Les 12 travaux du Brexit

Rédigé le 20 juin 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Les discussions sur la mise en place du Brexit ont commencé hier. Du côté européen, Michel Barnier est chargé de mener les discussions tandis que David Davis défendra le point de vue britannique. Deux ex-ministres (pour la France et le Royaume-Uni) qui doivent régler ce qui s’annonce comme un épique divorce.

Les discussions sont censées aboutir en mars 2019 et il faudra bien deux ans pour parvenir à un accord sur tous les points soulevés par la séparation entre le Royaume-Uni et l’UE. Tout ou presque va y passer : aspects juridiques, judiciaires, financiers, commerciaux, diplomatiques.

L’objectif est d’éviter un Brexit sans accord… ce qui poserait problème aux partenaires commerciaux que sont le Royaume-Uni et l’UE.

Le relatif échec de Theresa May aux élections législatives anticipées a rebattu les cartes. Jusque-là, les Britanniques étaient en position plutôt forte face aux Européens. Mais l’effritement de la position de May, partisane d’un « hard Brexit » change la donne et la première journée de négociation a démontré que les Européens avaient repris la main.

Michel Barnier est en effet parvenu à imposer aux Britanniques le calendrier et la méthode choisis par les Européens. A savoir une négociation en deux temps. Dans un premier temps, UE et Royaume-Uni devraient se mettre d’accord sur les conditions du « divorce » pour, dans un second temps de discussions, fixer les nouvelles relations post-rupture. Les Britanniques auraient quant à eux souhaité mener de front les deux discussions.

Trois groupes de travail vont être formés, illustrant bien les principaux points d’achoppement des discussions de divorce. Tout d’abord celui qui doit fixer le sort et le statut des émigrés (des trois millions d’Européens qui vivent outre-Manche mais aussi du million de Britanniques qui vivent sur le continent). Le Royaume-Uni propose une solution « généreuse », à savoir le maintien de leurs droits, à la nuance près qu’ils passeraient sous régime juridique britannique, alors que May avait jusque-là laissé entendre que ces droits seraient limités. L’UE souhaite quant à elle qu’ils demeurent sous celui de la Cour de justice de l’UE. Pour les citoyens britanniques établis en Europe, l’UE souhaite un maintien de leurs droits actuels.

Deuxième groupe de discussion : l’argent. L’UE souhaite que le Royaume-Uni règle la note de ce qu’elle lui doit. Une facture estimée entre 40 et 100 milliards d’euros que Londres ne voit pas avec grand enthousiasme.

Le troisième groupe concernera les « autres sujets du Brexit », formulation aussi floue que large qui recouvre nombre de discussions comme le déménagement des agences européennes situées à Londres (c’est le cas, par exemple, de l’Agence européenne des médicaments) ou encore les procès impliquant les deux parties au moment du divorce, etc.

Reste un autre point, très compliqué, celui des frontières, et tout particulièrement celle qui passe en Irlande. Ce sujet, particulièrement épineux, sera directement traité par deux assistants de Barnier et de Davis.

L’Irlande du Nord a en effet majoritairement voté pour le « Remain » (le maintien dans l’UE). Un Brexit impliquerait probablement le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, qui, indépendante, resterait dans l’UE. Le rétablissement de cette frontière n’est souhaité ni par Londres ni par Dublin ni par Bruxelles (pour des raisons financières, commerciales, pratiques mais aussi et surtout pour préserver le processus de paix entre les deux parties de l’île). La possibilité d’une réunification de l’Irlande est donc de plus en plus régulièrement évoquée… sans être une solution parfaite. En effet, la République d’Irlande exige que l’Irlande unifiée adhère automatiquement à l’UE (comme ce qui s’était passé au moment de la réunification allemande).

Si Européens et Britanniques parviennent à se mettre d’accord sur ces points, il leur faudra ensuite attaquer une autre discussion ardue : celle des rapports commerciaux entre l’UE et le Royaume-Uni, de l’accès au marché unique, etc.

Vous l’aurez compris, ces discussions vont durer… et il faudra être Hercule pour parvenir à tenir le calendrier des discussions d’ici mars 2019.

Ces discussions vont, comme vous l’explique Jim Rickards dans La Quotidienne, peser sur l’économie et la stabilité du Royaume-Uni. La déflagration de cette deuxième phase du Brexit pourrait être bien plus dangereuse que le vote de l’année dernière.

Un mot des marchés qui, hier, ont terminé dans le vert. A Wall Street, la hausse a été une nouvelle fois portée par le secteur technologique… et tout particulièrement par celui des biotech. Si vous suivez des recommandations de Ray Blanco dans FDA Biotech Trader, son service d’investissement sur les biotech, vous n’avez pu manquer l’envolée, parfois de plus de 6% en quelques heures, des biotech que vous avez en portefeuille.

Cette bonne humeur se maintient ce matin sur le CAC 40, qui gagne 0,40% en fin de matinée.

 

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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