec une légitimité renforcée et l'arrivée massive d'investisseurs suiveurs, dominer la concurrence devenait beaucoup plus facile.

Pour une licorne, la vie était belle. Pour ses actionnaires, c'était le paradis.

2017 : l'inflation incontrôlable du nombre de licornes non cotées

Les choses ne sont plus aussi simples aujourd'hui.

Alors que les investisseurs sont à la recherche de rendement et oublient toute notion de calcul de risque, le nombre de licornes ne cesse d'augmenter.

A la fin du mois dernier, CBSInsights estimait que plus de 215 start-ups sont valorisées plus d'un milliard de dollars. Leur capitalisation cumulée dépasserait les 738 milliards de dollars.

On retrouve dans ces entreprises des acteurs du e-commerce, des réseaux sociaux, des fintech, de la cybersécurité... Tous ces secteurs sont porteurs et nul doute que leurs leaders génèreront de solides bénéfices dans le futur.

Malgré tout, est-il raisonnable de les valoriser plus de 700 milliards de dollars ? N'oublions pas que les investisseurs qui payent ce prix espèrent dégager des plus-values lors de la cession de leurs actions.

A ces niveaux de valorisation, seule une introduction en Bourse permet une sortie positive des actionnaires. La course à la valorisation entre fonds d'investissement ne dure qu'un temps : l'appel au public est nécessaire pour rassembler des montants si conséquents.

Les actionnaires de ces licornes pensent par conséquent tous à une IPO qui se chiffrerait en milliards (notez le pluriel).

Tant que ces IPO n'ont pas lieu, tout va pour le mieux et les start-ups peuvent se payer de plus en plus cher lors des tours de table successifs.

Comme pour la bulle actuelle sur les obligations d'Etat dont Simone Wapler et Bill Bonner vous parlent régulièrement dans la Chronique Agora, le problème va se poser lorsque les investisseurs se dirigeront simultanément vers la sortie.

Leur seule issue, la Bourse, ne peut pas du tout absorber ces valorisations.

Le graphique ci-dessous représente le nombre de sorties positives effectuées par les investisseurs américains. Remarquez-vous la minuscule barre verte ? Il s'agit des IPO.

Le graphique ci-dessous représente le nombre de sorties positives effectuées par les investisseurs américains. Remarquez-vous la minuscule barre verte ? Il s'agit des IPO. les introductions en Bourse représentent une part négligeable des sorties d'investisseurs dans les start-ups.

Les chiffres sont formels : les introductions en Bourse représentent une part négligeable des sorties d'investisseurs dans les start-ups.

En 2016, considérée comme une bonne année pour les IPO, seules 10 licornes ont été introduites en Bourse. Depuis 2008, 55 licornes ont été cotées pour une capitalisation totale inférieure à 100 Md$.

Oublions-donc les marchés cotés : pour l'écrasante majorité des start-ups, la cession des titres se fait suite au rachat par un concurrent... Mais quel concurrent aurait les poches suffisamment profondes pour racheter une start-up plusieurs milliards de dollars ?

Après tout, la valorisation moyenne des start-ups rachetées en 2016 a péniblement atteint, selon PitchBook, 56 millions de dollars. Il manque quelques zéros pour que les investisseurs puissent espérer céder leurs titres chèrement acquis avec une plus-value.

Quelles conséquences pour vos investissements ?

Nous pouvons être certains d'une chose : ces investisseurs tenteront de se défaire de leur titre et de les vendre au plus cher au grand public.

N'oublions pas qu'ils ont en portefeuille plus de 730 milliards de dollars de titres sur lesquels ils espèrent une plus-value conséquente (idéalement entre +500% et +1 000%). Les fonds n'étant pas immortels, leur horizon d'investissement est généralement entre cinq et 10 ans.

Ils essaieront donc de récupérer entre 3 500 et 7 000 milliards de dollars sur les marchés dans les 10 prochaines années.

Inutile de vous dire que le grand public et les investisseurs institutionnels n'ont pas ces sommes à leur disposition. Le marché ne payera pas 10 fois la capitalisation d'Apple (ou cinq fois le CAC 40) pour acheter ces start-ups, si intéressantes soient-elles.

Attendez-vous donc à des IPO agressives avec de gros efforts de marketing pour essayer de vous faire devenir actionnaire d'entreprises de plus en plus chères pour ce qu'elles sont.

