Et si vous vous laissiez tenter par Apple, Amazon et Alphabet ?

Rédigé le 3 octobre 2017 par | A la une, Indices & Actions, Nouvelles technologies Imprimer

Apple : 33%, Amazon : 28%, Alphabet : 22%… Voilà les performances de trois des plus grandes valeurs technologiques de la planète depuis le début de l’année.

De telles performances ont de quoi laisser songeur, surtout si on compare leur valorisation boursière stratosphérique avec leurs bénéfices, le fameux ratio PER.

Pour Apple, ce ratio tourne autour des 18 (le cours se paie donc 18 fois les bénéfices), autour des 35 pour Alphabet… et Amazon… 244.

Ces valorisations ont déjà été longuement disséquées et dénoncées dans ces lignes, je vais donc prendre le problème par un angle tout différent : celui de l’avenir de ces entreprises.

Et vous verrez que chacune d’entre elles est en pleine mutation.

Apple se réinvente pour se détacher de l’iPhone

Apple alphabet googleCommençons par Apple. Si je vous demande quel est le principal produit de la marque, vous pensez certainement à l’iPhone. En quelques années, Apple a incarné l’inventeur du smartphone, éclipsant les autres produits de la marque, iBook, iMac, etc. Ni l’iPad ni (et encore moins) l’iWatch ne sont parvenus à éclipser l’iPhone.

L’assimilation entre Apple et son smartphone est totale. Il est vrai que l’iPhone pèse lourd dans les revenus d’Apple : au dernier trimestre, les ventes d’iPhones représentaient 69% (à 54,4 milliards de dollars) du chiffre d’affaires total du groupe.

La dépendance d’Apple à l’iPhone est donc encore grande. Le récent décrochage boursier du groupe a été provoqué par l’annonce de ventes moins importantes que prévues pour l’iPhone 8, pour un modèle peu révolutionnaire, il faut le reconnaître. Entre le 13 et le 26 septembre, le cours décrochait ainsi de 6%, passant de 999 $ à 933 $.

Tout est loin d’être perdu. L’iPhoneX, qui sera lancé en novembre, agite déjà plus l’intérêt des consommateurs.

Malgré ce lien évident entre Apple et l’iPhone, le groupe n’est pas qu’un fabricant de smartphones, et tente de l’être de moins en moins. Apple veut développer les services, les applications, et vous immerger dans un monde « Apple ».

L’App Store, la plateforme de téléchargement et d’achat d’applications, a ainsi rapporté 21,5 milliards de dollars à Apple sur les neuf premiers mois de l’année, soit +19% par rapport à la même période l’année dernière. La nouvelle version du système d’exploitation, iOS11, mise d’ailleurs sur ces revenus, avec une refonte de l’App Store pour faciliter la recherche et la description des applications. Autre nouveauté, l’arrivée de la réalité augmentée dans de plus en plus d’applis.

Parmi les autres services, l’Apple Music, l’Apple Pay, AppleCare, iTunes, ou encore l’iCloud. Tim Cook, le PDG d’Apple, s’est fixé comme objectif de doubler le chiffre d’affaires de ces « services » d’ici 2020. Et l’objectif ne semble pas irréaliste. En août dernier, les revenus des Services progressaient de 22% sur un an, à 7,3 milliards de dollars.

Comme l’ont noté nombre de commentateurs, Tim Cook a insisté sur cette progression en déclarant que les « Services » avaient maintenant atteint la taille d’une entreprise digne de figurer dans le classement des Fortune 100.

Amazon, la voix et le cloud

Passons à Amazon. Son coeur de métier est évidemment le commerce en ligne. Le groupe de Jeff Bezos a consciencieusement écrasé presque toute la concurrence dans ce domaine, mettant en danger les commerçants physiques. Certains n’ont pas hésité à voir dans la toute récente faillite du magasin de jouets Toys “R” Us une énième démonstration du pouvoir de conquête d’Amazon.

Une domination qui, au cours des dernières années, s’est étendue aux « bien culturels » (bien que je n’aime pas le terme), à l’habillement, l’électronique mais aussi les produits du quotidien ou l’alimentation. En juin dernier, Amazon a même mis la main sur le réseau de magasins biologiques haut de gamme Whole Foods, marquant ainsi son entrée dans le monde des commerces physiques.

Mais Amazon, c’est bien plus que cela, comme nous l’avions vu dans une précédente Quotidienne. Le groupe s’est imposé en quelques années comme un leader des services informatiques, avec Amazon Web Services (AWS), qui fournit des solutions d’hébergement, de cloud, d’e-commerce et même de deep learning. Selon une étude du cabinet Gartner publiée en septembre 2017, AWS représente à lui seul 44% du marché du cloud mondial, très loin devant Microsoft (7%).

