Cécile Chevré – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 Adoption de la réforme fiscale américaine : la fin du Trump Trade ? http://quotidienne-agora.fr/reforme-fiscale-americaine-trump-trade/ http://quotidienne-agora.fr/reforme-fiscale-americaine-trump-trade/#respond Tue, 05 Dec 2017 10:38:35 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70839 réforme fiscale américaine

Vendredi dernier, Donald Trump a remporté une grande victoire, peut-être la première de son mandat : le Sénat a adopté son projet de réforme fiscale, la plus importante depuis les années 1980 et Ronald Reagan.

Cette loi prévoit une baisse significative des impôts pesant sur les entreprises, qui vont passer de 35% et 20% et qui va inciter, via à un taux d'imposition réduit, le rapatriement des bénéfices réalisés à l'étranger par des entreprises américaines.

Une réforme pour les riches ?

Pour les particuliers, la réforme supprime certaines niches fiscales, double la part non imposable, et devrait aboutir à une réforme des tranches d'impôts. Cette réforme favorise-t-elle vraiment les classes moyennes comme le clame Donald Trump ? On peut en douter si l'on suit les chiffres du New York Times.

En bleu, le pourcentage d'une tranche de revenus qui bénéficiera de la réforme fiscale en 2019 et en 2027. En orange, ceux pour qui elle impliquera une augmentation d'impôts, et en gris ceux pour lesquels cela ne changera rien.

réforme fiscale chiffres budgets état USA

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

En 2019, cette réforme bénéficiera à 61% des imposés américains, ne changera rien pour 30% d'entre eux et en pénalisera 6%. A première vue, cette réforme va donc bénéficier au plus grand nombre.

Mais dans le détail, ce sont effectivement les plus fortunés qui en profiteront le plus (91% de ceux disposant d'un revenu entre 500 000 et un million de dollars, et 80% de ceux qui gagnent plus d'un million) alors que seuls 26% des imposés gagnant entre 30 000 $ et 40 000 $, 11% de ceux gagnant entre 10 000 $ et 30 000 $ ou encore 48% de ceux gagnants entre 40 000 $ et 50 000 $ verront leurs impôts baisser.

En clair, plus vous êtes riche (et américain), et plus cette réforme vous bénéficiera, et ce, par exemple, grâce à une réduction de l'impôt sur les successions.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les démocrates ont unanimement voté contre cette loi, qui l'a emporté à 51 voix contre 49. Et c'est aussi la raison pour laquelle une majorité d'Américains ont une opinion assez défavorable de cette réforme accusée, dans une grande partie de l'opinion publique, de favoriser les plus aisés.

L'autre raison pour laquelle cette loi a été si discutée, c'est qu'elle devrait signifier 1 500 milliards de dollars de rentrées fiscales en moins pour l'Etat sur 10 ans. Et qu'elle risque de peser lourdement sur le déficit américain... et donc sur son endettement. Les estimations ne concordent pas complètement mais cette réforme pourrait creuser d'au moins 1 000 milliards de dollars l'endettement américain sur les 10 prochaines années.

Les républicains les plus conservateurs – et ceux les plus préoccupés par le budget et l'endettement américains – se sont donc, dans un premier temps, opposés à cette réforme, avant de se rallier à la majorité de leur parti. Seul un sénateur a fait de la résistance et voté contre.

La prochaine étape va constituer en l'harmonisation des textes votés par le Sénat et la Chambre des représentants, puis sa promulgation par Donald Trump, ce qu'il espère pouvoir faire avant Noël.

Une victoire de Trump ?

Une victoire pour Donald Trump donc... ou pas.

En effet, comme je vous le disais, cette réforme est assez impopulaire dans l'opinion publique américaine. Or les élections de mi-mandat approchent et certains démocrates craignent que la réforme ne se paie dans les urnes.

Les explications du Monde :

Le calcul de l'opposition est simple : cette réforme pourrait devenir un boulet pour le Grand Old Party à l'occasion des élections de mi-mandat, en novembre 2018, qui sont traditionnellement défavorables au parti au pouvoir. Le Parti démocrate espère que cette réforme jouera le même rôle destructeur que la réforme de la santé imposée par Barack Obama en 2010. Les élections intermédiaires avaient entraîné la perte de contrôle de la Chambre des représentants, ce qui avait contribué à une impasse législative de six ans.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

La réaction des marchés hier a été symptomatique. Après avoir ouverts en hausse, le Nasdaq et le S&P 500 ont corrigé (de plus de 1% pour l'indice technologique). Seul le Dow Jones a réussi à préserver une petite hausse en clôture, de 0,24%. Rien de fantastique donc...

La réforme fiscale était pourtant la colonne vertébrale de ce que l'on a appelé le "Trump Trade". Elle a motivé la hausse des marchés actions ces derniers mois, faisant le pari que la significative réduction des impôts pour les entreprises allait leur permettre d'augmenter leurs bénéfices, d'investir, de croître... et de verser de meilleurs dividendes à leurs actionnaires.

Ajoutons à cela que l'incitation au rapatriement des bénéfices réalisés à l'étranger pourrait signifier un afflux de dollars... et donc renforcer le billet vert.

Sur le papier donc, cette réforme a tout pour favoriser les entreprises... et les marchés actions. Ceux-ci ont en outre moult fois démontré leur peu d'intérêt pour l'état du déficit ou de l'endettement fédéral. Pourquoi donc s'inquiéteraient-ils de 1 000 milliards de dettes en plus ?

Malgré tout, cela fait maintenant un an que les marchés rongent l'os de cette réforme... il ne doit donc plus y rester beaucoup de chair.

Et c'est ce qui inquiétait Mathieu Lebrun dans Agora Trading :

A présent, une fois que le package fiscal US sera voté, la question des catalyseurs de hausse va de nouveau se poser (je rejoins mon collègue Philippe Béchade quand il dit : "qu'est-ce qui va tirer Wall Street quand la tax reform sera adoptée ?"

On garde en tête l'adage boursier : les marchés haussiers meurent dans l'euphorie. Ce que j'assimilerais volontiers à l'officialisation du package fiscal américain...

Et si l'adoption de la réforme fiscale signait la fin du Trump Trade ? Je n'exclurais pas cette possibilité...
[NDLR : Comment vous préparer à un retournement des marchés ? Comment vous en sortir mieux que les autres en cas de krach ? Simone Wapler vous explique ici sa stratégie...]

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L’âge de raison de la réalité augmentée http://quotidienne-agora.fr/profesionnalisation-realite-augmentee/ http://quotidienne-agora.fr/profesionnalisation-realite-augmentee/#respond Fri, 01 Dec 2017 10:33:58 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70801 réalité augmentée

Comme nous l'avons vu mardi dernier, le marché de la réalité augmentée (AR) décolle, porté par les smartphones et les tablettes (qui représentent 48% des usages) mais aussi par l'investissement sans faille des grandes entreprises dans les casques. Dernier exemple en date, Apple qui aurait prévu de lancer un casque "mixte" (mêlant réalité augmentée et virtuelle) d'ici 2020. La start-up Magic Leap pourrait quant à elle lancer dès l'année prochaine des lunettes connectées, là encore "mixtes".

Si le jeu est la partie immergée – la plus facilement accessible et visible par le grand-public – du développement de la réalité augmentée, le monde professionnel s'est lui aussi emparé de cette technologue.

La réalité augmentée se professionnalise

Cette "professionnalisation" est la partie que je trouve la plus intéressante dans le développement des nouvelles réalités. Pensez au destin de l'impression 3D ou même des drones dits de "loisir". Annoncés comme des révolutions, ils étaient censés tout changer dans notre quotidien, notre mode de consommation, etc. – et c'était particulièrement le cas pour l'impression 3D.

Passé la période d'euphorie parmi les médias – et sur les marchés actions –, l'engouement est retombé, entraînant dans sa chute les valeurs phares de ces secteurs. Leurs ventes n'ont pas suivi les perspectives mirobolantes qui étaient annoncées. Le public n'a pas adhéré en masse... les drones ont fini dans un placard et rares sont ceux d'entre nous qui disposent d'une imprimante 3D chez eux, et qui s'en servent.

Ces deux secteurs sont cependant loin d'être morts et enterrées : ils renaissent grâce à la demande professionnelle. Etienne Henri vous a longuement expliqué les nombreux avantages de l'impression 3D dans NewTech Insider par exemple pour l'industrie (et vous a recommandé une valeur pour miser sur cette tendance de fond).

De même pour les drones dont les usages de strict loisir ne décollent pas vraiment mais qui séduisent les sociétés de surveillance, de sécurité, l'agriculture, l'industrie pétrolière ou encore les communications.

Dans la conquête des professionnels, la réalité augmentée possède un avantage sur sa consoeur virtuelle : celui, comme le disait très justement Tim Cook, de ne pas complètement isoler le porteur de casque de son environnement "réel".