La solvabilité du grand public est limitée ; les VC redoubleront d'astuce pour faire passer leurs licornes élevées en batterie pour des opportunités d'investissement uniques.

Il faudra donc étudier avec la plus grande prudence les IPO qui nous viennent d'outre-Atlantique pour éviter de se retrouver dans la situation des malheureux acheteurs d'actions Snap au mois de mars :

Cours de l'action Snap. Les acheteurs des 1ers jours ont perdu 50% de leur mise en moins de 8 mois. graphique 2017

Cours de l'action Snap. Les acheteurs des premiers jours ont perdu 50% de leur mise en moins de 8 mois.

[NDLR : Rejoignez notre club d'investisseurs et misez, avant tout le monde, sur les start-ups françaises les plus prometteuses. Pour en savoir plus...]

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Reconnaissance faciale, biométrie, mécatronique : misez sur la clé du futur http://quotidienne-agora.fr/reconnaissance-faciale-biometrie-mecatronique/ http://quotidienne-agora.fr/reconnaissance-faciale-biometrie-mecatronique/#respond Tue, 07 Nov 2017 10:30:30 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70614 biométrie

L'iPhone X fraîchement annoncé par Apple a fait couler beaucoup d'encre lors de son lancement – au point de faire oublier la naissance simultanée du pourtant très attendu iPhone 8. Ce n'est pas l'agrandissement de l'écran ni la disparition du bouton physique au profit du tout-tactile qui ont justifié cet engouement mais l'arrivée du système d'identification FaceID.

Ce smartphone de nouvelle génération n'utilise plus les empreintes digitales pour reconnaitre son possesseur mais les traits de son visage.

Plus besoin de placer son pouce sur le capteur d'empreintes : des caméras infra-rouges ultrarapides reconnaissent les éléments caractéristiques de la personne en face de l'iPhone. S'il s'agit de son propriétaire, l'appareil est déverrouillé automatiquement.

Derrière cette évolution se cache une nouvelle réponse à un besoin vieux comme le monde : la sécurisation des accès.

La sécurité, un besoin vieux comme le monde

L'enthousiasme suscité par l'arrivée de la reconnaissance faciale sur le plus connu des smartphones nous rappelle que cette question est toujours d'actualité et que sécuriser un accès est une course sans fin entre possesseurs et intrus.

Nous avons en portefeuille plusieurs entreprises qui exercent leur talent dans la sécurisation des réseaux informatiques. Si leur activité est vitale à l'ère du tout-connecté, elle ne doit pas faire oublier que nos biens tangibles doivent également être protégés.

Il est d'ailleurs communément admis dans le milieu de la cybersécurité que la sécurisation d'un outil informatique n'a de sens que s'il est physiquement impossible d'y accéder. Personne n'est en mesure de garantir l'intégrité d'un ordinateur dans les mains d'un pirate. Ce n'est pas pour rien que les centres de données (les fameux Data Center dont raffolent Google, Apple et autres Amazon) possèdent des mesures de sécurité à faire pâlir d'envie les plus grandes banques.

La même problématique s'applique à l'identique à l'échelle individuelle. Si vous voulez être certain qu'aucun mouchard ne sera installé sur votre téléphone, ne le laissez pas entre des mains indélicates. Si vous voulez éviter que vous bijoux ne disparaissent lorsque vous n'êtes pas chez vous, ne laissez pas des inconnus visiter votre logement comme bon leur semble.

Que vous soyez simple citoyen, gardien de prison ou gestionnaire de réseau informatique, il est fondamental de pouvoir décider qui accède aux lieux qui sont sous votre responsabilité.

Facile, me direz-vous ! La serrure a été inventée il y a des siècles, et elle permet de choisir facilement les personnes autorisées à pénétrer dans une enceinte.

La serrure est utile et efficace... jusqu'à un certain point seulement. Le couple clé/serrure classique atteint vite ses limites en termes de flexibilité et de sécurité.

Il faut désormais se tourner vers les nouvelles technologies pour protéger les lieux de manière efficace.

La fin de la clé

La gestion de l'accès aux lieux sensibles ne peut plus être confiée à de simples systèmes mécaniques. Une serrure à clé plate installée sur une porte ne résiste que quelques secondes à un cambrioleur expérimenté.

Les clés de sécurité utilisées avec des serrures multipoint, censées offrir la meilleure protection possible, ne présentent en fait qu'une amélioration marginale de la protection contre les intrusions.

