Air France va enfin décoller !

Rédigé le 21 mars 2017 par | A la une, Indices & Actions Imprimer

Nous avons vu hier que le groupe Air France KLM était un exemple parfait d’entreprise soumise aux vicissitudes de l’actionnariat étatique. Les années de mauvaise gestion se reflètent dans le cours de la Bourse et l’action s’échange actuellement aux mêmes niveaux qu’en 2002.

Les années passant, la chape de plomb qui pèse sur la valorisation de cette entreprise a conduit les cours à des niveaux ridiculement bas.

Vous pouvez aujourd’hui acheter l’action Air France-KLM (FR0000031122) autour de 7,5 €. A ce prix, la capitalisation boursière représente le quart de la seule valeur de sa flotte d’avions en pleine propriété. Avec quantité d’actifs et une valorisation au plancher, le risque de perte sur ce dossier est bien plus faible que sur les sociétés survalorisées de la cote parisienne.

Aujourd’hui, nous nous intéressons au potentiel de rentabilité du groupe. La mutation engagée par la Direction commence à porter ses fruits ; Air France KLM a annoncé le mois dernier un second exercice dans le vert.

Faible prix et rentabilité naissante : le moment est idéal pour considérer l’action à l’achat.

Le Groupe Air France-KLM peut-il créer de la richesse ?

La question de la création de richesse est au cœur de tout investissement basé sur la valeur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre compagnie aérienne nationale n’était, à l’instar de la SNCF, pas une machine à générer des bénéfices par le passé.

J’utilise l’imparfait car, depuis deux exercices, la Direction peut se vanter d’avoir présenté aux actionnaires des chiffres dans le vert.

Avec près de 75% du capital flottant, Air France ne peut plus se permettre de considérer son activité comme un service public au-dessus des basses questions de rentabilité. En 2015, le plan de restructuration Perform 2020 a été lancé pour baisser les coûts unitaires et réduire l’endettement du groupe.

Ce plan commence aujourd’hui à porter ses fruits avec un résultat net qui a bondi de +118 à +792 millions d’euros entre 2015 et 2016. Rappelons qu’en 2013, en plein marasme, le groupe accusait une perte nette de 1,8 milliard d’euros.

Le gros des restructurations et des dépréciations d’actifs étant passé, il ne reste plus qu’à capitaliser sur une flotte moderne (même si dans cette optique KLM fait pâle figure par rapport à Air France), un reste de capital sympathie de la part des voyageurs et une bonne couverture des grandes routes aériennes.

Outre le positionnement historique sur le transport de biens et de personnes qui, on le voit, touche du doigt la rentabilité, 2017 marque la fin d’un tabou avec le projet de création d’une filiale low-cost, Boost. L’objectif de cette filiale est de pouvoir lutter à armes égales contre les compagnies étrangères à bas prix qui opèrent sur des lignes long et moyen-courriers. Impossible, pour ce faire, de voler sous les drapeaux d’Air France : la création d’une entité dédiée est nécessaire.

Qui dit filiale dit conditions de travail différentes. Qui dit low-cost dit contrôle des dépenses. Bien sûr, les syndicats de pilotes ne voient pas le projet d’un oeil favorable et craignent un nivèlement par le bas des salaires et autres avantages.

Malgré tout, lorsque les pilotes d’Air France ont été directement consultés, leur réponse a été claire. A la question : « approuvez-vous l’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte long et moyen-courriers d’Air France dans une nouvelle structure ? » ils ont, à 58% et avec plus de 73% de participation, répondu Oui. Cet alignement de la volonté des pilotes avec celle de la Direction est suffisamment rare pour être noté.

Vers la fin de l’inertie syndicale

La toute-puissance des salariés et de leurs syndicats chez Air France n’est un secret pour personne. Leurs désaccords quasi-systématiques avec la Direction, qu’il ne serait pas abusif de taxer d’immobilisme, ont rendu les inévitables restructurations de la compagnie plus longues et douloureuses que nécessaire.