L'AR permet de supposer des informations et des éléments virtuels à l'environnement professionnels... et les possibilités sont aujourd'hui explorées par de plus en plus de projets et d'entreprises.

Les constructeurs automobiles à l'heure de l'industrie 4.0

Les industries automobiles et aéronautiques se montrent particulièrement intéressées, et intègrent la réalité augmentée (et aussi virtuelle) à plusieurs niveaux.

Tout d'abord, à l'étape de la conception. Ford et Volkswagen intègrent l'AR dans le processus de réflexion et de validation des prototypes. Les modèles en réalité augmentée vont permettre de remplacer une partie des modèles en argile qui étaient jusqu'à présent utilisés par les designers et concepteurs (vous trouverez ici une vidéo – en anglais – expliquant le processus).

Autre étape, la fabrication. Là encore, la réalité augmentée peut se faire une place dans le processus. Renault Truck, une filiale de Volvo, va tester le recours à l'AR – via les lunettes HoloLens de Microsoft – dans une de ses usines en France pour améliorer le contrôle de qualité de ses moteurs. L'Usine Digitale décrivait ainsi cette expérimentation :

Le système s'appuie sur les modèles 3D dont dispose déjà Renault Trucks au sein de ses bureaux d'étude. "Nous les exportons dans un format simplifié, qui passe de 10 millions de polygones ou plus à seulement 100 000, détaille Bertrand Félix. Ensuite il nous est possible de faire apparaître ou disparaître les pièces qui nous intéressent en fonction du contrôle nécessaire. Des zones au sol indiquent à l'opérateur où il doit se positionner, la partie concernée du moteur est entourée, puis la pièce virtuelle se superpose en surbrillance sur la pièce réelle, avec des indicateurs en rouge et en vert pour montrer ce qui est souhaité ou pas." L'utilisateur contrôle l'interface par reconnaissance vocale et gestuelle.

L’opérateur peut au besoin afficher des animations indiquant les manipulations à effectuer, comme le "pousser/tirer" ou le contrôle du circuit électrique. "Nos moteurs vibrent et cela peut provoquer des déconnexions si les connecteurs électriques sont mal branchés, ce qui est extrêmement dangereux. L'opération est compliquée par le fait que les configurations de connexion changent en fonction des variantes de moteurs."

Et une vidéo – en français – est visible ici.

Bienvenue dans l'industrie 4.0 (vous allez beaucoup en entendre parler...) !

Les nouvelles réalités peuvent aussi se faire une place à l'étape marketing-vente. Plusieurs marques proposent aux potentiels acheteurs d'"essayer" les modèles virtuellement mais aussi de visualiser les différentes options disponibles (couleur de la carrosserie, sellerie, toit ouvrant, etc.).

En début d'année, BMW lançait ainsi une application permettant de visualiser certains de ses modèles, avec différentes options. Nissan ou encore Jaguar permettent quant à eux de tester leurs modèles en réalité virtuelle et la plupart des constructeurs ont prévu d'intégrer AR et VR dans leurs espaces de vente.

La réalité augmentée pour rendre les voitures plus intelligentes

Enfin, la réalité augmentée va se faire une place à l'intérieur même des voitures, pour les rendre plus intelligentes et de plus en plus autonomes. La plupart des constructeurs ont présenté ces derniers mois des prototypes de pare-brise intégrant la réalité augmentée, dits aussi affichage tête haute. C'est le cas par exemple de Jaguar, avec un pare-brise qui indique au conducteur des informations sur la route (trajectoire à suivre, vitesse maximum autorisée, vitesse conseillée).

Le prototype de PSA est quant à lui à découvrir ici en vidéo. Ces dispositifs tête haute permettront, outre l'aide à la conduite et associé avec la reconnaissance vocale, de contrôler toute l'électronique embarquée (allumer les phares, la radio, changer le volume, faire appel au GPS, etc.).

Aérospatiale et aéronautique, des pionniers des nouvelles réalités

En plus de l'industrie automobile, l'aéronautique et l'aérospatiale s'intéressent aussi de près au potentiel des nouvelles réalités. La plupart des groupes ont adopté la réalité augmentée (l'affichage tête haute) dès les années 1950 pour la formation des pilotes d'avion et la réalité virtuelle dès les années 1990, avec à la fois la conception, l'aide à la construction, la formation, la démonstration commerciale comme objectifs.

Avec le développement de casques de réalité augmentée à destination des professionnels, certains groupes passent même à la vitesse supérieure. C'est le cas d'Airbus, comme le raconte Alexandre Godin, responsable des activités de réalité augmentée et de réalité virtuelle chez Airbus, interrogé par Techniques de l'ingénieur :

Notre solution MIRA (Mixed Reality Application), reposant sur une tablette et une caméra, a été déployée industriellement à partir de 2011 pour vérifier le positionnement des supports sur le fuselage du A380, précise Alexandre Godin. Nous testons également sur les lunettes HoloLens une cinquantaine d’applications, relatives au marketing, au contrôle qualité, etc. L’assistance à la pose de câbles sur la structure de l’avion est l’un des concepts les plus avancés. La tâche est accomplie de 20 à 30% plus vite.

La demande des professionnels pourrait donc tirer la demande aussi bien en logiciels qu'en casques ou lunettes permettant la réalité augmentée, alors que de plus en plus d'entreprises se laissent séduire. La réalité augmentée pourrait aussi s'imposer dans le domaine médical et chirurgical, aussi bien dans le cadre de la formation que dans celui des interventions chirurgicales, mais je vous propose que nous réservions ce sujet à une autre Quotidienne.

Comment en profiter ?

Les grands noms des techs misent gros sur la réalité augmentée. Tous ou presque ont lancé leur propre casque.

Pour le moment, les lunettes HoloLens de Microsoft semblent tirer leur épingle du jeu auprès de ce public. Destinées aux professionnels, ces lunettes permettent, à la différence des casques, de ne pas se couper avec son environnement. Prix de vente : au moins 3 300 euros...

hololens

Microsoft préparerait une nouvelle version, encore améliorée, de ses lunettes pour 2019...

Google a quant à lui complètement revu sa stratégie avec les Google Glass, dont l'échec auprès du grand public s'est avéré retentissant, pour les destiner à des usages professionnels. L'été dernier, elles ont été relancées sous la forme de Glass Enterprise Edition, et dotées d'un prix – 1 550 euros environ – destiné à écarter le grand public.

google glass

Ces casques/lunettes sont très loin d'être des produits aboutis. Vous ne devez y voir qu’une promesse de ce que pourra être la place et les usages de la réalité augmentée dans une poignée d'années si la greffe professionnelle prend. Après un cru 2017, 2018 devrait voir le marché de la réalité augmentée accélérer.
[NDLR : Réalité virtuelle et augmentée, intelligence artificielle, voiture autonome, robotique, cryptomonnaies... ces secteurs vont porter les marchés en 2018. Pour en profiter, notre sélection de valeurs est à retrouver ici...]

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Comment survivre à la folie cryptomonnaie ? http://quotidienne-agora.fr/bitcoin-folie-cryptomonnaie/ http://quotidienne-agora.fr/bitcoin-folie-cryptomonnaie/#respond Thu, 30 Nov 2017 10:48:58 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70787 bitcoin bull krach crypto monnaies cours hausse courbe prevision monero bittrex ripple

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Depuis que le bitcoin a franchi la barre des 10 000 $, puis celle 11 000 $ (24 heures après) la folie crypto s'est abattue sur le monde. Kim Jong-un peut bien menacer les Etats-Unis avec son arme nucléaire, les cryptomaniaques continuent à acheter des bitcoins. Vous ouvrez un site Internet, le bitcoin est en Une. Les sites boursiers ne bruissent plus que de conseils sur les cryptos, et même votre chien semble vouloir sa part de blockchain.

Joe Kennedy, le père de JFK, aurait, selon la légende, sauvé l'essentiel de sa fortune en vendant des actions quand un cireur de chaussures lui a donné des conseils boursiers. Nous étions alors à quelques encablures du krach de 1929.

Cette histoire est certainement apocryphe mais elle reflète une certaine vérité : quand tout le monde vous parle d'un investissement, c'est qu'il est trop tard, et que la bulle ne va pas tarder à exploser.

La semaine dernière, un de mes amis est allé se faire couper les cheveux. Le seul et unique sujet de conversation dans le salon de coiffure ? Le bitcoin.

Hum.

Bulle ou pas bulle ?

La crypto la plus célèbre du monde a vu son cours augmenter de 1 000%... depuis le début de l'année. Impressionnant, sidérant...

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Cours du bitcoin sur un an

Peut-on dire que le bitcoin est en situation de bulle ?

On peut, oui, tout à fait raisonnablement.

Va-t-elle bientôt éclater ?

Tâchons de réunir quelques éléments de réponse.

Une monnaie pour remplacer toutes les autres ?

Un des principaux arguments des partisans du bitcoin est que la cryptomonnaie – et la blockchain – va transformer la monnaie, remplacer les monnaies fiduciaires et permettre de mettre en place un nouveau système financier.

