Plus aucun emploi n’est hors de portée des robots !

Rédigé le 19 septembre 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Il est entendu que les robots menacent les emplois de millions de personnes à travers la planète. Les emplois d’ouvriers à la chaîne, d’employés des services de logistique, de livreurs ou encore, comme nous l’avons vu dans NewTech Insider, de serveurs, de cuisiniers de la restauration rapide.

Mais qu’en est-il des emplois considérés comme qualifiés ? Les médecins, les infirmières, les avocats, les journalistes… Sont-ils eux aussi à la portée des robots ?

Les nouvelles générations de machines profitent des récents et extraordinaires progrès de l’intelligence artificielle, du deep learning (l’apprentissage profond), des big data ou encore de la réalité virtuelle. Le deep learning et l’intelligence artificielle leur donnent la capacité d’apprendre de leurs propres erreurs et de leur expérience pour s’améliorer. En conséquence, et avec des effets étonnants, les machines vont de plus en plus souvent réfléchir à notre place.

Dotés de ces nouvelles compétences, ces robots briguent de nouvelles tâches, de nouveaux emplois effectués, encore aujourd’hui, par des humains… Il n’y a potentiellement aucune limite aux applications et à l’utilité de ces nouvelles technologies. Ce qui leur ouvre tout un monde d’utilisations. Tremblez médecins, journalistes et avocats… les robots débarquent !

L’intelligence artificielle prend la plume

Les robots d’assistance à la personne — notamment destinés aux personnes âgées — deviendront monnaie courante d’ici 2025. Mais des formes plus sophistiquées d’intelligence artificielle transforment déjà le monde du travail.

Posez la question à la plupart des dirigeants d’entreprise : ils vous diront que l’un des principaux problèmes de leurs employés est le fait qu’ils ne sont pas capables d’écrire un texte simple et clair. Ce frustrant problème est en passe de disparaître. L’intelligence artificielle est capable de faire des recherches et de rédiger les documents les plus répétitifs, ce qui permet aux employés de se consacrer à des tâches plus créatives.

Narrative Science, basée à Chicago, est l’une des premières entreprises à avoir donné la plume — ou plutôt le clavier — aux ordinateurs. Son programme « Quill » connaît les règles de la grammaire et de la construction d’un document. L’entreprise lui a ensuite appris les règles de la recherche, ce qu’il faut dire et comment le dire. Et, pour finir, Quill a été « lâché » dans une base de données.

Le programme peut par exemple se pencher sur des données financières et rédiger un rapport sur les résultats trimestriels d’une entreprise dans un langage simple et clair.

En utilisant un logiciel similaire, celui d’Automated Insights, Associated Press a augmenté, de 1 200 à 12 000 par an, sa production d’articles sur les trimestriels des entreprises.

L’utilité des écrivains numériques réside dans leur pouvoir d’analyse autant que dans leur capacité à utiliser le langage. Narrative Science a donc mis au point une version de Quill capable de filtrer des rapports de transactions financières pour trouver des indices de blanchiment d’argent.

Dans le cadre d’un projet très secret, la CIA utilise Quill pour recueillir et analyser des données venues de l’étranger.

Mais, comme toutes les autres créatures dotées de créativité, ce logiciel d’écriture automatisée aime aussi montrer ses talents artistiques. Ce type de programme est utilisé pour écrire des résumés d’événements sportifs, sur le ton de la conversation, du même type que ceux que vous pourriez trouver à la page « sport » rédigés par votre journaliste sportif préféré.

SlamTracker, créé par IBM, a été conçu pour récolter en continu des données à partir de capteurs et de caméras installés sur les cours de Wimbledon, et pour écrire en direct, au coup par coup, des tweets et des articles sur les parties en cours. Ces chasseurs de scoops numériques permettent aux groupes de presse de réduire significativement leurs frais et d’équilibrer leur budget.

Si vous avez un téléphone, vous avez un (robot) avocat

Les robots aident aujourd’hui les cabinets d’avocats à effectuer des tâches de routine plus rapidement et pour moins cher que ce que font les humains.

Un robot-avocat assez simple est le programme informatique « DoNotPay« , créé par Josh Browder, étudiant à Stanford. Il aide les gens à faire appel de leurs contraventions. Ce service gratuit fonctionne comme un « chat » : il pose des questions aux gens. Etaient- ils dans une situation d’urgence personnelle ? Y avait-il un signe visible indiquant une interdiction de stationner ? Le programme fournit ensuite un document légal qu’une personne peut utiliser pour faire appel de sa contravention.

Pour l’instant, cet avocat automatisé a permis de faire annuler plus de 160 000 contraventions et d’éviter plus de 4 millions de dollars d’amendes.

Ses compétences ont même été élargies pour aider les gens à déposer des dossiers de dédommagement quand une compagnie aérienne retarde ou annule certains de ses vols.

Les robots « faits maison » comme DoNotPay sont dépassés par des versions plus sophistiquées. BakerHostetler, un grand cabinet d’avocats aux Etats-Unis a « engagé » un robot dans sa branche faillites pour remplir une tâche généralement réservée aux jeunes diplômés tout juste sortis de la faculté de droit. Il lit des milliers de documents, de jugements et d’autres pièces susceptibles d’aider les avocats à monter un dossier. Une tâche qui prenait toute une semaine de travail acharné, 24h/24, mais dont le robot peut se charger avant la pause déjeuner.

