Assistants personnels, objets connectés, réalité virtuelle : ce qui fera le succès d’une nouvelle technologie en 2017

Rédigé le 9 janvier 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

En fin d’année dernière, je vous proposais un rapide bilan des grandes tendances qui avaient marqué la médecine et les nouvelles technologies en 2016, et celles qui allaient dominer en 2017.

Je voudrais aujourd’hui revenir un peu plus en détail sur les nouvelles technologies qui vont faire 2017, car c’est sur elles que nous allons investir.

L’épineux cas de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée

2016 devait être l’année de l’explosion de la réalité virtuelle (VR). Elle a surtout été l’année où la réalité augmentée (AR) a fait marcher des millions de joueurs à travers le monde pour attraper des Pokémons.

Vous le savez si vous me suivez depuis quelque temps, je reste sceptique quant au potentiel à court terme de la réalité virtuelle. Les raisons sont essentiellement culturelles (porter un casque de réalité virtuelle ne donne vraiment pas l’air intelligent) et matériel (le casque ainsi que les machines capables de faire tourner correctement la VR coûtent cher).

Pourtant, tous les grands noms des nouvelles technologies ont aligné ces derniers mois leur casque de VR sur la ligne de départ, et tous se préparent à l’émergence de la réalité virtuelle et augmentée. Cette préparation passe par les micro-processeurs capables de gérer la VR ou la AR, par le développement de logiciels spécifiques ou de nouvelles applications reposant sur elles.

Facebook, Google, Nvidia, Sony, AMD, tous, absolument tous, misent des milliards sur les nouvelles réalités.

Peuvent-ils complètement se tromper ? Je ne me vois pas tenir tête à ce sujet à Mark Zuckerberg. Le problème est que, pour le moment, la VR demeure cantonnée à un cercle restreint de professionnels, ou encore de joueurs fanatiques. Aucune application grand public n’a pu concurrencer – même de loin – l’enthousiaste suscité par Pokémon Go.

Du côté de l’AR et des jeux pour smartphones, l’avancée représentée par Pokémon Go n’a pas, pour l’instant, engendré de multiples rejetons. Les jeux les plus populaires demeurent de bons vieux jeux pour smartphone, sans VR, sans AR.

Peut-être cela changera-t-il en 2017 – les géants de la Silicon Valley s’y emploient – mais, pour le moment, les nouvelles réalités sont encore dans une phase de gestation.

La simplicité au coeur de l’innovation

Etienne Henri vous le répète souvent : pour qu’une technologie s’impose, il faut qu’elle rencontre son public, qu’elle améliore ou facilite la vie de ses usagers. Peut-être est-ce une fausse impression mais les services que nous rendent nos smartphones nous facilitent le quotidien. De même que les achats en ligne.

Un autre facteur à prendre en compte est celui de la facilité d’utilisation. A part quelques geeks avertis, personne n’a envie de passer des heures sur le mode d’emploi de son nouvel objet connecté.

La facilité a d’ailleurs été pendant longtemps un des arguments phare d’Apple face à Windows. Ses ordinateurs étaient faciles à installer, ce que l’on appelle « user friendly« . De même pour l’iPhone. Apple a mis en avant cette facilité en fournissant son smartphone dans une boite bien plus réduite que ses concurrents, et simplement accompagné d’un livret explicatif de quelques pages. L’impression qui s’en dégage ? La simplicité.

Voilà ce qui plait aux utilisateurs que nous sommes.

La complexité a perdu nombre d’innovations – c’est ce qu’expliquait parfaitement Rafi Haladjian, le créateur du lapin Nabaztag, dans un article de l’Obs que je vous recommande plus que vivement.

Des assistants de plus en plus intelligents – et de plus en plus personnels

Ce qui nous amène au point suivant : les assistants personnels. Là encore, c’est une tendance sur laquelle Microsoft, Amazon et Google misent très gros.

L’idée est de vous proposer des assistants qui répondent à vos demandes formulées à haute voix. Niveau simplicité, on peut difficilement faire mieux, en supprimant l’interface de l’écran, de la télécommande, etc.

En la matière, Amazon a pris une longueur d’avance sur la concurrence, avec son Alexa, son assistant personnel intelligent.

Alexa est en pleine conquête du monde : elle a déjà été intégrée à la gamme d’enceintes connectées d’Amazon, dont Amazon Echo, qui s’est vendu à des millions d’exemplaires en deux ans.

Ce que peut faire Alexa ? Régler la température de votre maison (via un thermostat connecté). Ou bien changer de musique à votre demande. Vous commander une pizza, un film, un livre (n’oubliez pas qu’Alexa est une émanation d’un des plus grands sites d’ecommerce au monde)… Vous guider pendant la réalisation d’une recette. Ajoutez un produit sur une liste de courses. Vous trouver la réponse à une question que vous vous posez. Tout cela simplement en lui demandant à voix haute.

Les possibilités d’utilisation sont infinies, et vous pouvez vous faire une bonne idée grâce à cette vidéo (en anglais). En fait, l’utilisation d’Alexa est tellement simple que la presse rapporte le cas d’une gamine de six ans qui s’est commandée une énorme maison de poupée ainsi que des cookies (beaucoup). Tout ceci via Alexa et, bien sûr, sans l’autorisation de ses parents.