N'oublions pas que le bitcoin est né en 2009, après la crise des subprime. Son ou ses créateurs (qui se cachent derrière le nom de Satoshi Nakamoto) ont manifestement été marqués par ce krach et le comportement des banques centrales.

Alors que celles-ci se lançaient dans ce qui s'est avéré la plus longue période d'assouplissement monétaire de l'Histoire, le bitcoin a séduit une poignée d'idéalistes technophiles qui rêvaient d'une monnaie décentralisée, échappant aux manipulations des banques centrales. Ces idéalistes sont encore en partie là, mais ils sont loin d'être la majorité.

Cela m'étonnerait grandement que 95% des utilisateurs du bitcoin aient des revendications sur la politique des banques centrales et aient l'intention de militer pour une monnaie décentralisée capable de mettre à terre les monnaies fiduciaires.

En outre, les récents développements et hard fork qui ont secoué la cryptomonnaie tendent à démontrer que si le bitcoin n'est pas géré par une banque centrale, sa gestion n'est pas complètement décentralisée. En tant qu'utilisateur lambda, vous n'avez aucune voix au chapitre de son futur. Il n'en est pas de même pour les "pools" (regroupements) de mineurs, ou encore les différentes communautés qui tiennent le destin de la crypto entre leurs mains.

Les utilisateurs s'emparent des cryptos

Après avoir conquis les libertariens et affiliés, le bitcoin a ensuite séduit tous ceux qui souhaitaient pouvoir effectuer des transactions financières en dehors des sentiers battus. Nous parlons là de commerce illicite, de Dark web, de cybercriminalité et de trafics en tout genre. Ils ont permis au bitcoin de gagner une certaine – et douteuse – popularité mais ne me semblent pas être les seuls et uniques responsables de la flambée de son cours.

Ils vont en tout cas servir d'excellent prétexte aux Etats pour tenter de légiférer et d'encadrer les cryptomonnaies. Après tout, le prétexte de la lutte contre le terrorisme est déjà utilisé pour limiter le recours à la monnaie physique (pièces et billets). Alors les cryptos...

A ces usagers du commerce illégal sont venus se rajouter d'autres utilisateurs, attirés par les atouts du bitcoin pour les transferts d'argent rapides, peu coûteux. Parmi eux, je compte des particuliers mais aussi, de plus en plus, des banques qui s'intéressent soit au bitcoin, soit à la blockchain, et qui développent de nouvelles solutions de transfert d'argent.

C'est sur ces utilisateurs que repose un autre argument haussier : celui du nombre limité de bitcoins. Dès sa création, Satoshi Nakamoto a en effet prévu que seuls 21 millions de bitcoins pourraient être mis en circulation, et ce progressivement. Actuellement 16 millions d'entre eux ont été "minés" et le dernier bitcoin devrait l'être vers 2040. A cela, il faut ajouter les dizaines voire les centaines de milliers de bitcoins qui ont disparu dans la nature, victimes de hackage, effacés par erreur de leur plateforme de sauvegarde, dont la clé d'accès a été égarée, etc.

Le nombre de bitcoins étant limité, et le nombre d'utilisateurs ne cessant de grandir, logiquement, le cours du bitcoin devrait augmenter.

Mais, encore une fois, est-ce ces utilisateurs qui font aujourd'hui flamber le cours du bitcoin ? Je ne crois pas.

La bulle de spéculation... nourrie par les banques centrales

La bulle actuelle est nourrie par les spéculateurs.

N'y voyez aucun jugement de valeur. Après tout, ils ont raison de chercher du rendement, d'autant que ce rendement a été détruit par les banques centrales.

Nous revenons une nouvelle fois à elles. Leur politique accommodante a artificiellement fait baisser les rendements obligataires, et poussé les investisseurs vers les marchés boursiers. Mais alors que ceux-ci stagnent à la hausse, que les niveaux de valorisation inquiètent, les investisseurs sont partis à la recherche d'une nouvelle source de profits.

Et ils ont trouvé les cryptomonnaies.

Vous pouvez enrober cet enthousiasme de longs développements sur le potentiel du bitcoin, des altcoins ou de la blockchain (potentiel que je ne nie d'ailleurs pas) mais soyons honnête un instant : ce qui alimente la folie actuelle, c'est la recherche de profits.

Et nos voici donc avec une bulle spéculative et auto-alimentée.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Cela signifie que quand la bulle va exploser, quand les investisseurs vont prendre peur, quand ils vont douter de leur capacité à revendre leurs bitcoins à quelqu'un d'autre et pour un prix plus élevé, tous ces spéculateurs vont s'évanouir dans la nature.

Ne resterons que les adeptes des monnaies décentralisées et les utilisateurs (à des fins légales ou illégales). Cela sera-t-il suffisant pour maintenir le cours à un niveau actuel ? L'enthousiaste des Chinois, des Japonais, etc. pour le bitcoin comme monnaie ou comme moyen de transfert financier justifie-t-il un cours à 11 000 $ ?

Cela signifie aussi que lâché par les spéculateurs, le bitcoin va s'effondrer. La cryptomonnaie a déjà connu cinq krachs de plus de 80% depuis sa création, et il est fort possible qu'elle en connaisse un sixième. Depuis le début de l'année, elle a déjà connu trois corrections majeures, entre 20% et 36%. Même si le cours du bitcoin ne perd pas 80% de sa valeur, une correction de 30% est plus que possible, je dirai même qu'elle est inévitable.

Dans le premier cas, le cours du Bitcoin (en partant de l'actuel niveau de valorisation) serait ramené à 2 200 $.

Dans le second, autour de 7 700 $.

Soyez prêts à cela.

Après chaque correction majeure, le bitcoin s'est repris, plutôt rapidement. Ces corrections pourraient donc être d'excellentes occasions d'en acheter. Car si je ne suis pas sûre que le bitcoin mérite actuellement de dépasser les 11 000 $, il me semble bien parti pour s'installer dans le temps, pour durer... et mérite d'avoir une place dans votre portefeuille. Mais peut-être pas au prix actuel ?
[NDLR : Profiter de la bulle sur les cryptomonnaies sans en toucher une seule ? C'est le tour de force que vous propose Ray Blanco. Il vous explique tout ici...]

 

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La réalité augmentée à la conquête de votre smartphone… et de vous ! http://quotidienne-agora.fr/realite-augmentee-smartphone/ http://quotidienne-agora.fr/realite-augmentee-smartphone/#respond Tue, 28 Nov 2017 10:30:44 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70773 Réalité augmentée

Tim Cook, le PDG d'Apple, vient-il d'enterrer la réalité virtuelle (VR) ? Disons que ses récentes déclarations ressemblent à une homélie funèbre, et à une célébration de sa soeur jumelle, la réalité augmentée (AR).

Lors d'une interview en septembre dernier, Cook définissait la réalité augmentée comme moins isolante que la réalité virtuelle, et potentiellement aussi révolutionnaire que le smartphone :

Nous avons déjà vu des choses qui vont transformer la manière dont nous travaillons, jouons, communiquons et apprenons. Pour le dire simplement, nous pensons que la réalité augmentée va changer la façon dont nous utilisons la technologie à jamais.

La déclaration de Cook n'a pas été faite en l'air ; Apple investit lourdement dans la réalité virtuelle. Elle est aussi révélatrice de la transformation d'un secteur, celui de la réalité virtuelle et augmentée, vers une nouvelle phase, plus mûre, et peut-être un peu plus concrète.

Les smartphones s'emparent de la réalité augmentée

Commençons avec les choix d'Apple. Le groupe a mis beaucoup sur la table pour faire partie des leaders des nouvelles réalités. Son nouvel iPhone, l'iPhone X, intègre des fonctions de réalité augmentée et le nouvel iOS, l'iOS 11, lancé en septembre dernier, permet de faire tourner de plus d'applications proposant l'AR.

Aux Publications Agora, nous avons ainsi testé l'application AR Dragon, qui permet d'élever un petit dragon en réalité augmentée, dans le bureau de de la rédaction. Pas forcément la meilleure idée pour notre productivité.

AR

AR

Ces applications devraient se multiplier dans les années qui viennent. Une étude de Tractica anticipe une augmentation significative du nombre de leur téléchargement, qui passerait de 272 millions en 2014 à 1,2 milliard en 2019. Le marché devrait quant à lui atteindre les 1,6 milliard de dollars à cette même date.

Il est vrai que le smartphone s'impose comme un appareil dédié à l'AR, pour l'instant aux dépens du casque de réalité augmentée ou virtuelle. En 2016, selon les chiffres de Technavio, les smartphones et autres tablettes représentaient plus de 48% des utilisations de la réalité augmentée, contre 36% pour les casques et moins de 16% pour les lunettes connectées.

market

La raison : contrairement au casque, nous possédons (presque) tous un smartphone. L'expérience proposée à l'utilisateur n'est évidemment pas aussi immersive et réaliste qu'avec un casque mais elle a l'avantage de ne pas nécessiter l'achat d'un nouveau matériel – coûtant souvent plusieurs centaines d'euros – et de proposer, de plus en plus, des applications pour votre vie de tous les jours.