Le fait que les pilotes approuvent majoritairement la création de Boost alors que les syndicats trainent des pieds marque, on peut l’espérer, un tournant dans l’état d’esprit. Ce changement de mentalité se trouve confirmé par les bruits de coursive que l’on peut capter dans les avions opérés par Air France.

Je trouve toujours instructif d’échanger avec les salariés d’une entreprise avant d’y investir. Les bruits de couloir, pris avec le recul nécessaire, permettent de découvrir bien avant les publications de résultat comment va vraiment l’entreprise. Le personnel opérationnel est aux premières lignes pour détecter les revirements de marchés.

Faites l’expérience : allez dans n’importe quel lieu de travail et demandez aux salariés comment se passe leur quotidien. Si vous êtes en France, la plupart se plaindront. Ne vous formalisez pas sur cette habitude culturelle, et écoutez leurs griefs.

Les salariés se plaignent d’une surcharge de travail ? Si la masse salariale n’a pas bougé, c’est que l’activité est en pleine croissance. Ils se plaignent au contraire de s’ennuyer ? Méfiez-vous, l’entreprise traverse probablement un trou d’air.

Avec cette simple question, posée si possible à un échantillon varié de salariés, vous pouvez prédire de manière étonnamment fiable les perspectives à court terme pour l’entreprise. Les autres investisseurs, qui ne font pas ce travail de terrain, découvriront la même chose… lors de la publication des résultats un an plus tard.

C’est donc avec une sincère curiosité que j’interroge, lors de chacun de mes voyages sur Air France, le personnel naviguant sur la situation du groupe telle qu’ils la perçoivent. Depuis des années, les réponses des employés tournaient quasi-systématiquement autour des revendications salariales et de l’aveuglement de la Direction. En tant qu’investisseur, cela ne laissait rien présager de bon quant à de possibles accords menant à la restructuration tant attendue. Effectivement, la mutation de l’entreprise a été lente et difficile.

Ces derniers temps, le discours tenu par les PNC a radicalement changé. J’entends de plus en plus de salariés confier leur lassitude face à l’immobilisme des syndicats. Grande nouveauté : la sauvegarde de l’entreprise et la nécessité de lutter contre la concurrence est désormais une préoccupation qui occulte les demandes classiques de revalorisation salariale.

Ce type de signaux faibles confirme mon optimisme quant aux perspectives d’améliorations dans le fonctionnement du groupe.

De belles perspectives pour un titre qui reste à terre

Vous le voyez, tous les voyants sont au vert pour Air France KLM. Le cashflow est en augmentation continue, les coûts sous contrôle et la dette en train d’être apurée.

air france REX, Cash Flow et dette vont dans le bon sens depuis 5 ans Source : Air France

Avec une capitalisation boursière de moins de trois fois le résultat net, Air France est un titre très bon marché.

Alors, quand rentrer sur le titre ?

La hausse des dernières semaines a porté les cours vers une résistance oblique pluri-annuelle. Il est possible que le franchissement soit difficile et que le titre revienne sous les 7 €.

Si vous souhaitez optimisez votre point d’entrée, vous pouvez jouer sur ce possible reflux pour vous positionner de manière plus favorable.

Si vous privilégiez la tranquillité d’esprit, positionnez-vous dès aujourd’hui. A 7,5 €, le titre n’est pas cher, et vous pourrez toujours augmenter la taille de votre position en cas de retour sous les 7 €.

Dans tous les cas, le potentiel de hausse est de plus de 100% à horizon trois-cinq ans. Les quelques centimes de différence ne changeront pas fondamentalement votre retour sur investissement ! [NDLR : Prêt à mettre plus de valeurs françaises sous-valorisées en portefeuille ? Retrouvez la sélection d’Eric Lewin. Bonus supplémentaire : elles sont toutes intégrables à votre PEA. Pour en savoir plus…]

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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