Au deuxième trimestre 2017, les revenus d’AWS dépassaient les quatre milliards de dollars, contre moins de deux milliards deux ans auparavant.

AWS Amazonn bourse investir cours

La progression est impressionnante, et certains plaident pour qu’AWS prenne son indépendance d’Amazon, estimant la valeur de cette nouvelle entreprise entre 160 et 240 milliards de dollars. Les chances sont pourtant minces que Bezos sépare la plus profitable de ses activités d’Amazon.

Outre AWS, Amazon mise aussi gros sur le développement d’Echo, son enceinte connectée, associée à l’assistant vocal Alexa. Je ne sais pas si vous vous souvenez qu’en 2014, Amazon lançait son propre smartphone, le Fire Phone. Aucun souvenir, c’est normal, l’échec fut retentissant, et la mort du Fire Phone annoncée en 2015.

Ce qu’Amazon a échoué à réaliser avec ce smartphone, il est en train de le réussir avec Echo/Alexa. Selon une étude de Consumer Intelligence Research Partners, Echo, l’enceinte d’Amazon représenterait 76% du marché des enceintes connectées aux Etats-Unis, contre 24% pour Google.

Outre son enceinte connectée (clairement destinée à faciliter/augmenter vos achats en ligne), Amazon mise aussi sur l’adoption de son assistant vocal, Alexa. Preuve de cette volonté hégémonique sur ce marché à potentiel : l’annonce tout récente de l’intégration d’Alexa dans des modèles Seat et BMW. De tels logiciels se proposent d’assister les passagers de la voiture pour, par exemple, trouver son chemin, la station essence la plus proche, se renseigner sur la météo sur la route, contrôler le volume de la musique ou allumer à l’avance les lumières de votre domicile.

Les voitures ne sont qu’un exemple d’intégration d’Alexa et de ses compères. Tous les objets connectés – télévision, alarme, chauffage, réfrigérateur, drones, etc. – sont une cible. Or ceux-ci se multiplient dans notre environnement.

Comme vous le disais Greg Guenthner en mai dernier, Amazon ambitionne de devenir le leader de la voix. Et en prend le chemin pour le moment. Son futur sera peut-être la voix, et non l’e-commerce.

Google, ou la tentation de l’universel

Quant à Alphabet… quel domaine ne lui échappe pas ? Malgré les notables efforts de restructuration opérés au cours des derniers mois, avec la vente de certaines divisions (dont Boston Dynamics, une entreprise spécialisée dans les robots) et l’abandon de projets coûteux et/ou peu rentables, Alphabet reste un groupe aux ambitions immenses et quasi-hégémoniques.

Voitures autonomes, intelligence artificielle, santé et génétique, sans oublier le logiciel d’exploitation, Android, les assistants (cf. Google Home), la réalité virtuelle et augmentée. Ceux d’entre vous qui sont intéressés par le futur d’Alphabet suivront avec intérêt la conférence prévue le 4 octobre prochain dans lequel le groupe dévoilera ses nouveaux projets (dont, manifestement, un nouveau smartphone destiné à marcher sur les platebandes d’Apple).

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Google bourse investir alphabet financeÉvidemment, les GAFA, FAANG et autres valeurs qui ont hérité d’acronymes sont surévaluées en matière de PER et autres ratios. Et évidemment, aussi bien Ray Blanco qu’Etienne Henri vous recommandent la plus grande prudence avant d’investir quelques (ou plus que quelques) euros sur elles.

Mais ce sont aussi des entreprises qui sont en pleine mutation, vers des modèles économiques qui dessinent le futur. Qu’Apple, Amazon ou Alphabet remporte son pari, et elle vaudra bien plus que maintenant.

Et elle entraînera dans son sillage ses principaux fournisseurs et entreprises partenaires. [NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco sélectionne pour vous la crème de la crème des valeurs technologiques.

Parmi ces dernières recommandations : deux partenaires d’Apple qui bénéficient déjà du succès annoncé de l’iPhoneX, une techno qui fait un comeback fracassant sur le devant de la scène grâce à la voiture autonome… ou encore des valeurs qui fournissent les pelles et les pioches à la folie cryptomonnaie !

Le résultat est là, sur les 13 valeurs technos de son portefeuille de NewTech Insider, 11 sont dans le vert avec des gains latents allant jusqu’à 193%.

Découvrez le meilleur des valeurs technos – et le potentiel de gains – dans NewTech Insider]

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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