Parmi les grandes tendances, outre les jeux, les applications de réalité augmentée qui vous permettent de "tester" virtuellement vos possibles futurs achats. Ikea propose cette application depuis plusieurs années et Amazon vient de dévoiler début novembre une nouvelle application, AR Views, qui permet de visualiser les meubles et objets avant de vous décider à passer à l'achat. La Redoute travaille sur le prototype d'une application semblable et il y a de grandes chances que tous les grands sites d'e-commerce s'y mettent rapidement.

La revanche du casque

A court terme, ce sont ces applications via smartphone qui semblent le plus à même de l'emporter, du moins auprès du grand public. Mais les promoteurs de l'AR n'abandonnent pas l'idée du casque.

Apple, outre l'ouverture de l'iPhone à l'AR, aurait l'intention de lancer son propre casque de réalité augmentée d'ici 2020. Le groupe vient de racheter, pour 30 millions de dollars, une start-up canadienne, VRvana, spécialisée dans les casques de VR et d'AR. Son principal atout : proposer des casques "mixtes", qui permettent de mélanger VR et AR. Apple a aussi annoncé recruter 1 000 personnes dédiées au développement de son casque.

L'intérêt d'Apple s'explique par l'augmentation progressive des ventes des casques de VR – les casques d'AR sont encore marginaux – au cours des derniers trimestres.

ventes de casques

Ventes des casques de VR (en jaune) et d'AR (en bleu)

Ces ventes devraient exploser au cours du dernier trimestre – avec les fêtes de fin d'année – et les casques semblent déjà avoir été les grands succès des tout récents Black Friday et du Cyber Monday. La plupart des constructeurs en ont profité pour baisser assez significativement leurs prix, ce qui devrait favoriser les ventes.

Ce marché est aujourd'hui dominé par Samsung (avec le Gear Vr), Sony (Playstation VR), Facebook (Occulus Rift) ou TLC.

Outre Apple, un autre acteur aimerait se faire une place sur le marché des casques : la très mystérieuse Magic Leap, qui vient à nouveau de lever 502 millions d'euros et devrait – enfin – dévoiler son produit l'année prochaine.

Si les casques sont parvenus à conquérir un public plus large – et plus familial – que les plus acharnés des gamers, ils sont encore loin d'être devenus des objets aussi courants que... les smartphones par exemple.

L'autre soutien au secteur de la VR et de l'AR pourrait venir d'un marché très éloigné de celui des loisirs, celui du monde professionnel, de l'industrie à la santé en passant par le tourisme. Et c'est ce que je vous propose de voir dans une prochaine Quotidienne.
[NDLR : En attendant, le pari de la réalité augmentée est déjà dans NewTech Insider. N'attendez pas que les cours explosent à la hausse pour investir !]

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2,5% de rendement sur les bons du Trésor : le pourcentage qui pourrait faire décrocher les marchés actions ? http://quotidienne-agora.fr/rendement-bons-du-tresor/ http://quotidienne-agora.fr/rendement-bons-du-tresor/#respond Wed, 22 Nov 2017 11:53:34 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70748 bons du Trésor

2,5%. Voilà le chiffre qui, selon les analystes de Société Générale, pourrait faire basculer les marchés.

2,5%, mais de quoi ? D'inflation ? De croissance ? De défauts d'entreprises ?

Rien de tout cela, mais 2,5% de rendement pour les obligations souveraines américaines (dites aussi bons du Trésor ou T-Bonds) à 10 ans.

Ces obligations, et leur rendement, servent de point de référence pour les marchés obligataires.

Pour rappel, le rendement d'une obligation évolue en sens inverse de son cours. Quand le cours d'une obligation monte, son rendement baisse. Et inversement.

Le rendement nous en apprend donc long : plus le rendement baisse, plus une obligation est recherchée (et son cours monte). Plus le rendement augmente, moins elle est recherchée (et donc son cours s'effondre). C'est ainsi que le rendement des obligations allemandes à 10 ans, très recherchées, a pu au cours des derniers mois frôler le 0. Et c'est ainsi que le cours des obligations grecques a flambé à plus de 36% en pleine crise de la zone euro (février 2012).

Je vous le disais, dans le monde feutré des marchés obligataires, LA référence, ce sont les bons du Trésor à 10 ans, les Etats-Unis étant considérés comme les emprunteurs les plus sûrs du monde.

Le rendement actuel des T-Bonds tourne autour de 2,3%-2,4%, bien au-dessus du plus-bas annuel de 2% atteint en août dernier mais en-dessous des 2,6% atteints en mars.

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur un an

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur un an - Source : Bloomberg

De manière plus générale, le rendement des T-Bonds avait eu tendance à baisser depuis 2014, signe d'un engouement des investisseurs pour la dette américaine. Ce rendement est ainsi passé de 3% début 2014 à 1,35% en août 2017. Une telle baisse peut paraître minuscule mais pour des marchés obligataires, c'est énorme.

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur 5 ans

Evolution du rendement des T-Bonds à 10 ans sur 5 ans - Source : Bloomberg

Comme vous l'avez forcément constaté grâce au graphique, à l'automne 2017, le rendement des T-Bonds s'est envolé, passant donc de 1,35% en août à 2,6% mi-décembre. La remontée a été brutale et vous pouvez y voir la marque (profonde) de l'effet Trump.

L'élection du candidat républicain et ses promesses de campagne ont été en effet jugée inflationnistes par les marchés. Rappelez-vous le contenu du fil Twitter du nouveau président il y a un an : il n'y était question que de politiques de grands travaux et d'investissements massifs, de réduction fiscale et de relance économique. Trump promettait d'être le plus grand créateur d'emplois que la Terre n'ait jamais connu.

La politique promise par Trump avait tout pour être à la fois déficitaire et inflationniste. Déficitaire car les grands investissements associés à la réforme fiscale allaient creuser le déficit de l'Etat fédéral, et donc son endettement. Et inflationniste car les créations d'emplois et la relance économique ont justement tendance – du moins en théorie – à faire flamber les prix.

Déficit et inflation sont deux éléments que les marchés obligataires n'apprécient que peu. D'où l'augmentation du rendement des bons du Trésor.

Depuis l'élection de Donald Trump, ceux-ci ont donc évolué entre 2% et 2,6%.

Or, selon les analystes de Société Générale, cette tendance à la hausse n'est pas bon signe pour les marchés actions. D'après leurs calculs, au-delà des 2,5% le rendement des bons du Trésor commence à travailler contre les marchés actions.

C'est ce qu'illustre le graphique ci-dessous :

marchés actions

Des rendements à 2,5% sur les T-Bonds à 10 ans signifierait un décrochage de 7% des marchés actions. A 25,75%, Société Générale anticipe une chute de 15% des marchés actions. Par contre, des rendements plus bas soutiennent les actions.

Le lien ? Celui des vases communicants. Les investisseurs, en quête perpétuelle de rendement, privilégient les classes d'actifs qui leur rapportent le plus. Au-dessous de 2,5% de rendement sur les T-Bonds, ils préféreraient les rendements offerts par les marchés actions. Au-dessus, ils se jetteraient comme un seul homme sur les obligations.

Et nous approchons des 2,5%...

Des marchés et une grenouille

Plus intéressant encore, le discours des analystes de Société Générale, qui était jusque-là très optimiste, a atteint un point d'inflexion.

La note publiée en début de semaine compare les marchés actions à la grenouille plongée dans l'eau. Si on la plonge directement dans l'eau bouillante, elle s'échappe d'un bond. Par contre si, laissant libre court à vos tendances sadiques, vous la plongez dans une eau froide dont vous augmentez progressivement la température, elle s'habituera, trouvera même cela confortable... et finira ébouillantée.

Pour Alain Bokobza, l'analyste de Société Générale, les marchés sont dans la même situation :

La dynamique actuelle place les marchés boursiers américains face à un risque similaire à celui de la grenouille. Dans un scénario de taux d'intérêt bas, de liquidité abondante, de croissance stable et de focus sur le "bon" Trump, les investisseurs continuent de pousser les prix des actifs, la volatilité et l'endettement à des extrêmes historiques. Toutefois un contexte de faible volatilité de "carry trade" avec des leviers extrêmes est une combinaison dangereuse, que nous avons récemment comparée à une danse sur le bord d'un volcan.

Today's current dynamics put the US equity market at a similar risk as the frog. In a goldilocks scenario of low interest rates, abundant liquidity, stable growth and a focus on the "good" Trump, investors continue to push asset prices, volatility and leverage to historical extremes. Yet, a low volatility carry environment with rather extreme positioning is a dangerous combination, which we recently likened to dancing on the rim of a volcano.

