2017 : année de l’éclatement de l’Europe ?

Rédigé le 30 janvier 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

« L’Europe menacée d’effondrement », titrait une chronique du Monde.

L’Europe est assaillie de toutes parts. Par Poutine qui ne cache pas ses ambitions anti-européennes, par Trump qui fait l’éloge du Brexit, prédit une dissolution du projet européen et tente d’édifier des murs douaniers autour du marché américain, par le FMI qui a, une nouvelle fois, rappelé que la dette grecque n’était pas tenable, par le Royaume-Uni qui a fait le choix du Brexit et, de l’intérieur, par la montée des partis anti-européens.

L’Europe est menacée comme projet politique et la Zone euro craque à nouveau sous les effets de la dette grecque. Dans un rapport dévoilé vendredi, le FMI rappelait une évidence : la dette grecque – 180% du PIB – n’est pas soutenable. C’est un véritable serpent de mer. Depuis 2010, cette dette alimente une crise continue et d’incessants débats (faut-il ou non restructurer/effacer/oublier/passer à la trappe une partie de la dette grecque ?).

En décembre dernier, une énième restructuration radicale de la dette grecque rencontre une assez farouche opposition au sein de la Zone euro, et tout particulièrement de la part de l’Allemagne. A l’approche des élections allemandes, les raisons de ce refus sont éminemment politiques mais ont surtout permis à la crise grecque de survivre et de prospérer depuis 2010.

Aujourd’hui, la Grèce a de nouveau besoin d’aide financière. Elle doit rembourser 13 milliards d’euros d’ici juillet – 13 milliards qu’elle n’a bien sûr pas.

Elle doit donc se tourner une nouvelle fois vers la Zone euro et le FMI. Mais alors que le FMI refuse une aide supplémentaire sans effort sur la soutenabilité de la dette grecque, la Zone euro campe sur ses positions, préférant retarder encore et encore ce qui semble bien être inéluctable.

Les deux camps ne sont d’accord que sur un seul point : qu’Athènes aille plus loin dans l’austérité. Ce sera politiquement difficile à imposer dans un pays plongé dans une profonde crise sociale et économique.

Voici donc, résumé, le panorama du dilemme grec. La position – insoutenable – du pays va certainement faire renaître les cendres mal éteintes du Grexit. Et affaiblir encore le projet européen.

Cela ne sera pas la première fois que la Zone euro affronte une telle situation ; elle a toujours survécu. Mais cette fois, la crise grecque va entrer en collision avec les élections en France et en Allemagne, avec la mise en place du Brexit et avec les attaques extérieures que j’évoquais en début d’articles.

Le Monde nous en apprenait un peu plus sur la politique de Trump face à l’UE :

Jeudi, l’homme qui se présente comme le prochain ambassadeur américain auprès de l’UE, Ted Malloch, a expliqué à la BBC que dans un poste précédent, il avait contribué à l’effondrement de l’Union soviétique, ajoutant : « Il semble qu’il y ait une autre Union qui ait besoin d’être un peu neutralisée. » Quant au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit M. Malloch, « il paraît qu’il a été un bon maire d’une petite ville du Luxembourg : il devrait y retourner ».

Cela fait beaucoup…

Comme l’explique Simone Wapler dans cette analyse, 2017 va être une année test pour la Zone euro. Et peut-être l’année qui verra son éclatement.

 

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Un commentaire pour “2017 : année de l’éclatement de l’Europe ?”

  1. votre analyse est parfaite Cécile Chevré car étant française vous acceptez de voir la vérité en face et je suis à 100% d’avis avec vous. Je vais plus loin pour dire ceci: L’ Europe est mal « Barré » car refusant de s’adapter à de nouveaux principes de fonctionnement gouvernementaux axés sur le populisme reléguant en second lieu l’Establishment révélé par le Brexit et même partagés par certains pays membres de l’union européenne qui le pensent tout bas. l’élection de Donald Trump au Etats-unis en est une preuve palpable.
    Et dans l’histoire du monde contemporain, le Royaume-uni à toujours été le pays à partir duquel partent tous les changements d’ampleur mondial jamais observé : l’Anglais comme langue internationale, la Révolution industrielle, la résistance à l’Allemagne Hitlérienne pendant les guerres mondiales, le système bancaire et capitaliste, aujourd’hui le Populisme mais en plus leur diplomatie car tous les pays économiquement fort aujourd’hui ont été colonisé par l’Angleterre: les USA, la Chine, L’Inde, le Canada, le Nigeria, l’Afrique du Sud…qui représentent aussi pour eux un second souffle en cas de difficulté économique extrême . ils en sortiront plus que fort car ils formeront ( les Britanniques) une superpuissance avec les Etats_unis et à eux deux imposeront leur lois au reste du monde et c’est bien dommage pour l’UE car Poutine sera un instrument entre leurs mains pour déstabiliser l’Europe.

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