Améliorer la robustesse des clés demande une complexification exponentielle qui augmente dans les mêmes proportion le coût et la fragilité des installations.

Même dans les cas où le prix n'est pas un sujet, les schémas des clés dites sécurisées finissent toujours par se retrouver entre de mauvaises mains. Ils ne peuvent être considérés comme secrets que quelques semaines (ou tout au plus quelques mois) après leur fabrication.

En pratique, les clés que nous utilisons au quotidien ne permettent de restreindre l'accès à un lieu qu'aux personnes peu motivées. A moins de procéder régulièrement au remplacement des mécanismes de verrouillage, il est relativement aisé pour des individus malveillants d'ouvrir les systèmes mécaniques.

Enfin, même pour les lieux non-critiques, ces dispositifs sont peu flexibles. S'il est facile de demander la restitution d'une clé plate pour retirer l'accès d'un lieu à une personne, rien ne garantit qu'aucune copie n'a été faite entre temps.

Dans le cas des clés sécurisées, il est normalement impossible d'effectuer des copies dans les circuits officiels et la question des "accès fantôme" (visite d'une personne n'étant plus censée posséder de clé) ne se pose pas. Le manque de souplesse est surtout un problème lorsqu'il s'agit d'offrir l'accès à de nouvelles personnes : la fabrication de nouvelles clés est longue et coûteuse.

C'est pour toutes ces raisons que les jours du couple clé/serrure mécanique sont comptés au-dehors des cas les plus élémentaires.

La biométrie : une fausse bonne idée

Oubliez l'effet "Wow" du marketing des fabricants de téléphones portables : sécuriser un accès au moyen de paramètres biométriques est en fait une très mauvaise idée. Une identification biométrique n'a rien à voir avec une clé : elle identifie simplement une personne, pas sa capacité à accéder à un lieu.

Contrairement à une clé, une identification biométrique ne peut être ni créée, ni transmise, ni révoquée. Vous êtes-vous, quoiqu'il arrive.

Lorsqu'il s'agit d'autoriser le déblocage d'un iPhone, la confusion est facile et ne pose aucun problème. Le propriétaire d'un téléphone s'attend à pouvoir y accéder tout le temps. Lorsque le téléphone est revendu, il suffit de l'informer du changement de propriétaire pour que l'heureux acquéreur soit en mesure de le déverrouiller à l'envi. Personne physique et droit d'accès se confondent.

La sécurisation de lieux est autrement plus complexe. Certaines personnes peuvent être autorisées à ouvrir certaines portes à certains moments de la journée. Des autorisations peuvent être créées, ou au contraire retirées.

Bien sûr, il est tout à fait possible de prévoir des scénarios d'accès définis pour chaque personne. Dans le cas d'un immeuble de bureau, il est possible de prévoir que les membre des équipes de nuit ne peuvent entrer qu'entre 22h et minuit, et que l'équipe de jour doit arriver entre 7h et 9h.

Une correspondance est créée entre la personne et ses autorisations d'accès. Ceci fait, la flexibilité d'un accès biométrique n'est plus si différente de celle d'une porte à clé.

Un problème insurmontable se pose lors de la révocation. Il est possible de faire disparaître un droit d'accès, mais pas une personne – en France, c'est même tout à fait réprimé par la loi.

Si une clé est volée, il est possible (quoique pénible) de changer toutes les serrures que cette clé ouvrait.

Si les paramètres biométriques d'une personne sont copiés, c'est l'ensemble du système de protection qui est compromis. La seule solution est de refuser ad vitam aeternam tout accès à la victime de l'usurpation d'identité.

L'expérience montre que tous les mécanismes d'identification biométriques sont, un jour ou l'autre pris en défaut. Les empreintes digitales étaient censées être un marqueur unique ; on sait aujourd'hui qu'il est facile de les copier après avoir récupéré des empreintes de la victime sur des objets du quotidien.

Il se murmure même que le TouchID d'Apple, sorti en 2013 et intégré depuis aux iPhone, iPad et MacBook, pourrait disparaître purement et simplement dès l'année prochaine à cause de sa trop faible fiabilité.

Alors que les caméras ont gagné en précision et les ordinateurs en capacité de calcul, la reconnaissance faciale a été présentée comme une alternative beaucoup plus fiable. Les traits du visage étant censés être bien plus discriminants que les empreintes digitales, la fiabilité de la reconnaissance devrait être améliorée.