Si la Société Générale écarte le risque de crash dans les 12 à 18 mois – elle est bien optimiste sur ce point ! –, elle ne peut que souligner le décalage entre le risque/rendement sur le S&P 500. En clair, le S&P 500 est clairement survalorisé, et le potentiel gain à en attendre est de plus en plus faible par rapport au risque encouru.

Vous voici prévenu !
[NDLR : Comment résister à un krach mieux que les autres ? C'est à cette grande question que répond Simone Wapler dans le dernier numéro de la Stratégie. Il est encore temps de vous abonner pour recevoir ses conseils et recommandations pour vous préparer à un décrochage violent des marchés. Pour en savoir plus...]

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Quelles conséquences aura pour vous la crise politique allemande ? http://quotidienne-agora.fr/consequences-crise-politique-allemande/ http://quotidienne-agora.fr/consequences-crise-politique-allemande/#comments Tue, 21 Nov 2017 13:10:02 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70728 crise politique allemande

La crise politique allemande a l'air d’être partie pour durer. Après l'échec d'Angela Merkel (CDU-CSU) à former une alliance avec les Verts et le FDP (libéraux), le pays se retrouve sans gouvernement.

Ce blocage est la conséquence directe de la victoire en demi-teinte de Merkel lors des élections législatives de septembre dernier. Son parti, le CDU-CSU, bien qu'en tête des élections, avait enregistré son plus mauvais score depuis la Seconde Guerre mondiale. Et la montée du parti populiste, et anti-européen, l'AfD, n'avait échappé à personne.

Pour constituer une alliance majoritaire au Parlement, Merkel s'était donc tournée vers les libéraux et les Verts mais les discussions entre les trois partis ont achoppé sur des questions comme celle de l'immigration ou de la transition énergétique.

Les blocages sont tels qu'il semble aujourd'hui impossible que le FDP revienne sur sa décision de ne pas participer à ce gouvernement.

Pas d'alliance, pas de gouvernement... et voilà l'Allemagne plongée dans une crise politique particulièrement étonnante dans un pays qui a eu tendance à privilégier la stabilité politique.

Quelles sont les solutions possibles ?

Elles sont au nombre de trois.

1. Le CDU-CSU décide de former un gouvernement minoritaire, avec les Verts. Angela Merkel, interrogée hier à ce sujet, semblait peu enthousiaste à cette perspective.

2. Merkel cherche de nouveaux alliés. L'alliance avec l'AfD ou l'extrême-gauche (die Linke) n'étant évidemment pas envisageable, la Chancelière pourrait se tourner vers ses meilleurs ennemis du SPD, les sociaux-démocrates. Merkel a déjà gouverné avec eux par deux fois, entre 2005 et 2009 puis de 2013 à cette année. Seulement voilà, les relations entre les deux partis ont tourné au vinaigre, et pour l'instant le SPD semble écarter toute nouvelle alliance.

3. L'organisation de nouvelles élections législatives. C'est une solution qui n'en est pas vraiment une. Et qui prendra un certain temps pour être mise en place. D'ailleurs le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui s'est exprimé hier – une intervention particulièrement rare pour un président allemand – a plutôt appelé les partis en présence à assumer leurs responsabilités et à reprendre les négociations pour assurer à l'Allemagne un gouvernement stable. Si de nouvelles élections ne semblent pas sourire à Merkel ou à Steinmeier, c'est que les résultats des urnes pourraient être très proches de ceux de septembre, n'assurant la majorité à aucun parti. En outre, tous craignent que la seule surprise vienne d'une nouvelle progression de l'AfD.

J'ajouterai un quatrième scénario... celui de la patience. Angela Merkel pourrait décider de continuer à assumer un rôle de Chancelière pour les affaires courantes en attendant un déblocage de la situation. Dans tous les cas, elle a exclu une retraite de la vie politique. Lors d'interviews accordées hier, Merkel a annoncé briguer un nouveau mandat en cas de nouvelles élections législatives.

Quelles sont les conséquences de cette crise politique ?

A court terme, l'Allemagne ne va pas tomber dans le chaos. Certes, la situation est inédite dans l'histoire allemande récente, mais d'autres pays européens – les Pays-Bas, l'Italie et, bien sûr, la Belgique – l'ont déjà expérimentée, sans sombrer dans la débâcle totale. En outre, l'économie allemande se porte officiellement bien : la croissance est en hausse, le chômage en baisse, de même que la dette publique...

Pourquoi "officiellement" ? Parce que d'autres chiffres – ceux du taux de pauvreté, du nombre de travailleurs et de retraités "pauvres" – illustrent le coût de la bonne santé économique allemande.

Allemagne

Plus globalement, l'échec de Merkel est un coup rude pour l'Union européenne. C'est ce que remarque toute la presse depuis le début de la semaine. L'Allemagne s'est imposée au cours des dernières années – et ce rôle s'est encore accentué depuis la crise de l'euro – comme le principal moteur aussi bien de l'UE que de la zone euro. Certains ont pu dénoncer une Europe à l'heure allemande. Il est vrai qu'aussi bien qu'économiquement que politiquement, l'Allemagne a pris un rôle grandissant.

C'est aussi sur le soutien de l'Allemagne que comptait Emmanuel Macron pour proposer une accélération des réformes dans la zone euro. Comme le rappelle le Financial Times, la crise allemande va particulièrement peser sur la réunion de l'eurozone prévue pour décembre :

Une préoccupation immédiate est le sort du sommet des dirigeants de l'UE en décembre, censé galvaniser les efforts de renforcement de l'économie de la zone euro, faire avancer les discussions sur la gestion des réfugiés et, potentiellement, relancer les discussions sur les relations entre la Grande-Bretagne et l'UE après le Brexit.

A plus long terme, la crise allemande pourrait avoir des répercussions sur le résultat des élections législatives italiennes, prévues pour le printemps 2018. Certains espéraient qu'une relance du projet européen et de la zone euro permette de contrebalancer la montée du sentiment anti-européen en Italie, et limite le pouvoir grandissant du parti Cinque Stelle.

Il est vrai que l'échec de Merkel et la montée de l'AfD illustrent une fois de plus l'érosion de l'adhésion au projet européen en Europe, aussi bien dans les pays du Sud plongés dans la crise économique que dans des pays – l'Allemagne, la France... – qui en sont considérés comme moteurs.

Fin 2016, je vous disais que 2017 serait une année de désintégration politique, et cela se confirme au fil des élections.
[NDLR : Risques de décrochage dans la zone euro ? Simone Wapler vous explique comment prendre vos précautions, et protéger votre épargne et vos investissements. Une stratégie à découvrir ici...]

Quelles conséquences sur les marchés ?

Les répercussions immédiates ont été un décrochage de l'euro mais aussi un léger recul des marchés européens.

A moyen terme, l'euro pourrait être le plus touché par la crise politique allemande. En effet, l'Allemagne incarne la principale opposition à la politique accommodante de Mario Draghi. Le pays, par la voix de la Bundesbank ou de ses ministres de l'économie, a plusieurs fois critiqué la politique d'euro faible menée par le président de la BCE, et appelé de ses voeux un resserrement monétaire.

Les difficultés internes pourraient inciter les responsables allemands à être plus conciliants, ou moins concernés, par la politique menée par Draghi. Et celui-ci a manifestement décidé de maintenir l'euro faible, et de poursuivre le plus longtemps possible sa politique de rachats d'actifs (quantitative easing européen). A-t-il les mains un peu plus libres maintenant que les Allemands ont à gérer une crise interne ? C'est fort possible !

Cette faiblesse de l'euro pourrait d'ailleurs profiter aux marchés actions, et tout particulièrement allemands. Comme vous le savez, un euro faible favorise les entreprises exportatrices, dont l'Allemagne s'est fait une spécialité.

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Segwit2x : Que va-t-il se passer le 16 novembre pour le Bitcoin ? http://quotidienne-agora.fr/segwit2x-hard-fork-bitcoin/ http://quotidienne-agora.fr/segwit2x-hard-fork-bitcoin/#comments Fri, 03 Nov 2017 11:49:19 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70602 Segwit2x - hard fork sur le bitcoin pourquoi bitcoin cash

Et un Bitcoin de plus, un. Le 16 novembre prochain, un nouveau Bitcoin pourrait faire son apparition sur les marchés – et peut-être dans votre portefeuille – : le Bitcoin2x, aussi appelé B2X.

Après le Bitcoin premier du nom, le Bitcoin Cash (né en août dernier avec le "hard fork", la bifurcation, qui a suivi la mise à jour Segwit sur le Bitcoin), le Bitcoin Gold (né en octobre et dont vous parlait Henry Bonner hier), voici donc le Bitcoin2x... qui appliquera la réforme Segwit2x.

Segwit2x, le Bitcoin... et le métro

Qu'est-ce que Segwit2x ? Une nouvelle tentative de la communauté Bitcoin pour trouver une solution aux problèmes de ralentissement qu'expérimente le Bitcoin depuis des mois – et donc d'augmentation des coûts de transactions.

