Comment adapter votre portefeuille à l’ère Trump

Rédigé le 23 novembre 2016 par | Indices & Actions Imprimer

A l’heure actuelle, l’économie mondiale est sur la corde raide. Les probabilités de connaître des scénarios d’inflation extrême ou de déflation sont égales, cela va dépendre de la façon dont les politiques économiques de Trump sont mises en oeuvre et de la réaction de la Fed à ces politiques.

Inflation ou déflation ?

Le scénario inflationniste est fondé sur les promesses faites par Trump en matière de réductions d’impôts et de dépenses gouvernementales dans les infrastructures et la défense. L’équipe Trump affirme que ces dépenses peuvent être financées grâce à une croissance plus élevée provenant des réductions d’impôt et des projets de réduction de la réglementation. Les réductions d’impôts et une réglementation réduite seront très certainement positives pour la croissance et l’investissement.

On peut cependant douter du fait que les réductions d’impôts s’autofinancent, comme le suggère la « courbe de Laffer ».

Même si nous obtenons une croissance plus élevée dans le cadre du plan Trump, des déficits beaucoup plus élevés sont inévitables. L’augmentation des déficits est de toute façon sur les rails en raison des utilisations de la Sécurité sociale et de Medicare par les baby-boomers retraités. Si la Fed réagit aux déficits plus élevés avec de l’argent facile et des taux d’intérêt négatifs – l’helicopter money –, alors l’inflation est une quasi-certitude.

Le scénario de déflation se fonde sur une Fed qui combattrait des déficits plus élevés avec des hausses de taux d’intérêt, donnant lieu à des taux réels positifs. Lorsque les taux d’intérêt sont supérieurs au taux d’inflation, les taux d’intérêt réels sont positifs.

Il faut également mentionner qu’une politique d’augmentation des dépenses publiques au bout de huit ans d’une reprise économique faible et avec un ratio dette/PIB de 100% comme condition initiale ne produira in fine pas beaucoup de croissance réelle.

Si la Fed réagit à ces déficits avec taux réels élevés, l’économie américaine pourrait entrer en récession. Le désendettement, la pénurie de dollars, la technologie et la démographie sont déjà des forces latentes déflationnistes dans le monde. Pire : un dollar fort lié à des taux plus élevés augmentera la valeur de change du billet vert, importera de la déflation et rendra impayables les dettes libellées en dollars des pays émergents.

Cela pourrait conduire directement à une crise de la dette des marchés émergents pire que la crise des années 1980 en Amérique latine.

Comment adapter votre portefeuille ?

Quelle est la meilleure approche pour les investisseurs particuliers lorsque l’inflation comme la déflation sont équiprobables ?

Vous pouvez utiliser la stratégie « des haltères ». Il s’agit d’une part d’une stratégie de protection contre l’inflation (or, argent, ressources naturelles, terrains et oeuvres d’art) et d’autre part d’une stratégie de protection contre la déflation (Bons du Trésor américain à 10 ans). [NDLR : Prêt à passer à l’action et mettre en place ce portefeuille ? Alors rendez-vous dans la Stratégie : Simone Wapler vous y conseille une diversification de vos placements grâce à des contrats d’assurance-vie bien choisis, des investissements tangibles ou encore des métaux précieux. Ou tout pour mettre en place une stratégie des haltères. Pour en savoir plus…]

Les portefeuilles parés pour l’inflation et pour la déflation sont les deux extrémités de la barre (les haltères).

En attendant que l’une ou l’autre des forces se déclenche, les investisseurs devraient détenir environ 30% de cash ce qui réduit la volatilité globale du portefeuille et leur donne au détenteur la possibilité de se renforcer et de saisir des opportunités d’un côté comme de l’autre dès que la visibilité s’améliore.

La « barre d’haltères » idéale aurait 35% de protection contre l’inflation (une des haltères), 35% de protection contre la déflation (l’autre haltère) et 30% de cash (la barre de soutien).

Ce n’est pas un portefeuille à constituer, à garder, et à oublier. Il nécessite un suivi et une mise à jour réguliers basés sur l’évolution du marché.

A mesure que la visibilité s’améliore, le moment viendra de pencher vers la protection contre l’inflation ou contre la déflation, mais pour l’instant, l’approche équilibrée est la meilleure.

Nous allons surveiller attentivement le contexte macro-économique et vous conseiller sur des trades particuliers à mettre en place, tout en scrutant le meilleur moment pour passer d’un côté ou de l’autre de la barre.

Dans la foulée de la réaction euphorique du marché aux élections, nous vous recommandons de rester à la défensive avec de l’argent, de l’or, des positions shorts (pari à la baisse via des puts) et un portefeuille allégé d’actions.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

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