Le diable se cache dans les détails : nos visages sont uniques, certes, mais absolument pas secrets. Le mois dernier, deux chercheurs en sécurité ont, selon Business Insider, réussi à contourner le système de reconnaissance faciale du dernier Samsung Note 8 avec une simple photographie téléchargée depuis un profil Facebook ! Même si aucune photo de votre visage ne se trouve sur Internet, vous n'empêcherez pas un usurpateur d'identité motivé de vous prendre en photo dans la rue.

Demain, les appareils du quotidien utiliseront une image du fond de l'oeil, réputée encore plus unique et plus difficile à pirater, pour identifier leurs possesseurs... jusqu'à ce qu'un moyen de les tromper soit trouvé. Ces systèmes, quoique pratiques et ludiques avec leurs petits airs de science-fiction, ne sont par conséquent pas utilisable pour sécuriser des lieux sur une longue durée.

Le salut est dans la mécatronique

La serrure de demain n'est donc pas biométrique : elle utilise des clés de chiffrage qui sont uniques et peuvent être facilement remplacées en cas de perte ou de vol. Elle offre le même niveau de protection que l'encryptage des communications sécurisées sur Internet.

Elle est à la fois flexible (possibilité d'ajouter et retirer des accès facilement), résistante aux usurpation (la révocation d'accès ne remet pas en cause l'utilisation du système) et physiquement robuste (résistante aux chocs, à l'eau, au feu).

Ses clés numériques, donc immatérielles, sont programmées dans des micro-puces voire dans des téléphones portables. Elles sont transmises par ondes radio entre la serrure et le porte-clé numérique.

Ces nouvelles serrures permettent aux gestionnaires de sites de décider facilement qui a accès à quel local, et à quel moment. Toute la gestion des accès peut se faire de manière logicielle sans avoir à intervenir sur le matériel installé. La révocation d'accès, en cas de perte ou de vol des clés numériques, ne prend que quelques secondes. De nouveaux accès peuvent être créés aussi rapidement.

La serrure du futur ne s'ouvre que si son propriétaire le veut bien

La serrure du futur ne s'ouvre que si son propriétaire le veut bien -
DR : DOM

Sans en avoir l'air, l'élaboration de tels produits est un casse-tête industriel. Avec de fortes contraintes mécaniques (pour assurer la sécurité), électroniques (pour gérer la récupération de la clé et l'ouverture) et logicielles (pour offrir une bonne ergonomie aux gestionnaires de parcs), la conception d'une serrure numérique met en oeuvre des savoir-faire très différents.

Il existe de nombreuses start-ups qui tentent aujourd'hui d'imposer leurs solutions de serrures numériques sur le marché. Les retours d'expérience sont, disons-le clairement, mauvais. Ces entreprises sont généralement très compétentes dans le domaine du développement logiciel et arrivent à concevoir des électroniques acceptables. La partie mécanique pêche en revanche par son manque de maturité, et les produits s'avèrent de piètre qualité.

Plus grave encore, les produits commercialisés par ces start-ups sont conçus par des ingénieurs venant du monde du logiciel. Le culte de la réactivité et de la correction de bugs "au fil de l'eau" fait des merveilles lorsqu'il s'agit de concevoir un site Web... mais la tolérance des utilisateurs face aux bugs est différente lorsqu'il s'agit d'ouvrir une porte qui reste désespérément close sans raison. Le déploiement d'une mise à jour pour régler le problème sous quelques heures est une piètre consolation.

Les gestionnaires de bâtiments et de sites critiques rechignent donc à utiliser les solutions miracles proposées par ces jeunes pousses dans des lieux qui ont vocation à être exploités durant des décennies. La maturité n'est tout simplement pas encore là.

Un acteur historique a décidé de prendre le problème à l'envers et d'attaquer ce marché avec tout le poids de son expérience dans la serrurerie.
[NDLR : Et c'est cet acteur historique qu'Etienne vous recommande dans le dernier dossier "technologie française" de NewTech Insider. Misez sur la sécurité du futur et retrouver cette recommandation ici...]

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Avec AlphaGo Zero, l’intelligence artificielle fonctionne selon ses propres règles http://quotidienne-agora.fr/alphago-zero-intelligence-artificielle-go/ http://quotidienne-agora.fr/alphago-zero-intelligence-artificielle-go/#respond Mon, 06 Nov 2017 10:30:56 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70610 AlphaGo Zero

La croissance des capacités de l'intelligence artificielle (IA) est exponentielle dans son intensité comme dans sa rapidité. Les nombreuses limites qui tenaient bon depuis les débuts de l'informatique ont volé en éclat ces dernières années. Celles qui étaient considérées comme des barrières absolues, telle la possibilité de gagner contre un humain au jeu de go, ont cédé en 2017.