Henry l'évoquait hier : le Bitcoin est comme une rame de métro. Chaque bloc qui constitue la blockchain contient les informations de transaction. Ces blocs sont les voitures de la rame. Un nombre de passagers maximum peut y entrer. Une nouvelle rame fait son apparition toutes les 10 min environ. Au départ, tant que le Bitcoin restait un protocole limité à un cercle d'initiés, cela ne posait aucun problème. Le nombre de blocs, leur taille et leur fréquence de génération étaient adaptés au nombre d'utilisateurs et de transactions.

Mais le succès du Bitcoin va grandissant. Le nombre de passagers augmente, et la rame – dont la taille n'est pas extensible (dans le cas du Bitcoin, chaque bloc contenant les transactions peut contenir 1 mégabyte (Mb) de données) – arrive à saturation. Ajoutons à cela que les utilisateurs qui acceptent de payer des frais de transaction – une forme de billet première classe – ont le droit de monter en premier. Les autres restent sur le quai et attendent la rame suivante.

Une des solutions pour limiter les ralentissements est d'augmenter la taille des rames. C'est ce que s'est proposé de faire la réforme Segwit d'août dernier. Comme Henry le soulignait, cette première amélioration a permis d'augmenter un peu la taille des blocs mais n'a pas encore eu de conséquences pérennes sur l'état de fonctionnement du Bitcoin.

Pour certains membres de la communauté, cette augmentation ne va en outre pas assez loin. Les défenseurs de SegWit2x prônent un passage de la taille des blocs à 2 Mb. Ceux à l'origine du Bitcoin Cash ont multiplié par huit la taille des blocs.

Le but est évident : en augmentant la taille des blocs, les défenseurs de Segwit2x espèrent accélérer la validation et le traitement des blocs, et donc la vitesse des transactions via le Bitcoin.

Un nouveau Bitcoin ?

Outre la question de la réussite de cette tentative d'augmentation des blocs, le passage à Segwit2x pourrait faire une nouvelle fois exploser la blockchain en aboutissant à la création du Bitcoin2x.

Mais pas forcément.

Comment est-ce possible ? Pour cela, il faut revenir au fonctionnement même de la blockchain Bitcoin. Celle-ci est décentralisée mais les "noeuds", les utilisateurs individuels ou réunis en pôle qui acceptent de consacrer une partie de leurs ressources informatiques à valider les transactions, à vérifier l'intégrité de la blockchain ou à miner de nouveaux Bitcoins, ont un rôle fondamental à jouer.

Pour qu'une transaction soit validée, elle doit être vérifiée et acceptée par une majorité de noeuds.

Il en va de même pour les modifications techniques de la blockchain, comme Segwit2x. En août, SegWit avait déjà été acceptée par une majorité des noeuds. Les contestataires, minoritaires, avaient claqué la porte et créé le Bitcoin Cash, mais le Bitcoin d'origine avait intégré la mise à jour. Avantage de ce premier fork : il a éliminé une partie de la contestation de la communauté en charge de la blockchain Bitcoin d'origine.

Dans le cas de Segwit2x, outre l'accord des noeuds, le rôle des mineurs sera aussi fondamental. En effet, si la majorité des mineurs soutient la mise à jour – ce qui semble effectivement être le cas –, et qu'un hard fork a lieu, les ressources de minages seront essentiellement consacrées à la production de B2x, et non plus de Bitcoins originels...

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Le hard fork du 16 novembre prochain pourrait donc avoir lieu. Ou pas. Difficile de se prononcer pour le moment, d’autant que les forums et les sites spécialisés opposants et soutiens à Segwit2x s'affrontent à coups d'arguments. Disons simplement que Segwit2x semble avoir le soutien d'une grande partie des mineurs et d'une bonne partie de la communauté.

Si le hard fork a bien lieu, il y aura un "bonus" pour certains possesseurs de Bitcoins. Des plateformes comme Coinbase ont en effet annoncé qu'elles créditeraient chaque compte en Bitcoins2x sur la base de 1 Bitcoin pour 1 B2x. Si celui-ci s'avère un succès et que son cours s'envole, c'est un très beau coup.

Attention tout de même, toutes les plateformes ne vont pas proposer cette équivalence. D'autres, comme Bittrex, vont attendre le 16 novembre pour annoncer leur politique en la matière.

Si le hard fork n'a pas lieu, ce dédoublement de Bitcoins ne se produira évidemment pas.

Quelles conséquences pour le cours du Bitcoin ?

Passons maintenant aux conséquences sur le cours du Bitcoin. En se fondant sur ce qui s'est passé lors des précédents hard fork, le cours du Bitcoin pourrait faire une pause voire reculer dans les jours précédant le 16 novembre.

Si hard fork il y a, et que Segwit2x est très suivi par la communauté, le cours du Bitcoin risque d'en pâtir contrairement à celui du B2x (d'où l'utilité d'être sur une plateforme qui va vous proposer l'équivalence).

Si le hard fork a lieu, mais sans le soutien massif de la communauté et des utilisateurs, le destin du B2x sera celui du Bitcoin Cash et surtout du Bitcoin Gold : un cours en berne... Le Bitcoin, au contraire, verra une nouvelle fois son cours s'envoler, avec les 10 000 en objectif pas si irréaliste que cela.

Dernière hypothèse : le hard fork n'a pas lieu, avec ou sans la mise à jour Segwit2x. Dans ce cas, le plus probable est une nouvelle envolée du Bitcoin.

Autant d'hypothèses à prendre, évidemment, avec des pincettes car je reste persuadée qu'une belle correction est possible.
[NDLR : Prêt à prendre le train cryptos en marche ? Lou Basenese et son équipe vous livrent leurs secrets pour investir sur le plus brûlant des secteurs. A découvrir ici...]

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Apple, Samsung, Huawei : Investissez sur l’émergence des smartphones à neurones http://quotidienne-agora.fr/apple-samsung-huawei-smartphones-neurones/ http://quotidienne-agora.fr/apple-samsung-huawei-smartphones-neurones/#respond Wed, 25 Oct 2017 10:19:12 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70555 huawei, apple, Neural-Processing-Unit, Kirin-970, A11-bionic

L'intégration de l'intelligence artificielle, d'assistants personnels vocaux de plus en plus intelligents, de la traduction automatique instantanée ou encore de la réalité augmentée dans les smartphones poussent les constructeurs à innover pour augmenter drastiquement les capacités de leurs appareils.

Or comme nous l'avons vu hier, c'est une gageure car les contraintes techniques sont importantes : les processeurs doivent être suffisamment miniaturisés pour intégrer un appareil qui tient dans votre poche. Ils doivent aussi être peu énergivores pour éviter de vider trop rapidement les batteries. Et ils doivent permettre de faire tourner suffisamment d'applications en même temps pour être utilisables au quotidien, dans n'importe quelles circonstances.

Ce dernier point est loin d'être anecdotique. Jusqu'à présent, pour proposer des applications gourmades en puissance et en mémoire, les constructeurs avaient tendance à s'appuyer sur des solutions externes au smartphone, à savoir le cloud. Une solution efficace mais coûteuse en bande passante, en énergie, et qui pouvait entraîner une latence dans l'utilisation des applications.

L'autre possibilité est donc, en parallèle et complément du cloud, d'utiliser les capacités du smartphone lui-même.

Pour rendre leurs smartphones plus intelligents et plus performants, les constructeurs se sont donc tournés vers les processeurs neuronaux... et se sont lancés dans une course à qui commercialiserait, le premier, le premier smartphone "neuronal".

Cette course vient d'être remportée par un constructeur chinois aux ambitions clairement affichées : Huawei.

Huawei prend une longueur d'avance en matière de puces neuronales

Début septembre, le PDG d'Huawei dévoilait le nouveau smartphone de la marque, le Mate 10, qui, outre les classiques processeurs CPU et GPU, intègrerait un NPU (Neural Processing Unit), le Kirin 970. La commercialisation de ce premier smartphone neuronal a été lancée mi-octobre.

A quoi va servir ce Kirin 970 ? Selon Richard Yu, le PDG d'Huawei, à accélérer les capacités de calcul du smartphone, et ce sans nécessairement recourir à des solutions externes (le cloud), tout en réduisant sa consommation d'électricité.

Pour vous donner une idée de ses capacités, selon des sites spécialisés, un smartphone équipé de ce NPU peut analyser 2 000 images par minute, soit 20 fois plus que ce même smartphone sans NPU.

Les premiers bancs d'essai sont d'ailleurs en train de paraître et confirment tous la supériorité du processeur d'Huawei sur ses principaux concurrents.

Apple et Samsung redoublent d'efforts

L'annonce de Huawei a coupé l'herbe sous le pied d'Apple, qui prévoyait le lancement de son premier smartphone équipé d'un processeur neuronal, l'iPhone X, en novembre.

