Virage politique pour la Zone euro…

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Enfin, le suspense insoutenable est terminé. Le gouvernement, qui était aux manoeuvres pendant la crise en France, est finalement tombé.

Comme, approximativement, dans… 100% des autres pays de la Zone euro où se sont tenues récemment des élections. J’ai même eu un peu de peine pour les journalistes qui tentaient de maintenir un semblant d’intrigue.

Nous voilà donc avec un président socialiste, qui va devoir maintenant tenir ses promesses, (non je blague… de gauche ou de droite il reste un homme politique !) mais surtout faire face à l’aggravation de la crise.

Crise 2.0 et monétisation
Le véritable test pour François Hollande va être sa rencontre avec Angela Merkel et sa capacité à imposer sa vision du pacte de croissance, qui pour le moins, ne colle pas vraiment avec celle d’Angela.

Le couple Merkollande n’est pas encore prêt à vivre ensemble mais ils vont y travailler. Mais quelle ne fut pas ma surprise, dès dimanche soir vers 22h30, d’entendre Jérôme Cahuzac être pressenti pour tenir les comptes de Bercy ! Lui qui, assis à côté de Mélenchon, évoquait déjà la monétisation de la dette, en la justifiant par… “tous les autres grands pays le font”. Au moins ça donne le ton. Bienvenue dans la crise version 2.0.


Une marge de manoeuvre réduite à néant !
Qu’ils soient de gauche ou de droite, les gouvernements en place ont une marge de manoeuvre réduite à zéro et comprimée entre les promesses électorales et la pression des marchés.

D’ailleurs, s’en prendre aux “méchants marchés financiers” est à mon sens, un peu déplacé. Ce sont ces fameux marchés financiers qui ont permis de financer une bonne partie de la démagogie des dirigeants de ces trente dernières années, et qui continuent à acheter notre dette aujourd’hui. Mais passons…

Définitivement, c’est un tournant dans la crise car l’espoir de moins d’austérité a galvanisé les attentes des électeurs et des peuples, alors même que la situation oblige à aller encore plus loin dans les mesures d’économie et de compétitivité.

C’est ainsi une véritable impasse politique et économique où avance la Zone euro, de plus en plus divisée et semant le trouble sur les marchés.

Un virage politique historique…
Mais l’élection française n’était pas le seul scrutin d’importance.

En Grèce, les élections législatives ont littéralement fait exploser les partis traditionnels. Symbole et symptôme d’une crise qui s’invite désormais bien au-delà de l’économie, un parti néo-nazi vient de faire son entrée au parlement alors qu’à l’autre bord, les communistes et autres front de gauche augmentent de façon sensible le nombre de sièges acquis.

A l’instar de ce que va devenir l’Europe, la Grèce est désormais devenue totalement incontrôlable.

Et une sortie de route annoncée…
Ne voyez pas dans mes mots, une quelconque vision partisane. Mes propos n’auraient sans doute pas été plus optimistes avec le candidat sortant et même sorti. Car la vérité, c’est que l’élection de François Hollande n’est qu’un prétexte parmi d’autres à la chute prochaine de l’euro.

La Zone euro ne tient que grâce au mirage allemand qui fait figure de véritable locomotive. Toutefois, avec la désignation de Mario Draghi à la tête de la BCE, l’Allemagne a perdu de son pouvoir d’influence. Mais plus inquiétant : le pays commence à être lui aussi affaibli plus sérieusement par la crise.

La semaine dernière, ce sont 19 000 personnes supplémentaires qui se sont retrouvées sans emploi outre-Rhin par rapport au mois précédent. La production industrielle a également reculé le mois dernier de façon assez marquée.

D’ailleurs, c’est à croire que beaucoup ont oublié que 40% de la production allemande est écoulée dans les pays européens voisins et… en crise. Inexorablement et malgré ses capacités d’exportations, l’Allemagne va être rattrapée elle aussi par la crise.

L’euro en direction des 1,2620
Dans ce contexte, l’euro devrait poursuivre sa correction.

Comme je vous l’avais déjà expliqué de façon claire dans un article précédent, le seuil d’un scénario de hausse de l’EURUSD a été remis en cause, puisque nous sommes passés sous les 1,3005$.

Graphique de l'EURUSD

Nous nous dirigeons désormais vers mon objectif moyen terme à 1,2620. Plus qu’à attendre que le bateau euro coule tranquillement …

[NDLR : ce sont sur les devises que les enjeux vont être les plus importants : EUR/USD, EUR/CHF, USD/JPY, EUR/JPY... comment jouer les répercussions de la Zone euro ? Faut-il acheter ou vendre l'euro ? par rapport à quelles monnaies ? dans quel sens jouer les parités ? Jérôme Revillier est notre expert Forex et vous guide tous les jours. Rejoignez-le.]

Première parution dans le Billet du Trader le 09/05/2012.

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Jérôme Revillier

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

Un commentaire
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  1. hamel jacques sur 13 mai 2012 à 7:20

    nous voila avec un nouveau president il ne peut faire pire car je pense que toute les connerie ont etait faite je lui souhaite bien du courage car la bande qui a amene la FRANCE dans la situation ou elle est ne sempechera pas de le critiquer au lieu d avoir la pudeur de la boucler

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