Nous parlions en mai dernier de la victoire écrasante du logiciel AlphaGo Master contre le meilleur joueur de go au monde. Avec cette performance remarquable, Google Deepmind (filiale d'Alphabet) a rebattu les cartes de l'intelligence artificielle.

Si battre un être humain au jeu de go est possible, où s'arrêteront les progrès de l'IA ?

La réponse à cette épineuse question s'esquisse avec deux publications scientifiques du mois d'octobre. Elle est sans appel : nous sommes loin, très loin, d'avoir atteint le plafond des progrès de l'IA.

Alors que l'exemple d'AlphaGo nous a montré en début d'année que les systèmes à apprentissage pouvaient largement dépasser les humains en termes de capacités d'abstraction, les chercheurs en intelligence artificielle continuent à les améliorer.

Ils travaillent maintenant sur des systèmes capables se former sans avoir à apprendre de l'expérience humaine.

Autrement dit, les dernières IA inventent leurs propres règles en toute autonomie. Il ne s'agit plus de créer des systèmes informatiques qui intègrent et copient l'expérience de l'humanité toute entière pour la restituer de manière infaillible, mais bien de laisser les algorithmes trouver eux-mêmes des solutions aux problèmes posés.

Notre fierté d'homo sapiens a pris un sérieux coup le mois dernier. Il s'avère que ces nouvelles IA ne sont pas uniquement possibles : elles sont déjà fonctionnelles. Leurs performances, quant à elles, dépassent tout ce qui se faisait auparavant.

Une IA pour créer des images

La première publication, que l'on doit aux scientifiques de l'Institut Max Planck, concerne un système expert, appelé Enhance Net-PAT, capable d'inventer lui-même les informations manquantes sur une image.

Enhance Net-PAT

En partant d'une image fortement pixellisée (à gauche), l'IA a progressivement inventé des pixels pour atteindre un résultat photo-réaliste (à droite).

Avec de tels logiciels, il devient possible d'enjoliver artificiellement des images de faible qualité.

Ce nouveau type d'IA trouvera des applications directes pour améliorer le confort d'utilisation de l'outil informatique.

Son seul défaut : les informations supplémentaires ajoutées dans l'image sont purement et simplement inventées par le logiciel. Pas question, donc, d'espérer rendre une plaque d'immatriculation lisible dans une image de basse qualité issue d'une caméra de vidéosurveillance.

Ces améliorations artificielles d'image ne pourront avoir qu'un usage d'agrément, et restent totalement inoffensives.

La seconde publication, quant à elle, fera frémir ceux qui s'inquiètent de la place que prend l'IA dans nos sociétés.

Les nouvelles IA n'écoutent plus les hommes

Les chercheurs de Deepmindont encore marqué les esprits en publiant leurs derniers résultats dans le très sérieux Nature. Leur dernière IA, appelée AlphaGo Zero, se frotte une fois de plus au jeu de go.

Contrairement à tous ses prédécesseurs, AlphaGo Zero n'a pas été entraînée en passant au crible des milliers de parties des meilleurs joueurs de l'histoire.

Elle s'est uniquement entraînée en se battant contre elle-même durant quelques jours.

Les chercheurs lui ont simplement inculqué les règles de base du jeu et l'ont laissée trouver par elle-même les meilleurs coups à jouer sans aucune aide extérieure.

La progression a été fulgurante. En quelques heures, AlphaGo Zero atteignait le niveau des meilleurs joueurs mondiaux. Au bout de 30 jours, elle battait régulièrement AlphaGo Master (la fameuse IA victorieuse du mois de mai).

Au bout de 40 jours, les chercheurs ne disposaient plus d'aucun adversaire capable de battre régulièrement AlphaGo Zero.

AlphaGo Zero

Après 40 jours d'apprentissage, l'IA AlphaGo Zero est le joueur de go le plus puissant au monde - Source : Alphabet

Les performances de ce nouveau type d'apprentissage ne doivent pas être prises à la légère.

AlphaGo Master avait absorbé des milliers de parties et était devenu une synthèse des meilleurs coups joués par les meilleurs humains depuis plusieurs décennies.