Celui-ci intégrera en effet des fonctionnalités d'intelligence artificielle. Pour cela, la firme de Tim Cook développe depuis trois ans ses propres processeurs neuronaux, appelés A11 Bionic.

L'objectif de cette puce est de rendre possible, entre autres, l'utilisation de la réalité augmentée mais aussi de la reconnaissance faciale 3D, annoncées comme deux des principales nouveautés de l'iPhone X.

Ces dernières années, Apple a beaucoup investi dans l'intelligence artificielle, et en particulier dans l'intelligence artificielle applicable aux smartphones, tout spécifiquement en matière de reconnaissance d'images et de reconnaissance vocale. Parmi les start-ups sur lesquelles Apple a ainsi mis la main, une entreprise française, Regaind, qui propose des solutions d'analyse d'images.

Fin septembre, on apprenait aussi que Samsung n'avait pas l'intention de se faire distancier par Huawei (et par Apple) et avait prévu d'intégrer ses propres NPU dans ses prochains smartphones. Tout comme Apple ou Huawei, Samsung investit énormément dans l'IA. Le groupe a par exemple investit plusieurs millions dans la start-up britannique Graphcore, spécialisée dans les processeurs à destination du machine learning et qui propose des Intelligent Processing Unit (IPU) – une autre voie pour dépasser les CPU-GPU.

Outre les constructeurs, les fabricants de microprocesseurs comme Intel ou Qualcomm n'ont évidemment pas l'intention de se laisser distancer sur ce qui pourrait devenir le nouveau marché qui ferait décoller leurs ventes. Les deux entreprises ont annoncé la prochaine commercialisation de puces neuronales à destination des appareils mobiles...

Pourquoi une telle bataille pour les puces neuronales ?

Vous l'aurez compris, la concurrence est rude. Et la raison en est simple : constructeurs de smartphones comme fabricants de micro-processeurs sont à la recherche de relais de croissance.

Le marché des smartphones ainsi que celui des tablettes commencent progressivement à s'essouffler. En outre, les modèles dévoilés ces dernières années aussi bien par Samsung que par Apple n'innovent que peu. L'arrivée de nouvelles fonctionnalités – reposant sur l'intelligence artificielle et ses nombreux corollaires – pourraient relancer les ventes, et nous inciter à changer de smartphones plus vite que prévu.

Nous avons vu que tous les constructeurs s'intéressent de très près à la reconnaissance d'images. En plus de la reconnaissance faciale sécurisée qui va équiper l'iPhone X et vous permettra de déverrouiller votre téléphone, mais qui remplacera aussi les mots de passe pour se connecter à un compte ou autoriser un paiement, cette fonctionnalité va vous permettre de faire plus rapidement le tri dans vos photos, voire, à très court terme, vous guider pour réaliser de meilleurs clichés.

Si vous avez un iPhone, vous aurez ainsi remarqué les progrès de la reconnaissance faciale qui crée des albums par sujets identifiés dans votre album photos.

Autre application de l'intelligence artificielle : l'amélioration des réponses fournies par l'assistant personnel intégré dans la plupart des smartphones, que nous parlions de Siri pour Apple, BixBy pour Samsung, Cortana pour Microsoft ou Google Assistant (pour Google).

L'intelligence artificielle pourrait par ailleurs permettre aux constructeurs de proposer très rapidement une traduction instantanée dans leurs appareils.

Au-delà de ces fonctionnalités, c'est aussi une bataille pour des parts de marchés que se livrent les constructeurs. Huawei, qui talonnait Apple depuis des mois, est devenu en juillet dernier le numéro 2 sur le marché des smartphones, derrière Samsung :

smartphone

Je résume : une bataille pour la puissance, une bataille pour les performances, une bataille pour les ventes et les chiffres. Vous savez ce que cela signifie, cher lecteur ? Une nouvelle ère commence pour les smartphones... et pour leurs fournisseurs. C'est une excellente nouvelle pour les investisseurs "technos" que nous sommes. Les entreprises qui sauront prendre ce virage seront celles qui mèneront le Nasdaq dans les années à venir.
[NDLR : Ray Blanco, notre spécialiste des nouvelles technologies, fait le pari des fabricants de micro-processeurs et des fournisseurs des grands noms des smartphones. Dans NewTech Insider, il vous a recommandé 2 valeurs pour profiter du lancement de l'iPhone X. A acheter avant novembre, et à découvrir ici...]

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Puces neuronales : quand les smartphones veulent leurs propres neurones http://quotidienne-agora.fr/smartphones-puces-neuronales/ http://quotidienne-agora.fr/smartphones-puces-neuronales/#respond Tue, 24 Oct 2017 10:43:48 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70545 neuromorphiques puces neuronales

Êtes-vous prêts, cher lecteur, pour l'alliance des neurones et de l'informatique ? L'idée est de nouveau très à la mode, et pas seulement dans les oeuvres de science-fiction.

En début d'année, on apprenait qu'Elon Musk, le fondateur de SpaceX et de Tesla, avait lancé un nouveau projet : Neuralink. Cette société aurait pour objectif d'implanter des puces dans le cerveau humain, à la fois pour des visées thérapeutiques (contre les maladies neurodégénératives ou contre l'épilepsie) et pour en "améliorer" les capacités.

Selon le Wall Street Journal, Musk envisagerait de créer une véritable interface d'intelligence artificielle à l'intérieur du cerveau humain qui permettrait, par exemple, d'interagir par la pensée avec des machines, ou bien de stocker des pensées sur une forme de disque dur. Il faut bien sûr prendre tout ceci avec moult pincettes mais Musk s'est plusieurs fois inquiété du rapide développement des machines intelligentes et espère, en améliorant notre cerveau, permettre aux humains d'affronter leur concurrence.

Avant d'imaginer un cerveau aux capacités démultipliées par l'apport de l'informatique, c'est la relation inverse – de l'informatique démultipliée grâce aux neurones – qui devient aujourd'hui une réalité.

Et le terrain d'expérimentation de cette nouvelle alliance n'est pas – encore – le cerveau humain mais de simples ordinateurs... voire même de banals smartphones.

Vous l'aurez compris, aujourd'hui, nous allons parler des puces neuronales. La construction de ces puces imite le fonctionnement des neurones et des synapses. D'où leur autre nom de puces neuromorphiques.

D'autres puces vont encore plus loin dans le côté neuronal, puisqu'elles intègrent des neurones vivants. C'est le cas par exemple d'un prototype présenté en 2016 par la start-up Koniku. Un type de puces encore expérimental, contrairement aux puces qui imitent le cerveau humain.

Que les neurones soient artificiels ou biologiques, les avantages de ces puces sont les mêmes : la rapidité et la puissance de calcul, la possibilité d'effectuer des calculs en parallèle, la possibilité d'accéder au machine learning et au deep learning, qui induisent un auto-apprentissage par la machine, en particulier grâce aux capacités de mémoire de ces neurones artificiels. Et des économies d'énergie puisque, tout comme les neurones biologiques, la consommation d'électricité de ces puces est bien inférieure à celle de puces normales.

Pour toutes ces qualités, les puces neuronales intéressent depuis longtemps les constructeurs d'ordinateurs et les spécialistes de l'intelligence artificielle ou de la reconnaissance d'images.

En effet, l'utilisation des processeurs traditionnels, les CPU (Central Processing Unit), et des cartes graphiques qui en sont dérivées (GPU, Graphic Processing Unit) se heurtent à leurs limites de capacités mais aussi à ce qui fit leur succès : leur universalité.

Les spécialistes de l'IA souhaitent maintenant des processeurs spécifiquement pensés et conçus pour l'intelligence artificielle, le deep learning, etc. Et c'est là que les puces neuronales entrent en jeu.

De grands noms comme Google, Intel ou Nvidia travaillent sur des puces neuronales destinées à équiper les serveurs, et à plus long terme nos ordinateurs personnels.

Mi-octobre, Intel dévoilait ainsi ses processeurs Nervana, reposant sur la technologie d'une start-up, Nervana System, rachetée en 2016 par Intel et spécialisée dans l'intelligence artificielle, le deep learning, et les puces neuronales...

Mais c'est dans l'univers des smartphones que la bataille du neurone a pris un nouveau tournant.

Le smartphone veut aussi ses neurones

Si vous suivez l'actualité dans le secteur, vous n'avez pas pu manquer l'arrivée – pas toujours fracassante, il faut bien le dire – de nouvelles fonctionnalités dans les dernières générations de smartphones. Assistance vocale de plus en plus intelligente, reconnaissance faciale en 3D, réalité augmentée sont intégrées dans les nouveautés Samsung ou Apple. C'est un début mais la tendance devrait se poursuivre et s'accélérer dans les années qui viennent.