Le robot présente ensuite ce qu’il a pu découvrir à un avocat humain, qui lui dit si les informations trouvées sont utiles, et dans quelle mesure. Il peut apprendre des commentaires obtenus, et affiner ainsi ses critères de recherche pour produire des résultats plus utiles.

A mesure que ces avocats électroniques proliféreront, une capacité de recherche habituellement réservée aux entreprises géantes, dotées d’une multitude d’associés en première année, deviendra accessible aussi aux plus petits cabinets. Des entrepreneurs offriront cette capacité de recherche informatisée comme service, et de plus petits cabinets pourront s’inscrire au lieu de verser des sommes énormes pour en être directement propriétaires.

Avocats et journalistes ne sont pas les seuls qui vont voir leur profession bouleversée dans les années qui viennent pas des robots de plus en plus intelligents. L’émergence des robots chirurgiens, dont nous vous avons déjà parlé dans la Quotidienne, est un exemple de ce que la robotique a à nous offrir en matière de santé… et cela ne va pas s’arrêter là. Je vous en reparlerai bientôt. En attendant, préparez-vous à l’arrivée de robots de plus en plus intelligents et de plus en plus capables.

[NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco vous propose ce mois-ci un investissement qui découle de cette analyse de Gerald. La valeur qu’il vous recommande donne la vue aux robots — de quoi les rendre capables de vous opérer, de vous soigner, de vous guider… mais aussi de lire un texte, de regarder un match sportif ! A découvrir dans NewTech Insider]

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Un commentaire pour “Plus aucun emploi n’est hors de portée des robots !”

  1. Il y a deux ou trois jours j’ai regardé des photos admirables prises par le robot Curiosity du relief du sol de Mars comme si j’avais pris ces photos en Ardèche ce matin et que je les regarde sur mon écran d’ordinateur.

    http://premium.lefigaro.fr/sciences/2016/09/11/01008-20160911ARTFIG00094-curiosity-envoie-de-nouvelles-images-spectaculaires-de-mars.php?a3=763-4212612-895543&een=51c9d8bea69179108f78cf9866f3a5c3&seen=6&m_i=3GhB1q0VslT0L9onHckEIR%2B1bW1Y7extESWMt0Bhs06qVFMYSsBIEmU4J%2BJCjePN49d76vN9sspdzCXt5Xe3XfxkPrrDMr#xtor=EPR-300-%5Bmatinale%5D-20160912

    De même, confortablement installés dans nos salons, nous avons déjà pu admirer il y a peu de temps d’autres endroits de la géographie de Mars par des vidéos prises sur Mars en visitant sa géographie comme si nous étions dans un 4×4. L’extraordinaire se banalise à une vitesse pour le moment inabsorbable en temps réel et dangereuse(?) à plus d’un titre. Pourtant, le progrès, par définition, progressera toujours. Mais nous ne savons toujours pas de quel progrès il s’agit…

    C’est incroyable de visiter Mars, de suivre les développements de l’intelligence artificielle, de voir que l’intelligence artificielle est aux producteurs en général ce que la pelle mécanique est aux terrassiers d’autrefois. Mais nous sommes incapables de produire des revenus en rapport avec l’automatisation, avec la robotique. La pauvreté est indéracinable (soit-disant!…) parce que nous n’avons jamais mis en adéquation les progrès dans la production avec un quelconque progrès – la distribution -. Car la clé de la distribution est la finance… La distribution comme la finance (malgré l’ère de l’informatique et du numérique) en sont restées, dans leurs principes dépassés, aux siècles anciens, complètement obsolètes! Tandis que l’argent d’investissement est roi, l’argent de consommation, lui, fonctionne encore selon la rareté dans la production alors que les gains de productivité ont parfois augmentés au centuple. On est incapables de comprendre que les revenus par le travail, par le salariat, diminuant obligatoirement à peu près partout, ne peuvent acheter la production devenue abondante et surabondante grâce à la robotique et malgré la baisse des prix et la mondialisation des marchés; mais une mondialisation devenue circumplanétaire, donc saturée (et qui n’aura servi qu’à brouiller les cartes pour prolonger la confusion entretenue dirait-on?). Les actionnaires dans leur ensemble, pour richissimes qu’ils soient, ne peuvent arithmétiquement acheter, absorber toute la production. Alors que si les revenus étaient formatés selon les progrès de la robotique, le pouvoir d’achat de la société dans son ensemble achèterait la production sans déséquilibre. Pour un espace économique donné, le total des revenus doit équilibrer le total des prix de vente. Sans cette égalité toute naturelle, les crise, révolutions et guerres sont assurées de se produire…
    Car, depuis l’émergence historique de la monnaie de crédit, les vraies richesses produites sont détournées et volées monétairement par les faiseurs d’argent (la monnaie de crédit) qui se gobergent sur notre dos de producteurs (avec ou sans robots) tandis qu’on nous maintient dans l’ignorance. L’ignorance qui est la meilleure et la plus sûres alliée du système financier actuel.
    Le vrai équilibre économique naturel est le suivant :
    production rare (siècles anciens) = argent rare
    production moyenne = argent moyen
    production abondante = argent abondant
    production automatique = argent automatique

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