Autrement dit, Deepmind avait prouvé qu'il était possible de créer une IA supérieure à l'homme dans sa capacité d'imitation et de synthèse. AlphaGo Master était le meilleur élève au monde.

Le fait que les spectateurs n'aient pas compris en temps réel les coups joués par l'IA durant les matchs a montré que les capacités cognitives de l'homme pouvaient être dépassées par celles de la machine.

Un premier coup dur pour l'honneur des bipèdes.

Avec AlphaGo Zero, les chercheurs de Deepmind sont allés encore plus loin et ont démontré qu'une IA peut devenir encore plus performante si elle apprend par elle-même.

AlphaGo Zero ne s'est pas encombrée des connaissances humaines et de l'expérience des meilleurs maîtres du go. Elle a exploré, testé, et évalué en solitaire les meilleurs coups et a élaboré ses propres stratégies.

En 40 jours, le logiciel est devenu meilleur que la synthèse des connaissances humaines.

Une performance hautement symbolique quand on sait que le jeu de go est pratiqué en Asie depuis près de 2 500 ans !

Quelles applications pour ces systèmes auto-apprenants ?

Bien sûr, dessiner des mésanges et jouer au go ne sont qu'une illustration ludique des capacités des systèmes à apprentissage.

Laissons de côté les applications potentiellement anxiogènes de ces nouvelles IA. Personne n'a hâte de voir circuler dans les rues des véhicules autonomes qui auraient établi leur propre code de la route, ou de voir déployées des armes autonomes décidant en toute indépendance de leurs cibles.

Les performances époustouflantes des systèmes à auto-apprentissage ouvrent la porte à un nouveau champ d'application de l'IA. Il existe un domaine qui mobilise de longue date quantité d'esprits brillants : la recherche.

Aujourd'hui, le processus de découverte du savoir est incroyablement fastidieux. Il se base sur un subtil mélange d'intuition, de rigueur scientifique qui se bat sans cesse contre nos biais cognitifs, d'utilisation des connaissances existantes et, bien sûr, de chance.

Les chercheurs essaient depuis des années de créer des IA capables de retrouver les connaissances scientifiques qu'il nous a fallu des siècles pour découvrir. Les performances étaient, jusqu'ici, médiocres.

Mais grâce aux systèmes à auto-apprentissage, nous pouvons rêver à des IA chargées de découvrir des lois de la physique à notre place. Si les performances dans ce domaine sont aussi bonnes que celles au jeu de go, où une IA a en 40 jours surpassé 2 500 ans d'expérience humaine, elles pourraient donner un formidable coup d'accélérateur à la recherche scientifique.

Imaginez une telle IA redécouvrir les lois de la gravitation en deux jours et la relativité générale quelques heures plus tard... Nul doute que les jours suivants seraient riches d'enseignements !

Utiliser l'esprit humain pour découvrir péniblement les lois de la physique pourrait, dans quelques années, sembler aussi anachronique que labourer un champ à mains nues.

De la même manière, l'élaboration de molécules médicales thérapeutiques pourrait être faite par des IA plutôt que par un éreintant et coûteux travail de recherche in-vitro puis in-vivo.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises en ce qui concerne les progrès de l'IA. Le mois d'octobre nous montre une fois de plus que cette industrie est en pleine accélération et que les possibilités d'application ne font que se multiplier.
[NDLR : Intelligence artificielle mais aussi réalité augmentée, assistants intelligents, 3D, cryptomonnaies... Toutes ces innovations seraient impossibles sans puces, microprocesseurs et autres cartes graphiques. Découvrez les recommandations de notre spécialiste des nouvelles technologies pour profiter de l'accélération technologique...]

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Avec le yuan, découvrez le remplaçant du dollar http://quotidienne-agora.fr/yuan-remplace-dollar-or-petrole/ http://quotidienne-agora.fr/yuan-remplace-dollar-or-petrole/#comments Fri, 20 Oct 2017 09:48:31 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70526 yuan bitcoin

Nous avons vu hier que la valeur du dollar est maintenue en lévitation depuis quatre décennies grâce à son statut de monopole pour régler les achats de pétrole.

La possibilité de négocier du pétrole en yuan mettrait, de fait, un terme à ce privilège.

Tout juste un an après l'intégration du yuan dans le panier de devises du DTS du Fonds Monétaire International, la Chine a annoncé le lancement d'ici la fin de l'année de contrats à terme sur le pétrole sur le Shanghai Futures Exchange.