Leur arrivée vient donner un bon coup de fouet dans le monde des puces pour smartphones. L'émergence, il y a 10 ans, desdits téléphones intelligents et autres tablettes qui a obligé les fabricants à proposer des processeurs plus petits mais aussi moins énergivores (pour que les batteries durent plus longtemps) et moins calorifères.

Ces dernières années, les capacités des processeurs se sont certes améliorées mais sans aucune révolution notable. La course à la puissance a suivi son chemin, assez tranquillement.

Et ceci jusqu'à l'arrivée des puces neuronales et des NPU (Neural Processing Unit ou Neural Network Processig Unit), des processeurs intégrant des neurones artificiels.

Les nouveaux besoins des smartphones nécessitent en effet une bonne dose d'innovation. Contrairement aux serveurs géants de Google ou de Facebook, les fonctionnalités d'intelligence artificielle, de reconnaissance d'images, de réalité augmentée, d'assistant personnel, etc. doivent être permises par un processeur de quelques dizaines de millimètres, capable de se glisser dans un téléphone qui tient, généralement, dans une poche. Et comme nous l'avons vu plus haut, ce processeur doit gérer sa consommation de batterie... et la chaleur qu'il émet. Autant dire une gageure...

Mais une gageure que vient de relever Huawei, le fabricant chinois de smartphones, tablettes, etc.

Et c'est ce que je vous propose de voir demain.

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Sommes-nous en train de passer à côté d’une flambée du pétrole ? http://quotidienne-agora.fr/flambee-petrole/ http://quotidienne-agora.fr/flambee-petrole/#respond Fri, 13 Oct 2017 10:30:35 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70489 pétrole

Serions-nous en train de passer à côté d'une flambée du pétrole ? C'est la question que je me pose, nourrie par les interrogations, voire les intuitions, de certains de mes collègues, et tout particulièrement celles de Dominic Frisby. Il y a quelques jours, Dominic vous disait qu'il soupçonnait un rebond du pétrole.

Plusieurs arguments vont dans son sens, et tout d'abord ce graphique qui illustre l'évolution des économies des pays émergents, ainsi que celle des pays dits développés.

Economies

Une évolution à mettre en parallèle avec le cours du pétrole (ici le Brent).

Brent

Le recul des économies émergentes a coïncidé, en 2015, avec l'effondrement du cours du pétrole. Le lien de cause à effet est partiel mais ne peut être complètement écarté. Le recul des émergents s'est accompagné de celui de leur demande en énergie, et donc en pétrole.

Face à cette demande en recul, ou du moins en ralentissement, la demande a explosé, via la spectaculaire reprise de la production pétrolière américaine et dans laquelle le pétrole de schiste a joué un rôle tout sauf mineur.

Mais voilà que les économies émergentes semblent se remettre sur les rails. Sans se lancer dans d'hasardeuses suppositions, nous pouvons donc en conclure que la demande devrait suivre le même chemin, celui de la hausse.

L'Arabie saoudite tente de reprendre la main sur les cours du pétrole

Autre point qui pourrait jouer en faveur d'une reprise des cours du pétrole : la volonté des producteurs – ou du moins d'une partie – de faire repartir les cours à la hausse. Evidemment, l'histoire récente nous prouve que vouloir n'est pas pouvoir.

Les efforts acharnés de l'Arabie saoudite – soutenue par la plupart des membres de l'OPEP mais aussi, depuis la fin de l'année dernière, par la Russie et d'autres pays producteurs – n'ont que peu porté leurs fruits. Malgré les quotas de production, le cours du Brent a stagné entre 50 $ et 55 $, avec quelques rechutes vers les 45 $.

Brent

C'est un échec que nous avons largement évoqué dans la Quotidienne et qui est en grande partie imputable à la course à l'abîme dans laquelle se sont lancés nombre de pays producteurs dont les Etats-Unis. Ils ont produit toujours plus de pétrole, à n'importe quel prix, au risque de frôler la faillite. L'offre s'est donc avérée pléthorique, et les cours du brut insolemment déprimés.

Mais l'Arabie saoudite ne baisse pas les bras. Elle a une excellente raison à cela : l'année prochaine elle prévoit d'introduire en Bourse un de ses principaux joyaux, Saudi Aramco, la compagnie nationale pétrolière. Cette IPO, qui devrait être une des plus grosses de l'histoire des marchés financiers, pourrait rapporter au bas mot 2 000 milliards de dollars à l'Arabie saoudite. Milliards que le pays a l'intention d'investir dans le développement de son économie, et la réduction de sa dépendance... à l'industrie pétrolière.

Cette opération monstre, voulue par Mohammed ben Salmane, le fils et héritier du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, se doit d'être un succès. Pour cela, il faut que l'entreprise soit valorisée au mieux. Et donc que le cours du pétrole remonte.

Pour l'Arabie saoudite, une hausse des cours du brut devient donc plus que jamais nécessaire.

L'alliance Russie-Arabie saoudite ?

Pour cela, le pays, principal exportateur de pétrole au monde, a bien l'intention de reconduire les quotas de production, et donc de réduire l'offre. L'Arabie saoudite s'appuie de plus en plus manifestement sur un autre producteur de poids, la Russie. A eux deux, ces pays représentent 25% de la production mondiale.

Début octobre, ce rapprochement a pris la forme d'une visite officielle du roi saoudien, Salmane, en Russie, première visite du genre entre les deux pays. Cette visite n'allait cependant pas de soi alors que les points de désaccord, voire de conflit, entre les pays sont nombreux. L'Arabie saoudite peut par exemple reprocher à Moscou son soutien historiques avec l'Iran, l'ennemi. Quant à la Russie, elle n'apprécie que peu les liens entre Ryad et les Etats-Unis, ainsi que le soutien saoudien aux opposants sunnites à Bachar el-Assad en Syrie.

Mais Russie et Arabie saoudite ont aussi un intérêt économique commun : le pétrole. Les deux pays ont certainement discuté d'une nouvelle réduction de la production/exportation de brut, et comment convaincre les pays qui ont désespérément besoin de rentrées financières et de devises étrangères de les suivre. Des pays comme le Venezuela, ou même l'Iran, peuvent en effet difficilement se passer d'une baisse de leurs revenus pétroliers, même avec pour objectif à moyen terme de faire remonter les cours.

Nous verrons si Moscou et Riyad sont parvenus non seulement à s'entendre mais à élaborer une stratégie convaincante. Si c'est le cas, leurs tentatives pour faire repartir le pétrole à la hausse pourraient enfin être couronnées de succès.

La grande inconnue : la production américaine

Le scénario d'une hausse plutôt brutale des prix gagnerait encore en crédibilité si les Etats-Unis n'ajoutaient pas une nouvelle dose d'incertitude.

Malgré l'effondrement des cours du pétrole, les producteurs américains ont réussi à augmenter leur production au cours des deux dernières années, atteignant même tout récemment des records. Selon l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA), la production américaine est ainsi passée de 8,94 millions de barils par jour en janvier dernier à 9,56 millions en septembre.

Cette augmentation de la production ne s'est pas faite sans efforts et sacrifices : des puits ont été fermés, les équipes réduites, les investissements réduits et certains petits producteurs ne s'en sont pas relevés.

Cependant, en concentrant leurs efforts sur les puits et les forages les plus rentables, en augmentant la production et en bénéficiant de l'assouplissement des règles régissant les exportations, les producteurs américains sont parvenus à contrecarrer les efforts de ceux qui misaient sur un fléchissement de l'offre pour faire repartir le cours du baril.

Toute la question est donc de savoir combien de temps la production et les exportations américaines pourront contenir les cours ?

Certains signes montrent un fléchissement prochain. Selon Ian Taylor, le PDG de Vitol, un des principaux traders de produits pétroliers de la planète, la production américaine devrait atteindre un pic l'année prochaine, pour ensuite décliner.

L'OPEP, quant à elle, a appelé cette semaine les producteurs américains à "prendre leurs responsabilités" et à réduire leur production pour encourager la reprise du cours du brut.

Qu'est-ce que cela signifie pour le pétrole, et pour vous ?

Difficile de croire que les producteurs américains vont réellement prêter attention aux demandes de l'OPEP. Cependant, l'accumulation des tensions du côté des producteurs (en Libye, au Venezuela, au Mexique, etc.), la volonté de l'Arabie saoudite de réussir brillamment l'introduction en Bourse de Saudi Aramco et l'entente stratégique avec la Russie pourraient parvenir à libérer le cours du baril de son carcan.

Je vous le disais Dominic fait le pari d'une hausse des cours du pétrole, il vous expliquait pourquoi ici. Dans Crise, Or & Opportunités, Graham Summers fait un pari similaire, même s'il mise sur une hausse somme toute modeste, vers les 60 $ d'ici la fin de l'année.
[NDLR : Pour profiter de cette hausse, Graham vous a proposé hier trois recommandations pétrolières, dont Haliburton. Recommandations complètes et détaillées à retrouver dans Crise, Or & Opportunités. Au moins vous ne pourrez pas dire que vous ne l'avez pas vu venir !]

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