Mais la grande force d’Alexa, c’est qu’elle ne se cantonne pas aux produits Amazon. Véritable star du salon Consumer Electronics Show qui se déroulait en fin de semaine dernière à Las Vegas, Alexa va intégrer les voitures de Ford et de Volkswagen, les machines à laver de Whirlpool, les réfrigérateurs de LG, les lampes de General Electric ou encore les smartphones de Huawei.

En clair, Alexa a décidé de mettre la main non seulement sur toute la gamme d’objets connectés – de votre lave-linge à votre voiture – mais aussi sur ce qui était jusqu’à présent la chasse très gardée de Siri d’Apple ou encore de Google Now et Assistant.

Google n’a d’ailleurs pas l’intention de se laisser distancer et a lui aussi profité du CES pour faire une démonstration des capacités de son « Assistant », associé à Nvidia. Les deux marques ont présenté Nvidia Spot, un petit micro à installer dans toutes les pièces de la maison pour vous ouvrir l’accès à Google Assistant, où que vous vous trouviez.

Ai-je besoin d’insister sur les limites et dangers de ces nouveaux assistants personnels ? Peut-être, car la question va être posée avec de plus en plus d’acuité dans les mois et années qui viennent. La probable multiplication de ces assistants personnels pose tout d’abord la question de la sécurité des données qu’ils récoltent. Qui y a accès ? Dans quel but ? Quelles sont les possibles mesures de protections de ces données ? Si Assistant ou Alexa permettent de commander votre alarme, d’acheter en ligne, de connecter vos données personnelles et de santé, comment s’assurer qu’aucune entreprise n’y aura accès ? Qu’aucune personne malveillante ne pourra s’en emparer ?

Ray Blanco vous le disait dans le numéro de décembre de NewTech Insider : les objets connectés sont aujourd’hui très mal protégés contre les cyber-attaques. Peu mis à jour, oubliés par leurs possesseurs, ils sont une véritable porte d’accès pour les cyber-pirates.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Fin 2016, le cabinet Gartner estimait que le marché des assistants personnels atteindrait les 2,1 milliards de dollars en 2020, contre 360 millions en 2015. Une autre étude de Mizuho, encore plus optimiste, estime quant à elle qu’Echo et Alexa rapporteront 11 milliards de dollars de chiffre d’affaires supplémentaire à Amazon d’ici 2020 – quatre milliards liés à la vente des enceintes connectées Echo ou Dot et sept milliards en ventes effectuées via Alexa.

En clair, le marché des assistants personnels intelligents est en pleine croissance et devrait poursuivre sur sa lancée puisque, selon Gartner, à peine 3,5% des foyers devraient être équipés en 2020.

Nous devons donc nous attendre à une surenchère d’investissements et de produits de la part non seulement d’Amazon mais aussi de Google ou d’Apple. Ce dernier a d’ailleurs annoncé en septembre 2016 vouloir faire passer son assistant personnel, Siri, à la vitesse supérieure. Pour le moment, Amazon (AMZN:NASDAQ), Alphabet (GOOG:NASDAQ) ou Apple (AAPL:NASDAQ) sont les choix les plus évidents pour investir sur cette grande tendance.

Les progrès de l’intelligence artificielle vont évidemment soutenir l’omniprésence des assistants personnels. Plus ceux-ci seront intelligents, plus leur aide nous deviendra indispensable.

En parallèle, je vous le disais, le marché de la sécurité informatique, et tout particulièrement celle à destination des objets connectés, va elle aussi connaître un coup d’accélérateur sans précédent. Car ne pas protéger votre assistant personnel, c’est laisser les clés de votre maison, de votre voiture et de votre vie privée à tout-venant.
[NDRL : Ray Banco et Etienne Henri vous ont récemment proposé deux valeurs, une américaine et une française, pour miser sur le développement de la sécurité informatique des objets connectés. Deux valeurs qu’il est plus que temps de mettre en portefeuille avant qu’Echo et ses confrères n’envahissent le monde, et qui sont à découvrir dans NewTech Insider]

Pour conclure sur une note plus légère : que se passe-t-il quand deux enceintes connectées discutent entre elles ? Eh bien, elles parlent de la forme de la Terre, de mariage, de cinéma… et chacune d’entre elles a tenté de convaincre l’autre qu’elle n’est pas une intelligence artificielle créée par les humains. Fascinant, absurde (parfois) et un peu inquiétant. A suivre ici

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

2 commentaires pour “Assistants personnels, objets connectés, réalité virtuelle : ce qui fera le succès d’une nouvelle technologie en 2017”

  1. Bonne Année à toute l’équipe AGORA. Deux mille dix-sept, année de tous les défis ? Que l’année nouvelle soit favorable à toutes vos tentatives et nous permettent de gagner les défis Merci

  2. Mlle CECILE CHEVRE ne pensez vous pas que sommes entrain doucement et fatalement dans le monde du « Terminator » ? Tout s’accélère actuellement en matière de conception informatique et d’intelligence artificielle. Alors attention a ne pas plonger dans le monde de la robotique dominante.
    NB: je suis un ancien ING. en électronique, devenu par la suite dirigeant d’entreprise et finalement à la retraite!
    Meilleures salutations
    M. HIRSCHMILLER GERARD

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