Ce que l'on sait sur ces contrats

Les informations dont nous disposons au sujet de ces contrats sont quelque peu contradictoires.

De nombreux articles de la presse économique occidentale indiquent qu'il s'agit de futures (contrats à terme) libellés en yuan et convertibles en or.

Prudence toutefois : aucun communiqué officiel ne fait état de cette convertibilité directe. Il ne s'agit donc pas pour la Chine de faire revenir l'étalon-or dans les achats de pétrole, mais bien de substituer le yuan au dollar américain.

Le premier objectif de la Chine est de convaincre l'Arabie saoudite d'exporter une fraction de sa production en yuans.

Si elle y parvient, cette victoire hautement symbolique marquera la fin de l'hégémonie du dollar sur ce marché. Les autres pays producteurs seront contraints de suivre le mouvement pour limiter leur risque de change.

N'oublions pas que l'accord conclu par Kissinger n'a été possible que parce que les Etats-Unis étaient le plus gros importateur de pétrole dans les années 1970. Ce rôle leur a désormais été ravi par – ô surprise – la Chine.

En matière de devises également, le client est roi. Si la Chine arrive à jouer la même partition diplomatique que les Etats-Unis il y a 40 ans, le pétrodollar devrait devenir sous peu le pétroyuan.

Quelles conséquences pour le reste du monde ?

Reste une question cruciale : qui, en 2017, pourrait bien avoir l'envie et la possibilité de régler son pétrole en yuan à part la Chine ?

Cette monnaie n'est utilisée que dans l'Empire du Milieu. La vente de biens manufacturés, poumon de l'économie chinoise et source première de devises, est toujours effectuées en quasi-totalité en dollars.

En l'état, ces futures ont bien peu de chances de connaître des volumes d'échange importants. Il manque pour cela une vaste quantité de yuans en circulation dans toutes les économies importatrices nettes de pétrole.

Même si un raffineur français souhaitait acheter du pétrole en yuan l'année prochaine, il ne le pourrait pas par manque de devises. Aucune entreprise occidentale ne possède de réserve de yuans.

Ce qui est intéressant dans la mise en place de ces contrats n'est pas l'effet à court terme mais l'intention clairement affichée par la Chine : subtiliser aux Etats-Unis leur privilège exorbitant.

Ces futures ne sont d'ailleurs qu'une des pièces du vaste jeu d'échecs monétaire visant à détrôner la suprématie américaine.

L'autre combat ne se mène pas à coup de barils de pétrole et de contrats à terme mais, de façon plus feutrée, dans les arcanes d'Internet autour des cryptomonnaies.

Le yuan s'invite dans votre portefeuille de cryptomonnaies

La Banque de Chine travaille sur un "digital RMB" basé sur la blockchain. Les premiers recrutements de spécialistes ont débuté en 2014 alors que le Bitcoin sortait de sa première bulle qui allait le faire passer en quelques mois de 1 000 $ à 200 $.

La Chine a annoncé cet été avoir achevé les développements et commencé la diffusion de cette cryptomonnaie qui pourrait devenir une manière internationale d'acquérir des yuans.

Aujourd'hui, la grande faiblesse du Bitcoin est qu'il ne s'agit pas d'une monnaie ayant cours légal. Si, demain, il existe une cryptomonnaie adossée au yuan qui permet d'acheter entre autres bien tangibles du pétrole, la question de sa légitimité ne se posera pas.

Le digital RMB, s'il s'avère utilisable comme le yuan, sera une monnaie bien plus solide que l'euro.

Sa facilité de diffusion par rapport à des palettes de billets de banque pourrait conduire à une adoption rapide sur toute la planète.

La conséquence sur les Etats-Unis serait dramatique : ils ne pourraient plus imprimer de dollars sans en payer le prix par une forte inflation.

La politique de la Fed cesserait d'être un spectacle médiatique et deviendrait garante de la survie de cette devise.

Que peut faire l'Amérique ?

Les Etats-Unis ne resteront bien sûr pas les bras ballants face à un tel rééquilibrage des forces économiques.

Il n'est pas impossible que la diplomatie et la stratégie reprennent du service pour tenter d'inverser la tendance. Les options sont nombreuses : politiques (faire jouer les alliances), économiques (comme l'avait fait Kissinger) et militaires (en mettant à profit une armée surdimensionnée).

Le narcissisme du président Trump et de son administration laisse pourtant plutôt penser que la Maison Blanche aura les plus grandes difficultés à accompagner de manière pragmatique ce changement de paradigme.

Les habitudes actuelles, où la réponse à tous les problèmes (y compris internationaux) se fait en répétant comme un leitmotiv "America", n'auront que peu d'effet pour essayer de détricoter des accords signés de bonne grâce entre la Chine et l'Arabie saoudite.

Le réveil risque d'être rude lorsque les échanges internationaux se feront sans les Etats-Unis et leur monnaie. Si ce scénario vous semble improbable (il est vrai qu'il est annoncé depuis les années 1970), n'oubliez pas que la livre sterling était la monnaie internationale de référence avant la Seconde Guerre mondiale. Son rôle international est, aujourd'hui, anecdotique.

billet de banque du Zimbabwe

Un billet de banque du Zimbabwe : la conséquence d'une impression monétaire lorsqu'une monnaie n'est pas garantie par des actifs. A quand les billets de 1 000 000 000 $ ?

Quelles conséquences pour les investisseurs européens ?

Si le dollar venait à perdre brutalement de sa superbe, les valeurs américaines exprimées en euro subiraient un krach. L'économie américaine dans son ensemble serait malmenée par une inflation galopante.

Ce n'est toutefois un problème que pour les investisseurs exposés aux valeurs US qui sont, en tout état de cause, déjà surévaluées.

Un déplacement de l'équilibre économique mondial ne devrait pas trop perturber la France et l'Europe. Nos industries devront peut-être acheter des yuans pour régler leurs importations comme elles achètent aujourd'hui des dollars ; le changement restera anecdotique.

Les aficionados de l'or se souviendront qu'il est déjà possible de l'échanger contre des yuans à Shanghai – à cours flottant bien entendu. Avec l'arrivée des nouveaux contrats sur le pétrole exprimés en yuan, la boucle sera bouclée. Il deviendra possible d'échanger de l'or contre du pétrole sans passer par la case dollar.

Les amoureux des cryptomonnaies verront quant à eux l'arrivée du digital RMB avec plus de circonspection.

Une cryptomonnaie conçue par un Etat est créée pour servir les besoins de l'Etat, pas pour satisfaire les ambitions libertaires des citoyens.

Aujourd'hui, le principal intérêt du Bitcoin est l'anonymat des transactions. Il est impossible de connaître avec certitude le patrimoine en bitcoin d'un citoyen et de taxer efficacement ses revenus s'ils sont perçus dans cette monnaie. L'anonymat du Bitcoin en fait un outil de fraude fiscale parfait.
[NDLR : Prêt à profiter de la spectaculaire envolée des cryptomonnaies ? Notre spécialiste des cryptos a sélectionné les meilleures d'entre elles, pour des gains explosifs. Pour en savoir plus...]

Un Etat qui crée sa cryptomonnaie s'en servira à des fins de traçabilité, voire de taxation automatique. Il est techniquement trivial d'intégrer une identification unique qui relie un portefeuille de devise à un citoyen.

L'étape suivante, tout aussi aisée pour des informaticiens, serait d'ajouter aux transactions une flat tax qui tomberait directement dans l'escarcelle de l'Etat émetteur. La taxation immédiate de tous les dépôts sera également à portée de clic du gouvernement.

Si vous voulez rester maître de votre épargne et du secret de vos transactions, cette solution ne vous ravira donc pas.

Si, en revanche, vous voulez conclure ponctuellement des transferts internationaux sans passer par le lent, coûteux, et pas si fiable système interbancaire SWIFT, cette cryptomonnaie étatique pourrait être une bonne idée.

Si vous voulez protéger votre patrimoine en répartissant vos économies dans différentes devises, le yuan numérique pourra également avoir vos faveurs. Vous pourrez distribuer votre épargne monétaire entre les banques françaises (soumise à la taxation arbitraire dans le cadre des lois européennes actuelles) et un système décentralisé soumis au bon vouloir du gouvernement chinois. Un peu de diversification du risque ne fait jamais de mal à l'investisseur prudent.

Nous vous tiendrons bien évidemment informés de l'arrivée de cette nouvelle cryptomonnaie, et vous conseillerons sur la conduite à tenir. D'ici là, si vous possédez de nombreux actifs libellés en dollars, il est temps de songer à les convertir dans d'autres devises.

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